‹ Itinéraire instructif de Rome a Naples, ou Description générale des monumens anciens et modernes, et des ouvrages les plus remarquables en peinture, sculpture et architecture de cette ville célèbre et de ses environs par le chev. M. Vasi antiquaire romainChapitre 64 sur 92 · BAIES , ANCIENNE VILLE · texte numérisé non relu

BAIES , ANCIENNE VILLE

Ses ruines se trouvent assez près de Pouzol. Bajus , compagnon d’Ulysse , d’après Slrabon , fut enseveli dans cette Ville et

lui laissa son nom. Une belle situation , i»

fertilité de son terrein , l’abondance de ses excellons poissons , ses promenades agréables sur le bord de la mer et au milieu des prairies et des vergers, une infinité de sources minérales de toute espèce , et de tous les degrés de chaleur , propres à procurer des plaisirs et à rendre la santé , tels furent , dis-je , les objets qui appelèrent à Baïes les plus riches et les plus voluptueux d’entre les Romains. Chacun d’eux voulait bâtir sur le rivage de la mer : mais le grand nombre d’édifices que l’on costruisait chaque jour , fit bientôt manquer de place , et l’art y suppléa par des palissades et des môles , s’étendant sur la mer. Baïes devint dès-lors un séjour de délices et de plaisirs. Horace préfère Baïes à toute autre partie de la Terre , et adresse des reproches aux voluptueux de son tems , qui au lieu de penser à- leur ex'stence passagère , et non contens de leurs vastes possessions ■sur terre , empiétaient encore sur le domaine de Neptune. Sénèque nous dit que le séjour de ces lieux était dangereux pour quiconque voulait conserver quelque empire sur ses passions.

C’était à Baïes que se trouvait la maison de plaisance de Jules-César , où Marcellus fut empoisonné par Livie. Varron fait mention de la belle maison de campagne d’Irtius : Tacite de celle de Pison, où se forma la conjuration contre Néron : il cite

aussi celle de Domitie , tante de Néron , que ce tyran fit empoisonner pour s’emparer de ses biens : Pompée et Marins y avoient aussi leurs maisons de plaisance.

Enfin celle de Julie Mamméa , mère d’Alexandre Sévère , surpassait toutes les autres en magnificence.

Rien ne prouve mieux l’inconstance et la fragilité de-s choses humaines , que la vue des ruines de Raies et de ses rivages déserts. Ces hommes riches et ambitieux sont non seulement passés , leurs beaux édifices tombés en ruines , mais l’air même y est devenu pestilentiel par les exhalaisons des eaux croupissantes. Le Château de Baïes , situé sur la hauteur de la côte , en est presque la seule partie habitable : la plaine ne présente plus que les ruines et les débris des fondemens qui soutenaient les édifices , les parterres et les jardins , mais

3 ui ont été engloutis en partie par les flots e la mer.

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