ROUTE 1] ROUEN.— PROMENADES INTÉRIEURES
la rue de l’Impératrice et va joindre la place Cauchoise en traversant une partie de la ville de l’E. à TO.
Deux autres grandes lignes de communication traversent la ville en sens inverse. La première court du S. au N., depuis le quai de la Bourse jusqu’à Boisguillaume, sous les dénominations de rues de Grand-Pont (c'est la rue du commerce et des plus beaux magasins) des Carmes, Beauvoisine et d' Ernemont.
La deuxième, partant de la route de Damétal, se dirige de l’E. à l’O.
pour aboutir à la place Cauchoise par les rues Saint-Hilaire, Saint- Vivien , des Faulx, de V Hôpital, Ganterie et des Bons-Enfants, après avoir croisé la ligne précédente au carrefour de la Crosse qui est le point le plus central de Rouen.
Promenades Intérieures.
La promenade du Cours de lu Reine, créée en 1648, à la demande de la duchesse de Longueville, a environ 1300 met. de longueur. Elle est plantée de quatre rangées de magnifiques ormes encadrant de belles avenues pour les piétons; elle a aussi des routes pour les équipages. Elle offre de frais ombrages et une charmante vue sur les îles verdoyantes de la Seine et les hauteurs qui couronnent la rive opposée.
Les plus belles promenades de Rouen, après le Cours de la Reine, sont : le Square de Solferino, le Cours Boïeldieu, l’Avenue du Mont-Riboudet, et les Boulevards.
Le Square de Solferino, établi en 1864, au point d’intersection des rues de l’Impératrice et de l’Hôtel-de-Ville, est un petit jardin anglais avec pièce d’eau, rochers, fleurs, gazons et quelques grands arbres; on y fait de la musique pendant l’été.
Le Cours Boïeldieu, la promenade la plus fréquentée de la ville, offre un beau point de vue sur les quais, le fleuve et une partie du faubourg Saint-Sever.
L'A renue du Mont-Riboudet, qui relie le quai du même nom au faubourg Cauchoise, a été percée à travers un ancien marais. C’est la principale entrée de Rouen en venant du Havre ou de Dieppe. Elle présente aussi de beaux points de vue.
Les Boulevards occupent en grande partie les anciens fossés de la ville ; ouverts de 1770 à 1780, ils entourent les anciens quartiers de Rouen, excepté du côté de la Seine où ils sont remplacés par des quais. — Le boulevard de la Nitrière, partant de l'extrémité S. du quai Napoléon, se dirige de l’O. à l’E., entre le Champ de Mars et la caserne Martainville et se termine à la place de ce nom. — Le boulevard Martainville , suivant la même direction, laisse à g. l’hospice générai, à dr. le faubourg Martainville, au delà de l'emplacement de la gare de la ligne de Rouen à Amiens. — Le boulevard Saint-Hilaire se dirige vers le N., puis, après avoir formé la place Saint- Hilaire, court vers le N. O. — Le boulevard Beauvoisine, qui suit la même direction, laisse, à dr., le cimetière de la Jatte, le faubourg Beauvoisine, la place du Boulingrin, à g., le monastère de Sainte-Marie, traverse la place Beauvoisine, se dirige du N. à l’O., entre le faubourg Bouvreuil à dr.
et à g. la tour de Philippe-Auguste' — Le boulevard Bouvreuil passe de vant le monastère des Dames carmélites, la maison des Jésuites et se termine à la place Cauchoise. — Le boulevard Cauchoise, courant du N.
O. au S. O., croise la belle rue de, Crosne-hors-ville qui peut rivaliser avec celle de l’Impératrice, passe devant le jardin de la préfecture, puis aboutit au point de jonction des quais du Havre et du Mont-Riboudet.
Le Jardin des Plantes (dans le faubourg Saint-Sever, à l’extrémité de la rue d’Elbeuf; entrée libre tous les jours), fondé en 1736 dans le faubourg Bouvreuil, fut transféré en 1744 sur le quai Napoléon, et de là, en 1835, à Trianon. Il renferme trois serres et
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compte 7 hectares 84 ares de plantation. C’est un jardin plat, sans vue, moitié anglais moitié français. Dans la serre principale croissent les bananiers, le strelitzia, la canne à sucre, le papyrus d’Égypte, le gigantesque dracæna et beaucoup d’autres arbres des pays étrangers. On remarque surtout un énorme figuier, situé près d’une grotte, dont la racine va chercher de l’eau à plusieurs mètres de distance. Les jardins sont entourés de murs. — L'École d'arboriculture se trouve à l'extrémité S. O. de Trianon. — L'École de botanique compte 92 plates-bandes où sont représentées toutes les familles végétales.
Le jardin des plantes est divisé par deux grandes allées, à l’entre-croisement desquelles a été creusé un vaste bassin où croissent de nombreuses plantes aquatiques.
Commerce et industrie.
La ville de Rouen est admirablement située entre la mer qui lui apporte les produits de toutes les nations du globe, et Paris qui les consomme; entre les départements du Nord et ceux de l’Ouest qui font un si grand nombre d'échanges; aussi son commerce était-il déjà florissant sous les rois de la i" race. Charles le Chauve y établit un atelier monétaire, et il est dit dans les chroniques que <* lorsqu’il vint à Rouen, à la poursuite de son frère Lothaire, il fut émerveillé du grand nombre de navires qu’il remarqua dans le port. » Depuis cette époque, le commerce rouennais a subi des transformations et des développements successifs qu’il serait trop long d’énumérer ici ; nous nous bornerons à signaler sa situation actuelle.
Le commères d’importation a pour principaux objets : les cotons, les charbons et les fers de l’Angleterre, les marbres, les huiles et les fruits secs de l’Italie, les plombs et les laines de l’Espagne, le zinc et les fromages de la Hollande, le bois et le zinc du Hanovre, etc.
Le commerce d’exportation comprend les matières animales : peaux et pelleteries, laines en masse, suif brut, graisses de poisson, etc. ; les matières végétales : froment , fruits de table, plantes oléagineuses et tourteaux, résines indigènes, sucres, huiles d'olive, huiles de graines
et de palmes, boisdu Nord, bois français de construction, bois d’ébénisterie, chanvre et lin, laine, garance, etc.; les matières minérales : marbre, granit, pierres ouvrées, plâtre et matériaux à bâtir, pierres et terres pour arts et métiers, soufre, houille, fonte brute, fers, aciers, cuivre, plomb, étain, zinc ; et les fabrictltions : sel marin, produits chimiques, teintures préparées et tannins, vins, eauxde-vie, cidre et poiré, poterie et verrerie, tissus de laine, de coton, de lin et de chanvre, savons, etc.
Voici le tableau officiel des recettes de la douane pendant les années 1862 et 1863 :
Les droits de douane ont produit :
En 1862 3 607 082 fr.
En 1863 3 309 175
Les droits de navigation se sont élevés:
En 1862, à 148 196 fr.
En 1863, à 142 640
Les recettes accessoires ont produit:
En 1862 7 615 fr.
En. 1863 24 960
La taxe sur les sels a rapporté .-
En 1862 449 999 fr.
En 1863 211 740
Ce qui fait pour 1862 un total de recettes de 4 212 892 fr.;
Et pour 1863, un total de 3 688 524 fr.
La différence en faveur de 1862 est donc de 524 363 fr.
Pour les produits des droits de douane, Rouen vient après le Havre, Marseille, Nantes, Bordeaux et Dunkerque; mais les recettes ont beaucoup diminué depuis quelques années; en I846elless’élevèrentà Rouen à la somme énorme de 7 003 000 fr. , tandis que, comme nous venons de le voir, c’est à peine si en 1863 elles ont atteint la moitié de ce chiffre.
L’Industrie de Rouen, très-variée d’ailleurs, a deux spécialités, la filature et le , tissage de coton et de lin et la confection d’étoffes connues sous le nom de rouenneries qui lui ont valu une réputation méritée.
La filature et le tissage de coton occupaient, avant 1861, un nombre très-considérable d’ouvriers, i 800 ooo broches, fonctionnant dans la ville ou dans les environs, filaient chaque année 30 millions de kilogr. de coton, depuis les numéros les plus bas jusqu'aux numéros 30-34 ,
« qui, convertis en tissus, fournissaient aux habitants des campagnes et à la classe ouvrière des villes un vêtement solide et agréable à l’œil. » Le tissage et la filature
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