‹ Itinéraire général de la NormandieChapitre 406 sur 499 · DE SAINT-LÔ A AVRANCHES. [ROUTE · texte numérisé non relu

DE SAINT-LÔ A AVRANCHES. [ROUTE

taies. Près de l’église s’élève un château du xvn* s.

Remontant sur un plateau haut de 130 met. à 180 met., on se dirige en ligne droite au S. O., en laissant à g. (2 kil.) la Trinité (746 hab.; nef de l’église en grande partie romane ; fenêtres du xvie s-; dalles du xvn") et, plus loin sur ladr. (6U0mèt.), Sainte- Pience (654 hab.) où se voient une petite église des xvn* et xviii* s. et les ruines de l’ancien palais ou villa des évêques d’Avranches. Cette villa, désignée encore sous le nom du Parc, est mentionnée dans des chartes de 1250. Une chapelle moderne l’a remplacée. Presque en face de Sainte - Pience, sur la g., se trouve (2 kil.) le village de Braffais (642 hab.) ; à dr.

(2 kil.) se voit celui du Luot (480 hab.), dont l’église date du siècle dernier. Au delà d’un grand contour à l’E., la route, reprenant sa direction rectiligne, laisse à dr. (1 kil.) Chavoy (225 hab.), dont l’église, en partie réparée de 1743 à 1781, renferme une chaire gothique de 1478 et une pierre tombale fort ancienne (le clocher a conservé plusieurs statues de l’église primitive), et à g. (1 kil.) Plomb, v. de 718 hab. L’église otlre encore quelques vestiges des xve et xvi' s. ; la tour a été refaite en 1739, le chœur en 1745. On descend la rive g. d’un petit affluent de la Sée (le Chavoy) et l’on franchit la Sée à 54 kil. Ponts, v. de 510 hab., situé dans une admirable vallée, au confluent de la Sée etdu Chavoy. L’église appartient à différentes époques : les transsepts sont du xve s., le portail du xvie, la tour de 1621, la nef de 1708. L’intérieur offre plusieurs dalles tumulaires. — La route monte à 56 kil. Avranches (hôt. : d’Angleterre; de Bretagne ; de France; de Londres-, — libraires : Aug. Anfray, rue de la Constitution, 2, près de l’hôtel de ville, éditeur du Mont-Sainl- Michel illustré; assortiment complet d'ouvrages, gravures et photographies sur la Normandie , la Bretagne

et principalement sur le Mont-Saint- Michelet l'Avranchin, Grimblot, flambise, Tribouillard), V. de 8592 hab., ch.-l. d’arrond. du départ, de la Manche, qui occupe une position pittoresque, entre la vallée de la Sée au N. et la vallée de la Sélune au S., à l’extrémité d’un promontoire d’où l’on admire un des plus beaux paysages de la France entière, a D’un côté, celui de la vallée de la Sée, dit Aristide Guilbert, on ne peut y arriver qu’en gravissant une route taillée en rampe dans le roc et au-dessus de laquelle on aperçoit encore une partie de ses anciennes murailles ; de l’autre côté, elle domine d’immenses grèves, tantôt inondées, tantôt délaissées par le double mouvement de l’Océan, mais toujours belles et imposantes.

Enfin, à l’extrémité des grèves, on voit surgir de la mer le Mont-Saint-Michel et Tombelaine, comme des postes avancés élevés contre l’invasion, comme des bornes i mmuables placées aux limites de la terre et de l’Océan ; sublime spectacle auquel se rattachent quelques-uns des plus grands souvenirs de la religion, de la guerre et de la politique. »

De la belle promenade établie sur les vieux remparts d'Avranches, on découvre, d’un côté, la délicieuse vallée de la Sée, de l’autre, la baie du Mont-Saint-Michel. On aperçoit aussi, au milieu d’une mer de verdure, le château d’Apilly, l’église de Ponts, le clocher de Saint-Jean, le château de Marcey, l’église du Val-Saint-Pair, enfin, une très-grande partie de l’arrond. d’Avranches « qui forme, dit M. le Héricher, autour de la baie Saint-Michel, un croissant dont la pointe N. est Granville et la pointe S. Pontorson.»

Si Avranches a perdu son antique cathédrale, dont les historiens vantent à l’envi la splendeur, si ses tours et ses donjons sont à moitié détruits, elle mérite encore, par sa situation seule, la visite des touristes. C’est en outre d’Avranches que l’on part

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le plus ordinairement pour aller visiter le Mont-Saint-Michel, une des merveilles de la Normandie et de la France (R. 112).

L'origine d’Avranches est inconnue ; des débris gallo-romains, découverts sur plusieurs points, attestent qu'elle avait une certaine importance dès les premiers siècles de notre ère. La Table théodosienne lui donne le nom de Leyedia; Ptolémée l’appelle Ingena ; la Notice des Gaules la désigne sous le nom de Ciritae Abrincatum , et, suivant M. le Héricher, Pline nomme les habitants du payB Abrtncalui. Au v* s., Avranches, connue sous le nom de Cwilas Abrincatum, occupait le troisième rang parmi les sept cités de la Seconde Lyonnaise; les Romains y tenaient garnison. Quelques auteurs prétendent que Childéric fit bâtir, vers l’an 460, un château fort à Avranches, mais rien ne justifie cette assertion.

On ignore l'époque précise de la création du siège épiscopal d'Avranches dont la plupart des historiens rapportent l’érection à l’année 511. Parmi les premiers évêques d’Avranches, un seul mérite d'être signalé : c’est saint Aubert qui jeta, au viii« s., les fondements du monastère du Mont-Saint-Michel.

Vers l’an 80ü, Charlemagne, voulant mettre Avranches à l’abri des invasions des pirates du Nord, y fit exécuter de nombreux travaux de défense qui ne l’empêchèrent pas de tomber au pouvoir des Normands vers l’an 860. En 933, Guillaume Longue-Épée, devenu maître de tout l’Avranchin, qui avait environ 52 kil. de longueur sur 56 de largeur, l’incorpora à son duché de Normandie.

Le premier comte d’Avranches dont il soit fait mention dans l’histoire est Hugues le Loup, qui fut un des plus intrépides compagnons de Guillaume le Conquérant et sut s’entourer d’une cour brillante « où l’élite des littérateurs de son temps, dit A. Guilbert, brillait à côté des chevaliers les plus renommés. »

C’est à l’évéque Turgis (1090-1121) que l’on attribue généralement la reconstruction de la cathédrale.

Avranches se soumit en 1141 à Geoffroy Plantagenet, et, quelques années plus tard (1157), Conan, duc de Bretagne, y vint rendre hommage au roi Henri 11; ce dernier prince y revint peu de temps après pour se faire absoudre du meurtre de Thomas Becket, archevêque de Cantorbéry (F. ci dessous, p. 484).

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