MONTFORT-L’AMAURY
[Route 93] grignon.
sion, il fut formellement stipulé que la société ne serait nullement tenue de conserver les cultures anciennes, et qu’elle pourrait au contraire y faire tous les changements qui lui conviendraient. Doué d’un esprit organisateur remarquable, M. Bella savait joindre l’exemple au précepte ; aussi, grâce à lui, l’école a-t-elle constamment prospéré.
Créée dans le but d’offrir aux agriculteurs et aux élèves l’exemple d’une culture améliorée, l’exploitation rurale de Grignon , tout en procurant des bénéfices à ses actionnaires, en donnant au fonds une plus-value, a donc été, depuis 40 années, un spécimen pour ainsi dire vivant des bienfaits incalculables que sont appelés à répandre sur le pays les enseignements puissants de la culture rationnelle.
L'école de Grignon compte environ 60 élèves qui payent une pension de 750 fr.
Des examens d’admission ont lieu chaque année.
Douze demi-bourses, dont six pour les anciens élèves des fermes-écoles, sont accordées à chaque division d’élèves de l’Ecole de Grignon. Les études comprennent : l’économie et la législation rurales, l’agriculture, la sylviculture et la botanique, la zootechnie, le génie rural, la physique et la chimie agricoles et la comptabilité.
Le domaine de Grignon compte 470 hect. de terres très- variées.
La voie ferrée, laissant à g. Satntt iermain-de-la-Grange (175 hab.) , décrit une courbe vers le S., traverse une longue et profonde tranchée, et, au-delà de Villiers- Saint -Frédéric (396 hab.), bâti sur le penchant d’un coteau couvert de vignes, atteint
40 kil. Villiers-Néauphle. — Le v.
de Séauphle-le-Chdteau (1242 hab., 2 kil. de la station, omnibus, 20 c.), se montre à g. du chemin de fer, sur le penchant d’une colline boisée. On aperçoit, à dr*., dans la jolie vallée de la Mauldrc, Sêauphle-le-Vieux (490
hab.), oû l’on remarque une belle maison de campagne formée des bâtiments d’une ancienne abbaye de Bénédictines.
A 2 kil. de la station, sur la g., se trouve le beau château de Pont-Char train (parc magnifique) appartenant à Madame dePayva.
[Voit, de corresp. pour (11 kil.) Maule (R. 53) ; — (18 kil.) Septeuil par (12 kil.) Goupillière (R. 54).]
De Néauphle à Épone. R. 53.
Après avoir croisé la route d’Epone (R. 53) et franchi la Mauldre sur un viaduc de 4 mèt. d’ouverture, la voie ferrée parcourt une vaste plaine nue sur laquelle se montrent, à dr. F icq (172 hab.), et à g. Méré (389 hab.).
45 kil. Montfort-l’Amaury (omnibus, 30 c. le jour et 40 c. la nuit, sans bagages ; avec bagages, 50 c.
le jour et 60 c. la nuit), ch.-l. de c. de 1596 hab. est situé à g. de la station (3 kil.), sur un coteau boisé.
Les ruines du vieux donjon de Montfort-l’Amaury (on ne les voit pas du chemin de fer) dominent toute la contrée. Ce fut là que résidèrent ces puissants comtes de Montfort, dont le nom occupe si souvent l’histoire pendant les deux premiers siècles de la dynastie des Capets. lis descendaient de Charlemagne par Judith, fille de Charles le Chauve, qui avait épousé le comte de Flandre, Baudouin Bras de fer.
Simon l*r, l’un des comtes de Montfort, fut le père de cette Bertrade qui s’enfuit du château de son premier mari , Foulques le Réchin , comte d’Anjou, pour épouser Philippe l*r, roi de France , déjà marié comme elle. Ce cas de bigamie double et publique est un des faits les plus curieux de l’histoire. Le pape excommunia les deux criminels couronnés.
Ils se moquèrent du pape, et vécurent ensemble pendant seize années. Bertrade, dit M. Henri Martin, « eut l'adresse de réconcilier ses deux maris,
DE PARIS A GRANVILLE
et l’impudence d’aller avec le second visiter le premier dans la ville d’Angers... Ce dut être un spectacle assez scandaleux que de les voir tous trois siéger à une même table dans le château, ou sur un même banc d’honneur à l’église. Elle faisait asseoir le roi à ses côtés, et Foulques à ses pieds sur un escabeau. » On connaît ses attentats contre Louis le Gros dont elle convoitait l’héritage pour son propre fils. N’ayant pu réussir, elle se fit religieuse de'flépit.
. Parmi les seigneurs de Montfort, un des plus célèbres est Simon de Montfort, qui lutta avec succès contre les comtes de Toulouse.
11 ne reste du château que les débris de deux tours , l’une très-ancienne, l’autre beaucoup plus moderne , et que l’on attribue au sire de Lespare. Elle est de forme hexagonale, construite en pierres et en briques. Une plaque de marbre noir, scellée sur une de ses faces , porte une inscription eu lettres d’or expliquant comment la ville de Montfortl’Amaury est devenue propriétaire de ces ruines, ainsi que du mamelon couvert de verdure qui les porte, et où se dressait autrefois le château.
Outre les ruines du vieux donjon, on peut visiter dans la ville: le cimetière, l’église et la porte Bardou.
Le cimetière est le préau d’uu ancien couvent. Sur deux des côtés régnent des galeries en arcades d’une architecture légère et pleine de grâce.
On assure que Cicéri s’inspira de ce préau pour son beau décor du troisième acte de Robert le Diable.
L’église paroissiale, placée sous l’invocation de saint Pierre, paraît remonter au xu* siècle ; mais elle a été refaite en partie pendant que le domaine appartenait aux derniers Valois. La nef et le chœur sont gothiques. Le portail, le clocher, et l’ornementation extérieure, qui n’a pas été achevée, appartiennent au style italien du xvi* s., ainsi que les vitraux, datés de 15-78. On voit, sur un de ces
vitraux, le premier. à droite, en entrant par le portail , Henri 111 , ou son frère, agenouillé devant un prie- Dieu, et suivi de deux pages. Un peu plus loin est Catherine de Médicis , accompagnée de deux filles d’honneur.
La -porte Bardou fait face à l'église.
Servait-elle à sortir de la ville, ou à entrer dans le château ? 11 est difficile aujourd’hui de résoudre cette question. Il semble cependant plus probable que c’était le premier ouvrage extérieur du château. Elle paraît avoir été flanquée de deux tours carrées. Elle est cintrée, et probablement antérieure au xiie s. On peut conjecturer que son nom lui vient du sire Hugues Bardoulf ou Bardoul, beau-père du comte Simon Ier, qui régna de 1053 àl087.
A 2 kil. au S. est la chapelle de Notre-Dame-du-Chène , où l’on voit une statue de la Vierge fort vénérée.
On laisse à dr. Boissy-sans-Avoir (287 hab.), et, à g. , Galluis-la-Queue (1050 hah.). Près du château de Galluis, bâti par la duchesse du Maine, jaillissent d’abondantes sources qui alimentent le village.
4M kil. Garancières-la-Queue, v. de 780 hab. — On aperçoit à dr. le château du Moulinet, à g. celui de Millemont (194 hab.) , bâti à l’entrée de la forêt des Quatre-Piliers, qui recouvre une colline dont le point culminant atteint 183 mèt. — Oryerus (714 hab.) se montre à dr.
56 kil. ’J'acoignières , v. de 241 hab.
(château et parc).
La voie ferrée, après avoir laissé à dr. Richebourg. où l’on remarque un vaste château du xvi* s. et une église du xv*, croise la route de Mantes à Houdan près de Maulette (307 hab.) sur la Vesgre. Sur le revers occidental du coteau, au lieu dit la Butte des cercueils, se voit un ancien cimetière du vu* au x* s., où ont été découverts, à plusieurs reprises, des tombeaux en plâtre et des débris d’armures.
63 kil. Houdan (omnibus, 25 c. le