‹ Itinéraire général de la NormandieChapitre 490 sur 499 · ROUTE 113] LE MONT-SAINT-MICHEL. TOMBELAINE · texte numérisé non relu

ROUTE 113] LE MONT-SAINT-MICHEL. TOMBELAINE

Avant 1793, l’église du Mont- Saint-Michel était très-richement décorée. On en trouvera de longues et intéressante» descriptions dans les ouvrages de MM. le Héricher et Pigeon.

Le portail latéral s’ouvre sur la terrasse appelée Beauregard, Mirande ou Saut-Gaultier.

Une porte de la Renaissance met l’église en communication avec la crypte ou souterrain des Gros-Piliers (xv* s.) , creusé dans la roche. On y remarque dix-neuf colonnes énormes qui soutiennent l’abside de l’église supérieure. Ces colonnes, dépourvues de chapiteaux, ont 4 met. d’épaisseur et offrent de fortes nervures prismatiques. » Cinq chapelles s’enfoncent dans les profondeurs des pourtours, jadis éclairés de lampes perpétuelles, qui ressemblaient à des étoiles sous la voûte d’un ciel noir. C’étaient celles de Notre-Dame-sous-Terre, de Saint- Aubert-sous-Terre, de Saint-Benoltsous-Terre. La plus importante, dédiée à Notre-Dame-sous-Terre, possédait autrefois une statue célèbre, but de pèlerinage; on l’appelait aussi Notre-Dame des Trente-Cierges. « 11 n’y a que des moines et des bénédictins, dit Mme de Créquy, qui puissent avoir entrepris et fait exécuter une conception si savante et si grandiose.

On parle toujours de la Diplomatique des Bénédictins français, de l’Art de vérifier les dates, etc.; mais il m’a toujours semblé que le grand œuvre des bénédictins était leur abbaye du Mont-Saint-Michel. » Cette crypte est l’œuvre de l’abbé André de Laure, en 1421. »

Sous les bfltiments de l’abbaye, et en particulier sous l’ancienne maison abbatiale, s’étendent plusieurs étages de souterrains dont plusieurs, récemment encore, servaient de cachots sous les noms de : Grand-Exil, de Petit- Exil, de Cachot du Diable, de Promenoir, etc. Au bout du Pourmenoir ou Promenoir, ancien cloître, se voit la place de la cage de bois connue sous le nom de cage de fer, où, entre autres

prisonniers, suivant M. le Héricher, mourut, rongé par les rats, le gazetier Dubourg qui avait écrit contre Louis XIV. Le duc de Chartres, depuis Louis-Philippe, la démolit en 1 777.

Au N. du Mont-Saint-Michel (3 kil.

env.) se dresse, au milieu des sables, l'îlot granitique de Tombelaine qui atteint 140 mèt. d’altitude. Le trajet est facile, dit M. le Héricher, si la Sée et la Sélune sont entre la côte et le rocher ; sinon il faut prendre un guide. Certains auteurs veulent que le nom de Tombelaine soit le diminutif du mot tumba qui aurait été donné à cet Ilot à cause de sa forme tumulaire. D’autres prétendent que Tombelaine veut dire tombe d’Hélène. On y, voit quelques vestiges d’habitation et d’une forteresse qui avait remplacé un prieuré dépendant du Mont-Saint- Michel. Cette forteresse appartint au surintendant Fouquet et fut démolie en 1669.

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