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ROUTE 2] LE HAVRE. — ÉDIFICES CIVILS

édifices civils.

L’hôtel de ville, bâti au milieu du quartier neuf, dans le style de la Renaissance , sur les dessins de M. Brunet -Debaines, architecte, a coûté 1 800 000 francs. La première pierre en fut posée au mois de septembre 1855, par le prince Jérôme. Il se compose d’un corps de logis principal et de deux ailes entourant de trois côtés une cour d’honneur. La façade s’ouvre sur le boulevard impérial qui va du chemin de fer à la mer. Le vestibule qui fait suite à l’escalier d’honneur est décoré des bustes de François I", de Louis XVI, de Napoléon I*r et de Napoléon III. Les salles de réception comprennent une galerie, un vaste salon richement décoré, une salle du conseil municipal et deux autres salles destinées aux réceptions officielles de l’Empereur. Les tentures, la décoration et l’ameublement sont riches et de bon goût.

Dans l’aile droite du monument deux chambres à coucher, une salle à manger, un grand salon et un cabinet de travail, ont été spécialement affectés à la résidence de l’Empereur et de l’Impératrice.

V hôtel de la sous-préfecture , bâti il y a quelques années, dans le style Louis XIII, a soulevé de nombreuses critiques.

Le palais de justice, qui borde la place du Vieux-Marché, a été construit, en 1758, par l’architecte Jacques-Martin-Maurice.

Le Grand-théâtre, inauguré en 1 825 par une représentation solennelle au début de laquelle Casimir Delavigne lufun discours en vers, incendié en 1843, réédifié en 1844, s’élève sur la place Louis XVI, où se tient une bourse en plein air toujours fort animée. L’ordoonance de la salle a subi d’heureux changements. Le vaisseau est spacieux et très-aéré; sa coupe est d’un effet agréable. Les couloirs et les dégagements sont vastes et commodes. Des croisées du foyer on FR. NORMANDIE.

découvre une belle vue sur la place Louis XVI et le bassin du commerce.

Le théâtre des Variétés (place du Champ de Foire) , le théâtre Napoléon (cours Napoléon, 160), YAlcaxar, café lyrique situé sur la chaussée, et la salle Sainte-Cécile (rue Molière, 7) destinée à donner des concerts, ne méritent qu’une mention.

La caserne des Douanes, récemment bâtie près du chemin de fer, entre le bassin Vauban et celui de la Barre, sert à loger tout le personnel du service actif, y compris les familles des employés. C’est un des établissements de ce genre les plus grandioses de France. La caserne comprend :

une plate-forme fermée par une grille ; un corps de bâtiment principal mesurant 170 mèt. de longueur, deux autres corps de bâtiment, mesurant chacun 37 mèt. de longueur et 33 mèt. de profondeur. « Des fontaines, dit M. Morlent, des buanderies, un excellent système d’égouts, quatre grands réservoirs contenant 200 000 litres d’eau , présentent toutes les garanties d’hygiène et de salubrité qu’exige un établissement qui comprend dans ses dépendances une population supérieure à celle de bon nombre de nos villes de France. »

A l’extrémité ouest du boulevard Impérial s’élève une magnifique caserne qui prendra le nom de quartier Napoléon; elle est destinée à remplacer, pour le logement des troupes, les bâtiments actuellement démolis de l’ancienne citadelle.

Le Lycée, achevé en 1865, se compose de deux immenses bâtiments courant du N. au S. et reliés par des lignes de constructions perpendiculaires. La surface totale du terrain affecté à ces constructions est de 1 7 000 mèt. carrés. Ce lycée a coûté 2 millions. On regrette, avec raison, qu’il ait été englobé dans un épais massif de maisons au lieu d’être construit près de la mer (le terrain, choisi d’abord, était trop mouvant). Il lut manquera toujours un jardin ;

DE PARIS AU HAVRE

toutefois les cours sont nombreuses et vastes.

Le Havre possède aussi : une école d'hydrographie , plusieurs pensiovs primaires et une école professionnelle qui, bien que fondée depuis peu d’années, a déjà formé plusieurs excellents élèves.

Signalons encore : la manufacture des tabacs installée dans un édifice où l'écossais Law avait voulu fonder un hôtel des monnaies; l’entrepôt des Docks (très-recommandés aux touristes), situé entre les bassins Vauban et de Pliure relié au chemin de fer par des rails et occupant un terrain fermé de 234 000 mèt. de superficie; Y entrepôt dit des magasins généraux , récemment créé à l’E. du dock entrepôt ; l'arsenal de la marine, construit, en 1669, sur l’emplacement d’un hôpital (les noms de Jean-Bart, Duquesne, Tourville, Duguay-Trouin sont inscrits sur son fronton) ne renfermant aucune arme et servant de logement au commissaire général de la marine et aux bureaux de l'administration; V hôpital; le tribunal de commerce, etc. Il est question de construire une Bourse sur la place du Commerce.

Musée. — Bibliothèque.

Le monument où sont installés le musée et la bibliothèque a été bflti en 1845 d’après les dessins de M. Brunet-Debaines , sur l’emplacement de l’ancien logis du Roi, et sur la place des Pilotes. On remarque, de chaque côté de la porte, les statues en bronze de Bernardin de Saint-Pierre et de Casimir Delavigne, toutes deux pat- David (d’Angers). L’extérieur présente, au-dessus d’un soubassement élevé, deux étages surmontés d’une terrasse, qui porte comme couronnement, sur la façade antérieure, quatre statues (la Peinture, l'Histoire, la Science et la Sculpture) et un petit édicule percé d’un cadran et entouré de deux figures en bas-relief (le Commerce et la Navigation). Deux ordres

de colonnes, ioniques et corinthiennes, superposées, décorent la façade.

A l’intérieur, chaque étage comprend une vaste salle et quatre galeries. Le rez-de-chaussée contient : deux statues : une Madeleine , par Gayrard , une Psyché, par Oudiné; les modèles en plâtre du musée et du pavillon central du nouvel hôtel de ville; plusieurs bustes; des pierres tumulaires; un sarcophage; un baptistère délicatement sculpté ; un bas-relief incrusté dans le mur (à dr. en entrant) et représentant le miracle des Trois croix; la pierre tumulaire des frères Kaulin (p. 96); un vase mexicain; le plan en relief du fond de la rade du Havre et d’une partie de l’embouchure de la Seine. Deux galeries, consacrées aux collections d’histoire naturelle, sont ornées des bustes en plâtre de deux enfants du Havre :

l’abbé Dicquemare et Charles Lesueur, savants naturalistes. Ces galeries renferment des collections de géologie et de paléontologie, de coquillages, de reptiles, de sauriens, de batraciens, de poissons, d'oiseaux, de mammifères, et d’insectes de toute sorte. Oit remarque surtout une baleine échouée sur le rivage du Havre; une spongia Paiera, semblable à un vase antique par sa forme; une tortue fossile ( testudo umbricatula), d’une grande dimension. La collection Lesueur comprend des coquilles vivantes; la collection Lennier des coléoptères.

Un bel escalier à triple rampe, dont les parois sont tapissées de trophées d’armes (sur un panneau, modèle en plâtre de la statue de François ly, par Dumont), monte du rez-de-chaussée au 1er étage qui contient le salon de peinture. Ce salon , orné des bustes en marbre de Napoléon III et de l’Impératrice, par Auguste Barre, n’est pas riche en tableaux de prix. Les écoles du Nord n’y possèdent guère que deux belles toiles d’Huysmans, un Rubens médiocre et quelques scènes flamandes, notamment les Joueurs de

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