‹ Itinéraire instructif de Rome à Naples et à ses environsChapitre 100 sur 114 · RUINES DE L'ANTIQUE SÉLINUNTË · texte numérisé non relu

RUINES DE L'ANTIQUE SÉLINUNTË

Dans le territoire de Castel-Vetrano ^ près de la tour dite clelli Palici , ou Pi^ leri dei Glganti^ se trouvent les ruines majestueuses de la ville détruite de Se" linitnte*

Cette ville renommée était située sur Téminence de deux collines qui penchaient doucement vers la mer, entre les deux fleuves Medione et Belice (Hypsa): sur Tune de ces deux collines Ton admire les ruines de trois temples magnifiques. On reconnaît au premier coup-d'œil qu'un violent tremblement de terre a pu seul insulter à l'orgueil de l'homme , en renversant ainsi complètement ce qu'il avait élevé de plus majestueux, ce qu'il devait croire le plus solide. La brutale fureur des soldats d'Annibal détruisit en peu d'heures cette ville si grande , si opulen-

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te > si ficre de ses arts , de son commerce et de ses moiiumens. Souvent la tempête déblaie les sables qui ont envalii les ports de Sélinunte , et laisse voir encore pour quelques instans les quais, des colonnes, des anneaux, tristes vestiges que la fureur des vagues cache ensuite de nouveau sous un gravier mobile. Une tour de garde est à présent Tunique demeure habitée dans cette plaine stérile et sillonnée de profonds ravins. Il n'y a pas un seul hameau a «ix milles à la ronde. Des cahutes couvertes de chaume, placées tout le long de la côte , à environ un mille les unes des autres , sont habitées par les gardes sanitaires. Quelle triste existence que celle de ces malheureux, dont les temptHcs sont Tunique distraction , et les naufrages les seuls spectacles !

SGIAGCA.

La ville de Sciacca située dans une belle vallée , peuplée de douze mille âmes , renferme plusieurs établissemens utiles , tel qu'un collège, deux hôpitaux, un mont-de-piété. Cette ville délabrée ne conserve jien des délices de Thermes Se-^ Ununtiœ ^ son ancien nom, et se vante d'avoir donné le jour au fameux À^atJcO" de tyran de Syracuse.

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Les Lains cVeau chaude sitne's dans îa montagne de S. Galogero, a trois milles de la ville , ont la réputation d'être trèselFicaces pourlaguérison des rhumatismes les plus invëtére's.

Des ruines gothiques qui dominent Sciacca , rappellent encore à ses haljitans les longs démêlés de deux maisons rivales, les barons Luni et Perollo. Ces deux familles furent enfin exilées , lorsque le gouvernement prit assez de force pour arrêter les guerres féodales. L'énorme donjon du château de Luni menace, par sa chute , la ville d'une ruine prochaine.

Sciacca a été célèbre dans les anciens tems , par la perfection de ses poteries^ On y fabrique encore aujourd'hui des vases d'une terre légère , poreuse , qui ont la propriété de refraîchir les liquides qu'ils renferment , au mcîme degré que les bardaques égyptiennes de Kéné.

Les vases improprement appelles étrusques , sortent tous des ateliers de la grande Grèce , et la plupart de ceux de Sciacca ou Gela. Mais les premiers antiquaires qui les ont fait connaître, étant toscans de nation, voulurent en faire honneur a leur patrie; et, bien que cette fraude n'ait pas tardé à être démasquée, la dénomination de vaseS'étrusquQS ^ introduite par

la vanité, s'est perpétuée par riiabilude et prévaut encore aujourd'luii.

On cultive dans les environs de Sciacca une grande quantité de pistachiers. Ses vastes landes offrent d'excellens pâturages pour les troupeaux. Sou petit port jouit de l'avantage d'exporter les grains I a l'étranger. |

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