TAORMINA
Clietive petite bourgade , peuplée à peine de quatre mille babitans , contient trente-trois églises , monastères ou confréries. Ce fut la dernière ville qui succomba H la domination des Sarrazins. Son ancien théâtre était placé sur une montagne qui avance dans la mer ; le temps eu a épargné quelques vestiges et laisse juger de sa grandeur passée. Assis sur les gradins les plus élevés , on jouit , au travers des portiques qui ornaient la scène, d'une vue magnifique. Cet édifice pouvait contenir environ trente mille personnes.
La solidité de cet édifice , un des plus vastes , semblait défier la puissance des barbares conquérans de la Sicile , qui s'efforcèrent à Fenvi de saper un monument dont la noble structure insultait à leur génie. Enfin le zèle pieux des Normands acheva ce que l'aveugle fureur des Sarrazins avait commencé : ils dépouillèrent le théâtre de Tauromenium pour orner les monastères de Taormina.
I/église de St. Pancrace est regardée comme le premier autel chrétien , établi en Sicile par St. Paul. Cet humble oratoire a su traTerser les siècles , échapper
à la dévastation des barbares , et aux efforts de la nature en courroux.
L'on voit encore plusieurs monumens antiques , mais en débris et prof^inés pour la plupart par la main de riiomme. Novaïri dit que les Sarrazins détruisirent en 9G8 , la ville de Tauromenium de fond en comble , par les ordres du calife Almoêz.
La distance de Taormina à Messine est d'environ trente milles. Le chemin est fort pénible et seulement praticable avec des mulets ; la beauté des sites , des coteaux pittoresques du Pëlore et des villages de Galati et Lardaria , console d'avoir a traverser les lits de torrens desséchés , et en fait supporter plus aisément les fatri gués.