JARDINS FARNÈSES
Paul 111 de la Maison Farnèse» fit cons-> truire ces jardins » qui appartiennent aujourd’hui à la Cour Royale de Naples»aiusi que tous les biens de la Maison Farnèse, La principale entres est sur le Purum » vis-à-vis la Basilique de Constantiii » ov) est un portail d’une belle architecture de Vignolcjorné de deux colonnes d’ordre Dorique » qui soutiennent un balcon . Ççç
iq6
Ithiraire de Rome .
jardins étaient autrefois aussi agréables par les allées 3 les bosquets et les foiitai~ nés qu’ils renfermaient , que riches par les statues , bas-reliefs et autres marbres que Paul l ll y avait fait transporter du Colisée et des Thermes de Caracalla , et qui , dans, le dernier Siècle , ont été envoyés à Naples. .
Ou voit maintenant dans ces jardins une partie des portiques extérieurs qui décoraient le palais, des Césars y des restes, des salles 5 et d.u théâtre bâti dans, l’intérieur du palais par Caligula deux petites, chambres, dont les. peintures et les dorures sont fort bien conservées , et qui paraissent avoir servi de. bains ; ces chambres sont connues, sous le nom. de Bains, de Livie et enfin beaucoup, de fragmens. de marbre qu’ on a rassem-
blés. sons, un petit bosquet d« chênes, verts. Ce sont des restes de l’entablement de la frise , des corniches et plusieurs, chapiteaux Corinthiens 3 JoniqueSs et. Composites 3 tous d’un travail exquis qui fesaient- partie du célèbre Temple d’Apollon 3 bàd par Auguste 3 après la victoire d’Actium3 sur le Palatin , et qui était dans ces.environs . C’est pour cela, qu’on, voit parmlles ornemens.de la frise et de la corniche des griphons j Ct des tridens avec deux dauphins entortillés ; ces derniers, étaient- placés comme un symbole. de h. victoire navale y les griphous ér
Seconde Journée .
taiciit des animaux fabuleux consacres Apollon ; on y voit aussi des trophées C; des victoires sculptes • La Société littéraire j connue sous le nom d a tenu } dans le Siècle passé y ses séances sous ce bosquet ; c’ est pour cela qu’on voit son emblème la syrinü de Pan cou- Tonnée d^ une bTanche de p!fi et de laurier ) sculptée sur un disque de marbre .
En continuant à monter sur le Palatin, on trouve la njUla Spada, bâtie sur les ruines de la maison d’Auguste, Dans une chambre du rez-de-chaussé de la maison on voit un joli portique formé par quatre colonnes de granit gris avec des fresques de Jules Romain, qui représentent des Vénus, dont l’une , dit-on- par Raphaël» Ces fresques sont en bien mauvais état, mais la voûte , peinte en arabesques dans la manière antique, est belle et bien cout servée 5 il y a deux petits tableaux , l’un représeiite Hercule et d’âûtres divinités , et l’autre les Muses . Dans cette même <villa @n descend dans, trois chambres antiques fort bien conservées, découvertes en 1 777 par le chevalier Rancoureil . El. les appartiennent au premier étage de là maison d’Auguste , et ne sont point des bains comme on le dit ordinairement. On doit admirer le beau plan de ces chambres , et la perfection de leur structure * Dans le jardin contigu à la villa Spada sont les restes d’une grande cour oblon-
ltîf]éTah‘e de Æovje-,
loS
gue, qu on croit avoir servi d’Iiippodrome ail palais , et une grande salle dont la voiite est parfaitement conservée et décorée de caissons en stuc .
Après ce^jardin vient celui du collège Anglais , où l’on peut monter sur tes por« ti^qnes de 1 ancien palais j et jouir de là d’une vue magnifique . En sortant de ce jardin et en prenant la rue à gauche vers le Colisce 5 on passe près de i’acqueduc qui portait- l’eau Cluudienne au.palais des Césars ^ et q-u on croit bâti par Septinic Sévère . Ensuite ou trouve
L’ARC DE CONSTAMTiN.
Cet Arc triomphal est le pins. magnifique , le plus riche et le mieux conservé; de ceuJt qui existent dans Rome moderue .. Il fut élevé et dédié > par le Sénat et Je Peuple Kornain^à Constantin le Grand,, à la mémoire de la célèbre victoire qu’il i'emporta.sur Maxence U est à trois arcades j orné- de huit belles colonnes cannelées et d’ordre Corinthien > dont sept sont de jaune antique et une de marbre blanc,, et de plusieurs bas-reliefs qui ne sont pas d’un égal mérite ..
Les bas-reliefs de la frise , représentant la prise de Vérone et la victoire .:àpcfjte-rrjoùs: 3 aind que les qwatre Renommées et les deux ronds qui sont aux côtés de l’Arc J sont fort mauvais et se ressen- ^üt de, la décadence des arts , sous.Ccn-
Al’CO di Coslantino Mag’iio Arc.de Coiistaniia leGrmid
sV'
xi-'
,^r > ■ ■■ fî- -i ‘ * Vv:.*
i j3- ■ kv ■■ ■ f«'-i . Vk --■ <
’ ■ ^ y- -'•• JÈ.- 4'“» ‘ . ■ '
V Jî
Seconde JcuYfî > .
I Cf
stantin : les autres sont très bien sculptés : ils ont été tirés d’un des Arcs de Trajan, leqnel fut construit dans un te-ms où fleurissaient les beaux arts . Ces superbes bas-reliefs qui représentent divers exploits de Trajan j sont au nombre de dix huit : il y en a dix de forme carrée , dans TAttique ^ huit roads sur les deux petites arcades • Les deux autres plus grands j au dessous de la grande arcade sont aussi du teras de Constantin , mais ils ne sont pas si mauvais que les autres • Les quatre bas-reliefs » situés dans t’Attique j entre les statues ? sur la faça. de qui regarde le Colisée j représentent l’entrée triomphale de Trajan à Rome ^ la voie Appicnne prolongée par luijjusqu’ à Brindesî le même Empereur qui pourvoit de vivres toute l’Italie ; et Trajan qui est supplié par Parthimasire , de lui rendre le Royaume d’ Arménie ^ ôté' à son Père . Les deux bas-reliefs situés pareillement daasl’Attiquejaux côtés de l’ArCj formaient auparavant , un seul morceau ; on y voit la bataille donnée par Trajan 5 et la victoire qu’il remporta sur Décébale , Roi des Daces . Les quatre bas-reliefs de l’autre coté de l’Attique , représentent Trajan qui déclare Parthénaspate , Koi des Parthes; la découverte d’une conspiration tentée par- Dé’cébale contre Trajan : le meme Empereur qui fait un.
dise, ours ;V scs Soldats;, et enfin Trajan
no
Itinéraire Je Rome
offrant^ le sacrifice appelé suoveiaurliia . l-es mm ronds qui sont stir les petites
• arcades , représentent différentes chasses €le^ rrajaij , et des saoifices offerts pir le
meme Empereur, à Mars , Apollon , Uia, lie et Sylvain .
Ees huit prisonniers Daces , sculptés en marbre violet 5 que l’on voit sur l’entablement , appartenaient aussi au meme Arc de rrajan j ainsi que les superbes colonnes de j>mne antique et toutes les corniches . On lit dans plusieurs livres que laureutin dé Medicis en fit enlever les têtes , qu’il envoya à Florence ; mais cela n est pas confirn-é par les critiques modernes , surtout depuis que l’on a trouve. 1 une des tetes dans une ouille faite au pied du même Arc . Clément Xll fit refaire ces têtes par Pierre Ilracci , sur des modèles antiques • Cei Arc, avait aussi des ornemens en porphyre , en bronzes, et il y a une chambre dans l’Attique . La partie supérieure devait être ornée du char triomphal de Constantin , attelé de quatre chevaux de bronze. Pie VII en 18043 le fit entièrement découvrir , ainsi que celui de Septime Sévère ; on a ainsi le plaisir de voir l’ancienne voie Triomphale .
Entre le Colisée et l’Arc de Constantin on voit un pan de mur en briques de fi* gure Conique ; c’était une fontaine ancienne pour le service de TAmphithcàtre,
Seconde ^otirnês*
qu’on appelait meta iudans y parcequ’elic avait la même forme que les bornes du Cirque qu’on appelait Metae .
On passe <i’ici au fameux
amphithéâtre FLAVIEN, VUL-
GAlREMfcN r APPELÉ COLISÉE .
L’Empereur Flavius Vespasien j après son retour de la guerre contre les Juifs j l’an 72 de l’ère Chrétienne j fit construire ce merveilleux Amphithéâtre , dans l’endroit oîi étaient auparavant les étangs et les jardins de Néron, c’est.à.-clir.c près, que dans le milieu de Rome auciemie , Beda, écrivain du. huitième Sièciejest à.no- • tre connaissance le premier qui ait appelé l’xAmphithéa.tre du nom de Culhte , Il paraît que ce nom lui a été donné à cause de sa grandeur gigantesque . On prétend que le meme Empereur employa pour le construire 5 cinquante trois milîons et demi de francs-, et douze mille Juifs de ceux , qu’il avait fait esela.Ves à la prise de Jérusalem \ et qu’il fut terminé en cinq années . Ce fut Titus qui l’acheva et le, dédia à..; Vespasien 3 son
père
On sait que les dédicaces étaient différentes , suivant les. édirices qui enétaii nt 1 objet : la dédicace des T luatres se fai.’.' sait par un jeu scénique ; cellt' des,Ciro ques 3 par la course des chars ^ celle des; Naumacliies 3 par des combats sur l’eau
littéraire de Rome •
et celle des Amphithéacres, par des corn* Dats de Cïladiatcurs et des chasses de bé* tes Féroces . On raconte que Titus fit paraître 5 le jour de la dédicace de cet édifice J cinq mille animaux de toute espèce, qui furent tous tués t outre ces jeux on y fesait des combats navaux , par la faciHte que 1 on avait de l’inonder , quoiqu il y eut des Naumachies • II n’y avait d autre différence entre les Amphithéâtres^ et les Théâtres , sinon que ceux-ci avaient la forme d’un demi-cercle, et que les Amphithéâtres formaient un cercle entier ^ de manière que c'était comme deux Théâtres réunis •
Ce superbe édifice , presque tout composé de blocs de travertin , est élevé sur ueux degrés où sont posés les arches extérieures . On reconnait , par ce qu’il en reste actuellement, que tout l’édifice était extérieurement environsé de trois rangs d’arches , elevées les unes sur les autres, et entremêlées de demi-colonnes qui soutenaient leur entablement . Chaque rang était composé de quatre vingts arches , aveo autant de colonnes 5 c’était par là que les doubles portiques recevaient la lumière. Tout l’édifice était terminé par un quatrième rang de pilastres, beaucoup plus haut que les autres , et formé par un mur circulaire , percé de quarante fenêtres intermédiaires • Le premier des quatre ordres d’architecture qui ornent
- ^ • Si
:*’^ 'ir ■
.' fc '
Seconde Jour fiée » JivJ
^es arches j est Dorique , le second Joniqiie ; le troisième et le quatrième sont Corinthiens . •
Les arches du premier ordre sont marquées par des chiffres Romains $ ces arches étaient autant d’entrées qui 3 par le moyen de 20 escaliers intérieurs, conduisaient aux portiques supérieurs et aux gradins ; de manière que chacun pouvait aller sans difficulté à la place qui lui était destinée ; et que les jeux terminés 3 les Spectateurs pouvaient sortir sans confusion et en très peu de tems . '*
Eatre les deux arches numérotées XXXVllI et XXXIX , on en voit une qui ne l’est pas , et tout l’entablement manquant entre les deux chapiteaux des colonnes de cet arche jusques au piédestal des colonnes supérieures : cela fait croire que c’était là qu’appuyait le Rropylée,ou portique , qui partait du palais et des Thermes de Titus , sur Je mont Esquilin et servait à cet Empereur de passage et d’entrée particulière au Colisée ; il aboutissait à une espèce de salon 3 qui est ancore orné de stucs , d’oîi les Empereurs passaient pour aller sur le podium .
La Forme de ce vaste édifice est ovale :
lia 1641 pieds de circonférence extérieure et 1 57 de hauteur . On peut dire que tout y est fait avec la simplicité et la so- 'dite qu exigent la grandeur et la masse ü un SI magnifique monument, dont l’im-
Itinêrahe de Rome .
mensité ne se peut bien comprendre qa’en
le voyant du premier et du second étage des portiques °
Ou a démoli dernièrement les murs qui fermaient les arches du premier ordre, et on a découvert les colonnes et les pila-, stres qui se trouvaient presque à, moitié sous terre : tous les; doubles portiques ont été déblayés j' de manière que l’on peut sé promener par dessous'et admirer l’élévation étonnante et. l’enceinte intérieure de ce süpérBe édifice .
Au dessous du niveau actuel de l’arène' bnf été trouvés des murs parallèles et elliptiques* 5 qu’on a dit avoir servi à soutenir l’arène même j mais leur construction paraît plutôt' un ouvrage. du moyen âge. On a découvert en cette occasion des allées et plusieurs escaliers souterrains, dont le plus remarquable fut celui qui servait aux Empereurs pour' passer secrètement du palais Impérial du Palatin à l’Amphithéâtre j et oh Comniode fut attaqué en vain par des conjurés .•
On y a trouvé aussi plusieurs' morceaux de colonnes de marbre, de statues , de bas-reliefs, et • d’inscriptions , dont la plus intéressante est celle de Lampadius , Préfet de Rome environ l’an 4J0 de l’ère Chrétienne , parce qu’on y lit qu’il restaura l’arène , le podium , les portes posti«hcs et les gradins pour les spectateurs .
Seconde Jottrtiée»
iif
L’arèisCjOU la place intérieure , avait deux entrées ; l’une vis-à‘ vis le Temple de Vénus et Rome ; l’autre du côté opposé à celle-ci vers Saint Jean de Latran . Près- de cette entrée on voit le magnifique soutien que la munificence de Pie VU a fait bâtir pour prévenir la chute d’une grande partie de l’Amphitéâtre.
La place 5 où l’on donnait les jeux et les spectacles , s appelait ûYttîS j à cause du sable dont le sol était couvert pour la commodité de^ ceux qui exécutaient les jeux . Cette arene est aussi ovale i sa longueur est de 285 pieds sur 1 82 de large et 748 de^ circonférence ; elle était environnée d un mur assez élevé > pour empêcher les animaux de s’y lancer. Il y avait dans ce mur plusieurs ouvertures fermées par des grilles de fer , par où entraient les Gladiateurs et les bêtes féroces . La^saillie'du mur qui entourait l’ar ne 5 s appelait Podium ; c’étaient - là
Fa^milU^* destinées à l’Empereur et à sa famille , aux Sénateurs v aux principaux Magistrats et aux Vestales .
Au-dessus du Mw, commençaient le degrés pour les autres Spectat'eurs : plus eurs portes conduisaient à cette pla.
■ es ,o,ni°oi.
irérok n,ê;- '*‘8''^^, étaient divisés ou ni. » ■ P^tcies y nommées praeciactiones ou P' tôt : la pren/ière était dé
gradins: la seconde , de ij : et la'
ittnêratre àe Rome .
troisième j qui était en bois j en avait 105 celle-ci s’etant brûlée ^ fut restaurée par Héliogabalc et par Alexandre Sévère , comme on le lit dans leurs vies . Cette partie était eavironnée de So colonnes de marbre , qui soutenaient un plafond de bois ) sur lequel se tenaient les ouvriers destinés au vdariam. l.t^ meniana étaient subdivisés par de petits escaliers , pratiqués dans les degrés mêmes qui en faisait la séparation en forme de coins 5 et ils étaient appelés Cunei . Tous les dégrés pouvaient contenir jusqu’à 87 raille spectateurs y et la terrasse qui était au-dessus 5 pouvaient recevoir plus de vingt mille personnes •
Les fenêtres du dernier étage 3 dans la partie extérieure de l’édifice 3 sont surmontées par des trous , qui correspondent à des modillonsy oû Tout croit que posaient les poutres , auxquelles on attachait des poulies et des cordes pour soutenir le l^elarium , c’est-à-dire la tente qui couvrait l’Amphithéâtre 3 pour garantir les spectateurs du soleil et de la pluie •
Ce magninque et superbe édifice est sans contredit 5 le monument le étonnant de l’ancienne Kome • Il ■ a cte ruiné en grande partie par les injures du tems et par les tremblemens de terre • Il est certain qa’une partie était déjà détruite ^ans le XIV Siècle . On a profite des
Seconde Jour niée
iiy
*PV
pierres tombées successivement j pour bâtir le palais de la Chancellerie 5 celui de Venise et le palais Farnèse. Presque tous les trous que l’on voit dans ce monument et dans plusieurs autres ,ont été faits dans le moyen âge > pour extraire les crampons de fer 5 qui liaient les pierres ensemble . Ce chef d’œuvre de l’antiquité a acquis insensiblement tant de pittoresque par sa destruction , que l’on est généralement bien éloigné d’en désirer la restauration . L’ imagination peut suppléer à ce qui y manque , et voir ainsi en entier cet étonnant édifice .
La tradition pieuse que des Chrétiens ont souffert le martyre dans cet endroit, ob il* étaient condamnés , par la cruauté de quelques Empereurs, à être la proie des bêtes féroces , y a fait ériger tout autour quatorze petites chapelles avec les mystères de la Passion de N. S. , et l’on y fait la ceremonie de la Cvueis •
Annexe à 1 Amphithéâtre est une belle prorhenade et un joli jardin public . Deg trois rues qui s’ouvreiit près de l’entrée principale de ce jardin , celle à droite va sur le montCc(?/;»î ; celle du milieu va directement à St. Jean de Latran , et celleà puche était l’ancienne Suburre a voie b plus fréquenté.^ et la plus agréa! blede Rome : mais lorsque Robert Gui.
scard vint àla défense du Pape St. Grégoire Vil en 1084 > il incendia tout cc
iiS
ItïnèvatYt ds Fonte
qui SC trouvait depuis le Capitole jusqu* à St* Jean, de X^atran i les habitans qui transportèrent alors leur domicile dans le Champ ,de,Mars et sur l’autre côté du mont Bsquiliu, vers St. Pierre V'mcolh^ donnèrent, à la rue qui de l’hglise de Ste. Marie des monts va à Ste. Lucie in Selci , le nom de Suhurra qu’elle porte encore aujourd’hui . La rue du milieu va directement à la Basilique de St. Jean de Latran 5 et on y trouve sur la gauche j