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D’ARGENTAN A FLERS

45 kil. — Chemin de fer en construction, qui doit être ouvert en 1867.

Le chemin de fer de Granville, se séparant, au delà de la station d’Argentan, de la ligne du Mans à Caen (R. 79), se dirige vers 10. et franchit l’Orne sur un viaduc de 3 arches (30 mèt. d’ouverture chacune). A dr., se trouve Goulet : (433 hab.) , et à g.

Fontenav-sur-Orne (346 hab.).

8 kil. Écouchô (Ilôt. : du Lion-d’Or ; de la Corne), ch.-l. de c. de 1404 hab., situé, dans une plaine fertile, comprise entre l’Orne et scs affluents, la Canoë et l'Udon.

Ce bourg, qui était au moyen âge une place forte, eut pour premier seigneur Raoul de Gacé, petit-fils de Richard l",ducde Normandie. L’église (mélange du style ogival flamboyant et du style de la Renaissance, est restée inachevée; elle n’offre aucun intérêt. La chapelle de l'hospice renferme un beau retable consistant en un corps saillant, formé en pierre de taille dans laquelle ont été sculptés des dais, des pinacles, des niches, des statues, etc. Cette décoration est relevée par ses enluminures.

Au N. O. d’Écouché (5 kil.) se trouve Mesnil-Glaise, ham. de la com. de Ratilly (370 hab. ; joli château de Bernai), lieu de pèlerinage assez fréquenté.

D’Écouché à Domfront, R. 104.

Franchissant l’Udon, à la sortie d'Ecouché, le chemin de fer laisse à dr.

Sérans (304 hab. , beau château avec terrasse, et à g. Sevray (435 hab.), dont le clocher mince et pointu attire les regards de loin. On traverse ensuite la Maire qui baigue à g. Lougé (803 hab. Jet Montreuil.

19 kil. Fromenlel, ham. de la com. des Yveteaux (325 hab.), où se voyait encore, à la fin du vm* s., un beau château flanqué de tours et entouré d’admirables jardins aujourd’hui complètement détruits. L’église, à plafond cintré, lambrissée et parquetée en bois de chêne, renferme un beau retable doré et orné de bonnes peintures. On lit, sur les murs, plusieurs épitaphes des seigneurs gravées sur marbre et sur bronze. Cette église possède, en outre, des reliques de sainte Florentine et de saint Taurin qui y attirent un grand nombre de pèlerins. — Au delà d'une tranchée, aux talus élevés, la voie ferrée traverse Saint-llilaire-de-Briouïe (903 hab.; 262 met. d’altit.).

27 kil. Briouze (hôt. de la Poste), ch.-l. de c. de 1875 hab., était anciennement le siège d’une vicomté relevant du bailliage de Falaise et d’uu

BRIOUZE. — FLERS.

[Route 93]

prieuré de moines Bénédictins de l’abbaye de Saint-Florent de Saumur.

Les paysans de Briouze et des environs portent invariablement un bonnet de coton, noir dans le bas, rouge dans le haut, d’où pend un gland gigantesque tantôt rouge, tantôt bariolé.

L'église appartient , dans son ensemble, au style roman du xr s. Le portail est soutenu par quatre colonnes dont les chapiteaux offrent des figures grotesques ou obscènes. A la croisée s’élève une tour carrée à quatre faces. Cette église est en général dans un état de délabrement complet — On vient d’achever à Briouze un couvent dont la chapelle, éclairée par de grandes fenêtres du style ogival flamboyant, offre un aspect monumental.

On laisse à g. le marais du Grand- Haxé, Bellou-en-Houlme (2667 hab.) et le bois de Dieufit, propriété de M. Gevelot, le célèbre fabricant de capsules, qui l’a fait défricher en grande partie. A 5 kil. environ, sur ladr., se trouve Durcet (66'» hab.), qui possédait, avant 18U8, un magnifique château bâti par Mansart, sur le modèle du palais du Luxembourg. .

39 kil. Messei-Saint-Gervais , ch.-l.

de c. de 1776 hab., ancienne baronnie, a conservé des ruines imposantes d’un château fort du x* s., consistant en pans de murs et en souterrains de près de 6 mèt. de profondeur — A dr. se montre Selle-la-Forge.

45 kil. Fiers (hôt. : de YEurope tenu par Martine (recommandé); de l’Ouest tenu par Goflot; — libraires : Follopc, éditeur du journal de Fiers, Oxouf; — loueurs de voitures, V* Tariel et Humaine; — bureau de poste ; — bureau télégraphique ; — succursale de la Banque de France), V. de 10054 hab., agréablement située sur un affluent duNoireau, s’est considérablement agrandie dans les 20 dernières années. Ses rues, larges et bien percées, sont bordées de maisons en pierre noirâtre d’un aspect sévère, mais dont l’ensemble produit

un bel effet. A l’entrée de la ville, du côté de Briouze, s'étend un vaste champ de foire, jolie place carrée avec arbres et pelouses, en regard de laquelle s’élèvent le cercle, belle façade monumentale avec sculptures) récemment construit et deux magnifiques villas entourées de riants jardins.

Fiers est une ville toute moderne qui comptait à peine 3000 hab., en 1820; aussi n’a-t-elle pas d’histoire.

Quelques-uns des seigneurs de Fiers ont acquis une grande célébrité dans les guerres qui agitèrent la Normandie pendant tout le moyen âge.

L’église Saint - Jean - Baptiste style roman), commencée en 1858 et terminée en 1864, sous la direction de M. Ruprich-Robert, architecte diocésain de l’Orne , a 52 mèt. de longueur hors d’œuvre et 46 mèt. 17 centimèt.

du sol au sommet de la croix qui surmonte la flèche. Le portail est décoré de nombreuses sculptures figurant des figuiers, les symboles des Évangélistes, l’Espérance et la Charité, saint Jean-Baptiste, la tète du Christ, etc. A l’intérieur, l’édifice se compose d’une nef sans voûte avec bas côtés terminés par trois absides; l'ornementation représente divers objets sacrés du temple d’Israël : le chandelier à sept branches, la mer d’airain, le lavoir, la tabledes painsde proposition, l’autel des sacrifices, l’autel des parfums, les tables de la loi, l’arche d’alliance , les figures symboliques des Évangélistes, etc. Les chapiteaux des colonnes sont ornés de feuilles de vigne, de grappes de raisin, de branches de pin, etc. Une ligne d’arcatures romanes, à peine saillantes, fait tout le tour de la nef. Les vitraux , les statues et le maître-autel en pierre sont di gnes d’attention.

Le château, situé en dehors de la ville, sur le bord d’une petite rivière dont les eaux alimentent ses fossés, fut habité pendant longtemps par des comtes de la famille de Pellevé, et devint , pendant l’insurrection vendéenne, un des quartiers généraux des

soldats royalistes qui se servirent de ses plombs pour faire des balles. Un incendie, allumé par les troupes du général Gardanc, dévora (le 18 février 1800) l’intérieur de la partie la plus ancienne et la plus intéressante du château de Fiers. En 1806, Pierre de la Motte Ango vendit le château et la terre de Fiers à Sigismond Ehrenreich , comte de Redern de Bernsdorf, qui s’était associé quelques années auparavant aux spéculations sur les biens nationaux de Saint-Simon, chef de la doctrine saint-simonienne. Rien de plus curieux, assure M. le comte Hector de la Ferrière, que la volumineuse correspondance de Saint-Simon avec M. de Redern.

Le château de Fiers appartient à diverses époques. Ses tours, à créneaux et à mâchicoulis, coiffées d’un dôme en forme de cloche et surmontées de lanternes élégantes, ses gargouilles en pierre, ses galbes triangulaires, à arêtes ornées de crochets arrondis, paraissent du xv' s., dit M. de la Sicotière.

Le parc immense qui s’étend à l’O.

duchâteau doit être coupé parle chemin de fer.

Nous mentionnerons encore l'hôtel de cille et le jardin public avec pelouses, arbres, avenues et massifs de lleurs.

Les industries exploitées dans le rayon de Fiers (Condé-sur-Noireau, la Ferté-Macé) et comprenant la filature, la teinture, le blanchiment du coton et du fil, le tissage, etc., montent à environ 70 millions de produits par an. La fabrique particulière de Fiers produit à elle seule 38 millions, fait battre 14 000 métiers et occupe 28 000 ouvriers disséminés dans les communes, et dont le travail industriel se combine le plus souvent avec la culture. Fiers fabrique des coutils rayés pour literies, des articles pour chemises, pantalons ; du linge de table damassé , du satin pour ameublement, des toiles et des fils de coton, etc. La presque totalité

de ses produits se place en France, surtout dans le Midi.

De Fiers à Caen, R. 81; — à Domfront et à Mayenne, R. 107.

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