CHATEAU DE L'OEUF
On entré dans ce cliâteau par un grand pont, qui fait une saillie de ^So toises <lans la mer. Gomme nous l'avons dit cidessus , il tenait d'abord à la colline de Pizzo-Falcone , mais ensuite il en fut détaché soit par un tremblement de terre , soit qu'il eût été aplani à dessein , comme il paraît plus probable , pour prolonger la ligne de cette rue jusqu'à l'autre rivage. Cette île est appellée Megaris par Pline , et Megalia par Stace. Selon nos antiquaires , le célèbre et riche Lucullus^ consul romain, j avait une maison de plaisance , c'est pourquoi ce château a conservé long-tems le nom de Castrinn Lucullxinmn, C'est-là que le jeune Augustule, dernier empereur de Rome, fut rélégué par Odoacre roi des Hérules et premier roi d'Italie , l'an 47^* Guillaume I, second roi de Naples , y fit construire un palais en 1 154 ? qi^i f^^t ensuite fortifié et mis eu état de défense par
l'empereur Frédéric II en i2Si. On y voit une inscription en Thonneur du viceroi François Bénavidès , qui y fit ajouter quelques ouvrages , en iGQa.
Un peu plus loin d'ici , commence la
riLLJ ROYALE DE CHIAJA.
On trouve , dans le quartier de ce nom, un quai plus vaste, plus aéïéy et plus agréable que celui de Ste. Lucie: ils'étend jusqu'à Pausilype, et auprès de radlle toises de long sur 97 de large^ Ferdinand I a profité de la situation magnifique de ce quartier , pour y former une villa royale qui fut commencée dès Tan 1779. La nature et l'art ont rendu cet endroit un des plus délicieux de l'Europe. Il est divise en cinq allées: celles du milieu sont for*mées par des arbres d'acacia , et les latérales vers la mer d'arbres d'yeuse.. L'allée du milieu , et celles des côtés sont destinées à la promenade: il y a de côté et d'autre des fontaines , des statues ^ des citronniers , des orangers et des parterres parsemés de rosiers , de myrthes , et de plantes de toute espèce. Ces allées sont bordées de bancs de pierre , et garnies de superbes colonnes de lave, destinées à supporter des lanternes»
La villa royale finit aujourd'hui par im jardin anglais, de la longueur de la promenade même, orné d*arbres de toute .sorte , avec des allées , des gazons , de petits sentiers tortueux. H y a aussi une plate-forme demi-circulaire , d*où Ton jouit d'une vue superbe.
Les fontaines qui décorent cette pro« nienade sont ornées de figures, de Tritons, de Nayades; sur celle qui est au milieu de la promenade^, on admire une belle tasse de granit.
Cette promenade est bordée d'une longue balustrade de fer et de pilastres. A son entrée sont des maisons contenant des cafés , des billards et des salles à manger.
Entre cette villa royale et le rang de maisons vis-à-vis , passe la grande rue pour les voitures , qui s'étend ensuite jusqu'à la grotte de Pausilype : il y a dans cette rue plusieurs églises et de beaux palais, dont le plus considérable est celui de Cellamare ou de Francas>illa ; sa situation , sur le penchant de la colline, est des plus agréables , et il contient les plus beaux jardins de Naples.
La rue du rivage de Ghiaja se divise en deux parties , dont l'une conduit à la grotte de Pausilype , et l'autre à Mergellina le long de la mer , où Ton trouve une
délicieuse promenade , qui a été prolongée dernièrement jusqu'au sommet de Pausilype , d'où Ton jouit d'une superbe vue , aussi du côté du ^olfe de Pouzol.
En allant de Ghiaja tout droit vers la grotte de Pausilype > on voit a la main gauche V