‹ Itinéraire général de la NormandieChapitre 74 sur 499 · ROUTE 1] -ROUEN. — MAISONS CURIEUSES · texte numérisé non relu

ROUTE 1] -ROUEN. — MAISONS CURIEUSES

La bibliothèque de Rouen renferme aujourd’hui environ 111 000 volumes et 2960 manuscrits. Elle compte,. au nombre de ses raretés : le Missale secundum usum insignis ecclesiæ Rothomagensis, 1499, in-fol. sur vélin, à 2 colonnes, en caractères gothiques; un Coutumier de Normandie de 1483, un Coutumier de Bretagne de 1 484 ; le Graduel de Daniel d ’Eaubonne, chef-d’œuvre d’art et de patience ; et 350 ouvrages imprimés avant 1500. Elle possède aussi : une quantité considérable d’excellents recueils ; de riches collections ; un magnifique vase de Sèvres, le modèle de la statue de Voltaire, sculptée parHoudou; divers objets chinois donnés par l’amiral Cécile ; un modèle de l’église Saint- Ouen ; des collections de médailles , (le sceaux, de gravures, etc. Grâce à la donation de Mme Van Blarenberghe , la bibliothèque s’est enrichie de la précieuse collection de monnaies et médailles Lecarpentier.

Maison» curieuse».

Rouen possède encore, malgré les ravages des démolitions récentes, quelques maisons intéres'santes par leur antiquité, leur architecture ou les souvenirs qui s’y rattachent. De ce nombre est celle qui fait l’angle de la rue Grand-Pont, à l’entrée de la place de la cathédrale et de la rue du Petit- Salut. Ce charmant édifice , de la première moitié du xvi* s., est l’ancien bureau des finances. Quoique défiguré par des restaurations modernes, il conserve encore quelques belles parties de sa riche ornementation de la Renaissance. Ses deux façades sont décorées de trumeaux revêtus de pilastres et enrichis d’arabesques; de médaillons formés de couronnes ; d'écussons en grande partie effacés; de niches surmontées de dais, et de l’écu de France avec des porcs-épics en supports.

L’hôtel du Bourgtheroulde, sur

la place de la Pucelle, à l’angle de la rue du Panneret (monument histoi’R. NORMANDIE.

rique), fut bâti à la fin du xv' s. par Guillaume le Roux, seigneur de Bourgtheroulde. « La superficie de ses murailles, dit le savant antiquaire anglais Gally-Knight, est divisée, au moyen de pilastres, en un certain nombre de compartiments; ces compartiments sont enrichis d'une foule de reliefs , qui semblent plutôt convenir à l’ornement d’un salon qu’à celui d’un édifice en pierre, condamné par sa position à essuyer le choc des vents.

Ces reliefs représentent l’entrevue de François 1*' et d’Henri VIII. » La façade du logis principal, au fond d’une cour, est décorée de bas-reliefs dont quelques-uns sont très-endommagés. L’élégante tourelle que l’on voit à g. présente aussi des bas-reliefs figurant des scènes pastorales et renferme , au premier étage, un cabinet dont les boiseries et le plafond sont enrichis de dorures et de peintures intéressantes. Les bureaux du comptoir d’escompte sont installés dans ce bel édifice.

Sur la façade d’une maison, située rue des Bons-Enfants, on lit cette inscription : >< Fontenelle est né dans cette maison le 14 fév. 1657. >»

Dans la rue de la Pie se voit l’emplacement de la maison où naquit P. Corneille. Cette maison et une autre matson contiguë qu’habitait autrefois Th.

Corneille ont été récemment démolies et remplacées par l’inscription suivante : « Ici, étaient les maisons où sont nés les deux Corneille : Pierre, le 6juin 1606 ; Thomas, le 21 août 1625. »

L’hôtel Saint- Amand (rue Impériale, n° 35) occupe l’emplacement de l’ancienne abbaye Saint- Amand fondée vers 1030; il subsiste de cette abbaye une tourelle restaurée et la chambre à coucher de l’abbesse Guillemette.

On remarque, dans la rue de la Vicomté (n" 45) , l’ancien hôtel de la Vicomté, de l'Eau, où Piron termina sa mauvaise tragédie de Callisthène, et plusieurs maisons des xv« et xvi* s., comprises entre les numéros 54 et 63.

Les maisons de la rue Eau-de- Robec, portant les numéros 186, 221 et 223, datent du xvi* s. Signalons aussi deux maisons en bois du xv* s.

dans la rue Malpalu (n05 90 et 92); des maisons en pierre du xvn° s.

dans la rue du Bac (n“‘ 28 et 30); ainsi que les maisons où sont nés :

Jouvenet (rue aux Juifs, n” 9; elle a été reconstruite en 1860), Boieldieu (vue aux Ours , n* 6) , Dulong (rue aux Ours, n° 46) , Armand Caire/ (rue Coignebert, n" 31).

Port. — Quais. — Ponts.

Le port de Rouen offre maintenant cet avantage que la marée y monte plus haut et plus longtemps qu’autrefois : résultat du à la délimitation, par enrochement, du canal de la Seine; les navires à voiles qui le fréquentent jaugent 300 à 500 tonneaux , les bâtiments à vapeur, 600 à 800. Le cabotage a fait entrer (1860) 5818 navires jaugeant 581 700 tonneaux et occupant 13 790 hommes d’équipage. En aval, la navigation est de moins en moins active, car, outre que les bâtiments de long cours éprouvent d’assez grandes difficultés à remonter la Seine, du Havre à Rouen, à cause du peu de profondeur du fleuve, de ses bancs de sable et des dangers que présente la traversée entre Quillebœuf et Villequier, le chemin de fer prend au Havre les marchandises venues de l’étranger et les transporte â Rouen à des prix fort réduits. Cependant la ville de Rouen compte sur un accroissement de commerce maritime ; elle espère que les navires de 1000 tonneaux pourront remonter jusqu’à son port, et elle a fait construire, en conséquence, d’immenses docks-entrepdts, qui déjà présentent un stock considérable en matières premières, telles que houille, grains, bois du Nord, grains exotiques, etc.

Un s’est heaucoup occupé, dans ces dernières années, de faire dis— i paraître les obstacles que rencon-

tre encore la navigation de tout le cours de la Seine, et d’importants travaux sont actuellement en voie d’exécution ; anssi, le mouvement de la navigation fait-il, en amont, de notables progrès. En 1 863 le tonnage des marchandises entre Paris et Rouen s’est élevé à un chiffre supérieur à celui des autres années. Les chemins de halage entre Pont-de-l’Arche et Rouen ont été réparés en 1863 et 1864 et l’on achève la construction d’une digue en aval de l’île de Lombel, destinée à assurer la continuité du halage sur la rive. g. de la Seine. On termiue également les travaux de la nouvelle retenue de Martot. On travaille au prolongement des digues entre la Roque et Berville, prolongement autorisé par un décret du 12 août 1863.

Ce travail, évalué à 1200000 fr. , a déjà eu pour résultat de régulariser le chenal et d’augmenter la profondeur de l’eau à Tancarville.

En somme, le mouvement du port de Rouen est, d’après les documents officiels, satisfaisant , quoiqu’il n’ait pas suivi la môme progression que celui des ports du Havre, de Dieppe et de Fécamp.

Les quais de Rouen sont trèsbeaux et présentent un développement de plus de 2000 mèt. En descendant la Seine, de Vile Brouilhj sur laquelle s’appuie le chemin de fer, jusqu’à Vite Alexandre , située au N. O. de la ville, on rencontre les quais et les ponts indiqués ci-dessous.

La rive g. du fleuve est bordée par le Grand-Cours auquel fait suite le quai d’Elbeuf, en face de Vile Lacroix. Ce quai, qui mesure environ 350 mèt.

de longueur, s’étend du Grand-Cours au pont de pierre, et se termine à la place Lafayette sur laquelle aboutit la rue de ce nom, etoù commence le pont de [lierre jeté sur la Seine et l’angle extrême de l’île Lacroix. Ce pont, décrété par Napoléon en 1810. mais ouvert seulement en 1829, forme en quelque sorte deux ponts séparés par nie Lacroix et ayant chacun 3 arches

[route l] Rouen. — quais. ■

L'arche du milieu mesure 31 met.

d’ouverture; les arches latérales, 26 mèt. ; les arcades pratiquées dans chaque culée, entre les socles, 4 mèt.

8 cent. La largeur du pont entre les parapets est de près de 14 mèt Le centre du terre-plein est décoré de la statue de Pierre Corneille (7. ci-dessous). Ce pont, ne répondant plus aux exigences de la circulation, quoiqu’il y ait été fait récemment de notables améliorations, il est question de construire, en aval, un nouveau pont sur la Seine.

Le pont de pierre aboutit, sur la rive dr. de la Seine, au quai Napoléon faisant suite à l'avenue Saint- Paul qui mesure environ 700 mèt. de longueur et 10 mèt. de largeur. A ce quai aboutissent le boulevard de la Nitrière et la rue Impériale. 11 se termine au pont suspendu commencé en 1834 et achevé en 1836. Ce pont (droit de péage : 1 c. pour un piéton , 5 c. pour un cavalier et 15 c. pour une voiture, pour 99 années) se compose de deux travées égales. Les deux piles du milieu sont réunies par des voussoirs en fonte reposant sur des colonnes, également en fonte. Comme l’élévation des voussoirs était insuffisante pour les bâtiments mâtés, On a établi une passe mobile de 14 mèt. de longueur sur 4 de largeur. Le lit du fleuve présente en cet endroit 3 mèt. au moins au-dessous de Fétiage. Le tablier, qui s’ouvre pour donner passage aux navires, est un double pont-levis manœuvrant très-facilement et mesurant 197 mèt. de longueur; il a coûté 750 000 fr. A l’extrémité g.

du pont se voit une petite maison élevée à louis Brune, connu par ses nombreux actes de sauvetage; du milieu, on découvre, en aval et en amont, de charmants points île vue.

Le pont suspendu relie le quai Napoléûn à dr. au quai Saint-Serrr qui se prolonge , sur la rive g. de la Seine, depuis le pont de pierre jusqu’à la rue Mont-Mer g. A son point

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