‹ Itinéraire général de la NormandieChapitre 59 sur 499 · ROUTÉ 1] ROUEN. — CATHÉDRALE. — SAINT-OUEN · texte numérisé non relu

ROUTÉ 1] ROUEN. — CATHÉDRALE. — SAINT-OUEN

dralc et de plusieurs imagiers qui sculptèrent les statues sous sa direction, a 6 met. de longueur sur une hauteur de 8 met. La partie supérieure est en marbre, le reste en albâtre. Les niches de la partie inférieure renferment C charmantes petites statues en marbre blanc représentant la Foi, la Charité, la Prudence, la Force, la Justice, la Tempérance. Le cercueil, de marbre noir, est surmonté des statues des cardinaux d’Amboise, oncle et neveu; ils sont à genoux sur des coussins et les mains jointes dans l’attitude de la prière et de la piété. Au-dessus de l’entablement on lit 4 vers latins concernant le cardinal-ministre seulement et que l’on peut traduire ainsi s

« J’étais le pasteur du clergé, le père du peuple; le lis d’or, le chêne lui-même m’étaient soumis : maintenant me voici gisant sans vie ; avec la vie s’eteignent les honneurs, mais la vertu triomphant de la mort reçoit d’elle un nouvel éclat. »

Le fond du monument est orné d’un bas-relief représentant saint Georges terrassant un dragon. Sur les côtés se voient d'autres figures, notamment celles de la Vierge et de saint Romain, un des premiers évêques de Rouen.

« Une voussure, dit M. Licquet, décorée de sculptures aussi remarquables par le bon goût que par la richesse des ornements , soutient un attique, où l’on voit les douze apôtres, deux à. deux, dans des niches élégantes séparées par des pilastres. »

Au pied de ce tombeau, une simple dalle recouvre les restes du cardinal Camliacérès, mort à Rouen le 2 5 octobre 1818. En face de ce même tombeau, s’élève le monument érigé, en 1857, en l’honneur du cardinal, prince de Cray, archevêque de Rouen, mort le 1er janvier 1844. La table qui recouvre le mausolée supporte la statue couchée du défunt. On remarque à ses pieds un ange tenant l’encensoir et au fond du tombeau les armoiries de sa famille.

L’autel de la chapelle de la Vierge est orné d’un très-beau tableau (l Ado-

ration des bergers ) de Philippe de Chain paigne.

, A l’entrée de la chapelle de la Vierge, on remarque, à dr., sous une arcade à plein cintre, la statue d’un évêque étendu sur le dos. On prétend qu’elle représente saint Maurile, archevêque de Rouen, mort en 1235. Signalons encore dans la cathédrale quelques bons tableaux, entre autres une Annonciation de Lctellier, neveu du Poussin, une Samaritaine de Charles Tardieu, et une .Vise au tombeau, de Poisson (ces deux derniers sont placés à dr.

et à g. du chœur) ; de magnifiques orgues construites par MM. Merklin et Schutz, facteurs à Paris, et solennellement inaugurées en 1860; la clôture en maçonnerie et la porte en fer de la sacristie, deux beaux ouvrages d’art du xvc s., et plusieurs vitraux remarquables, entre autres ceux des chapelles Saint-Eustaehe, Saint-Romain, du Saint-Esprit et de la Vierge.

L’église Saint -Ouen occupe le terrain sur lequel s’élevait une église fondée, vers 558, par Clotaire I*r, roi des Francs, et placée sous l’invocation de saint Pierre. Les restes de saint Ouen, mort 5 ans auparavant archevêque de Rouen, furent déposés en 683 dans cette église, détruite plus tard par les Normands. Richard I*1’, duc de Normandie, entreprit vers 976 la construction d’une nouvelle église , placée sous le vocable de saint Ouen , achevée en 1126, et détruite par un incendie. Deux autres églises, qui la remplacèrent, subirent le même sort.

L’église actuelle (la cinquième par conséquent), commencée en 1318 (la première pierre en fut posée par l’abbé Jean Roussel, Marc d’Argent) , ne fut achevée qu’en 1614, car les travaux en furent souvent suspendus. Elle fut d’abord l’église de la célèbre abbaye de Saint-Ouen fondée par Clotaire I*', et réunie, en 1460, à la congrégation de Saint-Maur. L’abbé de Saint-Ouen était conseiller au Parlement; neuf prieurés, neuf chapelles et quatre-vingts cures reconnaissaient sa juridiction.

La magnifique église de Saint-Ouen s’élève aujourd’hui, complètement dégagée, sauf en un point, des constructions qui en masquaient la vue, sur' une belle place. Un vaste jardin, ombragé par de beaux arbres, l'entoure de trois côtés. Elle a là forme d’une croix latine. ‘Bien que construite à quatre reprises différentes, elle offre la plus grande symétrie dans les diverses parties qui la composent et dans ses détails.

Le portail principal ou de l’ouest, récemment achevé, ou même reconstruit (1846-1852) dans le style général de l’édifice, s’ouvre entre deux tours pyramidales presque aussi élevées que la tour centrale (76 met. 50). La façade, qui mesure 38 met. 10 de largeur, est remarquable par la richesse de son ornementation.

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