A V AN T - PROPOS
orne , VilTe célèbre et magnifique , doit' son origine à Romnlns qui la fonda l’an 3*253 du Monde, ySS ans avant l’ère Chrétienne. Elle était d’abord de figure carrée et ses murs entouraient le mont Palatin sur lequel Romulns' avait déjà sa maison , où il' passa son enfance-. Cette Ville fut ensuite ’ agrandie par Ini-méme , et beaucoup plus ’ par les six'Rois cjuilui succédèrent', particulièrement par Sèrvius Tullius qui étendit les murs de manière qu’outre les monts Palatin , Capitolin , Celins , et Aventin et une partie du Jàniculé qui étaient déjà dans ’ 1 enceinte de la Ville , il y renferma aussi les monts Esqnilin et Quirinal 5 et c’est de ces sept collines c|ue Rome fut encore ap—* pelée Civilas SépticoUis .
Depuis S'ervius Tullius jusqu’à l’ Empereur Anrélien , . qui régna l’an 270 de i’ère Chrétienne , 1 enceinte des .murs n’ avait
subit aucune augmentation 5 maïs cet Em- -
ÿerenr les étendit et renferma dans la Ville , le Champ.de Mar<i , ainsi que les monts Pmcms et la plaine où s’est formé ensuite
le mont Testaccio, auxquels Léon IV' ajou-
îa , ensuite le mont V’atican .
Le circuit actuel de Rome sur le bord ' gauche du Tibre est presque le même ' qne celui établi par Aurélien • mais les ' lu s sont presque tous postérieurs à cet Empereur les portes les plus anciennes-
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sei/e milles et demi 5 mais la pins granle partie de a Ville est occupée par des. maisons de plaisance et par des vi^^nes .
J-a \ ille de Rome a actaellement seize Rortes., appelées la porte du Peuple , Pinoiana , Salara , Pie , St. Laurent , Majeure, bt. Jean, Latine, St.Sébastien, St.PauI Fortese, St. Pancrace , Cavalleçieri , FabI «nca , Angelica, et Castello . Ces quatre- {jci nieres.forent faites en 85o. par le Pon-. îife St.î.éon IV , lorsqu’il environna le \'atJcan de murailles pour le défendre des in-. cnrsions des Sarazins...
ÎI n y a cependant que douze de ces portes d’ouvertes., la Pinciana , la Latina , et celle de Castello ay.ant été condamnée derr. 1ère ment comme in utile. s,. Il faut aussi y
ajouter la porte Septi.mienne , et celle du •■5t.ll.spriî,siîiîees dans i’inîérienr de la Vil-, le et les portes Chlusa-,. et Pertusa , fer,noi-ies précédemment
Le T.ibre traverse Rome du côté duConch-tnt , et facilite le transport des \ ivres et des, marchandises , On passe de l’nne à l’autre rive, sur quatre ponts de pierre-, appelés. Saint Auge , Six.te, Saint Barthéleîïli et Quattro-Capi .
liome était divisée du, tems d’ Augnste •
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Avcint-^T^t'oposf,
en quatorze quartiers , qui se nommaient Vovta Capena , Coelimontana , Isis et Serapis , Via Sacra , E sqiiilina^ Altd Seini^ ta ^ J^ia Lata ^ Forum Romanum , Circus Flaminius y Palatium ^ Cu’cus JMaximus , Piscina puhlica^ Aventina , et Fransilheri'^ na . Anjourcrhtii elle est aussi clivisëe en. gnatorze quartiers , nommes Mofiti ^ Trevi ^ Colonna , Campa IMarzo ^ Ponte , Parione , Regola ^ SÆustachio^ Piÿna rjEarU'pitdli ^ Sti An gela , Ripa ^ Tt aslevere et ' Borgo . La population de Rome et des fau:x:bourgs monte aujourd’ fini à environ jSa* ini lie habitans . .
Quoique Rome ne soit plus ce quVlle ë'tait ancieimement ^ elle peut cependant être encore regardée comme la plus belle ^ille de l’LTnivers saccagée et incendiée à diverses époques , elle a toujours trou-
, dans son propre fond , de quoi se relever de ses malheurs». Les superbes Obélisques , les. colonnes .J. les sîalues , le^s bas-reliefs et tant d’autres chefs-d’oeuvres de 1 art , tirés des ruines et des déeom- .bres ,, où les Barbares , ou plutôt l’ignorance les avait enfouis ainsi que les restes d’anciens Temples , d’Ares de Triomphe , de Cirques , de Théâtres ^ d’ Amphithéâtres ^ de 'Thermes ^ de Te rn b eaux d’Aqueducs et d’autres édifices qui s’y trouvent , frappent d’étonnement et d’admiralion les yeux de l’Observateur ^ parr rareté et leur magnificence 5 et.
XI l
'^vant’-Proj)09 .
«clifi!^r'" qae plnsienrs des -
r en n ,,e R,,,,, r en aux anciens : par tout on voit des E-
b -ses célébrés des palais somptueux et î ehes en tableaux-., des places magnifies de belles fontaines, des maisonsle plaisance , ou sont de superbes peintures et des seul ptnres anciennes : il y a
enhn deux musées qnj renferment une quantité prodigieuse de chefs-d’oenvre de * seulpture Egyptienne, Grecque , et Romaine . Les Bramante, Raphaël , Michel- - ^<^ge, les Carraches , Vignole , Bernin,- Ganova et tant d’antres célèbres Artistes
semblent avoir- été suscités par laprovi--
fience , pour enrichir Rome et en faire la Ville la plus magnifique et la plus curieuse • «U Monde entier.
Les rëv'olütions qni'ont agite l’Europe à*' la fin du siècle passe , et au commence-' ment de celui où nous vivons , avaient enlevée a Xxome les chefs-d’oeuvi^e^ princi-* paax de la sculpture ancienne , et de la peinture moderne 5 Rome avait perdu ses ^ plus beaux ornemens , et elle avait ëlë de-'' pouillee de ce qu’elle possédait déplus pré-‘ cieux . C’est a notre Saint Père que nous' devons le retour des statues, des tableaux, et des anciens manuscrits 5 c’est par les ’ soins du Marquis Canova que l’Apollon,le Laocoon , et la Transfigaralion sont re- '
l Plate i il' i‘/“ i.t t '
't Piatea Coh’ /' /<). Au^ "S Plutca A- IH U
t^Ca jiitoihiat
(6 Coloircunt
7 S. inna> tu / at oytHio
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11 WLatca. 'lerhtxtût l'iPlatçcL JHùpaniw
n Fortusr I^ipcr minorL /4 TlatccL de R()tu,aàa.
f J Plateaihauonc -
16 Falathirnfaï i^iLin
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K)‘S Maria in Tntnfs ttberim
'iO'Ma/llicct Vatîccinn
V^^tLl/Pi
Avant’ Fropos .
tournés an Vatican . Après le retour de ces monumens la Ville Eternelle a repris sa splendeur primitive , laquelle s’est augv-r mentée encore d’un autre côté . Depuis le commencement de ce siècle , on a travaillé ^ et l’on travaille sans rélachie , pour . • <1
déterrer les anciens monumens ^ j)onr jcsisoler des maisons que la barbarie du moyen âge leur avait adossé 5 et pour les restaurer . Ceux qui ont visité Rome il y a vingt ans ^ n’ont rien viV sous ce rapport : Le Colisée , les Arcs de Septime Sévère et de * Constantin , les Thermes de Tiîus , le Temple de Venus et Rome , celui de Jupiter Tonnant ^ de la Concorde^ jle la Fortune , d’Antonin et Fanstine ^ de Vesta ^ et de la b'ortnne \irde ^ l’édifice cju’on appelé vulgairement le Temple de la Paix ^ l’Arc de Janus Quadrifrons ^ le Forum de Trajan , et la Colonne de Phocas , cesgrands batimens, dis-'je , offrent un aspect^ bien différent .
En pensant aux monumens anciens ^ on n’oublie pas de décorer la Ville de nouveaux édifices : on bâtit une nouvelle galerie au- Vatioan , dont l’ornement principal sera formé par le Kll , la Minerve dite Medica^ l’Antoine , etc* et on a formé deux jardins publics aux deux extrémités de la Ville l’un vers la porte du Peuplé , sur- le Mont^ Pincio , l’autre sous le Mont Celio, près diy.
Lo i I s e e .
Ox) peut dire qne Rome par sa position
Avam-Propos'.
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Arts . C est pour cela , que la France U
Koyaume Lombard- Vénitien et l
gotnernemens étrangers y entrehe " clés Academies et des Elèves. Aussi !ô Goi.vernement d«-pay.s, q„i , toujours -^nrages , vient-il d’ouvrir un ètablisseent , ou pour mieux dire , une Univer- Mte pour ceux qui en veulent apprendre les Elemens . L’Académie de St. Luc nu 5
jnsqu’ici n’était qu’une Société' d’Artistes comme les Sociétés littéraires-, vient d’èt'; formée ponr l’instruction des jeunes gens .
‘ a créé des ecoles élémentaires et supérieures d’Architecture , de Sculpture , et f-e Peinture , auxquelles- on a ajouté les é-
Cûles accessoires , telles que l’Anatomie , la Perspective , l’Archoeologie , les Costumes etc. Ges écoles sont ouvertes tous. Jc*s jours , à l’exception des Fêtes' et desjours de congé , et.tout le monde y pen» concoarir. ^
Quant aux Etablisseraens littéraires, outre les deux Universités dites de la Sapience et du Collège Romain , il faut compter le Collège de Phopaganda- ponr les Nations- Orientales , les Coll èg;e8 Gliisiiieri , Nnzz^ieno , et Clementin • l’Académie CatholîC|ne ponr des sujets Tîiéologiqnes et Fliilosophiques ^ ^Académie dite des Lyiicées» pour les Sciences exactes j 1’ Académie* cl iirohoeologie ponr les Antiquités et îa HhiloJogie y et enfin ^ l’Académie dite des-’
Avant-Propos I XY
OÊmmmmmmÊmÊmÊtmmmmmmiÊÊ^tmm ■ .1 ■!«■- ■ ■■ __
Arcades poor la poésie et la Langue Tienne . Il y a aussi beaucoup de gens de lettres , et peut être en plus grand nombre qne dans toute autre Ville de TItalie ^ je craindrais d’étre trop long si j’en voulais donner le nom .
Les manufactures principales c\e Rome sont les camées , les médailles , les mosaïques , les sculptures^ les peinturées, les gravures , et enfin tout ce qui a rapport aux arts. On y fait aussi quelque commerce de soieries , de draps , de ilenrs artificielles , de peignes , de cordes harmoniques ,
• de chapelets etc. Mais en géréral , excepté les objets d’art , les antres manufactures ne fleurissent guère à Rome .
Les établissemens de charité abondent à Rome , sans compter plusieurs établis^* semens de ce genre qui sont entretenus par des dations étrangères pour leurs 'nationaux ; il faut remarquer le grand hôpital du St.hsprit , pour tontes sortes de maladies, et meme pour les Er?fans trouvés et les fous • l’hôpiîa) de St. Jacques des Incurables pour les j>laies , et les maladies vénériennes ; Thôpital de la Coiisolazionc pour les blessés ; Hiôpital de St. Jean de I^atran pour les femmes attaq!\ées de lafièvre 5 riiôpital de St.Galli can p(*ur les, maladies cutanées • et l’hôpital de StJloclj. pour les femmes en couches . U y a encore plusieurs maisons de réclusion , et des conservatoires pour les personnes pau-
XYl
Avant-Propos .
A remarquables sont îe'
grand hospice de St.Michel pour les 4r-
V eiiiard , le Conservatoire des Mendicanu i^our des filles orphelines ; la mal
,1” f!"] 1 et les deux maisons
sexesl""
‘ - pas H«e Ville très gaie pour
Pes ami mens il y a cependant nn'amph.theatre en briques où l’on donne la joute dti Taureau et des fenx d’artifice
grand Théâtres ap- 1 es d Alibert , d’Argentine et de Tordinone pour le grand opéra , le théâtre Vaiie ponr les opéras ordinaires et d’antres petits Ihéihres pour les comédies et ies spectacles de marionnettes , tels qn®
ceux de Caprar.ica , de la Paix et de Pal-iaeorda .
Il faut avouer cependant qu’il n’y a pas' de Ville où le mérite de la Musiipie soit mieux entendu qu’à-Rome^ jusqu’à la populace , a une oreille parfa-ite pour en décider .
Tes ceremonies Réligieuses tiennent à' Rome le premier rang 5 c’est-ici qu’on jouit des plus grands spectacles en ce geni*e ^ c’est ici que la Réligion se montre dans tout son éclat , et dans tonte sa majesté . Il n’y a pas de Ville où l’on puisse voir des cérémonies telles que celles de la Semaine Sainte , de la Féte^Dien ,.et
Jvant-Tropos .
xvn
de Noèl , qui se font à St. Pierre . Je les décrirais volontiers, si cela n’avait été déjà fait par d’antres , et principalement par Mr. l’Abbé Cancellieri dans son ouvrage snr le Noèl , la Semaine Sainte , et la Fête de St. Pierre .
Tels sont les objets qui attirent à Rome tant d’Etrangers de tont rang 5 les uns y viennent pour admirer les raretés anciennes et modernes ^ les antres jjonr y apprendre on pour se perfectionner dans la peinture , sculpture et architecture , parce qne 1’ on trouve à Rome plus que par tont ailleurs , des modèles et des originaux parfaits • Enfin , comme cette Ville forme encore aujourd’hui , 1’ empressement de toutes les Nations , les Personnes de bon gofit s’y. plaisent infiniment , tant pour la mémoire de la grandeur et la dignité des choses qui s’y sont passées , . qne pour le désir d’y goûter une vie libre et tranquille qd’il est difficile de IronveE.aillenrs »
xvni