‹ Itinéraire instructif de Rome à Naples, ou description générale des monuments anciens et modernes, et des ouvrages les plus remarquables en peinture, sculpture et architecture de cette ville célèbre et de ses environsChapitre 68 sur 92 · II I · texte numérisé non relu

II I

culanum » dont elle est très-rapprochée . On ignore l’ethimologie de sa dénomination , mais on sait qu’elle fut habitée par les mêmes; Peuples qu’ Herculanum s c’èst-à-direv les Osquess les Etrusques , les Pélagiens , les Samnites 5 et les Romains., Les habitans d5 Hèrculanum et Pompeia prirent les armes dans la guerre sociale pour obtenir la qualité de citoyens Romains .. V an 665, P. Sylla y fonda une Colonie à laquelle if assigna le. tiers du territoire de Pompeia..

La Ville de Pompeia était située près, de la rivière Sarno , peu loin de la mer s sur laquelle elle avait un port magnifique 5 propre 5 au dire de Tite Live et Flo-rus recevoir l’armée navale de P. Cornélius . La commodité de sa situation l’avait rendue le centre de toutes les négociations commerciales de Nola 3 Nocera 5 et Acerra 3 Villes également célèbres de ce tems-là.. Le grand commerce qui s’ÿ était introduit 3 et la fertilité de sonclimat 3 la rendirent , comme disent.Ta^1 cite et Sénèque 3 une des Villes les- plus peuplées de la Campanie * Plusieurs illustres personages Romains y formèrent des maisons de plaisance . Cicéron y avait aussi établi la sienne 5 comme il l’ annonce dans plusieurs de ses lettres à Marius .

Sous le Consulat dé Regullis et dé Virginius > l’an 63 de l’ère Chrétienne v

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d’après Lucius Anneus Sénèque , la Ville de Pompeïa fut très-endommagée par un fort tremblement de terre qui eut lieu le 5 Février ; mais elle aurait été réparée sans la terrible irruption du Vésuve de P an 79 , que nous venons- de rapporter et qui P ensevelit à T imprévue sous une prodigieuse pluie de cendres et de graviers .

Quoique tous les Historiens s’accordent pour assurer que la Ville de Pompeïa fut entièrement ensévelie en cette occasion , cela ne paraît pas vrai , car Suétone nous apprend que Titus usa de tous les moyens possibles pour réparer les dégâts ; et Dion nous dit que ce même Empereur envoya deux Consuls dans la Campanie qui établirent des Colonies à Pompeïa et à Hérculanum pour les repeupler . On peut donc conjecturer qu’il n’y eut qu’une seule partie de ces malheureuses Villes d’ ensévelie dès le tems de Titus , tandis que l’autre fut repeuplée et habitée jusqu’aux irruptions postérieures qui obligèrent tout le Monde à déserter .

Les matières volcaniques qui couvrirent Hérculanum lors de P irruption de 79 y n’ étaient composées que d’ un déluge de cendres et de graviers embrasés et non de bitume liquéfié 5 autrement il eut été difficile de la déterrer . Ces ma*» tières s’étant ensuite mêlées avec les eaux

Pompeia , Ancienne Viile. 209

bouillantes qui sortirent du Vésuve 5 elles se convertirent en un mortier trèsdur et très-épais . Il n’en fut pas de même à Pompeia : cette Ville ne fut couverte que d’ une pluie de cendres et de graviers , ce qui en rendit la découverte plus facile ; d’autant plus qu’elle ne restait qu’ à quelques pieds de la superficie de la couche . Tous les édifices se trouvaient dans leur entier , les toits seulement en étaient ruinés, ce qui prouve que les produits de l’irruption ne tombèrent qu’en forme de pluie , et non comme des torrens sortant du Vésuve , ce qui aurait renversé les édifices , arraché les colonnes et brûlé les bois , le pain , les pois-chiches et autres matières combustibles qui étaient simplement grillées • Les matières tombées sur Pompeia étant sèches et déliées n’ endommagèrent que très-peu , et conservèrent même les édifices et leurs ornemens , tels que les pavés de mosaïque , les peintures, les ustensiles et tout ce qui s’y trouvait.

Mais que devinrent les malheureux habitans ? Dion nous dit qu’ ils se trouvaient au théâtre au moment de la catastrophe , et qu’ils y furent ensevelis : une foule d’auteurs ont adopté cette opinion , sans considérer qu’ elle est absolument contraire à la nature et ù l’action des volcans r et particulièrement au Vésuve , dont les irruptions sont toujours

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précédées d’ indices qui donnent Je tems de se sauver . A peine a-t-on trouvé en effet une centaine de squelettes dans toute la Ville 5 et un seul dans le théâtre . Il ne faut supposer d’ ailleurs que les habitans de Pompeïa fussent assez dépourvus de bon sens pour ne pas fuire aux approches d’un danger aussi imminent , en emportant ce qu5 ils avaient de plus précieux à sauver ; et il est probable que ceux-là seulement périrent qui furent dans P impossibilité réelle de fuire , ou retenus par P amour de leurs richesses, et Pespoir de voir cesser le fléau*.

Vers le milieu du dernier Siècle > et après dix-sept Siècles que la Ville de Pompeïa avait disparu par 1’ effet du phénomène ci-dessus on découvrit quelques traces de son existence , en faisant une plantation de vigne . Le Roi Charles de Bourbon , grand amateur des sciences et des beaux arts , en fit commencer Pexcavation qui fut continuée par la suite , et que Ferdinand I , son auguste Fils poursuive aujourd’hui .

Cette découverte dissipa le nuage immense qui nous obseurcait la vénérable antiquité $ les talens Nationaux se réveillèrent, P émulation de perfectionner Jes arts se fit sentir alors , et rappela P’ attention des Voyageurs qui ne manquent jamais de voir la Ville de Pom-

Pompeïa > Ancienne Ville, êiî

peïa , la seule qui soit restée exposée à la curiosité des intelligens.

Quelle satisfaction n’éprouve-t-on pas à la vue de ses anciens murs 3 en promenant dans ses rites 5 en visitant les Temples , les Théâtres, et en entrant dans les maisons où habitaient , il y a dix-huit Siècles 5 les Hommes les plus illustres de la Terre . Notre esprit se ranime , et nos idées s’ agrandissent à ce spectacle curieux 3 qui deviendra bien plus merveilleux encore lorsque la Ville sera entièrement découverte.

Les matières qui couvraient Pompeïa n’avaient que quelques pieds de hauteur^ et ne présentaient pas des Villages bâtis au-dessus comme à Herculanum ; ce n’était que des vignes que le Roi put acheter , et creuser pour la sser ainsi toute l’ancienne Ville à découvert .

En faisant les excavations on a observé que les cendres volcaniques 5dont les maisons de Pompeïa étaient couvertes ne se trouvaient pas toutes également placées dans leur ordre naturel , c’est-àdire de la manière dont elles avaient été. vomies par le Vésuve , et comme on les voyait dans les autres parties de la Ville; mais remuées et bouleversées : ce qui fait croire qu’ après V irruption de P année 79 , les malheureux babitans * cherchèrent à découvrir leurs maisons pour recouvrer tout ce, qu’ils y avaient laissé de plus

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précieux ; comme firent Jes habitans de J a Terre del Greco , après P irruption de 1794: ceux-ci cependant n’eurent pas des cendres à creuser , mais des masses énormes de lave aussi dures que la pierre qu’ils furent obligés de briser à force de fer .

Pour satisfaire en quelque sorte la curiosité des savans Voyageurs , je rapporterai en cet endroit tout qu’on à observé jusqu’à-présent de plus important dans cette ancienne Ville , et dont j’ai été moimême le témoin oculaire. Sur la colline qui est assez près de Pompeîa ? il y avait un Fauxbourg ou Village nommé Fagus Augustus Félix , composé de plusieurs batimens, et entr’autres de la

MAISON DE L’AFFRANCHI M. ARRLÜS DIOMEDE .

Il est d’abord nécessaire d’observer que Jes maisons de Pompeïa n’ ont tout au plus qu’ un ou deux étages 2 elles consistent aussi généralement en une cour carrée entourée de portiques 3 où aboutissent les portes des chambres ; au centre de la cour se trouve une citerne ou réservoir d’eau absolument semblable aux cloîtres de nos couvens 2 les chambres du rez-de-chaussée n’ ont aucune communication entr’elles 5 elles sont petites , mais élevées 3 et la majeure partie sans fenêtres 3 de manière qu’ elles

Pompeia 5 Ancienne Vule . 213

reçoivent le jour par les portes : les chambres sont presque toutes couvertes d’ une voûte plate et pavées en mosaïque : les murs des chambres sont garnis de figures et d’ architectures peintes sur lin stuc très-dur 5 ou au moins teintes avec une couleur rouge ou jaune.

La maison de M. Arrius Diomède fut la première découverte faite à Pompeîa : les restes de cet édifice annoncent encore que c’ était un des plus beaux et des plus magnifiques . Son intérieur présente une grande cour en carré long , environnée d’ un portique avec des pilastres de stuc ; et dans le milieu y était un petit jardin avec six colonnes qui servaient de soutien à un berceau .On voit ensuite un bassin ou réservoir en marbre blanc avec une citerne au centre . On passe de ce lieu aux chambres du rez-de-chaussée qui sont au nombre de huit , et peintes presque toutes en fond rouge avec des pavés de mosaïque 3 et des voûtes , dont une à gauche est plate , et l’autre à droite est aussi plate avec des caissons de stuc bien travaillés . Plusieurs de ces chambres sont ornées de figures et d’architectures peintes d’une manière très-agréable.On a trouvé dans ce rez-de-chaussée un squelette qu’on croie être celui M. Arrius Diomède maître de la maison : il tenait les clefs d’une main, et des monnaies et des ornemens d’ or de l5 autre ; derrière lui se trouvait le

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Domestique portant quelques vases d’argent et de bronze - Ces deux individus étaient au moment de prendre la fuite lorsqu* ils furent ensevelis par la pluie volcanique *

Deux escaliers conduisent à 1* étage supérieur 5 dont il ne reste que le côté droit , sans toît , comme toutes les mai* sons de Pompeïa . Au milieu de cette maison est une cour couverte entourée de 14 colonnes de briques révêtues de stuc , qui formaient un portique couvert et pavé en mosaïque . Ce rez-de-chaussée présente plusieurs chambres qui servaient pour prendre les bains, boire , manger , dormir et autres usages .

En sortant de la maison d’Arrius,on voit à gauche Je Tombeau de la Famille Arria ; son inscription .annonce qu* il fut érigé par M. AriTus Diomède , Affranchi de Caja , -maître du Pagus suburbanus Augustus Félix . On y voit aussi deux têtes de marbre à peine commencées .

On jouit au sommet de cette colline du coup d’œuil le plus étendu et le plus pittoresque des environs • C’est là sans doute que se trouvait la déliceuse maison de plaisance de Cicéron ,qui formait avec celle de Tusculanum , le séjour le plus favori de ce célèbre Orateur , comme il le dit lui-même dans une de ses lettres à Atticus : Tusculanum et Pcmpeja num laide me delectant . Le grand édi-

PompeÏa , Ancienne Ville • 215

fice souterrain d’ouvrage réticulaire , avec un portique soutenu par de très-hauts pilastres , que l’on voit en cet endroit , appartenait , croi-t-on , à cette maison de plaisance .

En descendant ensuite de la colline ^ on arrive sur la voie Consulaire qui traverse la Ville de Pompeïa . Le long de cette route. se trouvent plusieurs Tombeaux et d’ autres édifices ruinés . La route est pavée de gros morceaux de pierre volcanique bien réunies et bien plantées . Elle est aussi large que la voie Appienne et la Latine c’ est-A-dire de 12 pieds ^ elle est cependant très-étroite dans ,1a Ville . Les deux côtés de cette route sont garnis de .marchepieds pour les piétons : la partie du milieu servait au passage des voitures et des charettes dont les roiies sont encore empreintes sur la pierre,.

En suivant la voie Consulaire., on arrive à la porte de Pompeïa., qui est bâtie de briques enduites , sans aucun ornement. Dès qu’ on entre dans la Ville on voit les maisons placées en ligne droite ,des deux côtes de la riie . Chacune de ces maisons se distinguait , non par son numéro , comme aujourd’ hui , mais par line inscription en rouge portant le nom de V habitant . Les murs des riies présentent encore les Décrets du Magistrat de Pompeïa écrits en rouge , par lesquels

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il annonçait au Peuple les fêtes , les chasses et les jeux qui devaient avoir lieu . Les avis particuliers s5 inscrivaient aussi sur les maisons ; on trouva un affiche de loyer d’ un grand édifice appartenant à Julie Felice , fille de Spurius, par laquelle offrait le loyer pour cinq ans de tous ses biens consistant en un bain , un vénérien et neuf cent boutiques . Quel commerce ne devai-t-il pas enrichir alors cette Ville , oh neuf cent boutiques appartenaient à un seul particulier ? Combien de boutiques cette Ville ne devai-t-elie pas contenir ! Cette inscription fut sciée de la muraille et transportée au musr'^ Koval .

LJn grand nombre d’ édifices n* offrent que des ruines causées sans doute par Je tremblement de terre qui eut lieu 1 6 ans avant la catastrophe de Pan 79 . Les maisons > comme nous P avons déjà dit plus haut 5 n’étaient composées que d’un seul étage avec de petites chambres pavées en mosaïque , ou en marbres comme ks boutiques ♦ Les murailles des chambres étaient tapissées de figures ou d’architectures peintes sur un enduit trèsdur . Les meilleures peintures ont été sciées et transportées dans le musée Royal de Portici . Indépendamment des maisons particulières , il y a aussi à Pompeïa un grand nombre dJ édifices publiques bâtis,avec beaucoup plus de luxe

Pompe Va 3 Ancienne Ville. 217

et qui présentent encore la magnificence avec laquelle les Anciens étaient dans ]’ usage de les construire .

En entrant dans la Ville on voit à la droite une maison avec une porte propre à recevoir des charrettes. Les -uten sites qu’ on y a trouvé ont fait penser que c’ était un attelier de' charrons .

Vis-à-vis de ce local est une maison dans la plus grande ruine 3 où l’on voit les débris de quelques chambres 3 dont une a la forme d’ un réfectoire .

Ensuite vient une boutique à boissons chaudes, que nous appelons aujourd’hui cafés .

En revenant à droite on trouve la maison d’Albinus 3 que l’on reconnait à son inscription . Quoiqu’elle soit presqu’entièrement ruinée 3 cette maison présente encore une enseigne priapienne sculptée sur une brique qui servait de modèle pour les ouvrages qui s’y fesaient : on y a trouvé en effet beaucoup de petits priapes en or 3 en argent , de corail 3 ou de bronze 3 que les Anciens portaient au cou 3 comme un préservatif contre les méehans .

Après un autre café vient la maison de Popidius Rufus3 qui devait être une des plus considérables de Pompeïa 3 car le Temple d’ 1 sis fut bâti par un descendant de cette Famille.

Un peu plus loin est une maison avec

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une chambre pavée et ornée d’un beau marbre 3 et un vestibule contenant un Lion représenté par un mosaïque très élégant.

Cette même partie de la Ville offre plusieurs souterrains magnifiques , que les Anciens nommaient crypto-porticus ; un de ces souterrains présente un bel ordre de colonnes s et les autres des bains et des réservoirs , Tout ce coté de la Ville est bâti sur le penchant de la colline 9 de manière qiTon fut obligé d’établir des fondemens très-élevés pour bâtir les maisons au niveau des autres .

De la susdite maison du Lion nous re* viendrons sur nos pas pour observer le côté gauche • Après les deux boutiques à café que nous venons d’ indiquer , on trouve une grande maison composée d’un seul étage divisé en trois appartemens s deux desquels furent achetés et posté* rieurement ajoutés par le maître de la maison 5 de manière qu’ elle se trouve avoir trois cours entourées des portiques , soutenus par des colonnes . Plusieurs des chambres de cette maison sont ornées de peintures et pavés en mo* saïque . La chambre de la toilette contenait beaucoup d’ ornemens de femmes en or .

La maison suivante porte le nom de cabinet chirurgical , parce qu’on y trouva plus de 4c instrumens de chirurgie »

P O M PHI A , AnCI ENNE VlLlE . 219

dont plusieurs semblables aux nôtres et d’autres différens , que l’on conserve dans l’Académie Royale . Les chambres en sont aussi ornées de peintures et de pavés de mosaïques .

Après plusieurs maisons ruinées vient Ja boutique des peseurs publics , qui équivalait alors à la douane des poids et mesures d’aujourd’hui. Cet endroit contenait une grande quantité de poids , de marbre et de plomb ; ainsi que quelques balances à deux plats , et d’ autres simples , exactement semblables aux nôtres >

On trouve ensuite une fabrique de savon 5 suivie de deux antres boutiques à café , dont les Anciens fesaient grand usage pour la comodité et 1’ amusement public .

Cette rangée de maisons est terminée par un réservoir d’ eau et une fontaine consistant en un bassin carré de pierre du Vésuve .

En suivant toujours cette même direction du rang de maisons à gauche , après la fontaine ? on trouve le four public construit comme les nôtres . 11 y a trois moulins à bled , composés chacun d’une base circulaire de tuf 5 au centre de laquelle s’avance une pierre en forme de cône qui se joint à une autre pierre cavée avec deux ouvertures et avec une autre cavité circulaire au-dessous 5 destinée à recevoir le bled »

Environs de Naples*

' A côté de la boutique d’un marchand de vin ou d’huilc, se trouve une des plus belles maisons de Pompeïa , portant une inscription qui annonce qu’elle a appartenu à Cajus Saluste : la magnificence de cet édifice et les beaux orncmens de mosaïque qui s’y trouvent , méritent d’être observés avec attention .

On trouve après cela ,1a maison de Jules Cecilius Capella , qui est presque toute ruinée .

Après une autre boutique de marchand de vin ou d’ huile , vient la boutique d’un forgeron , où l’on a trouvé beaucoup de cercles , des aissieux de roues , des tenailles , des marteaux et autres ou* tiîs du métier*

En suivant le côté droit de la rue , après plusieurs bâtimens ruinés , on voit la maison de Svettius Erennius , dont Je nom se trouve indiqué dans 1’ épitaphe placée sur la porte .

La maison contiguë à cette dernière est celle de Jules Poîibius , comme on je voit également dans l’inscription : cet édifice était très-joli , bien disposé et placé en un beau point de vue •

On voit ensuite 1’ habitation de Jules Equanus , dont la grande cour présente encore quelques colonnes de stuc peintes en forme de mosaïque .

Après cela vient un grand nombre de

Pompbïa » Ancienne Vïlle. 221

boutiques qui se prolongent jusqu’à à la petite rite qui sert de limite à la Ville , En reprenant l’autre côté , on trouve P Académie de musique. C’est une belle maison ainsi nommée à cause des chambres du côté gauche -.qui sont toutes ornées de peintures représentant des instrumens de musique.

On voit ensuite la maison de Svettius , et successivement celle de Cajus Julius Prisais 5 jusqu’à ce que l’on parvienne à une boutique , où la rue principale se divise en deux . Le mur de cette boutique présente un gros serpent mordant une pomme . Cet animal est l’ emblème de la santé; on y a d9 ailleurs trouvé plusieurs vases avec des élémens de pharmacie desséchés , des pilulles et un grand nombre de remèdes ; ce qui prouve évidemment que c’ était une pharmacie .•

Parmi les maisons existantes à gauche sur le prolongement de cette même rue > se trouve celle de Cajus Jules Duumvir r l’autre de G ne us Marins Sabinus; et enfin celle de Fortunée .

De l’autre côté de la rue , après plusieurs boutiques ruinées , on trouve la maison de Marcellus 5 et celle de Svettius Popidius , edile .

On avait commencé à déterrer d’ autres maisons , que l’on abandonna ensuite parce qu’on s’apperçut que les matières volcaniques étaient 'dérangées et même

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bouleversées ? signe certain que les habitons de Pompeïa revinrent après V irruption du Vésuve pour découvrir leurs maisons et en retirer les objets précieux que la nécessité de fuire leur avait fait abandonner : c*est aussi la raison pour laquelle les édifices de Pompera sont presque tous sans couverture et dans la plus grande ruine .

En se rendant sur le penchant de la colline , on découvre les débris d*une grande maison composée d5 un premier étage et d*un rez-de-chaussée . Ce premier étage ne présente que les murailles, des chambres, ornées alors de peintures et de pavés de mosaïque > dont on voit encore quelques traces .

Revenant ensuite à la rue principale de la Ville > on y voit des deux côtés , un grand nombre de maisons presque renversées , excepté plusieurs de celles du côté gaucher dont une présente la cour ordinaire aux maisons de Pompeïa , avec line citerne au milieu et des chambres, ornées de superbes pavés de marbres précieux et de quelques restes de peintures et d5 arabesques .

En suivant cette même rue et remontant sur la colline 5 on voit à droite plusieurs édifices somptueux et magnifiques par leur belle architecture et les riches ornemens qu’ ils présentent . Ce sont des bâtimens publics que les Anciens étaient

Pompeia y Ancienne Ville . 2215

dans J’ lisage de construire avec toute leur magnificence.

Les habitans de Pompeia avaient réuni en ce lieu , tous les établissemens relatifs à la religion , la magistrature , la gimnastique , P économie publique > les sciences et le beaux arts .

Le premier édifice public que l’on trouve à droite , est le

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