‹ Itinéraire général de la NormandieChapitre 41 sur 499 · ROUTE 1] ROSNY. — ROLLEBOISE · texte numérisé non relu

ROUTE 1] ROSNY. — ROLLEBOISE

célèbre. Le plus ancien propriétaire du domaine de Rosny fut, dit-on, Raoul de Mauvoisin qui vivait en 1080.

De la maison de Mauvoisin ce domaine passa dans celle de Melun, et de celle-ci, dans la maison de Béthune en 1529, parle mariage d’Anne de Melun avec Jean de Béthune , grand-père du duc de Sully. Ce fut dans le château de Rosny que se retira Henri IV, après la grande journée d’Ivry, où Sully fut dangereusement blessé. En 1729, François Olivier, comte de Sénozan , fit l’acquisition du domaine et du château de Rosny qui, après avoir appartenu pendant quelque temps à la famille Archamhauld de Talleyrand-Périgord et à un négociant de Paris, fut acheté, en 1818, par la duchesse de Berri. 11 appartient aujourd’hui à M. le Marrois.

La route de Rouen, qui traverse le village, est bordée d’assez jolies habitations. On y voit aussi une fontaine publique en pierre entourée d’un large bassin. L 'église, située à peu près au centre du village, est surmontée d’une tour carrée terminée par une plate-forme (belle vue). On remarque à l’extérieur les deux armures en relief qui ornent les panneaux de la porte , et, à l’intérieur , les tombeaux de Jean-François Patu et de Jeanne Goudret, sa femme, concierges du château, morts en 1672; le tableau qui sert de retable au maître-autel (l’Ensevelissement du Christ, copié à Rome), et deux vitraux portant la date de 1864.

La route de Paris à Rouen longe les murs du parc du château ; en la suivant (du côté de Paris) on arrive à une grille en fer qui s’ouvre sur une cour plantée d’arbres derrière lesquels s’élèvent de vastes bâtiments où la duchesse de' Berri avait établi un hospice ; ils servent aujourd'hui de salle d’asile. Derrière, au fond d'une autre cour entourée d’une colonnade, s’élève une église surmontée d’un dôme assez élégant et bâtie en 1820, en même temps que l’hospice.

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On remarque, derrière l’autel, un monument funéraire en marbre blanc supportant la statue de saint Charles revêtu de tous les insignes épiscopaux. Ce tombeau renferma pendant quelque temps le cœur du duc de Berri. Les vitraux représentent des têtes de rois.

L’entrée pri ncipale du château donne sur une petite rue qui se détache à g. de la route de Rouen, un peu plus haut que la grille de l’hospice. Derrière une énorme grille en fer, ornée d’armures et d’armoiries , et datant de l’époque même de Sully, commence une vaste avenue de peupliers conduisant au château. On remarque, à l’intérieur, un riche ameublement moderne; de beaux tableaux, et une magnifique salle à manger ornée d’une splendide cheminée en bois, dont les sculptures représentent une procession religieuse. Le parc, arrosé par une petite rivière, contient de très-beaux arbres, des avenues admirablement dessinées et des rochers pittoresques.

La route de Rouen , bordée d’arbres, offre une agréable promenade le long de la Seine.

La voie ferrée, laissant, à dr., le parc du château, et, à g. , la forêt de Rosny, côtoie pendant quelque temps la rive g. de la Seine dont elle s’éloigne ensuite brusquement , pour s’enfoncer dans le tunnel de llolleboise, long de 2046 met. Près de deux années ont été nécessaires pour percer ce souterrain. La montagne s’élève de 70 à 80 met. au-dessus du tunnel, et les maisons de llolleboise (287 hab. ) s'étagent pittoresquement sur ses flancs.

L'église, bâtie presque au haut du village , attire les regards de fort loin, mais elle ne se recommande que par sa position pittoresque. Le château fort de Rolleboise , redoutable aux xni« et xiv s., fut pris en 1364 par Duguesclin et détruit par ordre de Charles V.

Prcsqu’à la sortie du tunnel se trouve — 69kil. Bonnières (hôt. du Chemin de Fer; — Buffet, loueur de voitures), ch.-l. de cant. de 809 hab., situé à g. du chemin de fer, près de la rive g.

de la Seine et traversé par les routes de Paris à Caen et de Paris à Rouen.

II ne formait,- avant 1789, qu’une simple succursale, dont le Mesnil-Regnard était la paroisse. Le Mesnil- Regnard, situé au sommet d’un des coteaux qui dominent Bonnières au S., n’est plus aujourd’hui qu'un modeste hameau où l’on visite cependant avec intérêt, près de l’emplacement de l’église, les restes d’une vieille tour qu’Armand Cassan fait remonter au x“ s. et qui mesure encore 10 met. de hauteur environ sur 1 mèt.

d’épaisseur. L 'église de Bonnières n’a de remarquable que son ancienneté ; à dr. de l’entrée se voit un petit monument en pierre élevé à la mémoire de François Bénard, curé doyen de Bonnières, mort en 1844. Bonnières possède 2 distilleries importantes, une pour l’eau-de-vie de betterave (70 ouvriers environ) et l’autre pour l'huile de pétrole.

A 8 kil. de Bonnières est le village de la Roche- Guyon dont la vieille tour, restée dehout au sommet de la côte, at tire de loin les regards. Le chemin qui y conduit, bordé d’arbres à la sortie de Bonnières, franchit le chemin de fer à 1 kil. de la station, puis, laissant à dr. la petite église abandonnée de Freneuse, v. de 629 hab., traverse la plaine de ce nom, renommée pour les navets qu’elle produit.

On longe ensuite, pendant 2 kil., la rive g. de la Seine, sur la lisière d'un bois, et, avant d'atteindre le pont suspendu qui met la Roche- Guyon en communication avec la rive g. du fleuve , on découvre un beau paysage formé par le parc du château, le donjon qui le domine, et la longue ligne de maisons qui s’étagent sur le flanc de la montagne, sur le bord d’un chemin creusé dans la roche blanche où ont été taillées de nom-

breuses habitations. La Roche- Guyon,v.de 787 hab. (Auberge Saint- Michel, près du pont, bonne friture), commence au delà du pont suspendu, et l’on se trouve bientôt devant la grille de la cour qui précède l’entrée principale du château actuel. L’ancien château fut construit en 998 par un seigneur nommé Guy ou Guyon.

« Invisible à sa surface, dit Suger (vie de Louis le Gros), ce château est creusé dans une roche élevée. La main habile de celui qui le construisit a coupé sur le penchant de la montagne, et à l’aide d’une étroite et chétive ouverture, le rocher même et formé sous terre une habitation d’une très-vaste étendue.... C’était autrefois , selon l’opinion générale, soit un antre prophétique où l’on prenait les oracles d’Apollon, soit le lieu dont Lucain dit :

Nam quamvis Thessala vates Vim faciatfatis, dubium est, quod traxerit illuc

Aspiciat Stygias, an quod descendent umbras.

« De là peut-être descend-on aux enfers. »

« Suger parle ainsi, ajoute à cette citation M. Viollet-le-Duc (Dict. raisonné d’architecture, t. V, p. 59) , du château dont nous voyons les restes. Les souterrains, taillés dans le roc, existent encore, et, s’ils ne sont point des antres antiques , s’ils ne descendent pas aux enfers , ils datent d’une époque assez éloignée. Les logements n'étaient cependant pas creusés dans la falaise, ainsi que le prétend Suger, mais adossés à un escarpement de craie taillé à main d’homme. Le château de la Roche-Guyon est de nos jours à peu près méconnaissable par suite des changements qu’il a subis ; on y retrouve quelques traces des bâtisses du xir s. ; quant au donjon , il est entièrement conservé, sauf ses couronnements, et la construction parait appartenir au milieu de ce siècle.... Dans cette bâtisse, pas un profil, pas un coup de ciseau inutile ;

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