ROUTE 93] SAINTE-GAUBURGE. — LE MERLERAÜLT
De petits personnages, du style à la fois le plus naïf et le plus fin, sont sculptés de chaque côté des deux premières fenêtres. Les fenêtres supérieures sont décorées de monstres et de guirlandes. La porte d’entrée est richement sculptée.
Le pressoir n est qu'un joli cloître du xiv' s., probablement. Il en supporte , un autre d’une époque bien postérieure ; dans une étable se voit une charmante piscine du style gothique flamboyant. — L’ancienne église, convertie en grange, est un joli édifice du xm' ou du commencement du xivc s. La voûte est tombée ; le chœur et la nef sont éclairés par de grandes et belles fenêtres ogivales. La porte, simple mais élégante, est ornée d’une arcade trilobée dans le même style que les fenêtres. A l’intérieur du prieuré, quelques cheminées gothiques offrent des bas-reliefs dont la plupart sont d’uu travail grossier.
De Sainte-Gauburge part une route qui dessert (8 kil. env. dans la direction du S.) Moulins-la Marche, ch. -1. de c. de 1100 hab., ancienne place forte et fief considérable d’où relevaient plusieurs autres fiefs.
Les Fosscs-le-Roi , retranchements curieux, exécutés en 1 158 par Henri II, roi d’Angleterre, avaient 12 à 15 met.
de largeur sur 3 met. de profondeur. Le talus, formé avec les terres d’extraction, a 10 met. de largeur à la base , sur 3 à 4 mèt. de hauteur.
Au N. de Sainte-Gauburge se trouve (3 kil.) Écliauffour, v. de 1426 hab., ancienne baronnie, dans les environs duquel sc voient deux pierres druidiques, connues sous le nom de Croûtes, peu éloignées l’une de l’autre et assez rapprochées d’un troisième menhir, qui paraît avoir formé avec elles une espèce de triangle. Les herbages de la commune d’Échauffour nourrissent de nombreux chevaux.
Laissant à g. le château du Hamel, la voie ferrée franchit la Rille près du v. de Planches (659 hab.). — A 2
kil., sur la g., se trouve Saint-Wandrillc-les-Bois, ham. de 296 hab.; sur la dr. se montre le v. des A«thiern (151 hab.) situé à la naissance d’une belle vallée qu’arrose la rivière Saint-Martin et dans laquelle s’élève un joli château. La voie ferrée traverse une haute et longue tranchée.
27 kil. Le Merlerault (hôt. Sainte- Barbe), ch.-l. de c. de 1367 hab., situé dans une belle vallée, sur le bord de la rivière des Authieux ou ruisseau de Saint-Martin, au centre de gras pàturagps. Les halles sont installées au rez-de-chaussée de l’hôtel de ville, à l’aspect monumental et précédé d’une place. L’église, en partie romane, est flanquée d’une tour carrée dont le toit est terminé en bâtière.
On laisse à dr. Saint-Germain-de- Clai refeuille (F. ci-dessous), et à g.
Montmarcé, le bois du Merlerault et Godisson, v. de 255 hab., arrosé par le Don. Ses herbages sont renommés.
Toute cette région est du reste connue par l’excellence de ses herbages; les chevaux qu’ils nourrissent ont toujours joui d’une réputation méritée.
31 kil. Nonant, v. de 820 hab., assis au pied d’un coteau, sur le bord de la petite rivière de Gueuge. On y voit un beau château moderne bâti sur l’emplacement de la forteresse des marquis de Nonant.
De Nonant à Bernay, R. 66-
Excursion à (2 kil.) Saint-Germain-deClairefeuille, v. de 355 hab., situéau N. E. de Nonant. L'église (xiv“ ou xv' s.), flanquée d’une grosse tour carrée, peu élevée mais offrant une jolie voûte, était ornée autrefois de fresques que le badigeon a fait disparaître. La boiserie, qui sépare le sanctuaire de la nef, a été sciée à tort et à travers * pour élargir le passage et donner au curé, dit M. de la Sicotière, la facilité de mieux découvrir l’ensemble de son troupeau.
La lithographie ne peut rendre la délicatesse et la légèreté de la traverse cintrée, peinte en gros rouge, qui fut
DE PARIS A GRANVILLE
ajoutée alors pour supporter les panneaux mutilés de cette magnifique boiserie.
« Figurez-vous plusieurs rangs superposés de légers panneaux de chêne, tantôt découpés à jour, tantôt fouillés à moitié bois, offrant, au-dessusd’une petite arcature à ogives trifoliées, les motifs les plus variés, les arabesques les plus compliquées du dernier style ogival, des rosaces, des trèfles, des nœuds, des cœurs, mille fantaisies, (contournées, découpées à l’infini.
« Au-dessus de ces dentelles de bois, treize grands panneaux peints, dans le style de la vieille école flamande, formant caissons , supportent une délicieuse petite galerie, coupée çà et là par d’élégants clochetons. Les peintures représentent : YAnnonciation, la Nativité, ï Adoration des Mages, la Résurrection de Lazare, la Flagellation, etc. ; enfin le Martyre de saint Étienne qui occupe trois panneaux. » Cette église renferme, en outre, des fonts baptismaux très-anciens et un autel remarquable qui pourrait bien remonter au xm's.
On laisse à g. Mar mouillé (360 hab., et, après avoir franchi le Don, on rejoint le chemin de fer du Mans à Caen (R. 79), entre la station de Sées et celle d’Almenèches.
53 kil. Argentan (R. 79).