C. Par Méiidon et Doiulé
(253 kil. — Chemin de fer de Paris à Mé-
zidon (216 kil.) — Route de voitures de
Mézidon à Beuzeval (37 kil).
216 kil. De Paris à Mézidon (R. 50).
Franchissant, à Mézidon même, la Dives sur un petit pont en pierre, la route tourne à g., à l'extrémité de la grande rue du bourg pour se diriger au N. vers la mer. On laisse à dr. Quétiéville (R. 50), et à g. Magny-le- Freule (472 hab.), dans la vallée de la Dives et sur la rive g. delà rivière de ce nom, qui forme une petite île en face du village. L’église de Magny appartient au style de transition.
Le chœur contient un monument funéraire (côté de l’Épi tre) de 1661. Le château, moderne et sans valeur architecturale, a remplacé un ancien château qu’habitait, au xiv* s., la famille de Bonenfant. — On rejoint, au hameau du Bras-d’Or (6 kil. de Mézidon), la route de terre de Paris à Cherbourg que l’on suit, sur la dr. , pendant près de 4 kil. On passe près du château de Rupierre et de Biévi lle-en-Auge (276 hab.), avant de franchir la Mortevie et les deux bras de la Vie, qui forme une île de 4 ou 500 mèt. de largeur. L’église de Biéville, moderne, n’offre aucun intérêt; le château ruiné de Rupierre, qui borde la route, en avant d’un vaste jardin, ne se compose plus que d’un pavillon et de quelques bâtiments « disposés symétriquement autour d’une cour carrée. »
8 kil. 500 mèt. Corbon, v. de 118 hab., situé au centre de la riche vallée d’Auge ; l’église, bâtie à g. de la route, appartient! au style llarn-
bovant. Au carrefour Saint -Jean, l’on quitte la route de Lisieux à Caen pour prendre celle qui se dirige au N.
[En suivant la route de Lisieux, on pourrait aller, par Saint-Laurent-du-Mont, visiter (6 kil. env. du carrefour Saint-Jean) Cambremer, ch.-I. de c. de 1149 hab., situé à 123 mèt., et dont les deux lignes de maisons encadrent une place^ allongée sur un des côtés de laquelle s’élèvent les halles. Suivant M. de Caumont, le bourg de Cambremer doit avoir une origine ancienne ; il était jadis une des sept baronnies de l’évèché de Bayeux. L 'église, de diverses époques et peu intéressante, est surmontée d'une tour romane que couronne une flèche en bois à huit pans.— Au N. du bourg (2 kil.) se voient les restes du manoir de Bais, en partie détruit à la Révolution; les fossés en sont bien conservés- Dans les environs de Cambremer on remarque, en outre, au sommet d’une espèce de cap, des fossés, un rallum en terre et la chapelle romane de l’ancien prieuré de Montargis, dont les restes ont été convertis en maison de ferme].
A 2 kil. environ du carrefour Saint- Jean, sur la route de Lisieux à Camhremer, se trouve Notre-Dame-d'Estrées (310 hab.), dont l’église mérite une mention spéciale. C'est un édifice de plusieurs époques (chœur du xme s., nef moderne), surmonté d’une tour inachevée (xv* et xvi* s.) que couronne un dôme quadrangulaire en ardoise (au N. de la tour, jolie tourelle renfermant l’escalier; sur la façade principale , belle porte décorée d’une ogive en accolade et surmontée d’une remarquable fenêtre ogivale). La porte septentrionale est ornée d’archivoltes, de colonnettes et de roses M. de Caumont signale, à l’intérieur, le retable du maître-autel (xvnr s.), décoré de quatre colonnes d’ordre corinthien; des lambris formés de jolis panneaux peints, de chaque côté du sanctuaire; de belles torchères (dans le clocher) avec médaillons, etc.
A g. du carrefour Saint-Pierre, où s’élève, sur une colonne de granit, une croix, dite des Authieux-sur-Corbon se montre le ham. des Authieux-sur-
Corbon (57 hab.), dépendant de la commune de Victot-Pontfol (120 hab.) , appartenant au can ton de Cambremer.
Des deux villages qui ont donné leur nom à cette commune, le premier, celui de Victot, possède une église de différentes époques (quelques parties romanes) et un ancien château (fin du xvi° s.) en briques et en pierres, flanqué de tourelles et entouré de fossés pleins d’eau; cechâteau appartient à M. Aumontdont les écuries jouissent d’une réputation fhéritée. Dans le second village, celui de Pontfol, situé sur la route de Pont-l'Evêque, qu’on laisse à dr. (l’église n’a aucune valeur architecturale; mais un beau cèdre du Liban s’élève dans le cimetière), se voit un château moderne, dit manoir de, la Vigagnerie, construit sur l’emplacement de l’ancien manoir de ce nom (xvi* s.). Le propriétaire du château actuel a conservé de l’ancien manoir deux magnifiques épis du xvi" s., qui ont été démontés et déposés sur des tablettes.
Après avoir traversé Victot, où elle franchit, sur un petit pont, un ruisseau qui va se jeter à g. dans la Dives, près du ham. d’Anneroy, la route, bordée de maisons de ferme, d’herbages et de pommiers, passe à Blancarville, ham. près duquel se détache à g. le chemin de Troarn (V. ci-dessous, D) par (1500 mèt. de la bifurcation) Hottot-en-Auge, v. de 318 hab., entouré de riches pâturages et dans les environs duquel on extrait de la terre à foulon, ainsi que de la pierre à chaux. L’église d’Hottot date de plusieurs époques. La nef, reconstruite au xv* s., avec les débris de l’ancienne nef romane (briques à larges bords, fragments d'archivoltes), est éclairée par de belles fenêtres flamboyantes. Le chœur, terminé à l’Orient par un chevet droit, percé de trois jolies lancettes, offre, du côté du N., deux petites fenêtres romanes En construisant, en 1862, le mur méridional , on a trouvé un trèsgrand nombre de monnaies haro-
HOTTOT. — BEÜVRON.
niales en alliage, quelques-unes en argent. Entre tour et nef s’élève une magnifique tour quadrangulaire (inachevée) de la Renaissance, décorée de jolis médaillons en haut relief représentant des personnages du temps.
A dr. de cette tour s’élève une porte surmontée d’une ogive en accolade garnie de feuilles de choux délicatement sculptées. M. de Caumont signale, dans cette église: une belle Descente de Croix (maltre-autel) ; les statues de saint-Georges et de saint Roch (de chaque côté de l’autel); quelques restes de vitraux de la Renaissance ; un fragment de sculpture (fenêtre la plus rapprochée du maîtreautel), représentant une forteresse (le Mont-Saint-Michel, au dire des hahitants); une pierre tombale (xvi* s.), dans le pavé du sanctuaire ; une statue de sainte Apolline (style gothique); une belle statue (xm* s.), placée sous la chaire et figurant une femme couchée, couronnée de fleurs, les pieds sur un dragon. — Au S. de l’église s’élève une motte de terre sur laquelle se dressait autrefois une potence. En déblayant le terrain, on a trouvé beaucoup d’ossements humains. Hottot était, avant la Révolution, le siège d’une haute justice. Au N. se développe une vaste cour carrée dans l’un des angles de laquelle s’élève l’ancien manoir féodal, dont la façade principale , en bois avec tuiles formant des dessins variés, est surmontée de deux grandes lucarnes couronnées d’épis émaillés. La façade opposée, en pierre, est percée de fenêtres carrées, autrefois cruciformes. Quatre belles lucarnes cintrées, en pierre, ornées de consoles et supportant un gracieux couronnement (style de la Renaissance), font saillie sur le toit.
On remarque, à l’intérieur, une magnifique cheminée en pierre , avec incrustation en marbre. Le manteau est supporté par deux pilastres cannelés terminés par deux statuettes qui remplacent le chapiteau. Deux statues, représentant, l’une le châtelain, sous
le costume d’un guerrier, l’autre la châtelaine, avec le costume de Diane chasseresse, décorent la hotte ou trumeau. Le fronton coupé qui couronne l’entablement est orné d’un écusson fruste que soutiennent deux petits amours assis sur les rampants.
Au fond de la cour, au N., s’élève la poterne, flanquée de deux tourelles et percée, au rez-de-chaussée, de deux larges arcades à plein cintre. L’arcade qui donne sur la cour est surmontée d’un étage éclairé par deux fenêtres cruciformes. Ce manoir, l’un des plus considérables du pays, appartenait, avant la Révolution , & la famille de Maupou.
17 kil. Beuvron (496 hab.), bourg situé près d’un petit ruisseau appelé le Douet, dont les eaux, remarquables par leur limpidité, arrosent de gras pâturages. Les maisons, d’un aspect pittoresque, bordent une place formant un vaste parallélogramme, au milieu de laquelle s’élèvent une halle en charpente, surmontée d'un campanile avec horloge, et une pompe publique. Beuvron, ancienne baronnie érigée en marquisat, au xvi* s., en faveur de Pierre d’Harcourt, est aujourd’hui un bourg sans importance. L 'église, en grande partie moderne, offre néanmoins quelques traces du xvc s. M. de Caumont signale, à l’extrémité S. du bourg, une jolie maison en bois du xv* s., bien conservée et d’une certaine étendue. — Le château a été totalement démoli. 11 existait, il y a environ 18 ans, au Mont-Goubert , situé à 1 kil.
du bourg, au-dessous de la motte de Clermont qui domine toute la vallée d’Auge (magnifique panorama) , un établissement industriel qui entretenait de nombreux métiers à tulle.
Après avoir dépassé un calvaire (grande croix en bois) situé au haut du bourg, à une bifurcation, et une belle ferme, on laisse à g. (1 kil.) Brocottes (154 hab.; église en grande partie du xm* s.), puis on {Misse devant le Logis de Saint-Germain (à g.),
petit château précédé d’un beau parc.
— A3 kil., sur la g., se montre le clocher carré de Goustrainville-Saint-Clair (R. 72, C). La route passe ensuite près des maisons éparses des hameaux de Lieu-Jean, du Mont-Canisy , de Duquesnay (à g.), avant de monter à 21 kil. Putot-en-Auge (R. 72, C).
Après avoir contourné une sorte de terrasse sur laquelle est bâtie l’église de Putot et un joli jardin anglais, on descend à g , en côtoyant un vaste herbage, et l’on ne tarde pas à traverser le hameau des Bonnements situé au carrefour que forment, en se croisant, les routes de Mézidon à Cabourg et de Caen à Pont-l’Evêque (R. 72). On suit cette dernière.
24 kil. Dozulé (R. 72, C).
X. B. La route directe de Mézidon à Cabourg ne passe pas par Dozulé, mais ce dernier bourg est desservi par les voitures qui font le service entre Mézidon et Cabourg. Il faut donc revenir au carrefour des Bonnements pour y reprendre la route directe de Dives et de Cabourg. Les voyageurs que rien n’attire à Dozulé peuvent attendre, au carrefour des Bonnements, la voiture qui ne met guère qu’une demi-heure à faire ce trajet.
A 2 kil. de la croisière, les regards sont attirés de loin sur la dr. par le clocher carré de Cricqueville (238 hab.) , dont l’église (xve ou xvie s.) ne mérite pas une visite; le château (xvi' s.) offre des appartements bien conservés et une magnifique cheminée de l’époque de la construction. Après avoir franchi, sur un pont élevé, le ruisseau de Cricqueville, que la route longe jusqu’à Brucourt, on laisse à g. les ruines de l’ancien prieuré de Royal-Pré, dont il ne subsiste que d’insignifiants vestiges. — A dr. s’élève le Mont - d'Angoville (72 mèt). La route contourne le mamelon au pied duquel jaillit à dr. la source minérale de 31 kil. Brucourt (K. ci-dessous, D).
Au delà d’un carrefour formé par la rencontre de la route de Caen à
Trouville, on laisse à g. Varaville et sa magnifique chaussée, la Dives, et plus près, Périers (121 hab.). Ce village, situé sur la rive dr. de la Dives, possède une église abandonnée, en partie du xn* s., renfermant :
un autel à haut retable en chêne orné d’un tableau de Y Annonciation ; un tombeau d’autel , en bois sculpté , du xvn* s. ; la statue de saint Firmin, en grande vénération dans le pays; des fonts baptismaux du xn* s. ; une pierre tumulaire (dans le chœur) sur laquelle est gravé au trait le portail d’un temple dorique, etc. — Sur le territoire de la paroisse de Périers s’élevait le prieuré de Rouville dont il ne reste que des vestiges informes.
35 kil. Dives (F. ci-dessus, E).
37 kil. Beuzeval ( F. ci-dessous, D) .