‹ Itinéraire général de la NormandieChapitre 446 sur 499 · VIRE · texte numérisé non relu

VIRE

Oa traverse une tranchée, profonde de 16 met., et, après avoir croisé la route de Falaise, on laisse à g. Vaudrg (1558 hab. ; église romane assez bien conservée).

27 kil. Vire (hôt. : du Cheval-Blanc ; — Saint-Pierre ; — libraires : Mme Adam, Mme Marescal), V. de 7643 hab., ch.-l. de sous -préfecture du départ, du Calvados, est bâtie sur une éminence escarpée que la Vire environne de trois côtés. Aussi son aspect

xtèrieur est-il des plus pittoresques.

Les rues, étroites et tortueuses pour la plupart, offrent, à leurs débouchés, de jolis points de vue. — Le quartier Valhcrel, situé dans le bas de la ville, et dont les maisons, à pignons et en bois, sont séparées par des intervalles d’environ 30 cent., mérite surtout d’être visité par les touristes.

Les anciens chroniqueurs de la Normandie ne font pas mention de Vire. « On peut supposer, dit M. Edmond de Manne, que le château bâti par Charlemagne, sur la rive dr. de la Vire, au commencement du îx* s., pour mettre obstacle aux incursions des pirates du Nord, a été le point central autour duquel la ville s’est ensuite groupée. Ce château, situé sur un promontoire escarpé, avait une enceinte très-étendue ; une haute et forte muraille le séparait du bourg, et une seule porte, défendue par deux tours élevées de plus de 30 met. au-dessus du sol, y donnait accès du même côté. » En 1303, Philippe Auguste accorda une charte de commune aux habitants de Vire qui s'étaient montrés bien intentionnés à son egard.

Vire fut pillée, en 1368, par les grandes Compagnies, puis, en 1418, emportée <l'assaut par Henri V, roi d'Angleterre, qui la fortifia et en fit sa principale place d’armes en Normandie. Les guerres de religion causèrent de tels désastres aux habitants de Vire que Charles IX les dispensa de payer les tailles.

pendant les guerres de la Ligue, Vire opposa une énergique résistance à Henri IV qui permit à ses soldats de la livrer au pillage. I.es annales de Vire enregistrent encore la sédition suscitée par les Nupieds (1628), une maladie contagieuse, qui décima la population en 1643, et la fermeture du prêche protestant (1656;.

Vire a vu naitre Olivier Basselin, auteur

de chansons bachiques et de rondeaux que l'on nomma Vaus-de-Vire ou vaudevires; les astronomes Duhamel et Gasselin; le poète satirique Sonnet-Courval ; Ch. de Chénedollé. auteur du poème du Génie de l'homme, etc.

L'église Notre-Dame date de plusieurs époques. Dans son ensemble, la nef présente tous les caractères du xjii* s. Les chapelles attenantes aux bas côtés de la nef, le chœur et l’abside paraissent du xv* s. Le transsept méridional et le portail qui en fait partie sont de la fin du xiu* s. ou du commencement du xv*. A l'extérieur, masqué sur plusieurs points par de vulgaires constructions, les parties les plus remarquables sont l’abside et le côté méridional. Nous signalerons, à l’intérieur : une petite porte, dite porte delà Petite-Poissonnerie-, une niche en granit, au-dessus de la seconde arcade du chœur; deux chapiteaux romans (xit* s.) placés sous l’orgue; les peintures murales du chœur et de l’abside; le maîtreautel en bronze doré; l’autel de la chapelle Saint-Pierre qui renferme aussi deux remarquables statues en bois (Renaissance); la balustrade en bois sculpté qui entoure les fonts baptismaux; un autel de la Renaissance et un tableau de Vignon ( l'Adoration des Bergers) dans la chapelle neuve, vaste quadrilatère sans styie et sans intérêt.

L’église Saint-Thomas appartient au style roman, moins le chœur qui est ogival. — L'église Sainte-An ne (style roman), actuellement en construction (186G), est destinée à remplacer l’ancienne église de ce nom, qui sera démolie.

A l’extrémité d’une place bien entretenue, ceinte de plusieurs rangées d’arbres, dominant la Vire qui serpente dans une vallée profonde, et d’où l’on découvre des points de vue variés, se dressent les ruines intéressantes et pittoresques de l’antique forteresse de Vire. « Ce château, dit M. de Caumont, reconstruit au xnc s.,

DE PARIS A GRANVILLE

par Henri I", et situé sur une presqu’île rocheuse, comme ceux de Falaise et de Domfront, était inaccessible de tous côtés, excepté de celui qui regarde la ville et par où le cap s’attache aux plateaux voisins. Mais un fossé profonde! d’épaisses murailles, fortifiées par des tours, en défendaient l’approche. Deux de ces tours, qui flanquaient la porte d’entrée, avaient plus de 60 pieds de hauteur.

On entrait d’abord dans une première enceinte où se trouvaient des .logements et des écuries; plus loin était un second fossé avec un pont-levis, pour entrer dans la seconde enceinte, qui était garnie de bons murs avec trois tours. Il y avait entre les deux autres tours une chapelle dédiée à saint Biaise. A l’extrémité opposée et sur la pointe du rocher se trouvait le donjon, dans lequel on entrait par plusieurs degrés. »

La plupart des fortifications ont été démolies en 1630, par ordre de Richelieu. Il ne subsiste plus aujourd’hui que le donjon démantelé et quelques pans de murailles, entretenus par la ville.

Au centre de Vire, on remarque la tour de l’Horloge, primitivement appelée porte du Champ de Vire, puis de Gastines, et sous laquelle passe la rue du Calvados. Haute de plus de 30mèt. et supportée par une porte ogivale du xin' s., cette tour est flanquée de deux autres tours en partie masquées par des constructions vulgaires. La porte est surmontée d’une statue de la Vierge, avec cette inscription : « Marie protège la ville. »

Signalons encore : l'hospice Saint- Louis (1673);— Vhûtel-Dieu (xvn’s.); — l’hôtel de ville ; — plusieurs matsons du xvi* s. et une tour en granit servant d’écurie et de magasin à bois, dans le quartier du Valhérel; — la bibliothèque, définitivement organisée en 1811, et possédant près de 20000 volumes, parmi lesquels figurent quelques livres rares et curieux et plusieurs manuscrits; — le musée.

de création récente, divisé en quatre classes : la première comprend les beaux-arts (peinture, tapisseries, gravures, eaux-fortes, lithographies, dessins, sculpture); la seconde est relative aux antiquités ( monnaies , jetons et médailles) ; dans la troisième, sont rangés les objets d’histoire naturelle, et dans la quatrième, tout ce qui a trait aux arts industriels.

Au-dessous de la ville s’ouvre le joli vallon des Vaux-de-Vire qui a donné son nom aux poésies d’Olivier Basselin dont on voit encore la maison, c’est une Suisse en miniature.

Du reste, tous les environs de Vire offrent aux touristes et aux artistes des buts de promenade et des sujets d’étude aussi intéressants que variés.

L’industrie des laines, qui est assez florissante à Vire, a obtenu, à l’Exposition universelle de 1855 : une médaille de lre classe, cinq médailles de bronze et six mentions honorables.

Cette ville possède aussi des fabriques de drap et d’étoffes dites de nouveautés (3300 ouvriers produisant, par an, environ 36225 pièces de drap, de 30 mèt. en moyenne) dont la plus importante est celle de M. Adrien Lenormand (250 ouvriers située dans les Vaux) ; des fabriques de toiles fines, des tanneries (1 million de cuirs par an env., de 300 ouvriers) , des papeteries, etc.; la taille du granit occupe un certain nombre d’ouvriers, etc.

De Vire à Caen, R. 82; — à Saint-Lô, R. 84 ; — à Mortain, R. 109.

DE VIRE A GRANVILLE

»6 kil. — Chemin de fer en construction.

Laissant à g. Sainl-Martin-de-Talleiende (544 hab.) et à dr. Clinchamps (1474 hab.), dont l’église, surmontée d’une tour romane, renferme: une chaire supportée par les têtes des animaux symboliques des Evangélis-

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