A V E R S A , VILLE
Dix- huitième. Poste . -
Cette Ville était peu loin de l’ancienne Atella 3 célèbre chez les Romains 3 autant par les bons mots et les fines plaisanteries , que par ses spectacles obscènes et ses débauches : ayant été ruinée, par les Barbares , Aversa fut bâtie par les Normands , vers l’an 1130, qui firent la conquête de Naples et de Capoue . On l’appe'la Aversa parce qu’elle servait à. tenir en respect ces deux Villes . Charle i , de la Maison d'Anjou 4 Roi de Naples 5 détruisit Aversa de fond en comble , parce que ses habitans s’étaient révoltés, soutenus par la Maison de Rebursa qu’ il vint à bout d’exterminer . Mais
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la Ville ne tarda guère à être réparée , à cause de la beauté du climat et de la fertilité du terrein.
La Ville dV\ versa est petite , mais jolie et bien bâtie : elle est située dans une plaine délicieuse , et à la tête d’une avenue large et droite , qui conduit jusqu5 à Naples . On arrive dans cette belle Ville par une route charmante 3 large , droite 3 bordée de grands arbres qui font un ombrage agréable 5 et qui sont liés par des guirlandes de vignes . Il y a de belles Eglises 5 des palais et autres beaux édifices 3 parmi lesquels on distingue le grand Conservatoire d’éducation de Filles ..
La campagne des environs de cette Ville présente le coup d’œil le plus ravissant ; ce sont des prairies 5 des terres cultivées avec soin 3 et des Villages bien peuplés* dont le dernier est Capo deChino\ et c*est ici d’où commence la nouvelle et magnifique route , dernièrement construite qui va jusqu’ à Naples . Déjà tout annonce l’approche de la Capitale d’un Royaume considérable. Mais ce qui la distingue des autres > c’est le bruit qu* on entend lorsqu’on est à trois ou quatre milles de Naples: éloigné d’abord et confus , il augmente insensiblement à mesure qu’on avance : on distingue le chant des uns, les cris aigus des autres qui sont en ViJle j ou qui en reviennent en troupe y le bruit des carrosses 3 des chai-
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ses et des cabriolets « Quand on n’est plus qu’à un mille 3 le tintamarre du dehors et le fracas du dedans , frappent tout à la fois les oreilles: à juger du mouvement > de l’agitation dont on est témoin , on croirait que c’est un jour de Fcte extraordinaire : c’est cependant ce qui se fait tous les jours depuis Paurore jusqu’au soir ; et c’est ce qui nous donne d’abord une idée d’une Ville plus peuplée que toute autre d’Italie .
D’Aversa à Naples il n’y a qu’une poste ; et en comptant de Rome à Naples * il y en a eu en tout dix-neuf et trois quarts qui font environ 148 milles 3 ou 49 lieues de France .