‹ Itinéraire général de la NormandieChapitre 50 sur 499 · PONT-DE-L’ARCHE · texte numérisé non relu

PONT-DE-L’ARCHE

verte sur les anciens remparts. La rue par son élévation, n’a qu’un plafond principale, à laquelle aboutissent plu- en bois. Les piliers qui- séparent la sieurs petites ruelles, d'un aspect peu nef des collatéraux se distinguent par agréable, est étroite, montante, mal leur irrégularité; les uns, en effet, pavée et mal bâtie. ' sont ronds, les autres prismâtiques ,

Voici en quels termes Thomas Cor- carrés ou polygones. Les deux bas neille parle de Pont-de-l’Arche dans côtés, voûtés, offrent aux clefs de son Dictionnaire universel et histori- voûte des culs-de-lampe en général que:.... ■« Son pont de pierre, corn- très-remarquables. Les fenêtres sont posé, de 22 arches sur la Seine, est décorées pour la plupart de beaux le plus long et le plus beau qui soit vitraux dont quelques-uns (xiv1' s.) sur cette rivière. Le reflux de la mer représentent des sujets curieux. Une vient jusque-là. Cette ville, qui fut verrière montre les habitants de Pont bâtie par Charles le Chauve, a de de-1’ Arche, revêtus de costumes du bons fossés et des murailles flan- temps de Charles IX et d’Henri III, quées de tours. Elle a gouverneur, s’efforçant de faire passer, sous la lieutenant de police, un maire, deux maîtresse arche de leur pont, un échevins et une maison de ville. C’est grand bateau chargé qui remonte la une place très-importante par sa si- Seine. Les autres verrières dignes tuation. Son château, bâti dans une d’intérêt sont celles qui représentent petite tle, est de figure carrée, bien (3e fenêtre du collatéral méridional) entretenu et bien logeable, flanqué de la Résurrection de Lazare; (6e fenê- 4 tours. Au dedans il y en a une fort tre du même collatéral) sainte Anne haute qui sert de donjon. Ce château instruisant la sainte Vierge ; (2* feest séparé de la prairie par deux pe- nêtre du collatéral méridional) la tits ponts.... La ville de Pont-de- Mort de la Vierge entourée des Apôl’Arche est. la première place qui se très; (3* fenêtre du même collatéral) mit sous l’obéissance du roi Henri IV, le Baptême de Jésus ; (6* fenêtre du après son avènement à la couronne même collatéral) le Sommeil d’Abraen 1585. L'abbaye de Bonport n’en ham; (fenêtre au-dessus du maîtreest éloignée que d’une mousqueUde.» autel) Jésus en croix. Plusieurs ver- Le pont, qui s’écroula en partie en rières sont ornées d’écussons et de 1856, a été remplacé, par celui que figures de donateurs. Nous devons ennous avons décrit ci-dessus; le châ- core signaler aux visiteurs: les stalles tcau fort a complètement disparu; du chœur, provenant Je l’abbaye de les fossés ont été comblés et trans- Bon-Port, ornées de lions et de sculpformés en promenades, mais il reste tures diverses; un beau retable en bois encore quelques débris des remparts et sculpté remontant à la première moide tours; on peut suivre du regard tié du xvn" s.; un buffet d’orgues du la trace des murs d’enceinte, le long style Louis XIII; de nombreuses stades boulevards. tues en bois pour la plupart fort an-

Le plus beau monument de Pont- ciennes); une chaire en bois sculpté de-l’Arche est son église, qui, quoi- (la Vierge et les 4 Evangélistes); une que inachevée, mérite la visite des pierre tombale avec inscription, tailarchéologues. Ce bel édifice (mon. lée en losange sur la première marhist.) est en très-grande partie du che de l’autel; des fonts baptismaux xv° s. L’extérieur, orné de gargouilles, ornés d’anges et d’arabesques; un d’élégants clochetons et de têtes gri- tableau (chapelle de la Vierge) reprémaçantes, a subi de nombreuses mu- sentant l’ Institution du Rosaire ( I OU tilations ; il est même délabré en personnages, grands ou petits) , et les quelques endroits. La tour n’a jamais boiseries de la sacristie, apportées de été terminée. La nef, remarquable Bon-Port. Le retable du maître-autel

FR. NORMANDIE

est orné d’un tableau ( la Résurrection) sigilé : le Tourneur, 1642, et encadré par quatre belles colonnes torses.

Quelques maisons en bois, de chétive apparence, offrent des débris de sculptures. Une des plus curieuses est celle qu’occupe l’auberge connue sous le nom de la Téte-Noire. L’entrée est précédée d’un porche en bois supporté par cinq gros piliers décorés de groupes et de figures de saints presque méconnaissables. Ce porche parait du xin° ou du xiv* s.

Excursion k Bon-Port.

L'abbaye de Bon-Port, de l’ordre de Cîteaux, est située au N. O., à 2 kil. environ de Pont-de-l’Àrche, sur un bras de la Seine qui en baigne presque les murs. On s’y rend par un chemin qui longe la rive g. du fleuve, ou par la route de Pont-de-1’ Arche à Elbeuf. A dr. de la route se détache , au delà du cimetière de Pont-del’Arche, une longue avenue de marronniers aboutissant à la grille qui ferme l'entrée de l’enclos au fond duquel s’élèvent les bâtiments conventuels, aujourd'hui convertis en ferme.

a Bon-Port, abbaye de Bernardins de l’ordre de Cîteaux, en Normandie.

Elle est située à 3 lieues de Rouen, sur le rivage de la rivière de Seine, du même côté que le Pont-de-l'Arche.

Elle fut fondéel’an 1 190 par Richard Ier, roy d’Angleterre et duc de Normandie.

11 luy aumôna de grands biens en fiefs nobles et en baronnies. Cette abbaye est grande, dans son église dédiée à Notre-Dame, dans ses bâtiments et dans son enceinte, dont les murailles sont flanquées de tourelles. 11 y a beaucoup d’argenterie pour le service de l’autel, et la sacristie est ornée d’une menuiserie qu’on estime et dont la ferrure est très-propre. Sa situation, accompagnée d’une vue charmante, est dans une vallée qui produit des grains, des herbes pour les teintures et ilu chardon pour peigner les étoffes de laine (mémoires dressez sur les

[Route 1]

lieux en 1702). » Ainsi parle Thomas Corneille dans son Dictionnaire géographique. Mais, depuis 1702, de grands changements se sont opérés dans l’abbaye de Bon-Porl. De cette magnifique église abbatiale, dont Thomas Corneille vante le mobilier somptueux et qui renfermait un grand nombre de sépultures illustres, il ne reste plus aujourd’hui pierre sur pierre.

Quelques débris de colonnes qui en proviennent semblent, d’après M. de Caumont, annoncer le un' s. Le réfectoire, bien conservé, date probablement de la même époque. Vu à l’extérieur, il a l’apparence d’une église. Le pignon N. , recouvert presque en entier d’un épais manteau de lierre, offre une immense fenêtre avec quatre grandes ouvertures.

L’intérieur, très - spacieux , est un beau spécimen d’architecture noble et simple à la fois. D’élégantes nervures décorent la voûte qui se distingue par son élévation. Un escalier (par lequel on montait à une chaire) dont il ne reste pas de trace existe encore dans le mur. La porte de ce réfectoire, transformé en grange, fait face au pignon septentrional; elle est surmontée d’une jolie fenêtre. Au-dessous est l’ancienne cuisine de l’abbaye où se voient un puits profond et une énorme cheminée ronde dans le foyer de laquelle les moines faisaient cuire , dit-on, un bœuf tout entier. Parallèlement au réfectoire s’élèvent les bâtiments claustraux. Deux écussons grattés, placés au lias de l’escalier, deux arcades aveugles du xiir s., l’emplacement de la bibliothèque, qui a conservé ses boiseries en chêne sculpté, sont encore très-dignes de fixer l’attention des touristes.

Bon-Porl a compté parmi ses commendataires le poète Philippe Desportes.

L’enclos, planté d’arbres fruitiers, occupe une assez vaste étendue. Les murs d’enceinte conservent encore, surtout en regard de la Seine, les

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