TOURLAVILLE
dans lesquelles l’Amour, Vénus et les Grâces ont remplacé les souvenirs de l'ancienne chevalerie.
« La façade, du côté du préau, se montre avec une certaine coquetterie, précédée des ruines d’une vieille tour, seul débris d’un château primitif. De ce côté, les lucarnes sont plus ornées; les fenêtres de la façade, soutenues latéralement par des colonnes corinthiennes, ont un entablement complet ; les portes sont d’ordre ionique, et les soupiraux des caves sont du goût le plus exquis.
>< Le château, bien qu’assez grand, est presque entièrement occupé par quatre grandes salles, deux au rezde-chaussée, deux au premier étage, dans lesquelles on retrouve les cheminées à large manteau du moyen âge.
« La partie supérieure de la tour (les Qualre-Vents renferme deux salons décorés de plafonds à compartiments et de panneaux peints et sculptés dans le style et le goût du temps. Mais, des différentes pièces du château, c'est la chambre bleue, située au premier étage de la tour ronde, qui a conservé le plus de physionomie : on y retrouve : le lit, la cheminée et même une glace,, la seule qui existe dans tout le château; le plafond est décoré de médaillons et d’arabesques, parmi lesquelles on voit le chiffre des Ravalet; dans les panneaux du lit on reconnait une vue de Cherbourg. »
Sur les murs ou les plafonds de chaque appartement se lisent des maximes amoureuses ou des inscriptions bizarres dans le genre de celles-ci : « Ce qui me donne la vie me donne la mort. . . Sa froideur me glace les veines et son ardeur brûle mon cœur... Même en fuyant l’on est pris, etc. L’ancienne chapelle, à peine reconnaissable, offre un vieux tableau (la Vierge et l’enfant Jésus), au bas duquel est gravée une inscription en caractères grecs.
Le château de Tourlaville a été le théâtre de nombreux crimes commis par les seigneurs de la famille des Ravalet.* Assassinat, fratricide, in-
cendie, sacrilège, rapt, inceste, aucun genre d’énormité, dit M. Vérusmor, ne manque à sa dramatique histoire. » Julien et Marguerite de Ravalet, le frère et la sœur, convaincus d’inceste et condamnés à mort par le Châtelet, furent décapités à Paris, sur la place de Grève, en 1603.
L’église de Tourlaville passe pour avoir été construite par les Anglais.
Sur une hauteur voisine de l’église se voit un monument druidique.
De Tourlaville dépend le port de Be'quet (2 kil. au N.), long de 300 met. et large de 50 mèt. environ.
On franchit un petit ruisseau qui baigne à dr. ( 1 ô00 mèt.) Digovûle (galeries couvertes dites roches pouquelées) et à g. (2 kil.) Bretteville (603 hab.), où se voient un château bâti d’après le plan d’anciennes constructions romaines et une galerie druidique (mon. hist.) dite Cisl- Vean. La route passe ensuite (10 kil.) entre Maupertus (328 hab., menhir :
vestiges du grand castel de Maupertuis), et (11 kil.) Conneville (1102 hab., château fort dont les parties les plus récentes accusent le style du xvie s. ; belle vue).
14 kil. Théville, v. de 457 hab., d’où se détache à dr. une route qui conduit au (7 kil.) Vast (R. 89.), eu passant au pied du signal du mont Êtelan (140 mèt.).
16 kil. Saint-Pierre-Église, ch. -1.
de c. de 2265 hab., est habité par un grand nombre de tisserands. Les dames Augustines y ont un externat très-nombreux et un pensionnat qui compte près de 800 jeunes filles. Le château moderne, bâti sur l’emplacement d’une citadelle détruite pendant la Ligue, et entouré d’un très-beau parc, renferme une intéressante galerie de tableaux. Dans les environs se voient deux menhirs (mon. hist.) , dont l’un, dit la Fierre-Longue, est le plus important du département.
Saint-Pierre-Ëglise est à 4 kil. delà mer. La route qui conduit à la côte, dans la direction du N., dessert Cos-
DE PARIS A GRANVILLE
queville, v. de 934 hab., possédant une église romane et un menhir.
Au N. O., à 7 kil. , sur le territoire de la commune de Fermanvill e se trouve le cap Levi, sur lequel ont été construits un phare et un fort.
Après avoir laissé à dr. (2 kil. ) Clitourps (333 hab.) et à g. (1 kil.) Farouville (424 hab.) qu’une route relie à (3 kil.) Vrasville et à (4 kil.) Retoville, v. situé près de la mer, on franchit le ruisseau de la Couplière près de
22 kil. Tocqueville (620 hab.), lieu de naissance d’Alexis de Tocqueville, membre de l’Académie française, ancien ministre des affaires étrangères et auteur de la Démocratie en Amérique.
27 kil. Barfleur (R. 89).
DE PARIS A GRANVILLE
323 kil. Chemin de fer en exploitation de Paris à Dreux (82 kil.).- En construction de Dreux à 'Granville.
82 kil. — Trajet en 3 h. 25 min., 3 h. 20 min. et 2 h. 40 min. — 1” cl. 9 fr. 20 c.; 2* cl. 6 fr. 90 c.; 3* cl. 5 fr. 05 c. '.
9 kil. Bellevue. \
17 kil. Versailles, j 1 22 kil. Saint-Cyr.. *
Laissant à g. la ligne de Rennes, le chemin de fer de Dreux croise la route de terre de Paris à Chartres, sous un viaduc de 8 met., puis, au sortir d’une courte tranchée, passe près de Fontenay-le-Fleury , v. de 634 hab., aux environs duquel se montrent de belles maisons de campagne. L’église , du style de la Renaissance , renferme un tableau de
t. Pour la partie de cette route comprise entre Paris et Saint-Cyr, F. le volume de l’itinéraire général de la France Intitulé la Bretagne.
Duval-Lecamus. On laisse, à g.. Boisci’ Arcy, v. de 454 hab., situé près de l’étar.g de Saint - Quentin (église antérieure à 1556).
29 kil. Yillepreux-les-Clayes. Cette station a dû son nom à deux villages situés, l’un, celui de FtiJeprewx (581 hab., omnibus, 20 c. le jour et 30c.
la nuit, sans bagages) , à dr. du chemin de fer, et l’autre, celui d eClayes (315 hab.) , à peu de distance sur la g. L’ancien château de Villepreux, transformé en une filature de laines et de cachemires, appartient à M. L. Bietry.
Le château moderne est la propriété de M. Bertin de Vaux, général de division. Dans les bois d’Arcy, au ham.
de la chapelle Sainl-Jouan, dépendant de la commune de Villepreux, se célèbre, tous les ans, le lundi de la Pentecôte, une charmante fête champêtre. A Clayes se voient une église du x“ s. et un château moderne.
On aperçoit à g. le v. de Plaisir (1 1 12 hab.) , dont l’église remonte en partie au xm* s. ; le château date du règne de Louis XIII.
33 kil. Grignon, ham. (287 hab.), de la c. de Thiberval, sur la dr. En 1826, M. Bella, chef d’escadron, mort en 1856 , conçut le projet d’établir près de Paris une école théorique et pratique où les jeunes agriculteurs vinssent puiser les enseignements salutaires de la science et de l’expérience, et apprendre la culture rationnelle, faisant intervenir ainsi la logique et la raison là où avaient régné jusqu’alors la routine et l’ignorance. Un magnifique château, bâti du temps de Louis XIV , au milieu d’un parc immense, résidence favorite de Napoléon, — il avait appartenu au duc d’Istrie , — fut choisi pour y fonder l’établissement agricole de GrignoD.
Une terre de près de 300 hect. fut annexée à l’institut agricole. Une société anonyme entreprit l’exploitation du domaine de Grignon et s’engagea à exécuter des améliorations foncières, jusqu'à concurrence d’un capital de 300 000 fr. Dans l’acte de conces-