ROUTE 1] BON-PORT. — FORÊT DE BORD. — OISSEL
tourelles qui existaient en 1702 et dont parle Th. Corneille.
Excursion à la forêt de Bord.
Voisine de Pont-de-l’Arche (lkil. en viron), la forêt de Bord contient 3524 hectares. Elle est située sur les communes de Pont-de-l'Arche, les Damps, Léry, le Vaudreuil, Tostes, Martot et Criquebeuf. Elle est d'origine domaniale, et n’a jamais cessé d’appartenir à l’Etat. Un canton seulement, celui de la Haie-de-Bon- Port , avait été donné par Richard Cœur de Lion à l’abbaye de Bon-Port, qui en a joui jusqu’à la Révolution. Il a fait retour au domaine à cette époque.
La forêt de Bord est assez accidentée; elle est coupée par des vallons, souvent profonds, qui débouchent dans les grandes vallées de la Seine et de l’Eure. Le chêne et le hêtre forment de beaux massifs, de haute futaie surtout dans la partie S. de la forêt. Le peu de fertilité du sol, au N., n’y permet que l’éducation d’essences résineuses.
Des chevreuils, des lièvres et un grand nombre de lapins peuplent la forêt de Bord, mais on n’y trouve pas de cerfs. La chasse y est facile et agréable. Le droit de chasse y est amodié par l’Etat.
Cette forêt offre de jolis sites et peut être l’objet d’agréables promenades. A l’E. du canton de la Voie- Blanche, près de la route de Paris, on découvre toute la vallée de l’Eure, au milieu de laquelle s’élève le château du Vaudreuil. A l’O. du canton des Épinières, le regard embrasse toute la vallée de la Seine jusqu'à Rouen.
[Voit, de corresp. de Pont-de-l’Arche pour : (30 kil.) Lyons-la-Fnrâl, par (14 kil.) Badepont , (17 kil. j Fleury-sur-Andelle et (20 kil.) Charleral (R. 28).]
De Pont-de-l’Arche à Lyons-la-Forct, R. 28-
Après avoir laissé à dr. Jgorille (428 hah.), situé au pied d’une montagne qui porte son nom et dont le point culminant offre une belle vue, on passe -du département de l’Eure dans celui de la Seine-Inférieure, un peu avant d’atteindre Sotteville-sous-le-Val (315 hab.), que longe à dr. la voie ferrée.
La Seine, décrivant encore ici une longue courbe, va baigner Elbeuf et rejoint ensuite le chemin de fer près d’Oissel; de là jusqu’à Rouen, le fleuve et la voie ferrée suivent une ligne parallèle. Un tunnel de 400 mèt. de long précède la station actuellement desservie par la ligne de Serquigny à Rouen (R. 59).
124 kil. Tourville, v. de 850 hab., situé sur la rive dr. de la Seine , dans un joli vallon. Le percement du tunnel du chemin de fer fit découvrir, en 1848, des vases et des sépultures antiques. Des fouilles, faites en mai et en juin 1862, par M. l’abbé Cochet, ont mis à découvert une urne remplie d’os brûlés et quelques sépultures contenant des vases de terre etdeverre.a J’ai constaté, ditM. l’abbé Cochet, qu’il y avait eu là un cimetière romain des derniers temps, un cimetière à inhumation du rv* et du v* s., chose rare dans nos contrées. »
Sur un remblai de 104 mèt. cuhes on laisse à g. la ligne de Rouen à Serquigny (R. 59), avant de franchir le beau pont jeté sur les deux bras de la Seine par un habile ingénieur, M. Victor Bois.
126 kil. Oissel, V. de 3685 hab., agréablement située sur la rive g.
de la Seine. Lors de l’invasion des Normands en France, l’ile d’Oissel fut une de leurs principales stations d’hiver, d’où ils partaient, au printemps, pour aller mettre à contribution les provinces voisines, et braver les rois de France jusque daus Paris, qu’ils prirent et brûlèrent plusieurs fois.
C’est aussi dans cette île qu'ils soutinrent un siège contre les Français en 858. Quelques auteurs pensent cependant que l’ile d’Osccllus, à la-
quelle se rapportent ces faits, n’est point l'ile d’Oissel, mais d'Oscel, près de Bougival (Seine-et-Oise) (R. 46).
Des accroissements successifs ont donné à Oissel la physionomie d’un petit port. Les regards sont attirés de loin par son clocher en pierre, construction moderne. De hautes cheminées d'usines dominent les maisons d’Oissel, qui s’étendent en partie sur le quai, vers le milieu duquel s’arrêtent les bateaux faisant le service de Rouen à Elbeuf.
Il s’est construit à Oissel, en 1865, une vaste filature de lin, le plus important établissement de ce genre qui existe dans le département.
Il y a peu d’années, on découvrit à Oissel des tombeaux contenant des ossements de cadavres gigantesques qui paraissaient remonter au tx's.
Oissel est la tète de ligne de l’embranchement qui relie les lignes de Paris à Rouen et de Paris à Cherbourg.
On laisse à g. la forêt de Rouvray (3359 hect.), qui s'étend, d’un côté jusqu’à Rouen, et de l'autre va rejoindre celle de la Londe (T. R. 59). Adr. coule la Seine, parsemée d’iles nombreuses plantées de saules et de peupliers. Sur la rive dr., se dressent de hautes collines crayeuses dont la chaîne se prolonge d’Oissel à Rouen. Sur la lisière de la forêt du Rouvray, et à g. du chemin de fer, se montre Saint- Ëlienne-du-Rouvray (1643 hab.). On aperçoit, sur la rive dr. de la Seine, Relbœuf (715 hab.), dont le château est bâti au sommet d’une colline boisée d’où l’on découvre une vue étendue, puis AmfreviUe-la mi-Yoie (l‘237 hab.). Enfin, les regards sont attirés de loin sur la cime de la montagne de Blosseville, par l’église de Bon-Secours (V. ci-dessous, p. 75) qui domine Rouen au S. Le chemin de fer côtoie à g. les maisons de Sotteville-les-Rouen (8990 hab.), au milieu desquelles l'église se fait remarquer à travers les hauts peupliers qui l'environnent (P. ci-dessous, p. 74).
Au delà de Sotteville, un petit embranchement aboutit à la gare du faubourg Saint-Serer , sur la rive g.
«lu fieuve, à l’extrémité du cours de la Reine. Le débarcadère le plus fréquenté est situé «lans la rue Verte.
Le chemin de fer, pour s’y rendre, franchit la Seine sur un magnifique pont d'où l’on découvre une très-belle vue sur Rouen qu’on aperçoit presque en entier. Ce pont, appuyé sur l'ile Brouilly, et élevé de 14 mèt. audessus de l’étiage, se compose de 8 arches de 40 mèt. d'ouverture chacune. Le chemin de fer se dirige ensuite vers la pointe de la montagne Sainte-Catherine, qu’il traverse dans un tunnel de 1040 mèt. de longueur, puis, passant au-dessus du chemin de fer d’Amiens, franchit la vallée de Saint-Hilaire sur un viaduc de 19 mèt. de hauteur et d’une longueur de 600 mèt. Pénétrant ensuite sous les boulevards Saint-Hilaire et Beauvoisine, par un tunnel de 1460 met., il reparaît à ciel ouvert à la station de la rue Verte.
140 kil. Rouen (rue Verte), buffet à la gare (recommandé).