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DE CAEN

irrévérencieusement le dos au spectateur. Une vieille tradition populaire veut que, lors du pillage de cette église par les protestants, en 1562, la statue se soit ainsi retournée tout à coup, au moment où ils portaient sur elle une main sacrilège. Elle ajoute que, frappés de crainte à cet aspect, ils n'osèrent pousser plus loin leur dévastation. »

La tour massive et lourde qui surmonte le chœur, également moderne et laid, a été bâtie sur les dessins de Perronnet.

La nef a 31 mèt. de longueur sur 9 de largeur et 19 de hauteur. La voûte, d’une extrême légèreté, offre une grande complication d’arceaux prismatiques croisés en tous sens.

Sous la voûte, on remarque, au milieu d’ornements sculptés avec délicatesse, en forme de filet, une foule d’animaux fantastiques. Cinq arcades ogivales, de chaque côté, soutiennent de petites galeries fort étroites, composées chacune de six arcades qui s’appuient sur une balustrade garnie de quatre feuilles à pointes aiguës.

Au-dessus s’ouvrent de grandes et belles fenêtres du style ogival flamboyant, qui ont conservé leurs vitraux du xvi* s. Ils représentent d’abord l’Arbre de Jessé, puis des scènes de l’Ancien et du Nouveau Testament, depuis la création du premier homme jusqu’aux miracles du Sauveur. « L’ensemble de ces vitraux, ajoute l'auteur que nous avons cité plus haut, est d’une richesse et d’une harmonie remarquables. » Signalons encore : un joli buffet d’orgues; un bel autel à la romaine; et surtout la chaire à prêcher, qui porte la date de 1536, et à laquelle on arrive par un escalier pratiqué dans le pilier contre lequel elle est adossée. Elle fut sculptée, dit-on, par un condamné à mort, qui obtint sa grâce pour prix d’un si beau travail. Au milieu de divers ornements de la Renaissance , de mascarons, de guirlandes et de sentences sacrées, on voit les figures des quatre

AU MANS. [ROUTE 79f

Évangélistes, appliquées sur ses différentes faces.

L’église Saint-Léonard , commencée par René, duc d’Alençon, vers 1489, et terminée par Marguerite, sa veuve, qui en fit faire la dédicace en 1505, renferme un bel autel en chêne sculpté et un beau vitrail moderne.

L 'église de Montsort a été récemment reconstruite dans lestvle pseudogrec.

La chapelle des Ursulines se recommande par l’élégance de son architecture.

L’hôtel de ville actuel, dont la façade semi-circulaire est d’un heureux effet, fut bâti en 1783, sur l’emplacement de l'ancien château (mon.

hist.), dont il ne subsiste plus que deux tours crénelées, servant de prison et adossées à une autre tour. La plus considérable de ces tours „est celle qu’on nomme tour couronnée.

C’est une magnifique construction du [ xiv’s., dont la base imposante s’élève à 20 mèt. environ de hauteur, jusqu’à une galerie d’immenses créneaux à mâchicoulis, du centre de laquelle part une autre tour moins large que termine un toit conique. On remarque aussi un grand pavillon, précédé d'une porte flanquée de deux énormes tours également couronnées de créneaux, spécimen très-bien conservé de l’architecture militaire du xv* s.

Cette porte, dont les eaux de la Briante viennent alimenter les profonds fossés, commencée par le duc Jean 11, était à peine achevée à la fin du xv* s.

Le musée, installé dans les bâtiments de l’hôtel de ville, date de 1857. 11 est ouvert gratuitement au public les dimanches et jours fériés, de 11 h. à 4 h. du soir, en été; et en hiver, de midi à 3 h. 11 est ouvert tous les autres jours de la semaine, pour l’étude, aux personnes munies d’une carte délivrée par le conservateur du musée.

Les collections du musée comprennent, d’après le catalogue de 1862 :

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