D’ALENÇON A DOMFRONT. [ROUTE
situé près du confluent de la Gourbe et de la Mayenne. Sur la dr. se trouve le château de Monceaux flanqué d’une haute tour cylindrique. A g., sur l’autre rive de la Mayenne, est le château de la Bermondièrc.
43 kil. Gouterne, v. de 1576 hab., sur la rive dr. de la Mayenne, près du confluent de la Vée quela route franchit sur un petit pont en pierre, fut plusieurs fois, de 1795 à 1799, le théâtre de sanglantes rencontres entre les républicains et les royalistes.
L’église (portail à plein cintre décoré d’animaux informes) , lourd édifice roman, offre des murs de support épais comme ceux d’une forteresse. A côté se voient les halles qui paraissent anciennes et une pompe monumentale. Le château, situé à 3 kil.au N. de Couterne , sur le bord de la route de Bagnoles, construit auxvi's., par Jehan Frotté, et restauré à la fin du xviii', est un élégant édifice en briques, précédé de longues avenues et entouré de belles eaux.
A Couterne, la route de Bagnoles se sépare de celle d’Alençon et, se dirigeant vers le N., passe près de Lignou (F. ci-dessous, p. 546) et au château de Couterne (F. ci-dessus).
48 kil. Bagnoles-les-Eaux (hôt. :
Sainte-I.ucüe, logement de 1 à 3 fr.; table d’hôte, 6 fr. 50; — Sainte- Marguerite, logement de 50 c. à 1 fr.
50 c., table d’hôte, 2 fr. 50 c. — Voitures, chevaux, ânes à volonté pour promenades), ham. de 40 hab. , situé sur les deux rives de la Vée qui coule sur un lit de cailloux, dans une gorge profonde des deux côtés de laquelle se dressent d’énormes rochers formant comme une ceinture de murailles autour de l’établissement des bains.
« Au milieu , et au-dessus de ces roches, dit M. de la Sicotière, croissent les genêts et les joncs marins, les bruyères roses, les pins au sombre feuillage, une foule d’arbustes et de grands arbres. De charmantes allées serpentent sur les bords de la rivière écumeuse; d’autres courent sur les
flancs des collines et offrent, de distance en distance, les sites les plus charmants, les points de vue les plus pittoresques. Du sommet de ces collines, un horizon de 30 lieues environ se déroule aux regards enchantés. »
Dès 1694, Geoffroy, médecin célèbre de laFaculté de Paris, vantait les eaux thermales de Bagnoles et, en 1740, suivant M. de Liesville, il parut à Alençon une brochure ayant pour titre : Traité des eaux thermales de Bagnoles. Depuis lors, de nombreux et savants médecins ont parlé de ces mêmes eaux avec avantage.
Nous empruntons les renseignements suivants à une brochure publiée par M. A. R. de Liesville.
« Ce fut Ëlie de Cerny, secrétaire du roi, qui fonda les premiers bains en 1691. Elie de Cerny fut anobli à cause de sa gestion intelligente et charitable de Bagnoles. Les eaux devinrent célèbres dans la Normandie et la Bretagne. Les magistrats et les citoyens de Falaise s’y rendirent, et y créèrent un établissement thermal important pour le temps. Mais ce fut le Machois qui, en 1813, embellit Bagnoles de nouvelles constructions, de son parc, de ses belles plantations, qui aujourd’hui en font un séjour délicieux. Il y dépensa plus de 800 000 fr.
a Vauquelin vint, en octobre 1813, faire l’analyse de ces eaux. La visite de ce célèbre chimiste est relatée sur une table de marbre placée dans l’établissement.
« Aui pieds d’immenses rochers culbutés, jaillit la source chaude; elle se jette ensuite dans la Vée qui va elle-même se perdre dans la Mayenne à Couterne. Un bloc énorme, situé devant l'établissement thermal, s’élève brusquement à une hauteur prodigieuse, sous la forme d’une montagne aride et nue : un second roc à pic ferme l’enclos de l’établissement.
L’aspect de ces rochers est des plus étranges ; les uns forment des aiguilles effilées, d’autres des môles et terras-