DE COUTANCES A VALOGNES
S9 kil. — Route de poste. — Service de voitures publiques.
16 kil. Périers (R. 87).
Se séparant à Périers de la route de Carentan (R. 87), la route de Valognes se dirige vers l’O. et parcourt un plateau boisé qu’arrosent de nombreux cours d’eau. A g., près de Lcssay , se détache une route qui , traversant du N. au S. la lande sauvage de Lessay, dessert au S. (12 kil.) Monlsurient, v. de 571 hab., sur le terri-
toire duquel ont été trouvées des tuiles et des monnaies romaines, et dont l’église, de différentes époques, renferme plusieurs dalles tumulaires couvertes d’inscriptions.
26 kil. Lessay, ch.-l. de c. de 1527 hab., doit son origine à une abbaye de Bénédictins fondée, vers 1040, par Richard Turstin ou Tustin- Haldup, vicomte de Cotentin, et Anna ou Emma, sa femme. La maison abbatiale et celle des religieux (xvu* s.) subsistent encore. L’église de l’abbaye, aujourd’hui paroissiale, date du xic s. ; c’est un beau modèle de l’architecture romane. De chaque côté de la nef régnent sept arcades cintrées dont les piliers offrent des chapiteaux décorés de figures grimaçantes. La voûte est admirée pour sa hardiesse et son élégante simplicité.
Les six stalles placées à l’entrée du chœur proviennent de l’église de l’abbaye de Blanchelande ; deux sont ornées de châsses ogivales dans lesquelles se voient de petites statues en bois représentant des évêques , des abbés, des moines, etc. — La place du marché est entourée de jolies maisons. — L’Ay, qui baigne Lessay, se jette près de là dans la Manche , on face de Jersey , après un cours de 35 kil.
On laisse à g. Angoville (690 hab.), relié à la route par un chemin qui conduit à (5kil.) Saint- Germain-sur- Ay, v. de 822 hab., petit port de cabotage. Le chœur de l’église de Saint- Germain est un beau spécimen d’architecture romane.
Sur la dr. (3 kil.) se trouve Vesly (1206 hab.), dont l’église remonte au xni* et au xv* s. Une inscription indique que le portail occidental a été bâti en 1472.
34 kil. La Haye-du-Puits, ch.-l. de c. de 1508 hab., est situé près de l’ancienne voie romaine de Cherbourg à Coutances. Sur un tertre élevé se dressent quelques débris d’un châteaufort qui appartenait, au milieu du xi* s., à Turstin-Haldup, fondateur de
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l’abbaye de Lessay. Ce que l’on nomme aujourd’hui le château est une agglomération de bâtiments modernes dont quelques parties peuvent cependant dater des xvi* ou xvn* s. L’église, récemment construite dans le style ogival du xiu* s., a remplacé une église qui datait en partie du xr ou du xn* s.; elle renferme un tombeau du xvi* s., provenant de l’ancienne église. Cet intéressant monument (2 mèt. 25 c.
de longueur, 35 cent, de largeur et 1 met. de hauteur) est garni de colonnettes et d’un dais ornementé dans le goût du xvi* s.
A l’E. de la Haye-du-Puits (4kil.), se trouve Lithaire, v. de 808 hab..
situé sur la lisière de la forêt de Mont- Castre. L'église, à laquelle on accède par des chemins tantôt en pentedouce et tantôt escarpés, remonte en grande partie au xi* ou au xn* s. Quelques parties ont été retouchées ou refaites.
On remarque, à l’intérieur, les fonts baptismaux (cuve octogone en pierre mesurant 2 mèt. 40 cent, de circonférence, et 45 cent, de hauteur), et, dans la chapelle de Saint-Jean-le-Fort, la statue du saint du même nom, au pied de laquelle se voit un basrelief représentant des enfants emmaillottés. Le gros if du cimetière (6 mèt. de circonférence) est tout à fait creux et en renferme un autre qui mesure 1 mèt. 34 cent, de contour. Dans les environs de Lithaire se voient : la chapelle de l’ancien prieuré de Brocquebœuf, servant de bâtiment d’exploitation (portes cintrées et fenêtres à meneaux de pierre dans les bâtiments du prieuré ; belle cheminée dans la chambre du prieur), les restes d’une maladrerie (xv* ou xvi* s.) , et les ruines pittoresques d’un château , situées au sommet d’une colline d’où l’on découvre, à l’O., la mer, i’île do Jersey; au N. et à l’E. de nombreux villages ou clochers, enfin, un immense horizon.
Certains antiquaires attribuent à ce château une origine romaine ; d’autres le font remonter au moyen âge.
« Les murs, dit M. Renault, sont simples et dépourvus de ces accessoires que l’on rencontre dans les châteaux forts ; ainsi point de créneaux , de corbeaux, de mâchicoulis, de parapets ; ils ont peu d’élévation, mais une grande épaisseur ; ils sont en pierres brutes, de grés quartzeux, et jetées seulement dans un bain de mortier. Ces pierres, prises sur les lieux, sont de la même espèce que les rochers dont le sommet du mont et les chemins qui y conduisent sont hérissés. »
Sur la pointe d’un rocher, au N.
du bois de la Plese, se trouve une pierre branlante, dite Logan de Lithaire. On voit aussi, à l’O. du village, dans la forêt de Monl-Castre, les traces d’un camp que l’on fait remonter jusqu’aux premiers temps de la domination romaine.
La route laisse à g. (500 mèt.) Saint-Symphorien (430 hab.), traversé par l’ancienne voie romaine de Valognesà Coutances (découverte, au commencement de ce siècle, de petites monnaies antiques).
37 kil. Ncufmesnil, v. de 327 hab., dont l’église renferme une très-curieuse pierre tombale provenant de l’abbave de Blanchelande et encastrée dans un des murs du chœur. « L’encadrement, dit M. Renault, entouré d’inscriptions et d’ornementations du temps, offre, dans son intérieur, trois personnages en habit clérical, revêtus de chasubles dont la partie, inférieure est ronde, coiffés de la mitre et portant la crosse ; ce sont trois abbés de Blanchelande. Des inscriptions sont placées à côté de leurs jambes. Sur une des franges de la pierre, on distingue : des têtes d’anges ailés, des évêques, des abbés, des saints, et entre autres saint Pierre, que l’on reconnaît aux clefs qu’il porte. » Cette pierre mesure 2 mèt.
81 cent, de hauteur et 1 mèt. 70 c. de largeur.
On aperçoit à dr. , au delà du château de Neufmesnil, sans intérêt archi-