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ROUTE 1] ROUEN. — THÉÂTRES. — INSTRUCTION

L’Eldorado est un café chantant récemment construit sur le quai Saint- Sever.

Instruction publique.

Rouen, qui ressortit à l’Académie de Caen, possède : une Faculté de théologie ; des cours de botanique, de chimie , de physique, de peinture et de dessin, d’histoire naturelle, d'agriculture et d’économie rurale [culture, chimie agricole, zoologie agricole), d’arboriculture , une école préparatoire de médecine et de pharmacie, une école préparatoire à l'enseignement supérieur des sciences et des lettres, des cours de droit commercial, de comptabilité commerciale, de physique, de géométrie, de mécanique et de langue anglaise, et une école gratuite des Sourds-Muets, fondée en 1838, par l’abbé Lefebvre.

Les principaux établissements d’instruction secondaire sont : le Lycée et l 'École professionnelle. Le Lycée occupe une partie de l’ancien collège des Jésuites et un grand bâtiment fondé par le cardinal de Joyeuse. Cet établissement, remarquable par l’appropriation et la distribution des bâtiments qui le composent, est justement renommé. Le portail de son église, situé sur la rue du Bourg-l’Abbé, est orné des statues de Charlemagne à dr. et de Saint-Louis à g. A l’intérieur de ce petit édifice, dont la première pierre fut posée en ICI 4 par la reine Marie de Médicis, on remarque, à g. en entrant, dans une chapelle latérale, un beau mausolée en marbre , élevé en l’honneur du cardinal de Joyeuse.

L’enseignement professionnel, depuis longtemps organisé au Lycée de Rouen, a reçu, au commencement de l’année scolaire 1864-1865, toute son extension, par l’application complète des nouveaux programmes arrêtés par le ministre de l’instruction publique, dans sa circulaire du *2oct. 1863.

Nous mentionnerons encore : le Grand Séminaire; le Petit Séminaire ; l’É-

cole normale d’instituteurs , établie dans l’ancienne église Saint-Lô; 8 pensions secondaires; 6 écoles communales; 6 des frères de la doctrine chrétienne; 9 écoles communales de filles ; 9 tenues par des religieuses, etc.

Sociétés savantes.

Rouen compte un grand nombre de sociétés savantes auxquelles est spécialement affecté un vaste hôtel situé dans la rue Saint-Lô, en face du palais de justice.

L’Académie des sciences, belleslettres et arts (le nombre des membres est fixé à 50, celui des correspondants est illimité) tient des séances particulières tous les vendredis de 7 à 9 h. du soir, et une séance annuelle, au commencement du mois d’août, dans la grande salle de l’hôtel de ville. Dans cette séance , elle décerne des prix sur des sujets proposés au concours et relatifs aux sciences , aux lettres et aux arts. Il paraît tous les ans un volume des Mémoires de l’Académie ; la collection comprend aujourd’hui 65 volumes.

La Société d'agriculture , fondée en 1819, s’occupe « des moyens de propager les connaissances relatives au but de son institution.» Tous les ans, vers la fin d’octobre, elle décerne des prix et des médailles d’encouragement. Elle publie tous les trois mois le résultat de ses travaux.

La Société libre d’émulation du commerce et de l’industrie, créée en 1803, s’occupe de tout ce qui intéresse le progrès des arts et de l’industrie ; elle tient des séances particulières, les l'r et 15 de chaque mois, et une séance annuelle, le 6 juin, à l’hôtel do ville. Cette société s’est fusionnée en 1855 a,vec la Société libre du commerce et de l’industrie.

La Société d'horticulture , fondée en 1836, fait, deux fois par an, des expositions de fruits et de fleurs dans la grande salle des Consuls ou dans le jardin de l’hôtel de ville.

La Société de médecine tient ses séances le 2* et le 4' mardi de chaque mois, dans l’enclave des anciens bâtiments de Sainte-Marie.

La Société des pharmaciens tient ses séances le 1"' mardi de chaque mois et s'occupe de tout ce qui peut intéresser la pharmacie.

Les membres de la Commission d’antiquités se réunissent à la préfecture et s’occupent de la recherche des antiquités et de la conservation des monuments anciens dans le département de la Seine-Inférieure.

Établissements de bienfaisance.

L’Hôtel- Dieu (dans la rue de le Cat, à l’extrémité de la rue de la Crosne) remonte en partie à 1749 et en partie à une époque plus récente.

Il renferme 17 salles, pouvant recévoir ensemble plus de 600 lits.

L’Hospice général (entre le boulevard Martainville et la rue de la Bourse me), fondé en 1672 par Claude Groulart, premier président au Parlement de Rouen , a été agrandi à diverses époques. L’église actuelle a remplacé, en 1785, une ancienne chapelle devenue insuffisante.

L’Asile des aliénés de Saint-Yon (faubourg Saint-Sever , rue Saint-Julien), fondé en 1708 par les frères de Saint-Yon, fut dans le principe une école pour les enfants pauvres ; puis il devint successivement , jusqu’en 1820, prison, caserne, grenier d’abondance, hôpital militaire en 1814, dépôt de mendicité , etc. Enfin , en 1822, après une délibération du Conseil général, cet établissement, transformé et considérablement agrandi, devint une maison de refuge pour les aliénés du département. Il est aujourd’hui complètement réservé aux aliénés du sexe féminin. Au 15 juillet 1864, le nombre des malades en traitement s’y élevait à 902. Toutefois, malgré son étendue, il paraît insuffisant; aussi, en 1865, le conseil général a mis à l'étude un projet qui, s’il était exécuté, réunirait l’asile

de Saint-Ouen à l’Asile de Quatre mares (à Sotteville, près de Rouen), commencé en 1851, et recevant les aliénés du sexe masculin. Les aliénés y sont occupés à la grande culture, au jardinage, à la menuiserie, à la serrurerie , etc. . Ce vaste établissement situé en pleine campagne, à proximité de la forêt de Rouvray, est dans des conditions excellentes de salubrité.

Cimetières.

Rouen compte 7 cimetières pour les catholiques et 1 pour les protestants.

Le plus important , créé en 1823 , est établi sur une portion de la côte des sapitis qui domine la ville à l’E. II est entouré de murs et mesure 5 hectares environ de superficie. La chapelle du cimetière occupe le point culminant de la côte. On remarque dans ce cimetière les tombes élevées à Boïeldieu, à E. H. Langlois, à M.

Fleury, ancien maire de Rouen, etc.

Musées. — Collections. — Bibliothèque

publique.

Le Musée de peinture occupe encore aujourd’hui les galeries supérieures de l’hôtel de ville, où il fut ouvert au public, pour la première fois, en 1809. Il ne se composait guère, à son origine, que de tableaux recueillis pendant la Révolution et provenant des églises et des communautés supprimées. Il s’est continuellement enrichi depuis lors ,• d’abord de tableaux apportés d’Italie à la suite des conquêtes du général Bonaparte, de dons faits à différentes époques par le Ministère , et enfin d’importantes acquisitions. Ce musée est aujourd’hui un des plus intéressants des départements. Il est ouvert les dimanches et fêtes de 11 h. à 4 h. , et tous les jours, aux mêmes heures, pour les artistes et les étrangers. Nous indiquons ici aux visiteurs, d’après le catalogue, les tableaux qui nous ont paru, à des titres divers, offrir le plus d’intérêt.

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