PORT DE POUZOL
Il était anciennement un des plus magnifiques de l’Italie. Cet ouvrage que l’on croit fait par les Grecs, était si vaste, qu’il arrivait jusqu’à Tripergole , et pouvait contenir un grand nombre de gros vaisseaux.
Son long môle est l’ouvrage le plus hardi qu’on ait jamais exécuté sur la mer , pour mettre les bâtimens à l’abri des tempêtes.
Les deux inscriptions trouvées dans l’eau r annoncent , qu’il fut restauré par Adrien et Antonin le Pieux, et qu’ii avait a5 arches , dont il ne reste plus que i3 pilastres défigurés. Ce môle était bâti sur des piliers soutenant des arches en forme de pont : celte construction est bien mieux calculée pour prévenir le remplissage des ports.
L’Empereur Cajus Caligula réunit à ce môle un pont de 36oo pas de longueur qui arrivait jusqu’à Baies. Il était formé de deux rangs de bateaux fixes par des ancres et couverts de planches et de sable , imitant la voie Appienne.
Ces ouvrages qui coûtèrent des sommes
immenses, d’après Suétone, eurent d’aLord pour but de satisfaire T orgueil démesuré de l’Empereur Caligula, qui voulut en cela i mi 1er Xercès , lorsqu’il lit construire un pont semblable pour passer de l’Asie en Urèce, ce qui fut considéré comme un ouvrage merveilleux. On a dit qu’en construisant ce pont, Caligula ait voulu encoi’e en imposer aux Allemands et aux Anglais, auxquels il avait intention de déclarer la guerre. Le premier joui’ il parcourut le pont dans toute son étendue , monté sur un cheval richement caparaçonné, portant sur sa tête une couronne de chêne, et suivi d’une foule innombrable de Peuple accouru de toutes parts , pour jouir d’un triomphe aussi bizarre qu’imaginaire. Le second jour il üt parade de sa grandeur et de sa fierté sur un char de triomphe, portant une couronne de laurier , et suivi de Darius que les Parthes lui avaient donné en ôtage.
Un des anciens monumens de la Ville de Pouzol , est
L’AMPHITHÉATRE, dit LE COLISÉE.
Quoique les tremblemens de terre ayent grandement endommagé ce bâtiment , il est cependant assez bien conservé pour pouvoir juger de sa forme. Cet Amphithéâtre, qu’on a nommé Colisée à l’imitation de celui de Rome , est ovale comme tous les autres. Il est composé de grosses pierres car-
rées , et il était anciennement à deux ordres : son arène avait 187 pieds de long sur 1 3 o de large : et tout l’Amphithéâtre pouvait contenir jusqu’à 45 mille personnes.
Suétone nous apprend dans la vie -d’Auguste , que cet Empereur assista aux jeux qui y furent célébrés en son honneur.
L’ intérieur de cet Amphithéâtre présente une petite Chapelle érigée en l’honneur de St. Janvier Evêque de Bénévent , et -qui rappèle le jour où il y fut exposé aux Ours pour en être dévoré 5 mais la férocité de ces animaux cessa à la vue du Saint , et ils se prosternèrent devant lui. Cinq mille personnes furent aussitôt converties à la foi Catholique par ce grand miracle : et Timothée , Lieutenant du cruel Dioclétien , en fut tellement irrité qu’il fit décapiter le Saint sur-le-champ.
Près de cet Amphithéâtre on voit un grand édifice souterrain nommé le Labyrinthe , à cause du grand nombre de petites chambres qu’ il contient , très-propres à égarer ceux qui y entreraient sans lumière. Ce bâtiment est tout composé de briques et revêtu d’une chaux très-dure en dedans. La construction de cet édifice fait croire qu’il servait autrefois de réservoir aux eaux de pluie réunies dans l’amphithéâtre.
Le Nord de Pouzol présente encore les vestiges de 1 ' ancienne voie Campanie, bordée de plusieurs anciens sépulcres nom-
niés Colurnbaria , qui sont tombés en ruine.
Le golfe de Pouzol était anciennement aussi peuplé et aussi agréable que l’est aujourd’hui celui de Naples. C’est sur ce golfe à F Occident de Pouzol , que se trouvait la