‹ Itinéraire général de la NormandieChapitre 73 sur 499 · ROUTE 1] ROUEN. — MUSÉE D’ANTIQUITÉS · texte numérisé non relu

ROUTE 1] ROUEN. — MUSÉE D’ANTIQUITÉS

tour de la grande salle ; une statue drapée trouvée à Lillebonne ; des poteries grossières; des haches en airain; des doüum en verre, pleins d’ossements; des armes en fer, francisques, framées, fers de flèches, etc.; des fibules en or, en argent, en cuivre émaillé; des boucles, des colliers, des balances et mille autres petits objets parmi lesquels se voit une collection de médailles gallo-romaines et du moyen Age réunie par M. Deville.

L’ornement principal de la salle consacrée à l’époque gallo-romaine, c’est la grande et belle mosaïque découverte en 1838 dans la forêt de Bretonne (Seine- Inférieure) par M. Charlier, inspecteur des forêts, relevée et transportée par M. A. Deville, et enfin restituée et complétée en 1861 par les soins du directeur actuel. C’était une laborieuse et délicate entreprise que la recomposition de cette œuvre considérable, dont la surface ne mesure pas moins de 25 mètres carrés, et dont la moitié, au moins, avait entièrement disparu. Dans son ensemble, partagé en huit compartiments qui encadrent un médaillon central, cette mosaïque représente Orphée assis sur un trône et jouant de la lyre. Autour de lui, dans les quatre compartiments latéraux, sont représentés des animaux sauvages , lion , panthère , biche, etc., et, aux quatre angles, les bustes des saisons. Le tout est encadré dans une large bordure à rinceaux. Les couleurs employées sont peu nombreuses ; le noir, le gris, le jaune, le rouge et le blanc, tirés de matériaux grossiers et taillés en cubes, ont suffi pour exprimer tous les détails, et l’effet est satisfaisant.

Époque du moyen âge.

Les plus remarquables ou les plus intéressants objets de cette époque sont:

un magnifique chapiteau représentant des musiciens (xiic s.), provenant de l’abbaye deSaint-Georges-de-Boscherville;laeh.ïsse de saint Sever, semblable par sa forme à une chapelle gothique du xn' s. (elle esf en bois de chêne revêtu de lames de cuivre dorées et argentées; les quatre faces sont ornées de figures d’évêques, parmi lesquelles se voit celle de saint Sever); un curieux bas-relief en ivoire ( l’Adoration des mages et des bergers; paraissant re- ’monter an v” s.; une croix filigranée du xn« s.; d’autres croix fort élégantes du xiv” et du xv« s. ; des reliquaires, entre autres celui de l’abbaye de Fécamp; de curieux bas-reliefs en marbre ; le modèle

de l’église Saint-Maclou ; des émaux cloisonnés, champlevés ou peints ; les modèles des cinq bas-reliefs de l'hôtel du Bourgthéroulde ; la porte de la maison de Corneille ; une grande pierre provenant de l’ancienne tourelle carrée du porche de la cathédrale de Rouen, encastrée dans le mur (côté N.) de la première salle, et portant cette inscription, en caractères du XIV” s.:

astronomia;

6 grandes clefs de voûte (2e salle) à rosace en pierre, rehaussées de peintures et de dorures (elles ornaient, il y a quelques années, les cinq premières travées du berceau de la nef de la cathédrale); une Vierge assise (xm« s.); des vitraux peints du xiii” et du xiv' s.; un cadre contenant d’anciennes chartes, dont l'une émane de Guillaume le Conquérant; de nombreux moulages en plâtre; une collection d’armures, parmi lesquelles se trouve la cotte de mailles d’Enguerrand de Marigny ; des meubles très-curieux ; des ustensiles et ornements de toute sorte, etc.

On voit dans la cour : une jolie fenêtre romane; un spécimen de fonts baptismaux en pierreu du xii” s. ; 2 canons trèsvieux ; une collection de boulets trouvés près de 1 ancien hôtel de ville, et tout près, un énorme boulet en pierre, lancé, au xv« s., par les Anglais qui assiégeaient Harfleur. Les fenêtres des galeries, au nombre de 15, sont ornées .de vitraux peints, du xiii» et du xiv” s., dont les plus remarquables proviennent de l’église Saint-Eloi transformée en temple protestant (K. ci-dessus, p. 54). Ce musée s’est enrichi, en outre, en 1864, de nombreux objets intéressants donnés par le gouvernement et provenant du musée Campana.

Le musée municipal de Céramique de Rouen, fondé en 1804 et installé dans une galerie de l’ancien couvent de Sainte-Marie, renferme la précieuse collection de poteries rouennaises que M. Pottier, bibliothécaire, a cédée à la ville. Ce nouveau musée a été solennellement inauguré le lundi 15 août 1864, parle maire et le préfet de Rouen. La grille, qui sert d’introduction et de clôture à la galerie, chef-d’œuvre de ferronnerie ouvragée du xviii’’ s., a été donnée par M. Filleul. « La formation de ce musée est,

dit M. Pottier dans un discours prononcé le jour de l’ouverture officielle, un hommage public rendu à la mémoire d’une industrie locale, c’està-dire, de cette œuvre collective, à laquelle beaucoup de nos pères ont coopéré, et qui, en ses jours de prospérité, assura leur bien-être et prépara celui de leurs descendants. »

M. Pottier « s’est particulièrement attaché à reproduire les phases successives de la fabrication de la faïence à Rouen, à faire saillir les contrastes qu’elle offre à ses diverses époques, afin d’en faire sortir un utile enseignement. »

Le muséum d’histoire naturelle

(enclave Sainte-Marie), accessible au public les dimanches et jours de fêtes, de midi à quatre heures ; aux étrangersetaux étudiants, tous les joursaux mêmes heures, fut fondé en 1828 et ouvert au public en 1832. Sous la savante direction du docteur F. Pouchet, ce muséum a pris un accroissement si rapide et si considérable, qu’il peut aujourd’hui soutenir avantageusement une comparaison avec les principales collections des villes de province. Il comprend 3 galeries : anatomie au 1” étage; mammifères au 2* étage; oiseaux au 3* étage. Le lr* étage renferme un magnifique squelette de baleine; une mâchoire de cachalot, plusieurs momies d’ibis et de chats sacrés , apportées de Thèbes par M. Pouchet; un grand nombre de mammifères fossiles; quelques momies égyptiennes et plusieurs tètes de Francs Mérovingiens, données par M. l’abbé Cochet.

Dans la collection des mammifères, presque complète aujourd’hui, on remarque une longue série de quadrumanes et de carnassiers , et une énorme chauve-souris de 1 met. d’envergure.

A cette galerie a été jointe, on ne sait trop pourquoi , une série d’éventails dont deux ont appartenu, l’un à une princesse du Mogol et l’autre à la reine Pômare. Le 3* étage renferme une très- belle collection d’oiseaux

d’Europe et des autres parties du monde, notamment de la Nouvelle- Hollande. Cette galerie est terminée par une série de nids fort curieux pour la plupart. 11 faut signaler aussi une riche collection de coquilles et une grande quantité de fossiles trouvés dans la côte Sainte-Catherine et dont le plus remarquable est désigné par les géologues sous le nom d’dmmonites rothomagensis.

Un musée industriel vient d’être fondé à Rouen par les soins de la Société libre (^'émulation du commerce et de l’industrie chargée de l'administrer. Voici quelques articles du programme adopté et déjà exécuté en partie ;

Le musée comprendra :

1" Le spécimen des matières fabriquées depuis les époques les plus reculées;

2° Les matières premières en nature et dans leurs transformations, jusqu'au dernier deeré de fabrication;

3° Des échantillons et types de marchandises, surtout de celles destinées à entrer dans l’industrie ;

*4“ Une salle, sorte d’exposition permanente, destinee à recevoir tous les produits nouveaux, soit en matières fabriquées, soit en machines;

5° Un cabinet de dessins et d’estampes représentant les objets destinés à l'industrie ou produits par elle, notamment les diverses machines dont on ne pourrait avoir ni les modèles ni les spécimens;

6" Une bibliothèque, composée principalement de livres de mécanique et d’études industrielles.

La bibliothèque publique (2*

étage de l’hôtel de ville), ouverte tous les jours (les dimanches, les jeudis et le tempsdes vacances exceptés) de 11 h. à 4 h. et le soir de 6 à 9 h., fut inaugurée le 4 juillet 1809. Elle se composa dans le principe de livres provenant des bibliothèques des couvents de la ville ou des environs et notammentde celle du couvent de Que- * villy. Elle s’est enrichie depuis des collections de MM. Leber et Montbret et de nombreuses donations et acquisitions modernes.

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