VERNEUIL
ont été mutilées pendant la Révolution; le tombeau du président de Grammont fut détruit, mais sa statue, œuvre de Coustou, a été conservée intacte. « C’est un superbe morceau de sculpture en marbre blanc, dit M. Ed. Lefèvre. Le président est représenté couché sur son tombeau et revêtu de son costume; les plis des vêtements sont surtout très-remarquables. » Les vitraux gothiques (xv" s.) ont été en grande partie détruits.
Un des fragments qui restent porte la date de 1542. — Le château de Saint- Lubin est moderne et sans valeur architecturale.
De Nonancourt à Boisset-Pacy, R. 62.
A g. se trouvent Dampierre-sur- Arre (675 hab.) situé près du confluent de l’Avre et de la Mauvette (pierres druidiques dans les environs) , Acon (666 hab.) et Breux (871 hab.) Pan Ja»e(128 hab.) est sur la dr.
25 kil. Tillières, v. de 1229 hab., sur la rive g. de l’Avre, est dominé par un château bâti au sommet d’une colline , et environné de jardins en terrasses d’où l’on découvre une belle vue. La voûte du chœur de l 'église (mon. hist.) est chargée de belles sculptures et de pendentifs élégants, dans le style de la Renaissance.
35 kil. Verneuil ch.-l. de c., V. de 3714 hab., dans un joli vallon que baignent les eaux de l’Avre, était autrefois une place forte qui défendait les frontières de la Normandie du côté du Perche.
Cette petite ville, dont l’itinéraire d’Antonin ne fait pas mention, n’était, au commencement du xit* s., qu’un simple hameau qui, sous le règne d’Henri II, roi d’Angleterre, devint une ville et une place forte très-importante. Henri I", pour rendre la forteresse de Verneuil plus inexpugnable, fit construire un canal de plus de 8 kil. de long, qui amenait les eaux de l’Iton jusqu'au point le plus élevé de la ville, d’où elles se répandaient dans tous les quartiers, alimentant les fossés et les fontaines publiques. Ce canal, redressé et répare par Henri II, roi de France,
DE PARIS A GRANVILLE
fournit encore aujourd’hui de l’eau aux ] habitants de Verneuil.
Détruite parle feu du ciel en 1134, rebâtie par Henri I" qui lui accorda de nombreux privilèges, la ville de Verneuil prit une part active à la lutte qui éclata entre le roi Étienne et Geoffroy d’Anjou, mais elle fut obligée de reconnaître l’autorité de ce dernier. - Assiégée par Louis Vil (11 73), Verneuil, que ses fortifications faisaient regarder comme inexpugnable, se rendit d’abord à ce prince, mais elle fut reprise peu de temps après par Henri Ier.
— Pendant la durée des guerres qui eurent lieu entre Richard Cœur de Lion et Philippe Auguste, elle* appartint alternativement à la France et à l’Angleterre, suivant la fortune desarmes. — Vers l’an 1355, elle fut cédée par Philippe VI (de Valois) au comte d’Alençon, et dès lors elle fit toujours partie de ce comté. — Pendant la domination anglaise, elle eut continuellement à souffrir des ravages de la guerre, car elle fut plusieurs fois prise et saccagée, notamment enl449. Les guerres de la Fronde n'y occasionnèrent que peu de troubles, et encore furent-ils de courte durée. — En 1773, Verneuil fit partie de l’apanage du petit-fils de Louis XV, le comte de Provence, depuis Louis XVIII.
— Le 18 février 1800, le général Frotté, le comte de Verdun, le marquis de Saint- Florent, etc., furent fusillés sur une des places de Verneuil.
Le château de Verneuil a été, ainsi que les remparts et les portes de la ville, complètement démoli. Seul, le donjon, connu sous le nom de Tour- Grise, existe encore. « Cette tour, dont les historiens ont tant parlé , est entièrement construite, dit M. A. Guilmeth , avec cette espèce de poudingue ou grison , pierre brune et rocailleuse, extrêmement dure et rebelle au ciseau, qui se trouve dans les environs de Verneuil. Son architecture appartient aux premiers temps du style ogival. Bâti sur d’énormes fondements, qui laissent peu de prise à l’action de la mine, ce dortjon, parfaitement rond, et terminé à son sommet par un rang de créneaux dont la plupart n’existent plus, peut encore braver longtemps les attaques du canon ; sa hauteur est de près de 25 mètres. »
L’église de la Madeleine appartient aux xi*, xme, Xiv*, xvr et xviie s. La four (1506-1530). qui flanque à dr. le portail principal, a 26 ou 27 met. d’élévation ; elle paraît plus grosse dans sa partie supérieure que dans sa partie intérieure. Cet effet d’optique, suivant M. A. Guilmeth, a pour cause les divers rangs de corniches et de galeries qui , placées les unes au-dessus des autres, vont toujours en s’élargissant, et ôtent ainsi au monument une grande partie 4e sa légèreté. Elle est revêtue d’un grand nombre de statues de saints, d’ornements gothiques, etc.
Nous signalerons encore : l’église Notre-Dame ; — la tour Saint-Jean (ancien télégraphe); — l’ancienne église Saint-Laurent; — Vabbaye de Saint-Nicolas ; — la bibliothèque (4000 vol.); — une jolie maison de la Renaissance (mon. hist.) , etc.
De Verneuil à Breteuil et à Conches, R. 64 ; — à la Ferté-Vidauie, R. 97 ; — à Mortagne, R. 98.
Après avoir franchi un bras de l’Iton, sur un viaduc de 4 met. d’ouverture, on laisse à dr. Mandres (326 hab.),et l’on croise le chemin Perrey, ancienne voie romaine.
44 kil. Bourth, v. de 1808 hab.
(belles stalles sculptées dans le chœur de l’église).
La voie ferrée passe du départ, de l’Eure dans celui de l’Orne, et, franchissant l’Iton, sur un viaduc de 12 mèt. d’ouverture , près de Chandai (788 hab ; restes d'un hypocauste romain à la Prévôtière) , laisse à dr.
Chéronrilliers (656 hab.), et l’embranchement de Laigle à Conches (R. 65). On aperçoit à dr. Saint- Martin-d’Écubleï (372 hab. ; vestiges d’un ancien monument druidique) et Saiht-Sulpice-sur-RUle (1054 hab.).
dans les environs duquel se voient le curieux dolmen du Jarrier, un menhir ruiné dans la cour de la ferme de la Chevrolière, et les débris d’un ancien prieuré. « La table du dolmen du Jar-