C. Par Brettevllle-sor-Laiie
42 kil. — Route de voitures.
13 kil. Laize-la-Ville (F. R. 81).
A partir de Laize-la-Ville, la route remonte la rive dr. de la Laize qui décrit de nombreux détours dans un petit vallon tour à tour boisé et rocheux, où ont été établies un grand nombre d’huileries. — A 2 kil. environ, on laisse à dr. le pont de Fresney, ham.
situé à 1 kil. env. de Fresnay-le- Puceux (hôt. du Grand-Monarque), v. de 980 hab., dont le château, bâti en 1 580 par Pierre d’Harcourt, attire de loin les regards. Ce château appartient depuis 1839 à M. Charles Paulmier, qui y a entrepris d’importants travaux de restauration. Il se compose de grands bâtiments, disposés en carré autour d’une cour et paraissant remonter au xvi* s. Des fossés pleins d’eau en faisaient le tour, et la cour était ornée d’une fontaine monumentale. Le château proprement dit comprend deux hauts pavillons réunis par un bâtiment moins élevé. Un de ces pavillons a été démoli en grande partie. L’entrée, bien conservée, s’ouvre dans un pavillon dont le toit offre à sa base des consoles-mâchicoulis.
Les rainures, destinées à recevoir les poutres du pont-levis, sont encore très-apparentes. On remarque, dans le pavillon existant, une belle cheminée (rez-de-chaussée) du style de la Renaissance, et un plafond bien
restauré. La galerie voisine est ornée des écussons de la maison d’Harcourt et des différentes familles alliées. A l’extrémité E. de cette galerie s’ouvre une petite pièce qui a dû servir d’oratoire. Un parc considérable de 100 hectares, très-accidenté, entouré de murs et arrosé par un ruisseau qui y forme deux étangs avec cascades, dépend du château.
L’église de Fresnay-Ie-Puceux, bâtie en forme de croix, appartient à plusieurs époques. La nef doit dater du xme s. Les chapelles du transsept sont du xv* s., ainsi que la majeure partie de la tour centrale. Le chœur est moderne.
Au delà du pont du Fresnay se trouve l’importante usine de M. Aumont. La route, très-pittoresque, suit les contours de la vallée, entre un coteau hérissé de curieux rochers et la rivière de Laize.
21 kil. Bretteville-sur-Laize, ch.-l. de c. de 1080 hab., agréablement situé dans la vallée de la Laize, entre deux collines, dont l’une, celle de l’O., est couverte par la forêt de Cinglais. L’église, bâtie sur le bord de la Laize, n’a conservé du xm° s.
que la porte principale, la tour située au centre du transsept, le chœur et la porte principale' à l’O.
Bretteville possède environ 30 tanneries en pleine prospérité et deux moulins à huile.
Tout près du bourg, au confluent du ruisseau de Barbery et de la Laize, se voit une motte dominant une enceinte garnie de fossés et défendue d’un côté par la rivière. Sur l’emplacement de l’ancien château féodal s’élève une petite villa moderne. Bretteville possède en outre deux châteaux modernes. Le plus beau, situé sur la hauteur, appartient à M. Charles Paulmier, député; il est entouré d’un beau parc. La forêt voisine, dans lequel ce parc a été pris en partie et qui porte le nom de Bois-d’Alençon , appartient également à M. Paulmier.
Elle contient, à peu de distance du
DE CAEN A FALAISE
château, un étang entouré de coteaux boisés. Elle est sillounée de routes et d’allées, qui offrent d’agréables promenades et les mettent en communication avec le parc de Fresnay dont nous avons parlé plus haut.
A 1 kil. de Bretteville et à 3 kil.
de la route de Caen à Falaise (F. cidessus) se trouve à g. le ham. de Quilly (181 hab.) qui dépend de Bretteville. La tour romane de l’église de Quilly, couronnée par une pyramide en pierre à quatre pans, en est la partie la plus’intéressante. La nef a été rebâtie au siècle dernier. Le château, bâti au-dessous de l’église et flanqué de tourelles cylindriques que surmontent de magnifiques épis en plomb, est une ruine de la Renaissance. L’entrée monumentale (aujourd’hui porte de ferme) pratiquée au milieu d’un grand mur couronné par une balustrade en pierre, offre tous les caractères de l’architecture du règne de Louis XIV, et la plupart des bâtiments sont de la même époque.
« L’ensemble de ce petit château, dit M. de Caumont, avec ses pilastres, ses fenêtres à croisées de pierre, ses moulures, ses médaillons, accuse l’époque de François Ier. »
On retrouve ce style dans la grande cheminée de la salle du rez-de-chaussée, sur le manteau de laquelle on voit en bas-relief une chasse au cerf.
Le tout est dans le plus déplorable délabrement.
Au delà de Bretteville la route remonte la rive dr. de la laize dominée par un coteau boisé et bordée de jardins, de prairies et du (2 kil.) magnifique parc du château d’Outrelaixe qui date en grande partie du xvi' s.
« Rien dans le Calvados, dit M. de Caumont, en fait de parc dans le genre anglais, ne peut être comparé au parc d’Outrelaize ; la rivière le traverse dans toute son étendue ; de belles prairies, des canaux, des mouvements de terrain naturels et des coteaux élevés plantés de beaux arbres -, puis, derrière le parc, un bois
de 200 hectares : tout concourt pour faire de ce domaine une résidence délicieuse et grandiose. Le pavillon d’entrée auquel aboutit une très-belle avenue de platanes offre, au-dessus de la petite porte (celle des piétons), la statue de la justice avec ses attributs et l’inscription suivante :
REMOTA JUSTICIA NIHIL ALI CD SUNT REGNA QlAM MAGNA LATROCINIA.
Le poète Savary, dans son poème latin, fait allusion au propriétaire de ce château qui, vers 1650, semblait appartenir à la magistrature de Caen.
C’est lui, sans doute, qui fit graver cette inscription.
La grande porte est surmontée des statues de Pomone et de Vertumne , au-dessous desquelles se lit une inscription latine.
La petite porte est surmontée, à l’intérieur du pavillon, de cette inscription originale :