‹ Itinéraire général de la NormandieChapitre 416 sur 499 · DE SAINT-LÔ A GRANVILLE. [ROUTE · texte numérisé non relu

DE SAINT-LÔ A GRANVILLE. [ROUTE

d’ornementation délicatement travaillés.

Lanefprésentecinqarcades quesupportent des colonnes monocylindriques, sans chapiteaux ni sculptures, et une galerie avec balustrades (guirlandes et fleurs) qui se prolonge autour du chœur et de la chapelle méridionale du transsept.

Dans le chœur (cinq arcades dont les voussoirs sont à nervures prismatiques ou anguleuses), éclairé par cinq fenêtres, on remarque une belle grille en fonte, dans le style de l’église, et deux rangs de stalles (xvn' s.). Signalons aussi : la chaire (1737) provenant de l’abbaye de la Luzerne ; plusieurs beaux vitraux du xvi” s. et diverses inscriptions.

L’église Saint-Nicolas, en grande partie du xiv' s., a subi un grand nombre de reconstructions ou additions. Elle se compose d’une nef principale flanquée de bas côtés, d’un chœur et de deux chapelles formant une nef transversale. Le transsept est surmonté d’un dôme du xvm* s. La tour carrée et lourde qui domine la porte occidentale date de la même époque. Les cinq grandes arcades de la nef sont supportées par des colonnes monocylindriques, sans ornements.

Le chœur offre treize arcades ogivales (chapiteaux délicatement sculptés) et une balustrade en pierre, inachevée.

Dans une chapelle, derrière le chœur, se voit une belle statue de la Vierge (xivc ou xv* s.) couronnée, debout et portant l’enfant Jésus dans ses bras.

On admire surtout la légèreté des draperies que forment les vêtements. Cette statue appartenait autrefois à la cathédrale; à la Révolution, elle fut adjugée pour 12 fr. à un marchand qui en a fait don à l’église Saint-Nicolas.

L’aqueduc de Coutances (mon.

hist.), fut construit, vers le milieu du xiii' s., sur l’emplacement d’un autre aqueduc bâti par les Romains et détruit par les Normands. Une pierre de la seconde arcade, vers la ville, porte la date de 1595. Cet aque.

duc, situé à l’O. de la ville, entre deux collines, se composait primitivement de seize arches, dont onze ont été détruites. Les piliers qui subsistent sont de forme quadrangulaire et mesurent près de 6 mèt. de hauteur. Leurs contre-forts ont près de 2 mèt. d’épaisseur. La maçonnerie est en pierres brutes unies par un ciment très-dur. Les ruines de cet aqueduc présentent un aspect pittoresque.

« Les eaux que l’aqueduc conduisait dans la ville, dit M. Renault, venaient de la fontaine de YÉcoulanderie , ainsi appelée du nom de la terre où elle se trouve. Elles arrivaient dans un réservoir nommé repos, receplacula, passaient sur les arcades et se rendaient dans un endroit nommé la Croûte ou le Clos-aux-Moines ; ensuite elles se jetaient dans un regard ou château d’eau, castellum aquæ, placé devant la cathédrale, d’où elles se répandaient dans trois fontaines situées, l’une dans la rue de la Filanderie , la seconde à l’évêché, et la troisième devant la chapelle Saint-Slaur.

a La rue qui conduit à l’aqueduc porte le nom de rue des Piliers. »

Le grand séminaire, — la reconstruction, commencée il y a plus de dix ans, n’en est pas encore terminée, — occupe une partie de l’enclos des Dominicains, dont le couvent (il n’en reste que quelques débris) existait avant 1250-

Le palais de justice date en grande partie de 1730. — Le lycée a été construit sur l’emplacement de la maison des Eudistes (xvii* s.) , dont l’église sert de chapelle à l’établissement. — Le palais épiscopal date de la seconde moitié du xviti' s. — La halle aux grains est établie dans l’église d’un ancien couvent de Capucins. — Le jardin public très-vaste, et bien entretenu, offre de belles vues. Au milieu se dresse un obélisque en granit dont le piédestal porte une inscription en l’honneur de

J. JACQUES QUESNEL-MOHINiftnE.

[ROUTE 86] GOUTANCES. —

La place de la sous-préfecture est décorée de la statue en bronze de le Brun, duc de Plaisance, grandmaître de l’Université , et pair de France sous la Restauration. — Une belle promenade , plantée de grands arbres, commence au palais de justice et se prolonge jusqu’à l’extrémité de la ville, vers l’hospice. Cet établissement de charité, fondé par l’évêque, Hugues de Morville, en 1209, renferme aujourd’hui, dans son enceinte, l’ancien prieuré des chanoines augustins, dont l'église a été détruite il y a vingt-cinq ans; on n’a conservé que la tour, dont l’aspect s’harmonise très-gracieusement avec les autres bâtiments, — Près de l’hospice, le couvent des religieuses augustines occupe la place de l’ancien hôpital général fondé dans le xrn* s.

Les environs de Coutances offrent des traces nombreuses de l’époque gallo-romaine ; la plus importante est la voie romaine qui se dirige sur Alleaume.

D’après une statistique dressée en 1865 et lue par M. Le Loup au congrès tenu à Coutances par l’Association normande, l’arrondissement exporte annuellement plus de 300 000 hectolitres de blé et pour plus de 2 millions de beurre. L’exportation des œufs dépasse 2 millions de douzaines.

Excursion à (10 kil.) Régneville.

La route de Régneville, descendant la rive dr. de laSoulle, se dirige vers l’O., en laissant à g. Bricqueville-la- Blouette (566 hab.), situé près du canal de Coutances, à peu près abandonné aujourd’hui. On franchit la Sienne au pont de la Roque, d’oil l’on peut aller en très-peu de temps (1 kil. à peine), visiter le camp de Monchaton (700 hab.) , qui commande la rivière et offre tous les caractères des camps romains. On découvre de très-beaux points de vue du haut de ce camp retranché qui était défendu, au moyen âge, par un château féodal

RÉGNEVILLE.

bâti à l’une de ses extrémités , sur un emplacement très-escarpé. Le pont jeté sur la Sienne a remplacé, dit-on , un pont d’origine romaine.

Sur la g. se détache , quand on a franchi la Sienne, une route conduisant à (3 kil.) Bontmartin-sur-Mer , ch.-l. de c. de 987 hab., dont l’église actuelle, sans valeur architecturale, a remplacé, il y a quelques années, une église romane. Le territoire de Montmartin fournit d’excellentes pierres calcaires et de beaux marbres.

On laisse à dr. Grimouville , ham.

au N. duquel se trouve, sur la rive dr. de la Sienne (3 kil. de la route de Régneville) , le v. d'Heuguerille.

10 kil. Régneville, b. de 1994 hab., sur la Manche, est un petit port où le mouvement de la navigation tend à s’accroître d’année en année. Mais ce qui lui donne surtout de l’importance, ce sont les travaux considérables d’ostréiculture qui y ont été entrepris par l’industrie privée. Le port de Régneville doit être prochainement l’objet d’une importante amélioration. Les projets de travaux sont adoptés; leur exécution coûtera 45 000 fr.

L’établissement d’ostréiculture, créé à Régneville par Mlle Sarah Félix, sœur de la grande tragédienne Rachel , est un des plus beaux établissements de ce genre que l’on rencontre sur les côtes de la Manche. La culture des huîtres y réussit à merveille et la qualité des produits ne laisse rien â désirer.

L’église de Régneville n’a aucune valeur architecturale. Le château, moins ancien que celui de Montchaton, fut fortifié par Charles le Mauvais , qui en fit une forteresse redoutable. Le donjon seul existe encore en partie. Il a 30 m t. de hauteur ; sa forme est carrée et ses murs sont très-épais. Quelques souterrains s’y voient encore, mais ils sont peu élevés ; les remparts , au contraire , étaient d’une grande hauteur; on monte à ceux qui existent par des escaliers d’un mètre de largeur.

492 DE CARANTAN

Au N. 0. de Régneville se trouvent Agon et Tourville, localités remarquables par la fertilité de leur sol et la beauté de leur site.

De Coutances à Carentan, R. 87 ; — à Valognes, R. 88.

Après avoir laissé à dr. la route de Régneville, on descend dans la vallée de la Soulle. que l’on franchit près de

29 kil. Saint-Pierre-de-Coutances, v. de 192 hab., traversé autrefois par deux voies romaines et dans les environs duquel ont été trouvés de nombreux débris antiques.

On laisse àdr. (1 kil.) Orval, v. de 1179 hab., dont l'église se compose d’une nef, d’un chœur et de deux chapelles. La nef et la tour datent du xic ou xii* s.; le chœur est du xve s. Les corniches sont soutenues par des modillons à figures grimaçantes. La tour romane, de forme quadrangulaire, terminée par un toit à double pente, offre plusieurs rangs de fenêtres et des modillons à figures grotesques. L’archivolte de la porte occidentale (xin* s.) est ornée de voussures cannelées. Sous le chœur, voûté en pierre, s’ouvre une petite crypte d’architecture romane divisée en deux compartiments.

La route descend ensuite vers la vallée de la Sienne, qu’elle traverse près de (34 kil.) Ihjenville-le-Pcmt (375 hab.), dont l’église (fin du xiu* ou commencement du xtv* s.) renferme de nombreuses pierres turnulaires. On côtoie la rive g. de la Sienne jusqu’à (38 kil.) Quetlreville (1680 hab.; dans l’église, bons tableaux représentant des scènes de la Passion ; découverte, en 1803, de haches gauloises en bronze), v. près duquel on croise une route conduisant à (8 kil.

sur la dr.) Régneville et desservant (3 kil.) Hérenguerviile et ( 5 kil. ) Montmartin-sur-Mer (V. ci-dessus).

L’église d’ Hérenguerviile (302 hab.), en partie du xi* s. , surmontée d’une tour massive et quadrangulaire que termine un petit dôme de construction mo-

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