ROUTE 1] TRIEL. — VERNOUILLET. — MEULAN
tcrieur les chapelles latérales, du style gothique fleuri, qui prennent jour sur la terrasse (le côté opposé n’est pas du même style) , et les débris du porche, au fond duquel se voit encore une porte en bois sculpté. De chaque côté de ce porche étaient deui médaillons, dont l’un paraît ressembler à François Ier.
Un beau vitrail est daté de 1554. — La colline renferme des carrières de plâtre et de pierres.
A 1 kil. (à g.) de la station de Triel se trouve Yernouillet , v. de 709 hab., signalé de loin par un beau château et un joli clocher roman.
L’église mérite la visite des archéologues, malgré les mutilations qu’elle a subies et les restaurations maladroites dont elle a été l’objet. Les parties les plus anciennes paraissent dater des xne et xme siècles. Ouelques-uns des chapiteaux de ses colonnes sont ornés d'animaux. Le château , ancienne résidence de Mme de Montfaucon, construit sous la Régence, est aujourtl’hui réduit aux dimensions d’une jolie maison de campagne.
Au delà de la station de Triel, on découvre Verneuü (631 hab.), situé à 1 kil. au nord de Vemouillet; ce village possède un joli château, bâti au milieu d’un beau parc qui s’étend jusqu’au chemin de fer, et appartenant à ■M. de Talleyrand de Périgord, neveu du célèbre diplomate de ce nom. L’église date des xi* et xiii* s.
On laisse à g., dans un petit vallon , le hameau du Temple dépendant de la c. de Vaux (1137 hab.), dont les maisons et les villas s’éparpillent le long de la rive dr. de la Seine.
La culture des arbres à fruits et l’exploitation des carrières à plâtre sont les principales industries des habitants de Vaux. Un peu plus loin, sur la rive dr. de la Seine, se montre Évccquemont (316 hab.) , dont le château, autrefois seigneurial, avait haute, moyenne et basse justice. Ses nombreuses maisons de campagne
jouissent de points de vue magnifiques.
On aperçoit de loin le clocher de Meulan , en deçà d’un groupe de grands arbres.
41 kil. Meulan (omnibus, 25 c.), V. de 2181 hab., est située en partie sur la rive dr. de la Seine, en partie sur une Ile nommée le Fort et reliée à la rive g. par un ancien pont de pierre de 9 arches qui la met en communication avec les Mureaux. La station de Meulan retentit depuis longtemps des sons du flageolet d’un pauvre aveugle qui vit d'aumône.
Des coteaux couverts de vignes dominent cette petite ville. Christophe de Thouen a fait la description suivante:
« Cette ville est commandée par une colline sur le haut de laquelle était un château dont on voit encore les ruines; ses murs sont bas, faits de terre et de boue et sans aucun rempart : un pont de communication joint à la ville une Ile de six arpents d’étendue, où se trouve un fort flanqué de quatre tours, dont la plus considérable sert de défense à la pointe de la Bastille; deux autres couvrent les flancs de cet ouvrage, et la quatrième, appelée la Tour aux chiens, regarde l'île de Saint-Cosme ; de là, on passe la Seine sur un pont dont la tête est défendue par une tour appelée la Sangle, sans autre fortification ; cette tour est commandée par une colline, et de l'autre côté, l’église Notre-Dame commande la côte en ruine. » Ce château, dont de Thou a vu encore les ruines, ces tours, ce fort qui brava les armées de la Ligue, tout a disparu; c’est à peine s’il en reste quelques débris épars. L’église Notre-Dame, monument gothique, subsiste encore, mais l’administration municipale en a fait une halle au blé; la tour de cette vieille église sert de beffroi.
Réunie par Philippe Auguste à la couronne do France, Meulan, qui était fortifiée, opposa pendant les guerres civiles une résistance opiniâ-
»gle
tre aux troupes du duc de Mayenne , forcées de lever le siège. En 1638, Louis XIII ordonna qu’on établit à Meulan une communauté de religieuses de l’Annonciade, en faveur de Charlotte du Puy de Jésus-Maria, dont les prières venaient, disait-on, de faire cesser la longue stérilité d’Anne d’Autriche. Ce couvent, commencé en 1670 et terminé en 1683, a fait place à de jolies maisons bourgeoises. L 'église Saint-Nicolas est le seul édifice religieux que Meulan ait conservé, de tous ceux qu’elle possédait avant la Révolution. — A micôte, sur la rive dr. , se montre un château récemment construit.
Meulan a été habitée par Chateaubriand, qui y a écrit., dit-on, une partie de ses Mémoires.
[Corresp. pour : (13 kil.) Avernes et (7 kil.) Seraincourt .]
En sortant de Meulan, on remarque, à g., un château entouré d’arbres magnifiques; il appartient à M. le comte Daru. Plus loin, de grands arbres cachent eu partie le beau château de M. Baroche, au pied d'un coteau. La voie ferrée traverse ensuite le bois de la Garenne qui s’étend jusqu’à la station d’Épone, et dont les arbres laissent apercevoir à g. le v. de Flinsmr- Seine (838 hab. ; église trcs-ancienne; beau château avec parc et pièces d’eau) et Aubergenville (450 hab.), dominé par le château d'Acosta, entouré d’un vaste parc. Sur la rive dr. de la Seine, se montrent, tour à tour, Mésy (463 hab.), et Juziers (805 hab.) , où se trouvait autrefois la maison de plaisance des évêques de^ Chartres.
On aperçoit à g., près d’Épone, un château entouré de beaux arbres.
49 kil. Épone (omnibus, 15 c.) , v. de 830 hab., est bâti en amphithéâtre, à 1 kil. de la station, et à la même distance du v. de Mésières (862 hab.; beau château). Épone possède des débris des époques celtique, gallo-romaine et du moyen âge. Des fouilles y ont fait découvrir des dol-
mens, des couteaux en silex, des médailles, des fragments de poteries antiques, etc. Le plus célèbre des monuments celtiques d’Épone est son dolmen, placé à quelques pas du chemin qui conduit d’Épone à Meulan, par la ferme de la Garenne. « Sa table d'autel, dit Armand Cassan (Antiquités gauloises et gallo-romaines de l’arrondissement de Mantes), est faite de deux pierres, en calcaire siliceux , qui ont ensemble 12 mèt.
43 cent, de tour, 4 mèt. 5 cent, de longueur et 50 cent, d’épaisseur; il a 6 supports en calcaire siliceux et en grès, dont l’élévation est de 60 cent.
Un fragment de 5 mèt. de tour, de
1 mèt. 41 cent, de longueur et de
2 mèt. de largeur, détaché de la pierre du midi, est à moitié enfoui en terre. A un pas de ce lieu de sacrifice s’élevaient, avant la Révolution , les fourches patibulaires de la justice seigneuriale d’Ëpone. Quatre lances de la plus belle conservation, une lampe et une médaille à l’effigie de Valens auprès d'un cadavre , une amphore élégante, des fragments de poterie rouge représentant des sphinx ou des lions, sont autant de débris qui attestent la présence des légions romaines sur ces bords, aux m* et iv* s. de notre ère. »
L'église d’Épone remonte en partie au xir s. La partie latérale, à plein cintre, aux dents de loup, aux rosaces élégantes, est très-curieuse. On remarque aussi à Épone une tour du xc s. et un beau château possédé longtemps par la famille de Créquy.
[Corresp. pour : (4 kil.) Néxel,\. de 325 hab. (église de 1848; château de la Falaise) , — (6 kil.) Aulnay ; — et (8 kil.) Maule, desservi aussi par les voit, de corresp. de la station de Néauphle-le-Château, sur la ligne de Paris à Dreux (R. 93).]
D'Êpone à Neauphle-le-Chàteau, R. 53.
Quand on voit à dr. Porcheville, v.
de 238 hab., les regards sont déjà at-
ÉPONE. — MANTES.
tirés du même côté par les clochers de Mantes. On laisse à g. une carrière à plâtre — les produits en sont descendus par un petit chemin jusqu’au bord de la Seine — et une longue file de mamelons presque nus, puis on s'engage dans une tranchée au sortir de laquelle on aperçoit, à g. , Mantes-la- Ville (788 hab.), dont le château est à demi caché par les arbres.
56 et 57 kil. Mantes (omnibus, jour 25 c., nuit 30 c. ; — hôt. : du Grand- Cerf, place Rosny (recommandé), du Rocher de Cancale, rue Royale ; — Loueur de voitures, Marchand, rue Porte-aux-Saints ; — Bureau de poste rue Royale, et bureau télégraphique, rue de la Sangle) .
Le chemin de fer a deux stations pour Mantes. Quelques trains omnibus s’arrêtent à celle qui est située immédiatement au delà du viaduc jeté sur le chemin de fer. Cette station, dite de la Ville, est plus rapprochée du centre de Mantes, car la rue Porte-aux-Saints , qui fait suite à l’avenue du faubourg Saint-Lazare, aboutit à la rue de la Chausseterie, à l’extrémité de laquelle s’élève l’église. L’autre station, où se trouvent la gare, le buffet, et la bifurcation des lignes de Cherbourg et du Havre, est éloignée de 1 kil. C’est de cette station que partent les omnibus desservant la ville.
Mantes, V. de 5372 hab., ch. 1.
d’arr. du départ. . de Seine-et-Oise, est agréablement située sur la rive g.
de la Seine, vis-à-vis de Limay, bâti sur la rive dr. du fleuve que traverse un beau pont. f
L’origine de Mantes, quoi qu’en disent les chroniqueurs, est très-obscure ; il faut remonter jusqu'au ix« s. pour rencontrer sur cette ville des documents positifs. En 865, les Normands, sous la conduite de Bivern, surnommé Côte de Fer, traversent la ville de Mantes et la pillent. A l'époque du démembrement de la Neustrie, Mantes devint une ville du Vexin français. Guillaume le Conquérant réclama cette province de Philippe I«r, mais, la réponse du roi de
France ayant été une raillerie sur l’embonpoint de Guillaume, ce dernier, plein de ressentiment, s’empara de Mantes, et la livra aux flammesen 1087. Comme il chevauchait orgueilleusement par la ville, dit un vieil historien, son cheval, ayant mis les pieds dans un fossé, s'abattit et le blessa au ventre en le faisant tomber sur l’arçon de sa selle. On le transporta à Rouen, où il languit pendant quelque temps. Afin d’obtenir la rémission de ses péchés, il légua une forte somme d’argent pour la reconstruction de l’église Notre-Dame de Mantes livrée au pillage et aux flammes par ses soldats, et mourut quelques jours après, des suites de sablessure. Philippe Auguste appelait Mantes sa fille bien-aimée; il avait demandé en mourant que son cœur fût déposé au pied du grand autel de l’église Notre-Dame.
En 1346, Édouard III, après avoir débarqué au cap de la Hogue, pour s’emparer de la Normandie, s’avança jusqu’à Mantes et la saccagea, quelques jours avant la bataille de Crécy. — En 1364, Duguesclin la fit rentrer sous la domination des rois de France, mais elle ne tarda pas à retomber au pouvoir des Anglais. Reprise en- 1449 par les Français, elle n’a pas cessé depuis lors de leur appartenir.
Henri IV allait souvent à Mantes rendre visite à Gabrielie; cette dernière y habitait une maison que l’on voit encore dans la Grande-Rue (elle est occupée aujourd’hui par un pharmacien). — Pendant les guerres de la Ligue, Mantes suivit le courant général ; elle reçut plusieurs fois le duc de Mayenne, mais elle fut surprise par Henri IV, qui y fit une entrée triomphante (1590).
En 1609, Henri IV revint à Mantes avec la reine Marie de Médicis; deux ans après la mort de Louis XIII, Anne d'Autriche y passa quelques jours avec Louis XIV enfant, le duc d’Anjou et le cardinal î)Iazarin. Louis XIV logea, dit-on, dans une maison de la rue aux Pois. Le cardinal Mazarin logea au château, qui fut détruit en 1721 par ordre du régent, le duc d'Orléans, son dernier possesseur. Cette démolition et les dégâts occasionnés par les guerres dont Mantes avait eu si longtemps à souffrir, donnèrent aux habitants l’espace nécessaire pour la reconstruction de leur ville qui, s’étant peu à peu relevée de ses ruines, mérita d'être appelée Mantes la jolie.
Le legs fait par Guillaume le Conquérant, les dons de la reine Blanche
et de Marguerite de Navarre servirent à l'édification de Notre-Dame de Mantes. Cette belle église, bâtie par Eudes de Montreuil qui venait de construire plusieurs églises de Paris, se distingue, à l'extérieur , par l’élégance de ses deux tours à jour, dont l’une vient d’être entièrement refaite à partir du 2' étage, dans le style primitif, et dont l’autre a été considérablement restaurée. La façade principale, précédée d’une place assez mal entretenue, offre un magnifique portail orné d’un grand nombre de statuettes presque toutes décapitées et de sculptures de toute sorte affreusement mutilées. On admire surtout les riches consoles qui ornent les voussures des portes, et la magnifique rosace gothique qui les surmonte. Un cordon d’énormes gargouilles fait le tour de l’édifice.
Malgré de nombreuses restaurations, plusieurs parties extérieures de l’église , notamment les bas côtés du chœur, sont dans un état complet île délabrement, mais les travaux se poursuivent, et, dans quelques années, la restauration de ce monument sera achevée. A l’intérieur, on est surtout frappé de l’élévation de la nef, qui mesure plus de 35 met. sous clef de voûte. Contre le bas côté sud du chœur est une chapelle dont la voûte repose sur un pilier central.
« Cette chapelle, dit M. Viollet— le— Duc, est l’un des meilleurs exemples de l’architecture du commencement divxiv' s. qu’il y ait dans l’Ile-de- France. » Auto.ur des bas côtés rayonnent de nombreuses chapelles dont les fenêtres ont perdu leurs verrières.
La chapelle de la Vierge, située derrière le maltre-autel, en a reçu dernièrement qui sont l’œuvre de M. Lusson ; celle de Notre-Dame-des-Sept- Douleurs, offre un assez beau groupe représentant la Vierge tenant dans ses bras Jésus-Christ descendu de la croix. Une autre chapelle, située vers le milieu du bas côté droit, possède un bel autel en pierre sculp-
tée, récemment construit; le tabernacle qui le surmonte mérite d’attirer l’attention des amateurs. On remarque aussi dans la nef un chemin de Croix en bas-reliefs encadrés; un grand tableau, fixé sous la grande rosace, à la place ordinaire des orgues et représentant saint Paul devant l'Aréopage ; les charmantes boiseries du chœur et des orgues, et une chaire en bois sculpté.
Au premier étage, de larges galeries, à balustrades ouvragées, régnent autour de la nef et du chœur; leurs travées sont formées de trois voûtes en berceau d’une courbe très-heureuse , qui reposent sur trois rangées de colonnettes. On y monte (s’adresser au sacristain, pourboire) par un escalier pratiqué dans le mur au fond du collatéral de droite. Ces galeries servent actuellement d’entrepôt pour des statues mutilées dont la plupart sont très-anciennes, des fragments de basreliefs, des pierres tombales, etc.; c’est une espèce de grenier destiné au mobilier de l’cglise. Des galeries, on peut monter aux tours par un escalier tournant, pratiqué aussi dans le mur. Du haut de ces» tours, on découvre une belle vue sur la vallée de la Seine et les coteaux boisés qui la dominent; on peut même, lorsque le temps est parfaitement clair, apercevoir le Mont-Valérien et les moulins de Montmartre.
Il y a quelques années, des ouvriers, occupés aux réparationsde l’église de Mantes, mirent à jour un petit caveau connu seulement par la tradition, dans lequel on trouva deux bottes de ^ilomb assez semblables à celles qui sont destinées, encore aujourd’hui, à renfermer le cœur et les entrailles des hauts personnages. On suppose que le cœur et les entrailles de Philippe Auguste sont renfermés dans ces boites, la tradition affirmant que le vainqueur de Bouvines est enterré dans le chœur de l’église de Mantes.
Dernier débris d’une église détruite
[Route 1] ManÏES. -
à la Révolution, la tour Saint-Maclou, que Ton aperçoit en sortant de l’église Notre-Dame, domine toute la ville. Commencée au milieu du xiv* s., avec les deniers provenant du halage des bateaux qui passaient sous le pont de la ville, les dimanches et jours de fête, elle fut achevée dans la seconde moitié du xv* s., comme l’indique l’architecture des étages supérieurs.
En allant de l’église à la tour Saint- Maclou, on passe d’abord devant le théâtre, puis devant l’hôtel de ville et le tribunal de lre instance dont la façade principale borde le marché aux fruits et aux légumes. — Le théâtre, situé sur la place de l’Église, offrait autrefois, sur sa façade, des sculptures qui ont complètement disparu; les bâtiments, affectés au théâtre et au café de la’Comédie, servaient jadis d’hospice. — L’hôtel de ville est un ancien édifice restauré au xvii' s., et sur lequel la Révolution a effacé les initiales et les emblèmes de Louis XÎV, qui décoraient ses trois frontons. Le fronton central est orné des armes de la ville. — Le tribunal occupe les bâtiments de l’ancien Auditoire royal, où se tenait la juridiction de Mantes, sous l’ancien régime. La porte d’entrée est surmontée de sculptures mutilées parmi lesquelles on distingue les deux écus de France et de Milan.
L’écusson mi-parti de France et de Bretagne surmonte la première fenêtre; les armes de la ville de Mantes se voient au-dessus de la troisième. Une niche vide, placée au-dessus de la porte, renfermait la statue de saint Yves, patron des avocats et dés procureurs. Au-dessus de la tête du saint étaient gravés trois vers latins, tirés d’un hymne qui se chantait à la messe célébrée en son honneur , et que M. Louis Ënault a traduits ainsi :
Saint Yves était Breton,
Avocat et pas fripon,
Chose incroyable.... assure-t-on.
- LÎMAY. 15
Cette porte donne accès à un bel escalier en pierre datant de François Ier, et sous lequel sont des caveaux qui servaient autrefois de prison.
Entre la porte de l'hôtel de ville et celle du tribunal, à l’extrémité de la place du Marché , se voit une magnifique fontaine remontant à une date inconnue. Elle est formée de deux vasques superposées, d’où l’eau jaillit dans un bassin hexagonal.
Les piliers sont décorés de figures et d’arabesques mutilées pour la plupart, mais parmi lesquelles on distingue très-bien un pélican abreuvant ses petits de son sang.
L’hôpital général, situé près du chemin de fer, dans le voisinage de la première station, a été bâti en 1668, comme l’indique une inscription gravée au-dessus de la porte d’entrée.
Ses vastes bâtiments n’offrent rien de remarquable. La petite chapelle de cet établissement, bâtie au fond d’un jardin, renferme quelques vieux tableaux, dont l’un, représentant la Résurrection, porte la date de 1694.
Derrière la chapelle s’étend le cimetière de la ville, planté d’arbres et contenant plusieurs monuments funéraires assez remarquables.
Signalons encore à Mantes { Grande ■ Hue) une maison habitée, dit-on, par Gabrielle d’Estrées, et quelques vieilles tanneries offrant des débris d’ogive.
Mantes communique avec Limay, son faubourg, par un pont que Perronnet construisit en 1765, sur le bras méridional de la Seine. Tout auprès, se montre, à dr., une belle maison (c’était autrefois la salle des arquebusiers) flanquée de deux grosses tours et sur la façade de laquelle règne un joli balcon. Sur les quais, s’étendent des allées de magnifiques tilleuls formant d'agréables promenades. Deux îles de la Seine s’appellent l’île' Champion et Tlle de Limay. Sur une ligne parallèle à cette dernière, se trouve l’avenue dite des Cordeliers , située près de l’ancien couvent des religieux de ce nom.
Limay, bourg de 1305 bab., situé au pied d’une colline, sur la rive dr. de la Seine et traversé par la route de terre, possède une belle place en hémicycle, bordée de maisons neuves.
La tour carrée de l’église, surmontée d’une élégante pyramide , remonte au xii* s. On remarque, à l’intérieur, une cuve baptismale de la même époque, richement sculptée.
Une pierre tombale, encastrée dans un îles murs de l’église, porte une inscription hébraïque qui passe pourêtre l’épitaphe d’un rabbin. D’autres pierres tombales représentent des moines, des chevaliers et des dames châtelaines. Au sommet du coteau qui domine Limay, le château des Célestins, ancien couvent, jouit d’une belle vue.
Un petit chemin, tracé un peu audessous du château des Célestins, conduit à l’Ermitage Saint-Sauveur (environ 4 kil. de Mantes), taillé en entier dans un rocher dominant la Seine.
On y voit : une modeste chapelle qui attire de nombreux pèlerins à de certaines époques de l’année ; un petit jardin, et la demeure de l’ermite, creusée dans la pierre vive. On descend de l’Ermitage sur le bord de la Seine, que l’on peut franchir sur un bac, pour aller au v. de Gassicourt (335 hab. , 3 kil. de Mantes par le chemin vicinal, et 5 kik environ si l’on passe par l’Ermitage Saint-Sauveur) , situé sur la rive g. du fleuve, à l’extrémité d’une vaste prairie qui sert d'hippodrome à la ville de Mantes. L’église de Gassicourt (s’adresser au maire qui en garde la clef), en partie des xii* et xiif s*, appartenait autrefois à un prieuré qui dépendait de l’ordre de Cluny et que Bossuet conserva toute sa vie. La tour carrée est percée , sur chaque face, de trois ouvertures romanes dont le dessus est orné de dents de scie et de têtes de loup. La porte d’entrée, bien mutilée, a été récemment restaurée; elle offre des têtes grimaçantes, des rangs de zigzags et d’étoiles, etdes panneaux très-anciens.
On remarque à. l’intérieur: de grau-
[ROUTE lj
des fenêtres ogivales, dont deux , celles du chœur, conservent des débris de vitraux ; de magnifiques restes de peintures murales; des bas-reliefs; et surtout les charmantes boiseries et les stalles du chœur, dont les panneaux et culs-de-lampe représentent des personnages grotesques, des scènes comiques, etc. La chapelle Saint- Eloi renferme un joli lavabo sculpté et un bas-relief très-ancien (la Descente de croix). La nef est en partie pavée de pierres tombales. Le bassin du bénitier mérite aussi d’être signalé aux antiquaires. — On revient à Mantes, ou plutôt à l’embarcadère, par un chemin qui offre de jolis points de vue sur les collines de la rive dr. de la Seine, que couronne, en face de Gassicourt, un moulin à vent semblable à un donjon.
[Corresp. pour : (2 kil.) Limay; — (16 kil.) Ârthies (R. 23) ; — (22 kil.) Magny (R. 23) ; — (10 kil.) Drocourt, v. de 242 hab. ; — (12 kil.) Septeuil (R. 54), et (18 kil.) Orvilliers (R. 54).]
De Mantes à Magny, R. 23 ; — à Houdan, R. 54.
Lavoie ferrée laisse à g. la ligne de Cherbourg (R. 50) et les entrepôts du matériel de la ligne, à dr. le village de Gassicourt ainsi que les coteaux de la rive dr. de la Seine. On aperçoit le chemin de fer de Cherbourg, jusqu’à ce que l’on s’engage dans une tranchée, au sortir de laquelle on entre dans la forêt de Rosny que Sully mettait en coupes réglées pour prêter de l’argent à son maître. On voit, sur la rive droite de la Seine, le village de Guemes (530 hab.), puis, sur la rive gauche, le parc et le clocher de Rosny.
63 kil. Rosny, v. de 703 hab., est agréablement situé, à dr. du chemin de fer, sur la rive g. de la Seine, près de la lisière d’un magnifique parc entourant le château que l’on n’aperçoit pas de la station. Sully et Mme la duchesse de Berri ont reudu Rosny