A BARFLEUR. [ROUTE
trône, sa flotte se disposait à faire une descente en Angleterre sous les ordres de Tourville dont les vaisseaux devaient se joindre, sur les côtes de la Manche, à l’escadre du comte d’Es.
trées qui fut dispersée par une violente tempête, à sa sortie du port de Brest. Réduivà ses seules forces, l’amiral Tourville, qui avait reçu l’ordre de combattre à tout prix, livra bataille le 29 mai, avec ses 44 vaisseaux, aux flottes anglaise et hollandaise fortes de 41 000 hommes et de 7000 canons. Après 10 heures d’un combat inégal, mais héroïque, Tourville dut battre en retraite; une partie de ses vaisseaux regagna Brest; luimême en fit échouer 14 à la Hougue.
Depuis quelques années, de beaux quais et une longue jetée, de l’extrémité de laquelle on découvre un immense horizon, ont été construits à Saint-Vaast. L’ancienne église n'offre rien d’intéressant, mais l’église ogivale moderne est remarquable par la hardiesse de sa voûte.
A l’extrémité S. du fort de la Hougue, à 11 met. d’altit., s’élève un phare à feu fixe, de 4e ordre et de 10 milles de portée. — C’est à fa suite de la désastreuse bataille de la Hougue que Louis XIV y fit construire, par l’ingénieur Combe, sur les plans de Yauban, la tour que l'on y voit encore aujourd’hui et à laquelle ont été ajoutés d’autres ouvrages de fortifications, « dont l’ensemble, dit M. de Gerville, offre aux dessinateurs une superbe perspective.
La position du fort, les tours comparables aux plus pittoresques donjons, les variations de la mer, les effets de lumière, les côtes du Bessin dans le lointain, tout en fait un sujet digne du pinceau des grands maîtres, surtout quand le soleil passe au couchant et que la mer est pleine. » Joseph Vernet a fait plusieurs dessins de la Hougue. — Le fort de Tatihou, qui se dresse à l’E.
(L kil.) de Saint-Vaast, date également du règne de Louis XIV ; il sert
iogle
[ROUTE 90] BARFLEUR. — PHARE de qatte VILLE. 497
aujourd’hui de lazaret pour la ville de Cherbourg.]
[A 1 kil. environ de Quettehou se détache sur la g. une route qui conduit au (5 kil.), Vast (1317 hab.l, où l’on remarque des fabriques de calicots, des filatures hydrauliques de coton, des papeteries et de nombreux moulins. L’une de ces filatures, établie sur le bord de la Saire, emploie un grand nombre d’ouvriers; son moteur hydraulique est de la force de 100 chevaux.
Le Vast est relié à Barfleur (9 kil.) par une route qui, descendant la rive g. de la Saire jusqu’à (3 kil.) Folcanville (1002 hab.), laisse à g. Canteloup (376 hab.) et Sainle-Gmeviève (605 hab.)]. .
A 4 kil. de Quettehou on aperçoit à g. la Pernelle (500 hab.) ,v. bâti sur un plateau élevé d'où l’on découvre un magnifique panorama (à l’E.. rochers granitiques contre lesquels les flots de la mer se brisent avec fracas ; baie de Cottentin ; phare de Gatteville et petites lies dans le lointain). A dr. (3 kil.) se trouve Réville (1780 hab.), situé près de l’embouchure de la Saire; on y remarque un château moderne et très-élevé. La pointe de Réville ou de Saint-Saire, porte une redoute et un feu fixe de 4* ordre et de .10 milles de portée. La vallée de la Saire est justement renommée en Normandie.
La route côtoie à g. les murs du château de Denneville et franchit îâ Saire à (19 kil.) Anneville, v. de 700 hab., situé sur la rive g. de ce cours d’eau. — A 2 kil., sur la g., se trouve le Vicel (362 hab.).
22 kil. Monljarville (à dr.), v. de 319 hab. (usines métallurgiques).
25 kil. Barfleur, b. de 1304 hab., sur le bord de la mer, était, au moyen Age, un port dont les chartes et les chroniques font souvent mention, et qui fut choisi quelquefois par les Anglais comme lieu de débarquement. Froissard cite Barfleur comme
FR. NORMANDIE
une place forte de quelque importance; ses fortifications furent démolies, sous le règne d’Henri IV, par ordre de Matignon, gouverneur de Normandie. Il est aujourd’hui bien déchu de son ancienne prospérité. Cependant des travaux considérables y ont été exécutés dans ces dernières années aux frais du gouvernement ; ces améliorations , qui auront coûté 160 000 fr., y donneront un nouvel essor au mouvement de la navigation et aux constructions navales.
L’église offre quelques parties du style de transition. C’est le seul édifice de Barfleur qui mérite d’être signalé.
Excursion (à 3 kil.) Gatteville, v.
de 1043 hab., sur la Manche. Le phare de Gatteville, achevé en 1835, sous la direction de M. de la Rue, ingénieur en chef des ponts et chaussées, s’élève (2 kil.) à la pointe dite Raz-de-Gatteville, sur un banc de récifs très-dangereux. Il consiste en une colonne de granit ayant 27 mèt. de circonférence à la base, 18 au sommet, et 80 mèt. de hauteur, y compris la lanterne qui renferme le beau système d’éclairage inventé par Fresnel. 367 marches superposées en pente douce forment un escalier en hélice, ménagé dans l’épaisseur de la muraille et permettant une ascension facile à deux personnes de front. Le poids du phare est évalué à 7 millions 400 mille kilogr. On compte 118 assises formées par onze mille blocs de granit. Sa lumière atteint la portée prodigieuse de 22 milles.
De Barfleur à Cherbourg, R. 92.