R. 2] LE HAVRE. — LE MUSÉE. — LA BIBLIOTHÈQUE
boules, par Ténierspère. L'école espagnole y est représentée par un Murillo médiocre, et un tableau allégorique attribué à Velasquez. L 'école italienne y possède un tableau de C arrache , dont on loue la vigueur et la correction. L'école française y peut compter : un Paysage de Troyon ; les Vendeurs chassés du temple, le Judas, et sept dessins (les sept péchés capitaux), de M. Yvon; l’Enfant prodigue de M. Couture ; la Jeune fille à la chèvre de M. Muller; un Intérieur d’écurie de M. Eugène Cireri; une Tentation de M. Célestin Nanteuil; l’Entrée duportd’Honfieur, par Mosin, une nature morte et plusieurs tableaux de genre.
Des galeries, affectées à la bibliothèque publique et au musée archéologique, entourent le salon de peinture de trois côtés. La bibliothèque possède près de 30 000 volumes. Elle est riche surtout en ouvrages théologiques provenant des couvents ou monastères supprimés à la Révolution.
Ses manuscrits, peu nombreux d'ailleurs, sont peu intéressants.
La galerie archéologique renferme : une nombreuse collection de vases gallo-romains dont la plupart contiennent encore des cendres ou des ossements; un dolium galloromain en terre grise ; une cheminée en bois dont les panneaux sont ornés de peintures de la fin du xvi* s.; deux croix en pierre du moyen âge ; une collection de boulets, de bombes et autres projectiles russes, trophées de l’expédition de Crimée.
Le musée est ouvert au public les dimanches, jeudis et jours fériés (tous les jours pour les étrangers) ; la bibliothèque est ouverte aux lecteurs tous les autres jours de la semaine.
Maiaoni hiatorlques.
La maison construite en 1826 sur l’emplacement de celle où naquit Casimir Delavigne , est située sur le quai auquel on a donné se nom.
Une inscription gravée sur le marbre
rappelle les dates de la naissance et de la mort du poète havrais.
Une autre maison à laquelle s’attachait aussi un vif intérêt, était celle de la rue de la Corderie qui portait le n° 47. Cette maison a été démolie les 5, 6 et 7 novembre 1866 pour prolonger la rue des Halles jusqu’au boulevard François I". C’était là qu’était né Bernardin de Saint- Pierre. « Longtemps, dit M. Morlent, cette maison attendit qu'une main reconnaissante gravât sur sa porte une inscription qui rappelât qu’elle vit naître un grand homme ; et pourtant l’autorité ne prit pas l’initiative; ce fut un particulier qui remplit ce devoir, en faisant écrire sur un marbre noir le jour de la naissance et l’époque de la mort de Bernardin de Saint-Pierre. »
Le port. — Le jetée. — Lee pberee. — Les queU.
Le port du Havre se compose d’un avant-port qui ofTre un développement de quais de 1600 mèt. , de sept bassins d flot et de dix écluses. L’avant-port donne accès à quatre écluses; six autres écluses intermédiaires font communiquer entre eux les sept bassins à flot. Les écluses sont : l’éciuse Notre-Dame (16 mèt. de largeur dans sa partie supérieure, 12 mèt. dans le bas), entre l’avant-port et le bassin du Roi ; l’écluse de la Barre (13 mèt. 65 c. dans le haut et 11 mèt. 65 c. dans le bas) faisant communiquer le bassin du même nom avec l’avant-port; IVcluse de la Floride (21 mèt. de largeur uniforme ) , entre le fond de l’avant-port et le bassin de la Floride ; Y écluse des Transatlantiques (30 mèt. 40 c. de largeur uniforme), accédant de l’avant-port au bassin de l’Eure; l’écluse Lamblardie (13 mèt.
65 c. dans le haut et 11 mèt. 65 c.
dans le bas), entre les bassins du Roi et du Commerce; l 'écluse d'Angouléme (13 mèt. 65 c. dans le haut et 1 1 mèt. 65 dans le bas), entre le bassin du Commerce et celui de la Barre ;
DE PARIS AU HAVRE
l 'écluse Vauban (16 mèt. dans le haut et 13 mèt. dans le lias), entre les bassins de la Barre et île Vauban ; l’écluse de l’Eure (16 mèt. dans le haut et 13 mèt. dans le bas), entre le bassin Vauban et celui de l'Eure ; l'écluse du Dock (même largeur que la précédente), entre les bassins de l’Eure et du Dock; l’écluse Saint- Jean (21 mèt. de largeur uniforme), entre le bassin de l’Eure et celui de la Floride.
Le cteua? bassin , creusé du temps de Richelieu et suffisant alors à recevoir les navires qui mouillaient dans les eaux du Havre, a été creusé, mis à neuf et parfaitement approprié au pontage des plus forts navires par suite de l'abaissement du radier de l’écluse Notre-Dame et de l’élargissement de la porte. Réservé aux steamers de la marine impériale et de la marine marchande, il s’ouvre au N.
de l’avant-port, entre le quai Villecoq et celui des Casernes.
Le bassin du commerce, formant un long rectangle à l'E. de la place Louis XVI , couvre une superficie d’environ 5 hectares et peut recevoir, sans que la circulation en soi t entravée, 200 navires. Sur le quai le plus rapproché du grand théâtre, on remarque une grande machine à mdter dont les principales pièces sont deux mâts en tôle penchés sur le bassin et surmontés par une espèce de hune. Le Havre possède encore deux machines de ce genre installées, l'une sur le bassin de l’Eure, l’autre sur le bassin Vauban.
Le bassin de la Barre, creusé à l’E.
de la ville, communique avec celui du Commerce par l’écluse d’Angoulême. A l’extrémité N. de ce bassin, MM. Frédéric de Coninck et C '• ont établi un dock flottant ou forme de carénage, où l’on peut, au moyen d’un mécanisme très-ingénieux, réparer les carènes sans avoir à abattre les navires sur ponton.
Le bassin de la Floride, situé au S.
du Havre, parallèlement aux eaux de
la Seine , est ceint de ce côté par des murs en plate-forme, avec batteries flottantes. Les eaux de ce bassin, d’environ 5 hectares, servent au déblayement du port, que les galets et la vase menacent sans cesse d’envahir.
Elles se dégorgent un peu au-dessous de l’emplacement de l’ancienne tour François 1er, à l’aide d’une écluse de chasse.
Le bassin de l’Eure, beaucoup plu3 vaste, puisqu’il a une superficie de plus de 21 hectares, a été creusé, de 1846 à 1856, à l’E. de la citadelle.
C’est un des plus beaux qui soient au monde. Une forme sèche, de 157 mèt.
de longueur sur 34 de largeur, avec une porte de 30 mèt. , s’élève à côté du bassin de l’Eure et a été inaugurée en 1860. Le bassin de l’Eure communique également avec le bassin- Dock , à l’extrémité E. duquel s’élèvent depuis peu de temps de très-vastes magasins connus sous le nom de docks - entrepôts , couvrait une superficie de 23 hectares et pouvant contenir 130 000 tonnes de marchandises. Ces entrepôts sont beaucoup plus considérables que ceux de Sainte- Catherine à Londres, et atteignent presque les dimensions des London- Docks.
Enfin le bassin Vauban, de 7 hectares et demi de superficie, creusé de 1839 à 1844, s’étend de l’O. à l’E., entre l’entrepôt et la gare du chemin de fer. A l’est de ce bassin s’élèvent de nouveaux docks, appelés Magasins généraux.
On appelle Port-neuf la partie de l’avant-port creusée dans les fossés de la citadelle, et dont Louis-Philippe posa la première pierre le 20 mai 1831.
Nous devons mentionner aussi la cale sèche , jolie construction de création récente, établie à l’E. du bassin de l’Eure et destinée au radoubement des vaisseaux. Sa largeur d'entrée est de 30 mèt., et sa largeur de 130 mèt
Une loi du 23 mai 1864 a déterminé l’agrandissement du port du Havre