PISCINE ADMIRABLE
C'est un grand réservoir d'eau qu'Au-« guste fit construire afin de pourvoir aux besoins de ceux qui habitaient dans les environs, et plus particulièrement encore la flotte Romaine stationnée dans le port dcMisène. On descesidpardeux escaliers, de 4o degrés chacun, dans ce magnifique souterrain , qui est divisé en cinq
corridors et en plusieurs arcades soutenues par 4<S pilastres , parmi lesquels est le mur qui divisait r^^difice en deux parlies pour y tenir pént-étre les eaux séparées. Cet édifice a 225 pieds de long, sur 7 5 de large et 20 de hauteur. Il est bâti en briques et couvert extérieurement d*un enduit aussi dur que le marbre.
Un peu plus au de-là est un autre édifice , appelle vulgairement les
CENTO GAMERELLE.
C'est-à-dire cent petites chambres, dit aussi labyrinthe , à cause du grand nombre de chambres que cet édifice contient, et qui sont voûtées et revêtues d'un enduit très-dur qui est encore blanc en-dedans. Les uns prétendent, que c'était le fondement de quelque grand édifice, et les autres disent que ce local servait de prison pour les criminels 5 mais, suivant l'indication de ces restes , on y reconnaît un autre réservoir d'eau.
Il y a aussi une ancienne structure située vers la mer , que l'on appelle Merca^ to di Sahato , le Marché de Samedi , sans en savoir la raison. On prétend que ces vestiges dénoncent que c'était un cirque pour les jeux équestres , où Néron célébra les fêtes nommées Quinqiiatria , il pa-
)( .la )(
raît pourtant que ce lieu était destiné à la sépulture des habitans de Baïes , de Baùli et de Misène.
Le lac qui s'appelle aujourd'hui Mare Morto , mer morte , commimiquait avec la mer et servait de port. Les poètes ont imaginé que les Champs-Elysées , représentés comme le séjour des âmes bienheureuses , se trouraient près de ce lac. Les campagnes des environs sont encore trèsagréables , quoique tout le pays ait été tourmeuté par les tremblemcns déterre, et les irruptions de la mer : le climat y est doux et on n'y ressent jamais les ri*gueurs de Thiver.
A un mille au de-là du Marc Morto , on trouve le lac Fusaro, qui est l'ancien marais Acherusia ^ ou V A cher on ^ si fameux chez les Grecs et les Latins. Les anciens mythologistes et les poètes le considéraient comme le tartare infernal , où étaient confinés les réprouvés. Toutes les âmes devaient traverser ce lac ; les mécliants y restaient , et les justes passaient aux Champs Elysées. Ce lac , qui est probablement le cratère de quelque volcan éteint, sert aujourd'hui à la macération du chanvre et du lin ; ce qui lui a fait donnerxle nom de Fusaro et lequel est aussi renommé par ses huîtres. Mr. le chanoi-
ne Anclrd de Jorio vient de nous donner un nouvel et curieux ouvrage intitulé:
yiag^io dl Enea air Infenio ed agUElU sj seconda yirgilio , par lequel il nous donne des renseignemens sur ces lieux suivant la description qu'on lit dans le liv. VI de rÉnéide. Il mérite d'être lu»