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BEUZEVAL-HOULGATE

collines et doté d’une plage admirable ; l’industrie a beaucoup à faire encore. Ce n’est pas que j’appelle de mes vœux le temps très-prochain, je crois, où Houlgate aura des rues marchandes, des magasins de nouveautés et des bazars; mais il faudrait au moins que le bain complétât son outillage. On a loué le casino à un entrepreneur affolé des plaisirs du grand monde, qui donne des opérascomiques le soir, et, le matin, refuse des bains de pieds. On pourrait aussi louer des costumes un peu moins sordides, avoir en mer un bateau de sauvetage et se donner le luxe d’uno boite de secours pour les asphyxiés.

« Je me hâte d’ajouter, pour ceux de mes lecteurs qui ne verraient que le mauvais côté des choses, que la civilisation est déjà très-avancée en ce petit pays. On y trouve un très-grand hôtel, parfaitement tenu, et où le service a même ces souplesses et ces complaisances auxquelles ne peuvent se plier les établissements similaires de Trouville, par exemple, où le voyageur est plus offert que demandé. »

« Houlgate, dit le docteur Raoul le Roy, est bâti dans le vallon arrosé par le Druchon ou Douct, tout à fait à son ouverture sur la mer, mi-partie sur la falaise qui s’infléchit des deux côtés du vallon, et sur les terrains en pente qui le limitent du côté del’E. Son orientation est N. O. et S. E.

« Une première rangée de maisons se trouve tout à fait dans les sables, sur le bord de la mer. Ce voisinage extrême a bien son mérite; mais peut-être n’est-il pas aussi sans quelques inconvénients.

« Une seconde ligne de constructions s’est élevée sur la crête de la falaise, qui s'abaisse en pente douce au point où elle va cesser tout à fait. Celles-ci ont le double avantage du voisinage de la mer, qu’elles dominent, et de celui de la vallée sur laquelle la vue peut s’étendre.

« Quant aux autres habitations,

-elles sont disséminées sans ordre, & leur convenance, à l’entrée du vallon, sur des terrains en pente douce ; de chacune d’elles, le panorama est délicieux. On y domine la vallée, dont la fraîcheur de végétation ne se dément jamais, et la vue se porte au loin sur les maisons de Beuzeval et de Cabourgà l’horizon.

« Une architecture spéciale est née de cette extension de la villégiature aux rivages marins. Elle tient à la fois du chalet suisse et des cottages anglo-américains. Elle est, en tout cas, absolument fantaisiste. On voit que le goût de chacun s’y est donné libre carrière.

« C’est la forme chalet qui domine avec la saillie de la toiture, frangée d’ornements découpés, de balcons circulaires et la bigarrure des couleurs. Toutes ces habitations se louent meublées. 11 en est de très-confortables, luxueuses même. Déjà elles sont insuffisantes pour l’affluence des demandeurs; aussi, chaque année, voiton s’en augmenter le nombre. »

La plage d’Houlgate, qui s’étend en pente douce devant le Casino, est couverte d’un sable fin et doux aux pieds. Les cabanes de bains sont rangées sur le quai qui la limite. On y jouit d’une très-belle vue sur les Vaches-Noires aux aspects pittoresques, le Havre, Cabourg et la mer.

Aucun inconvénient n’y a encore été constaté.

Un établissement de bains chauds a été récemment créé à Houlgate. — Nous signalerons aussi : une église neuve, bâtie en forme de croix grecque, dans le style roman, par M. Baumier, sur l'un des points les plus élevés de la colline; la belle habitation de M. Vergniolle, le fondateur de la ville naissante ; les chalets et les hôtels de MM. Liouville, Loisel, Victor Bonnet, Baumier, Saint-LÔ, de Mme Lasnier, de Mlle Dupont de l’Eure, etc., et le charmant chalet de M. Lecesno bâti sur la plage même, à g. du Casino en regardant la mer.

Excursions.

A 2 kil. d’Houlgate, en suivant la route de Trouville, se trouve le Manoir, magnifique propriété, création récente de son heureux propriétaire, M. Victor Lecesne. Un château princier, une des curiosités des environs, y a été élevé dans le style de la Renaissance, sous la direction d’un architecte du plus grand talent, M. Michel Pelfresne, de Caen ; ce château a coûté près de 2 millions. Le parc (45 hect.), admirablement dessiné et naturellement accidenté, est remarquable par la beauté de sa végétation, la fraîcheur de ses pelouses et l’abondance de ses eaux. La propriété a 100 hectares.

La promenade dite le désert est une des plus intéressantes que l’on puisse faire dans les environs d’Houlgate-Beuzeval. On y arrive en suivant le rivage, lorsque la mer est basse, ou bien en montant sur les falaises qui limitent la grève du côté de Villers et sur lesquelles se dresse (10 ou 15 min.) un sémaphore. La butte d'Houlgate atteint une altitude de 120 met. De son sommet on découvre un splendide panorama. On aperçoit une immense étendue de mer, le cap de la Hève avec son phare, les côtes de la Seine, Trouville et les élégantes constructions de Deauville.

Quand on a dépassé le sémaphore , on entre dans un chemin creux bordé de haies, recouvert d’une voûte de verdure et aboutissant, au delà d’un verger planté de pommiers, au lieu connu sous le nom du Désert (5 kil.

environ d’Houlgate).

a C’est, dit le docteur Raoul le Roy, que nous aimons à citer, un vaste chaos constitué par l’éhoulement de la falaise sur une grande étendue.

Sous l’action continue de l’inliltration des eaux, les couches supérieures ont glissé sur les inférieures, et, manquant alors de stabilité, se sont disloquées dans tous les sens. 11 en résulte d’un

côté les surfaces les plus inégales et les plus tourmentées, recouvertes de graminées dont la fraîcheur est entretenue par des sources nombreuses; de l’autre, sur la face déclive qui borde la mer, ce sont les pentes à pic les plus abruptes et les plus inattendues. Ce sont les formes bizarres de clochetons et de contre-forts que l’imagination fantaisiste peut comparer aux différents éléments de l’architecture gothique. »

Du reste, toute la ligne de falaises, qui s’étendent entre Houlgate et V il— lers, et auxquelles leur couleur sombre a fait donner le nom des vaches noires, offre les aspects les plus bizarres et les plus pittoresques. Seulement, il y aurait péril pour le promeneur si, sur certains points, il s’approchait trop de l’abîme.

« La montagne, dit M. Marchai (de Lunéville), paralf, à sa base, creusée en un immense cirque. Quand la mer mugit, que l’ouragan tonne, que la tempête éclate, on croit voir la terre arriver à son heure dernière, au milieu du tourbillon terrible des vents, des nues et des flots.

« Aux beaux jours de l’été, la mer est d’un bleu si tendre et si transparent qu’elle semble, à travers les haies, faire partie de l’azur du ciel.

« On descend gaiement dans cette arène, qui présente au botaniste et au géologue les plus curieux échantillons d’histoire naturelle. La flore du désert y séduit vivement les amateurs; aussi est-elle l’objet de la promenade privilégiée de toutes les dames d’Houlgate, qui reviennent toujours du dé sert parées comme les jeunes néréides de la cour d’Amphitrite, pour assister aux bals du Casino. »

Un sentier, partant de l’extrémité inférieure du vallon de Beuzeval , monte, sur le bord même de la falaise, au sommet du promontoire qui porte la colonne commémorative érigée par les soins de M. de Caumont, un phare et le château de M. Foucher de Ca-

iogle

[ROUTE 73] COTEAU DE BASSEBOURG. — GRANGUES. 42 i

reil (F. ci-dessus, p.4 13). On découvre, en gravissant cette côte, de beaux points de vue sur la mer à dr. et le vallon de Beuzeval à g. Un embranchement relie, comme nous l’avons dit, le château de M. Foucher de Careil à la route de Dives à Pontl’Ëvèque. Cette route gravit le coteau de Bassebourg, un des points les plus élevés qui dominent la vallée de la Dives. « On appelle hauteurs de Bassebourg, dit M. le dr Haoulle Roy, une série de monticules en forme de contre-fort, avancés entre les deux grandes vallées d’Auge et de Beuzeval. De cette' espèce de promontoire, la vue s’étend jusqu’aux lointains nébuleux de l’horizon, sur cette magnifique vallée d’Auge, l’une des plus plantureuses de la Normandie. Pas ou peu de cultures dans ce pays; toute la superficie du sol est en herbages, uniquement consacrée à l’élève du bétail. Une importante métairie absorbe ainsi de grands espaces sans nécessiter un grand nombre de bras.»

En suivant cette route, qui décrit de nombreux lacets, on ne tarde pas à apercevoir à g. (3 kil. env. de Dives), le village de Trousseauvilte (150 hab.) dépendant de la commune de Dives.

Des chemins creux et mal entretenus conduisent à l’église en ruines de Trousseauville , située sur le penchant d’un coteau abrupt, à moitié détruite par les hommes ou par le temps, et datant des xii”, xv«, xvi* et xvni' s. Des lierres et d’autres plantes grimpantes lui donnent à l’extérieur un aspect pittoresque. On remarque, à l’intérieur, les restes des écussons de la litre funèbre qui entourait autrefois l’édifice, une large arcade ogivale du xm* s. et quelques jolis détails de sculpture. A 1 kil. environ au N. L de l’église deTrousseauville, se trouve le château de Dramard, — précédé de belles avenues, mais sans intérêt architectural, — devant lequel passe un chemin qui descend à Beuzeval.

Sur le côté dr. de la route de Pontl’Évêque, le château de Sarabos oc-

cupe une belle situation. Un peu plus loin, on jouit d’un admirable point de vue. Du même côté se trouve le village de Grangues (279 hab.; 1 kil.

de la route; 6 kil. de Beuzeval), dont l’église et le château méritent une visite. L’église, bâtie sur le penchant d’un coteau, domine un joli vallon qui débouche dans la vallée d’Auge. Elle appartient presque en entier aux xv* et xvi* s. Les parties les plus dignes d’attention sont : la jolie porte méridionale (xi* s.) décorée de deux archivoltes dont l’une est garnie de têtes de clous, de billettes et d’étoiles ; la belle fenêtre qui la surmonte; les fenêtres ogivales du chœur, etc. On remarque : à l’intérieur, deuxjolies piscines, l’une romane, l’autre du xv* s.; un autel avec retable d’ordre ionique élevé sous Louis XIII et provenant de l’ancienne chapelle du château; une statue de saint Roch portant la date de 1653, etc. — Le château, pittoresquement situé sur le penchant du coteau, date du siècle dernier. On y découvre une belle vue sur la vallée d’Auge.

Si l’on suivait encore pendant 2 kil.

la route de Pont-l’Ëvêque, on atteindrait (9 kil. environ de Beuzeval) un carrefour que bordent quelques maisons formant le hameau de Heuland.

Ce hameau possède une croix de pierre à laquelle les gens du pays attribuent une origine très-ancienne, mais que M. de Gaumont regarde comme appartenant à la deuxième moitié du xvi* s. De nombreuses légendes se rattachent à cette croix. S’il faut en croire une des plus accréditées, Rollon (la croix porte encore le nom de croix de llollon ou de la Mare aux Pois), voulant montrer le respect que ses sujets professaient pour les lois qu’il leur avait imposées et prouver que dans sou duché on ne voyait ni volé ni voleur, suspendait aux bras de la croix de Heuland des joyaux, des bracelets d’or et d’autres objets de valeur devant lesquels chacun passait sans y toucher.

DE PARIS A CABODRG.

A 7 kil. de Beuzeval , sur la route de Dives à Dozulé, se trouve Brucourt (hôtel près de la source), v. de 121 hab., dont la source d’eau minérale fut, à une époque éloignée, un lieu de pèlerinage pour lès malades. « L'action tonique, reconstituante et digestive de la source ferrugineuse alcaline de Brucourt, dit le docteur Raoul le Roy, unit très-bien ses effets à ceux de l’eau de la mer. » La source jaillit au pied d’un mamelon, à 4 ou 500 mèt. de la route.

DE PARIS A CABOURG

A. Par Trouville.

239 kil. — Chemin de fer de Paris à Trouville (220 kil.). — Route de voitures de Trouville à Cabourg (i 9 kil.). — Voit, de corresp. i 3 dép. par jour. — Coupé, 3 fr. 50 c.; les autres places, 2 fr. 75 c.

220 kil. de Paris à Trouville (R. 71).

— 17 kil. de Trouville à Beuzeval (R.

73). — 2 kil. de Beuzeval à Cabourg (R. 73 B, en sens inverse).

239 kil. Cabourg (F. ci-dessous).

B. Par Caen.

262 kil. — Chemin de fer de Paris à Caen (239 kil.). — Route de voitures de Caen à Cabourg (23 kil.).

239 kil. de Paris à Caen (R. 50). — 23 kil. de Caen à Cabourg (R. 73). — 262 kil. Cabourg (F. ci-dessous).

D. Par Mézidon et Doxulé.

252 kil. — Chemin de fer de Paris à Mézidon (216 kil.). — Route de voitures de Mézidon à Cabourg (36 kil.).

216 kil. Mézidon (R. 50). — 252 kil.

Cabourg (F. R. 73 et ci-dessous) .

E. Par Moult, Arçences et Troarn.

258 kil. — Chemin de fer de Paris à Moult (225 kil.) — Route de voitures de Moult à à Cabourg (33 kil).

225 kil. Moult (R. 50). — 258 kil.

Cabourg (F. R. 73 et ci-dessous).

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