ROUTE 1] ROUEN. — RENSEIGNEMENTS GÉNÉRAUX
gages, 1 fr. 75 c.; avec bagages, 2 fr.; 1 h sans bagages, 2 fr.; avec bagages, 2 fr. 50 c.
Hôtels. — D 'Angleterre, sur le cours Boïeldieu (bon, le prix des appartements, d’ailleurs assez élevé, est doublé quand on ne prend pas ses repas dans l'hôtel) -.déjeuner à la carte, cher; dîner, 3 fr., vin, 2 fr.;
— d’j4<6i'on, quai de la Bourse, n° 16, bien situé, bon et recommandé, tenu par Mme Roger ; — de France, rue Grand-Pont; — du Nord, rue de la Grosse-Horloge, Ut ; — de Paris, quai Napoléon, t ; — de Dieppe, près de la gare; — de Normandie (voyageurs de commerce), rue du Bec.
Restaurants. — Hugnot, successeur de Lepec, cours Boïeldieu, 1, et rue du Grand- Pont, 2; — Moultn-David, successeur de lliesse, cours Boïeldieu; — Heurtèrent , quai de la Bourse; — Bouland, fd.; — Halbout, restaurant à la carte, 20, rue Grand-Pont ; — Lcleus, rue aux Ours.
Cafés. — Hugnot, quai de la Bourse; — Houdard. quai Napoléon; — Delamotle, rue des Carmes, 75 et 77; — Thillard , rue des Charrettes, 10; — de la Comédie, rue des Charrettes, 8; — Français, etc.
Bains. — Bains Français dansl'ile Corneille; — Thillard, me de la Comédie, etc.;
— École de natation, dans l’ile Lacroix.
Poste aux lettres. — rue de l’Impératrice et rue de Saint-Sever.
Télégraphie électrique. — Quai de la Bourse.
Journaux. — Journal de Rouen, paraissant tous les jours; — Le Nouvelliste de Rouen, moniteur de la Normandie, politique et quotidien; — La Chronique de Rouen, paraissant le dimanche et le jeudi.
Bateaux a vapeuh pour la Bouille, le Havre, Honfleur, Elbeuf (K. ci-dessous , p. 74).
Libraires. — A. le Brument, successeur de Ed. Frère, rue de l’Imperatrice; — Fleury , 23, place de l'Hôtel-de-Ville; — Charles Haulard, rue Grand-Pont, 27, 28. 20 ; — Herpin, rue de l’Hôtel-de-Ville; — Lanctin, rue de la Grosse-Horloge, 33.
Situation. — Aspect général.
Rouen, l’une des principales villes de France par son étendue, sa population, son industrie et son commerce, autrefois la capitale de la Normandie, aujourd’hui le ch.-l. du département de la Seine-Inférieure, est située à 21 met. d’altitude sur la rive dr. de la Seine, sur l’Aubette et la rivière de Robec, au pied de collines qui l'entou-
rent de trois côtés. Sa population se monte à 102 649 hah.
Rouen n’est plus aujourd’hui la ville aux vieilles rues que chantait jadis Victor Hugo. Les artistes qui, il y a dix ans encore, admiraient avec enthousiasme ses maisons pittoresques, les y chercheraient vainement aujourd’hui. Elle a voulu, en effet, comme toutes les grandes villes, se métamorphoser à l'instar de Paris. Elle a jeté bas, à grands frais, et en quelques années, ses vieilles ruelles étroites, tortueuses, obscures, malsaines, si Ion veut, mais qui lui donnaient un caractère tout particulier, pour percer de longues rues larges, droites, aérées, bordées de maisons en pierre de taille, sans architecture, ou du moins sans style particulier. Elle s'est si bien transformée que ceux qui n’ont pas assisté chaque année à ses diverses séries de métamorphoses hésitentà la reconnaître. C’est une autre ville faite à la mode du jour pour une autre génération, mais ce n’est plus Rouen. Elle a, en revanche, des squares et des appartements d’un prix élevé. Heureusement pour elle, ces améliorations, dont nous ne voulons contester ni la nécessité ni le succès, ne l’ont pas privée de sa position qui est admirable, de ses monuments religieux ou civils qui la placent au premier rang parmi les principales villes de la France, de ses musées qui méritent une longue visite, de ses environs qui offrent d’agréables promenades et de splendides points de vue. En dépit de cette métamorphose, utile mais vulgaire, qui lui a fait perdre son originalité, jadis si curieuse, et si prononcée,^ villede Rouen du xix* siècle est encore plus intéressante à étudier que la plupart des capitales de l’Europe.
Les projets d'embellissements de Rouen, aujourd’hui presque entièrement exécutés (1866), comportent, eu outre, le prolongement de 6 rues, l'élargissement de 11, la suppression de 19, des rectifications de tracé, l'isolement de plusieurs monuments, l’a-
grandissement du jardin de l’hôtel de ville, etc. La dépense est évaluée à une quinzaine de millions. Les travaux emporteront 978 maisons couvrant 100 000 met. de superficie, dont 54000 seront livrés à la viabilité.
Sur la rive g. de la Seine se trouve le faubourg Saint Sever, que deux beaux ponts mettent en communication avec la rive dr. du fleuve. Les autres faubourgs de Rouen, beaucoup moins importants, sont: à l'E., dans les basses terres, Martainville ; à micôte, Saint-Hilaire ', vau N., sur les hauteurs, Beauvoisine, Bouvreuil ; et à i’O. , Cauchoise, qui, en y comprenant le nouveau quartier de la Madeleine, s’étend depuis la côte jusqu’à l’avenue du mont Rihoudet.
Du terre-plein du pont de pierre, où s’élève la statue du grand Corneille, on découvre une vue admirable sur la ville et les environs. « Sous ses pieds, dit Aristide Guilbert (Villes de France), est la Seine dans laquelle les Anglais jetèrent les cendres de Jeanne d’Arc, au xve s., afin que les Français ne les honorassent pas comme les reliques d’une sainte: beaucoup plus large et plus profond ici qu’à Paris, le fleuve, doucement emporté par une pente peu sensible, coule presque en ligne droite à travers le port; mais deux fois dans la journée son cours paisible est refoulé par le flot de la mer, que la puissante impulsion de la barre fait remonter à Rouen et pousse môme jusqu’à Ponl-de-l’Arche,au temps des fortes marées d’équinoxe. Si l’étranger porte ses regards en arrière, à l’E., il voit la Seine, toute parsemée de verdoyants Ilots, se déployer au loin dans une riche vallée ayant, du côté du midi, l’ancien cours de la Reine, le chemin de fer de Paris à Rouen, les immenses prairies confinant à la commune de Sotteville, vrai lac de verdure ; et , du côté du nord , le hameau manufacturier d’Eauplet, les deux grandes routes de Rouen à Paris, l’une par les plateaux, l’autre par la vallée, se réunissant sous les
ombrages de l’ancien cours Dauphin, la côte de Bonsecours , surmontée de la nouvelle église Notre-Dame, et le mont Sainte-Catherine dont la masse crayeuse se détache de cette côte pour s’avancer vers le fleuve, sous la forme d’un promontoire jusqu’au point où la main des hommes l’a coupée à pic, comme les hautes falaises de la Manche. Devant le voyageur, à l’ouest, se présente une perspective non moins saisissante : une longue suite de quais, fortes digues de pierre, qui contraignent la rivière à suivre une marche bien éloignée de sa direction primitive; le port, bordé d’un bout à l’autre d’une ligne régulière de belles constructions; ia promenade du cours Boïeldieu, continuée par celle de la Bourse ; le pont suspendu avec sa passe mobile pour la circulation des navires, au-dessus de laquelle huit colonnes en fonte, surmontées d’arceaux de même métal, figurent une espèce d’arc de triomphe; et, au delà des courbes élégantes, décrites par ses nombreux câbles de fer, toute une flottille de bâtiments marchands, dont les mâts, les agrès et les pavillons décorent pittoresquèment les bords de la Seine jusqu’à l'avenue du mont Riboudet. Enfin, à droite, sur la rive septentrionale du fleuve, est la vieille cité normande, masquée d’abord par les constructions neuves du port, mais s’élevant graduellement comme le sol, avec ses rues tortueuses, ses maisons du moyen âge, son immense cathédrale, seséglisef gothiques, ses tours, ses flèches, ses clochers ; tandis qu’à g., sur la rive méridionale, se dessinent la place, la caserne et l’entrée du quartier de Saint-Sever, le plus populeux et le plus considérable des faubourgs de Rouen. Une bordure de montagnes encadre de tous côtés ce magnifique tableau. »
Direction.
Pour bien voir Rouen et ses environs il faut lui consacrer plusieurs journées. — On ne peut, en effet, se