‹ Itinéraire général de la NormandieChapitre 483 sur 499 · DE DQMFRONT A MORT AIN. [ROUTE · texte numérisé non relu

DE DQMFRONT A MORT AIN. [ROUTE

Cançe, dont la vallée est très-accidentée (F. ci-dessous: Promenades).

,« On pourrait décrire la situation de Mortain, dit M. Gally-Knight, pour ainsi dire dans les mêmes termes que celle de Vire ; cependant la nature a toujours scs variétés qu’il n’est iis possible au langage de rendre sensibles. A Mortain, comme à Vire, une éminence qui domine la ville avait séduit par les avantages d’une position fortifiée : on y avait élevé une forteresse, et la cité vivait tranquille sous sa protection. Les caractères principaux de la situation des deux villes sont les mêmes; mais la scène qu’offre celle de Mortain a quelque chose de plus enchanteur, de plus attachant. Les vallées sont plus étroites, les montagnes plus rocailleuses et mieux boisées ; le lit de la rivière est plus large; l’ensemble du tableau nous rappelait les paysages italiens et Tivoli, et les cascades qui rnurrnu-' raient au-dessus de nos têtes, et dont nous sentions la fraîcheur, justifiaient encore ce rapprochement. »

On ne sait à quelle époque attribuer la fondation de Mortain, qui est mentionné comme château vers le milieu du xi« s. Après la bataille des Dunes, Guillaume le Conquérant confisqua le château de Mortain et en investit Robert, son frère utérin , sous le règne duquel le comté de Mortain atteignit l’apogée de sa puissance.

Pendant la lutte d'Étienne de Boulogne et de Geoflroy-Plantagenet, qui se disputaient la succession d’Henri I,r, la petite ville de Mortain fut plusieurs fois assiégée et plusieurs fois prise et reprise avant d'appartenir définitivement à Mathilde, femme de Geolîroy-Plantagenet (1152). Le roi Philippe de Valois érigea, l’an 1335, le comté de Mortain en pairie, pour Philippe comte d'Êvreux. François I*r l'échangea (1520) avec Louis de Bourbon, comte de Montpensier, dont la famille en resta propriétaire jusqu’à la mort d’Henri Ier. Sous le règne de Louis XIV, le comté de Mortain fut l’apanage de Louise d’Orléans, duchesse de Montpensier, plus connue sous le nom de Mademoiselle. Le comté de Mortain appartenait encore à la famille d'Orléans à l'époque de la révolution, de lias.

L’église (mon. hist.), bâtie sur une élévation qui domine la principale rue de Mortain, c’est-à-dire la route de Vire à Domfront, est un curieux spécimen de l’archi lecture de transition.

Selon certains auteurs, ce serait la collégiale, fondée en 1 ü8-r* par Robert, comte de Mortain, frère de Guillaume le Conquérant ; mais, d’après le savant antiquaire anglais, Gally-Knight, la fondation en est postérieure au xi® s.

Les murs, bâtis avec de la pierre noirâtre et recouverts de mousse en certains endroits , offrent extérieurement un aspect pittoresque. Le portail, dont le style diffère de celui du monument, doit avoir appartenu, suivant M. Gally-Knight, à l’église, bâtie en 1082. Co portail, dont l’archivolte est ornée ..de zigzags, de losanges et de dents de scie, est surmonté de trois belles fenêtres avec colonnettes élégantes et d’une espèce de tour octogonale renfermant le mécanisme de l’horloge. La tour, qui flanque l’église à l’E., est percée de.fenètres à lancettes, ou plutôt d'ouvertures q ui n’on t pas moins de 15 met. d’élévation, o La construction de la tour, dit M. Gally-Knight, doit avoir été postérieure à celle de l’église, parce qu’elles ne sont pas liées entre elles et que la tour aboutit à l’une des fenêtres. » L’intérieur, composé d’une nef et de deux bas côtés, offre un aspect lourd et sévère. Vingt-deux gros piliers soutiennent les voûtes de la nef et du chœur séparés seulement par une grille en fer. Sur chacun de leurs chapiteaux sculptés s’appuient trois élégantes colonnes supportant des arçeaux qui se divisent à la hauteur de la première rangée de fenêtres. Les stalles en chêne du chœur, très-remarquables par la variété et la bizarrerie des groupes sculptés qui les décorent, ne présentent guère que des sujets plaisants ou grotesques. On remarque, en outre, dans le chœur, des vitraux neufs; un beau pavage en marbre, et deux grandes statues (saint Evroult et saint Guillaume) placéesaux

Page 1