ENVIRONS DE FALAISE
ne subsiste que quelques bâtiments claustraux du commencement du xvm' s., transformés en maisons bourgeoises et en école des Frères de la doctrine chrétienne. L’emplacement des jardins est devenu un des plus jolis quartiers de la ville.
Le faubourg Saint-Laurent est pittoresquement situé dans la fraîche vallée d’An te et sur les flancs des coteaux qui la ferment au S. et au N.
On monte, par un escalier, à l’église, bâtie au milieu de la verdure, sur un promontoire de grès schisteux qui borde la rive g. de la rivière. Ce petit édifice offre quelques détails intéressants d’architecture romane et renferme un bon tableau (la Descente de croix ) portant la date de 1621. Le chœur a été mutilé; le clocher doit dater du xv' s. Des constructions romaines ont été découvertes au hameau de Vaston (1 kil.).
Devant l’église de Saint-Laurent passe un chemin qui remonte la rive g. de l’Ante et aboutit à la belle promenade établie sur l’emplacement des anciens fossés du château. Les touristes ne doivent pas manquer de parcourir à pied ce court trajet (1 kil.
environ) aux points de vue variés.
Rien, en effet, n’est plus pittoresque que l’aspect des rochers de Noron et les escarpements de la falaise sur laquelle est bâti le château, quand on les considère du fond de la vallée de l’Ante, très-profonde sur ce. point.
Aux portes de Falaise et dans la ville même s’élèvent quelques châteaux dignes d’intérêt. Celui de la Fresnaye, bâti dans un vallon, entre le faubourg de Guibray et la ville proprement dite, est entouré d’un beau parc dessiné avec art et planté d’arbres exotiques.
Un autre joli château, précédé d’une belle pelouse, se montre surladr.de ta route de Caen, à la sortie de Falaise.
Sa délicieuse situation et son bel aspect répondent très-bien à son nom :
le Mesnil-Riant.
[Excursions ; — au château de
Longpré (1 kil.), bâtiment carré avec tourelles à toits pyramidaux; — au château d’Aubigny (2 kil.), qui doit remonter au commencement du xvn* s., sauf le pavillon de dr., récemment rétabli ; des fossés entourent la cour qui précède le château; aux angles de cette cour s’élèvent deux pavillons, dont l’un renferme une chapelle et dont l’autre paraît avoir servi de colombier; l’avenue a été détruite il y a quelques années.
L’église d’Aubigny renferme (dans le chœur) six statues tumulaires, en pierre, de grandeur naturelle, représentant des seigneurs à genoux, les mains jointes, la tête découverte; — au château de Versainville (4 kil.
au N. par la route de Lisieux), belle construction du siècle dernier, qu’entoure un magnifique parc de 16 hect., entrecoupé de larges allées droites et clos par des murs ou des fossés (au centre du château, quatre colonnes doriques; statues de Vénus et de Junon; galerie reliant le pavillon central à un pavillon élevé à g.; belle vue) ; à g. du château se trouvent de vastes jardins potagers, puis un petit vallon et des sources d'eau limpide qui alimentent deux étangs; en franchissant le vallon, on peut aller visiter l’ancien château occupé par le fermier et conservant une curieuse porte ogivale. Le chœur et la tour de l’église datent du xv' s.; la nef est moderne; le chœur renferme quelques pierres tombales; — au château de la Tour (4 kil. env.), bâti dans la deuxième moitié du xvm' s., sur la lisière N. du bois du Roi, et habité au siècle dernier par la belle Mme de Séran, que venaient visiter tous les ans une foule de littérateurs et de beaux esprits, notamment Marmontel, à qui l’on attribue des vers gravés sur une pierre, près de la source d’un ruisseau qui borde les promenades du château et va se jeter dans le Laizon. Le château de la Tour est entouré de magnifiques avenues et d’un vaste parc
planté d'arbres séculaires; — et à la Brèche-au-Diable (8 kil. par la route de Caen), vaste déchirure du sol, dont les parois s'élèvent comme des murailles de granit et au fond de laquelle bondissent les eaux du Laizon.
« Si quelque chose, dit M. Galeron, peut donner, dans nos campagnes, une faible idée de ces immenses déchirements des rochers des Alpes, ce doit être l’entrée septentrionale de la gorge de Saint-Quentin. Les moulins suspendus aux flancs du coteau et les petits aqueducs, ou augets de bois, qui leur portent les eaux à 12 ou 15 pieds d’élévation, ajoutent encore à la singularité de tous ces tableaux et redoublent le mouvement et la vie au milieu de cette nature sauvage et tourmentée. Nous n’avons rien vu jusqu’ici, dans l’arrondissement, que l’on puisse comparer à cet emplacement, qui n’a pas plus de mille pas de longueur. Les bords de la rivière d’Orne , vers Harcourt et Clécy, sont bien plus élevés, bien plus escarpés; mais leur physionomie plus grandiose n’étonne pas autant que ces deux murailles de la gorge de Saint-Quentin, si âpres, et en même temps si rapprochées l’une de l’autre, que l’on pourrait croire qu’elles sont prêtes à se rejoindre par un mouvement opposé à celui qui les sépare. »
Au sommet du rocher de Saint- Quentin, s’élève le tombeau moderne de Marie Joly , actrice distinguée de la Comédie française. « Marie Joly, ajoute M. Galeron, se fit de bonne heure un nom parmi nos comédiennes françaises, et, à trente-sept ans.
on la citait comme la plus spirituelle, la plus intelligente des servantes de Thalie. Un heureux avenir semblait lui être promis, quand la mort la frappa brusquement au milieu de ses succès. Son époux, M. Nicolas-François Fouquet-Dulomboy, et les comédiens, ses confrères, lui firent élever un monument que l’on transporta avec sa dépouille embaumée, sur le rocher de Saint-Quentin. F.lle repose
là, dans un caveau taillé dans le roc , au bord de l’abîme.
« Le mausolée, en pierre blanche, à quatre faces, a été sculpté par Lesueur. Mme Joly-Dulomboy est représentée sur la face principale, couchée et endormie , entre les génies éplorés de Melpomène et de Thalie.
Des inscriptions rappellent ses talents et la douleur de sa famille.
Dans un rayon de 200 pas, la demeure funèbre est protégée par une double enceinte. Des mélèzes , des pins toujours verts, répandent à l’entour une teinte de tristesse. On visite ce lieu , presque autant pour le monument de Mme Joly que pour le rocher de la Brèche-au-Diable. Aussi, fréquemment, le désigne-t-on mainténant, même dans le pays, sous le nom de Mont-Joly. *
[Corresp. pour : — (32 kil.) Condésur-Noireau (R. 81), — et (18 kil.) le Pont-d’Ouilly, R. 82.]
De Falaise à Vire, R. 82.
B. Par Langannerie.
35 kil. — Route de voitures.
A la sortie de Caen par le faubourg de Vaucelles, dont on laisse l'église à dr., on entre dans une plaine peu accidentée et l’on aperçoit à g., à peu de distance de la route, le clocher et le village de Cormelles (276 hab.). Les cendres du savant Samuel Bochart reposent dans le cimetière de ce village, qui eut pour curé, vers la fin du xvn* s., Jean Bardou, auteur de plusieurs cantiques, et dont Boileau parle dans ses satires. Sur la dr. se montre l’élégant clocher de l’église d’ifs (R. 50) ; à g., au delà A' Hubert- Folie, se trouve, à 2 kil. de la route, Bourguébus, ch.-l. de c. de 278 hab., qui possède une église intéressante.
On remarque, à l’extérieur, la corniche du S., ornée de feuillages et de têtes en relief d’hommes et d’animaux. Le portail date du xv* s. La voûte du chœur (xm* s.) ne manque ni d’élé gance ni de légèreté. — Une ferme
DE CAEN A FALAISE
[ROUTE 80] BOURGUÉBUS. —
située au milieu du village offre une tour cylindrique terminée par un dôme.
Du plateau que parcourt la route, on découvre une vue très -étendue vers le S. O., car on distingue les buttes du Plessis (219 met.), de Campandré (331 mèt.), d ’Ondefontaine (327 mèt ), et à l’O. l’éminence de Monlbroc (2 19 mèt.), près de Villers- Bocage. Quand on a laissé sur la g.
Tilly-la-Campagne (120 hab. ), on traverse le territoire de la commune de (1 kil. à dr.) Rocquancourt (243 hab.). Sur la g. se détache un chemin conduisantà (2 kil.) Garcelles-Secqueville, v. de 328 hab.; l'église paraît remonter en partie au xn* s. ; le château est moderne.
Un peu plus loin, près de la pyramide de Saint-Aignan , située à 122 mèt., on laisse à g. le chemin de (2 kil.) Saint-Aignan-de-Cramesnil (426 hab.), dont l'église offre quelques parties intéressantes et renferme plusieurs pierres tombales. L’ancien château de Cramesnil , servant aujourd’hui d’habitation à un fermier, a conservé un joli pavillon du xvi* s., sur lequel se détache un élégant escalier formant encorbellement. Le château moderne offre peu d’intérêt.
La route de Bretteville-sur-Laize (F. ci-dessous) se détache à dr. près d’une petite auberge.
16 kil. Cintheaux, v. de 295 hab.
L’église, mutilée par des restaurations maladroites, appartient au style roman très-orné, et doit avoir été construite au xi' s. La tour latérale, au N., peut dater du temps de Louis XIV. — Des squelettes et autres antiquités galloromaines ont été découverts le long du chemin haussé, ancienne voie romaine qui côtoie le cimetière de Cintheaux.
On laisse à g., près de Hautmesnil, un chemin conduisant à (1500 met.) Cauvicourt, v. de 422 hab., bâti sur le versant d’un coteau d’où l’on découvre une vue étendue.
20 kil. Langannerie, v. de 300
- CHÂTEAU D’ASSY.
hab., dépendant de la commune de Grainiille-la-Campagne (379 hab.), dont on aperçoit le clocher à 1 kil. sur la dr. L’église de Grainville appartient au style ogival primitif ; le chœur est du style de transition; les fonts baptismaux paraissent dater du temps de Louis XIV. On remarque, dans le sanctuaire, six jolies crédences du style ogival primitif. — L’ancien manoir (1573) est converti en ferme.
Des sources, jaillissant près de l’église, forment un ruisseau qui se perd sous terre et ne reparaît qu’à 8 kil.
de là, sous le nom de Muance, près du village de Saint-Sylvain.
A 1 kil. au N. E. de Langannerie se trouve Brettcville-lc-Rabet , v. de 200 hab. (chœur et tour de l’église du xii* s.; nef moderne; ancienne commanderie, aujourd’hui une belle ferme, dont il reste quelques salles voûtées du xm* s.; joli château moderne). — A 2 kil., dans la direction opposée, est Urville (F. ci-dessous).
22 kil. Quesnay, ham. de 80üab., dépendant de la c. d’Estrées-la-Campagne (353 hab.) L’église de Quesnay offre un joli modèle du stye ogival primitif. L’ensemble du chœur, dont les fenêtres ont été défigurées, est remarquable. Le château, peu intéressant, est précédé d’une avenue et entouré de bosquets. Le domaine est fort étendu.
On laisse à g. (2 kil.) Ouilly-le- Tesson, v. de 660 hab., agréablement situé sur le penchant d’une colline boisée. L’église est moderne. De l’ancien château converti en ferme il subsiste un bâtiment percé de fenêtres dans le style du xiv' s., et sous lequel s’ouvre une crypte voûtée dont les arceaux reposent au centre sur une colonne. Derrière l’ancienne habitation seigneuriale (xvi* s.) située dans la partie la plus élevée de la cour, s’élève une tour octogone servant d’escalier.
Le chdteau d'Assy, bâti en 1788, à 1 kil. au N. E. de ce village, sur le ! bord du Laizon, et appartenant à
462 DE CAEN A FALAISE. [ROUTE 80
M. le comte d’Aubigny, offre un bel ensemble. Le pavillon central est décoré de 4 colonnes d’ordre corinthien. La chapelle date de 1513. On remarque les rempants du toit qui présentent, en guise de crochets, des griffons ailés, des monstres portant des écussons , etc. — Aux environs du château, arrosés par le Laiton, se voient de belles avenues, des prairies, des bois, des rochers, etc.
A dr. de la route, à 1 kil., se montre Aisy, ham. de 50 hab. (église intéressante du style de transition, château sans intérêt), dépendant de Soumont, v. de 428 hab., situé sur la g., à environ 1 kil. de la routé. L’église de Soumont a été bâtie à plusieurs époques. Le côté S. de la nef et le portail de l’O. sont du xtv* s. ; le côté
N. et le bas côté voisin peuvent dater de la fin du xii* ; la tour appartient, dans sa partie basse, à l’époque de transition; l’étage supérieur parait avoir été ajouté plus tard; le chœur remonte au xui* s. Au S. de l’église se voit un petit manoir en partie ruiné, au pied duquel sort une source abondante alimentant un étang qui concourait à sa défense, avec des fossés dont on distingue encore la trace. De Soumont on peut aller facilement visiter la Brèche-au-Diable (1 kil.) et le tombeau de Marie Joly (3 kil.). F. ci-dessus, p. 460. C’est même de Soumont qu’on voit le mieux les rochers de Saint-Quentin.
On laisse à dr. (3 kil.) Fontainele-Pin, v. de 395 hab. La commanderie de Voixmer, fondée vers le milieu du xn* s., existe à l’extrémité d’un petit vallon dont les eaux vont se jeter dans la Laize. Les fenêtres de la chapelle, abandonnée et servant de hangar, sont cintrées et garnies d'un tore qui les encadre. On remarque à l’intérieur plusieurs pierres tombales.
Le petit château de laize est tout près de la Commanderie.
27 kil. Potigny , v. de 373 hab., possède une église qui offre le mélange des styles roman et ogival
(xm* s.) et dont le portail occidental est précédé d’un porche. Au N. O. de l’église, tout près de la grande route, s’élève un ancien manoir de la fin du xvi* s., qui a conservé trois pavillons saillants quadrangulaires ; il était défendu du côté de l’E. par des fossés et par une pièce d’eau.
On peut de Potigny aller visiter la Brèche-au-Diable (1 kil. à l’E.), les rochers de Saint-Quentin et (2 kil.
env.) le tombeau de Marie Joly (F.
ci-dessus, p. 460).
28 kil. Bons , v. de 300 hab., situé à dr. de la route (église des xn* et xm* s. ; . château aliéné et démoli).
— A g. se trouve Tassilly.
30 kil. Soulangy, v. de 291 hab.
(jolie église du xm* s. , château restauré et entouré d'un joli parc), près duquel on franchit le Laizon qui, après avoir passé entre Soumont et Saint-Quentin, va baigner à g., au N. E. (8 kil.) Bourres, v. de 308 hab,, et (10 kil.) Maisières, v. de 562 hab. L’église de Rouvres (xm* et xiv* s.) est intéressante. On remarque surtout la porte décorée d’archivoltes admirablement sculptées, portant de chaque côté sur trois colonnes en claire-voie, et la flèche de la tour (xtv* s.), dont les fenêtres et les arcatures offrent des détails admirables. L’ancien château, connu sous le nom de ferme de Rouvres, est une construction qui peut dater de la première moitié du xvii* s. ; il forme un grand carré avec une cour au centre. Deux grandes portes surmontées de pavillons carrés se correspondent aux deui extrémités de la cour. Au-dessous du rez-dechaussée, des galeries voûtées font le tour du château; l’enceinte était entourée de larges douves. — L'église de Maizières (mon. hist.), surmontée d’une belle tour centrale, avec flèche en pierre, se compose, dit M. de Gaumont, d’une nef du xm* s., à lancettes courtes et sans colonnes ; d’un chœur dont les murs, [peut-être du même temps que la nef,
[ROUTE 80] FRESNEY-LE-PUCEUX. — BRETTEVILLE. 463
sont percés de fenêtres à moulures prismatiques annonçant le xv* s., ou le commencement du xvi*, d’un transsept N. , et au S. d’une chapelle allongée. On remarque un petit château à l’E. de l’église, dans la vallée, et le château du Val-Hébert, à l’O.
31 kil. Saint-Pierre-Canivet, v. de 442 hab., où se voient les châteaux de la Tour et de Longpré (K. cidessus, p. 459).
32 kil. Aubigny, v. de 400 hab.
(château; V. ci-dessus, p.459).
35 kil. Falaise (F. ci-dessus, p. 453).