L’ÉGLISE DE LA TRINITÉ MAJEURE
Celte Église nommée d’abord Gesù Nuo uo, à cause qu’elle appartenait aux RR.
PP. Jésuites , que le Roi Ferdinand I vient
de rétablir pour la seconde fois , elle retient néamiuuins le nom qu’on lui donna après le premier exile de ces Pères, et on l’appèle encore aujourd’hui Trinité Majeure , d’où le quartier a pris aussi son nom. Elle fut érigée en lô^o. d’après le plan de No- Vello St. Lucano sur 1 ancien emplacement du Palais des Princes de Salerne , dont on a conservé le mur extérieur, qui en forme en partie la façade. Elle peut être considérée comme une des plus belles Eglises de Naples. Sa construction a la forme d’une Croix Grecque, au centre de laquelle était une grande coupole peinte par le chev. Lanfranco ; elle s’écroula lors du tremblement de terre de 1688. et fut rebâtie 5 mais comme elle menaçait toujours ruine , on la fit démolir. C’est pourquoi les fresques du célèbre Lanfranco n’ y existent plus , excepté les quatres évangélistes qu’on y voit sur les angles.
La Chapelle de St. Ignace est ornée de six belles colonnes de marbre Africain , et des statues de David et de Jérémie , exé cutées par Cosimo. Le dessus de la porte majeure présente un grand tableau à fresque de Solimène , représentant Iiéliodore chassé du Temple ; et dans la chapelle dédiée à la très-sainte Trinité on y voit un beau tableau du Guercino. Il y avait dans la maison attenante , qui faisait partie du Couvent , un Conservatoire de demoiselles , qui y étaient entretenues et instruites dans
la Musique. Depuis la restitution des PP.
, Jésuites , ce Conservatoire a été transféré dans le Couvent supprimé délia Concordia , au-dessus de la rue Tolèdo , en montant du côté du Palais Berio , et les Jésuites ont érigé celle maison en Collège , où ils donnent des leçons de Belles Lettres à plus de six cent garçons.
À côté de la Maison des RR. PP. Jésuites il y avait un Couvent de Religieuses de l’Ordre de St. Dominique , lesquelles ont été transférées dans le Couvent de St. Jean sur cette même rue de S. M. de Constantinople ; et leur Couvent , qui porte son ancien nom de St. Sébastien , a été destiné au Collège de Musique , où P on a réuni tous les élèves qui étaient divisés dans les anciens Conservatoires de S. Honuphre , de la Piété , et de Loréto , la renommée desquels se soutiendra jusqu’à ce que vivront les noms de leurs élèves que toute Europe admire : Porpora , Léo , Du»nte , Vinci , Pergolesi , Jommelli , Piccini , Sacchini , Guglielmi , Anfossi , Cimmarosa , Paisiello , Zingarelli , qui en est actuellement le directeur , ont été les plus fameux des compositeurs; et CafFareïli , Egiziello, Farinelli et autres , les chanteurs les plus célèbres. On y a établi aussi un Archive ou Dépôt de Musique , enrichi de pièces de musique et degli Sparliti les plus précieux en tout genre.
Sur la place de la dite Église de la Txi~
nité Majeure il y p un obélisque dédié à la Conception , dont la statue est placée à son extrémité. Ce monument est un amas de sculptures et d’ornemens bizarres en marbre , tout différent de la belle simplicité des obélisques de Rome.
On trouve près de-là
L’ÉGLISE DE Ste. CLAIRE.
Elle fut erigée en i3io. en même tems qu’un grand Monastère de religieuses nobles , par le Roi Robert , d'après le dessin Gothique de Masucci , qui est aussi l’auteur du beau clocher qui aurait eu cinq rangs d'architecture , sans la mort du Roi. L’Eglise avait été toute peinte à fresques par le célèbre Giotto 5 mais le Regent Bario Nuovo , qui n’en connaissait pas le mérite , eut la bêtise de la faire blanchir , pour lui donner plus de jour.
Depuis, en 1744- e ^ e embellie d’un plafond , de marbres , de stucs dorés et de peintures qui sont en grande partie du chev.
Sébastien Conca , et de François Mura. On distingue comme digne de remarque entre les autres chapelles , le petit Autel placé sur l’un des pilastres , avec l’Image de la Ste. Vierge , peinte par Giotto.
L’Autel de la chapelle de la Maison Sanfelice , placée à la droite de l’Autel majeur , présente un beau tableau du chev.
kanfranc» Celle chapelle a un beau sarco-
pliage , orne de lias-reliefs du lems du Paganisme qui ont été découverts dans la terre de Sanfelicc en Terre de Labour. Ce n’est pas le seul exemple de sépulcres Payens transportés dans nos Églises. La chapelle à gauche de l’Autel majeur contient plusieurs dépôts des Princes de la Famille Régnante. Parmi lesquels on admire celui du Roi Robert , fondateur de celte Église 5 monument célèbre de la belle Architecture du Siècle XIII. exécuté par Masuccio II.
Un peu plus avant se trouve.
L’ÉGLISE DE St.- DOMINIQUE MAJEUR.
Cette Église magniGque , qui a trois nefs , est d’ai'chilecture Gothique ; elle fut érigée en 1284, par le Roi Charles II d’Anjou.
Il y a plusieurs chapelles : celle de l’Annonciation contient un tableau du Titien.
On voit dans une autre chapelle un beau tableau de Michel-Ange de Caravage , représentant le Sauveur à la Colonne. La chapelle latérale à la porte majeure de l’Église , contient aussi un tableau de Giordano:
quant à celui qui se trouvait à la gauche , et qui avait été dessiné par Raphaël , et peint par Fr. Barlolommeo , il a été enlevé. Dans l’autre nef est la chapelle du Crucifix , qui passe pour avoir approuvé la doctrine de St. Thouias d’Aquin , en lui di-
sant : bene de me scripsisti Tlwma ! Le même St. Thomas dans sa chapelle est du pinceau du Giordano. En parcourant cette Eglise on y trouvera grand nombre de tableaux d’anciens auteurs Napolitains et étrangers, et plusieurs monumens de sculpture dignes d’être observés \ mais les amateurs de la poésie se réjouiront de remarquer le dépôt de Bernardino Rota dans la chapelle de sa famille , et à côté de la petite porte à droite du grand Autel , celui du chevalier Jean Baptiste Marino , que le Marquis Manzo son ami lui éleva dans le Cloître de St. Agncllo , et lequel a été ici transféré depuis la destruction de ce Couvent.
Dans la Sacristie il y a beaucoup de dépôts des Princes d’Aragon et d’autres personnes illustres de leur tems ; tous renfermés dans des caisses couvertes de velours , et portant les armes des défunts.
Le Couvent est très-vaste : l’ancien dortoir contient la chambre de S. Thomas d’Aquin, convertie en une riche chapelle.
La place située devant la petite porte de 1 Église présente une Aiguille chargée d’ornemens.
La dite place de St. Dominique Majeur montre trois beaux palais , dont celui qui s’offre de prospect est des Ducs de Casacalenda , l’autre sur la gauche est de la maison de Saluzzo , des Ducs de Corigliano , et le troisième est de la maison de Sangro des Princes de St. Sevère , dans lequel on
voit plusieurs objets curieux , qui sont le$ fruits des éludes et du génie inventeur du Prince Dom Raimond de Sangro.
A côté du dit palais de Sangro est