ROUTE* 93] DREUX. — CHAPELLE ROYALE
est décorée du médaillon de saint Louis. Des deux côtés de cette espèce de vestibule qui précède la rotonde, deux autels, en regard l'un de l’autre, ont été élevés en l’honneur des patronnes de la reine Amélie et de Mme Adélaïde. Les fenêtres sont ornées de beaux vitraux d’après les dessins de M. Larivière, dont le premier, à dr., représente Jésus au jardin des Oliviers; à g., le Christ déposé de la Croix dans les bras de sa mère; parallèlement, saint Arnould lavant les pieds des pèlerins; en regard, sainte Adélaïde, reine de Hongrie, distribuant des aumônes.
Le chœur ou rotonde appartient aux constructions primitives exécutées par ordre de la duchesse douairière d’Orléans. 11 est richement pavé. A l’entrée se voient deux magnifiques coquilles servant de bénitier (elles ont été données par le prince de Joinville). On y remarque: 18 stalles en chêne sculpté ; des tribunes (style de la Renaissance) présentant un double amphithéâtre et de belles fenêtres géminées surmontées de roses à quatre lobes dont les magnifiques vitraux représentent en pied saint Louis, sainte Isabelle, saint Germain, saint Rémi, sainte Radegonde, sainte Bathilde, saint Philippe, sainte Amélie, saint Ferdinand, sainte Clotilde, saint Denis et sainte Geneviève. Ces vitraux ont été exécutés, d’après les cartons de M. Ingres, et pour les ornements qui les encadrent, d’après M. Viollet-le-Duc, sous la direction de M. Robert, directeur de la manufacture de Sèvres.
Dans l’enfoncement des tribunes et entre les colonnes se voient des basreliefs représentant l’Adoration des Mages, par Chambord, la Résurrection du Sauveur, par Bonassieux, saint Ferdinand, sainte Amélie, sainte Adélaïde et saint Arnould. Au-dessous de la voûte parsemée de rosaces, de jolis pendentifs représentent les Evangélistes. Le vitrail de la coupole, peint par MM. Roussel, Apoil et André, d’a-
près M. Larivière, représente le mystère de la Pentecôte. Le sanctuaire est orné d’un beau maître-autel élevé de plusieurs degrés et revêtu de marbres précieux.
A côté de l’autel sont ménagés des escaliers conduisant aux cryptes et à la chapelle de la Vierge (Notre- Dame-de-Pitié ou des Sept-Douleurs) placée au chevet du monument. On remarque , dans la chapelle de la Vierge, deux niches finement sculptées, et occupées par les statues de saint Ferdinand et de sainte Adélaïde; une série de bas-reliefs (ils revêtent les parois des murailles) modelés par Hubert Lavigne et représentant des scènes du Nouveau Testament; des vitraux représentant la Foi, l’Espérance, la Charité, l’Auge Gardien, la Mère de douleurs; de jolies clefs de voûte; les tombeaux du duc d’Orléans, sculpté par Loison, sur les dessins d’Ary Schefler, de Mme la princesse Adélaïde, de Mme la duchesse douairière d’Orléans, par Barre fils, etc.
Au centre s’élève une tombe disposée pour la sépulture commune de Louis-Philippe et de la reine Amélie.
« Je demande, a dit Louis-Philippe, dans son testament, quel que soit le lieu de ma mort, que mon corps soit transporté sans pompe à Dreux, afin d’y être enseveli dans le tombeau situé en avant de l’autel de la sainte Vierge. »
Une sorte de crypte supérieure, décorée d’une frise délicatement sculptée, et de niveau avec la chapelle de la Vierge, fait le tour d’une partie de l’édifice. Cette crypte renferme à l’entrée de la chapelle les tombeaux de Mme la duchesse de Bourbon-Condé, mère du ducd’Engbien, et, vis-à-vis, du duc de Penthièvre, de la princesse Marie, duchesse de Wurtemberg (au-dessus, remarquable statue de laréstg nation, dernière création de la royale artiste), de Mlle de Montpensier (charmante statuette de Pradier), d’un enfant de Mgr le prince de Joinville, de deux enfants de Mgr le duc d’Aumale, etc.
DE PARIS A GRANVILLE
Les autres tombeaux sont inoccupés.
Aux extrémités N. et S. de cette crypte supérieure, des ouvertures à plein cintre et des degrés conduisent aux cryptes inférieures et au grand caveau circulaire situé sous la coupole. En face de l’ouverture du N.
commence la série des beaux vitraux diaphanes représentant les principaux traits de l’histoire de Saint-Louis, d’après MM. Rouget, Eugène Delacroix (par Roussel, le combat de Taillebourg) Wattier, Horace Vernet, Bouton, H. Flandrin, Rouget.
Le grand caveau circulaire contient 12 tombeaux dont un renferme les restes mortels du prince de Conty. Au dessous est le caveau du duc de Penthièvre violé en 1793.
Les couloirs de dégagement sont éclairés par cinq glaces d’un seul morceau, peintes (la sixième n’est pas placée) d’après les cartons de M.
Larivière par MM. Apoil, Bonnet, André et Schilt. Ces admirables vitraux, le chef-d’œuvre du genre ont été exécutés à la manufacture de Sèvres sous la direction de MM. Brongniart et Robert.
Au S. O. de la chapelle royale se voit une maison moderne flanquée de tourelles.
Des terrasses de l’ancienne forteresse, on découvre une belle vue sur la ville de Dreux et le cours de la Biaise, et sur une vaste étendue des plaines de la Beauce. Le jardin, bien entretenu, offre une agréable promenade
L'hôtel de ville, terminé en 1537, est un bel édifice du style de la Renaissance qui conserve encore un grand intérêt architectural, malgré les nombreuses mutilations qu’il a subies. On remarque, à l’extérieur, deux élégantes tourelles et des fenêtres à croisillons de pierre surmontées de galbes finement sculptés. A l’intérieur se voient: de vastes salles aux voûtes élancées et décorées de gracieux pendentifs; un magnifique escalier en
pierre (142 marches) dont chaque dalle forme marche, rampe et vis ou noyau ; le modèle en plâtre de la cloche du beffroi, autour de laquelle est figurée en relief une procession grotesquedite des pambarts, qui anciennement avait lieu à Dreux la veille de la Noël; une petite bibliothèque décorée de belles boiseries; une jolie cheminée sculptée (Renaissance); des tableaux représentant l’Hôtel de Rambouillet et le Siège de la Rochelle , par Debon; le modèle en plâtre du buste de Jean Rotrou, qui doit être érigé bientôt sur la place la Fayette; une charmante porte sculptée provenantdu château de Crécy; des armures trouvées sur le champ de bataille d’ivry, etc.
Au haut de l'escalier, dans les greniers, est la cloche du beffroi fondue sous Charles IX.
Nous devons signaler encore : le collège; — la sous -préfecture , récemment construite; — la belle place Saint-Gilles, ouverte il y a peu de temps et plantée d’arbres ; — la place Métézeau qui relie l’hôtel de ville à l’église Saint-Pierre; — les halles, et d’agréables promenades sur les bords de la Biaise.
De Dreux à Maintenon, R. 94; — à Chartres, R. 95 ; — à Chàteauneuf, R. 96 .