‹ Itinéraires de Philippe le Hardi et de Jean Sans PeurChapitre 3 sur 13 · E. SPULLER · texte numérisé non relu

E. SPULLER

INTRODUCTION

Malgré l'intérêt qui s'attache aux ducs de Bourgogne de la seconde race et aux fastueuses magnificences de leur cour, malgré les publications nombreuses dont ces princes de sang royal ont déjà été l'objet, nous croyons que les documents les plus importants qui les concernent n'ont pas encore été livrés à l'impression , et que les comptes de leurs officiers seraient pour la diplomatique et pour l'histoire du XIVe et du xv* siècle l'une des sources les plus précieuses à consulter.

Au nombre de ces documents inédits, il faut citer :

1 ° Les comptes des maîtres de la Chambre aux deniers et des contrôleurs des dépenses de l'hôtel ducal ;

52° Les comptes des receveurs généraux du duché et les comptes des différents bailliages et des châtellenies ducales;

3° Les comptes des argentiers et du garde des joyaux du duc;

4° Le catalogue des mandements et des lettres missives des quatre ducs de la seconde race.

L'ensemble de ces documents formerait pour la période de 1 363 à 1A77, c'est-à-dire pendant cent treize années, et les années les plus critiques de notre histoire nationale, une chronique assurément plus exacte et plus curieuse que celles qui nous

lUMIWElUE NATIOXALr.

h INTRODUCTION.

ont été laissées par des auteurs dont les noms sont connus de tous.

Dans ces comptes, écrits au jour le jour, par des témoins oculaires, il y a beaucoup à apprendre. L'art y fait défaut, non l'intérêt. C'est la matière première de l'histoire. Les scribes inconscients et peu préoccupés du parti que les chercheurs pourront tirer de leurs comptes pour les annales contemporaines, ont inséré les faits les plus importants comme les détails les plus minutieux. En les parcourant, on trouve les renseignements les plus circonstanciés sur les personnages, les mœurs, les coutumes et les arts de l'époque.

La mine n est pajs complètement neuve pour diverses parties, puisque, certains audits comme M. de la Borde, dans Les Duc* de Bourgogne1, et d'autres encore, comprenant à merveille le parti que l'on en pouvait tirer, en ont utilisé quelques-uns des plus précieux filons. Mais la plupart d'entre eux n'ont connu que des fragments, et l'ensemble de ces matériaux, qui apporterait de nouvelles lumières sur tant de points, reste encore à publier.

Malheureusement, bon nombre de ces documents ont déjà disparu de nos archives publiques, et nous en sommes à regretter qu un travail complet sur ce sujet n'ait pas été tenté par les savants des .derniers siècles, alors que l'on possédait la série entière de ces comptes.

Après tant de révolutions et à la suite de la négligence apportée jadis dans la conservation de nos dépôts, nous constatons de nombreuses lacunes, et l'abondance des originaux ne nous fait pas regretter moins amèrement la perte de ceux qui nous manquent.

Gipq cent vingt-cinq ans nous séparent de l'origine de ces comptes, qui établissent jour par jour, heure par. heure, l'emploi

1 Paru, PIoû, t8&9; trois Yolumes in-â* depreures seulement ont été publia.

INTRODUCTION. m

du temps de deux dues de Bourgogne qui jouent uaarôle considérable dans notre histoire nationale. Seraât|il pdssible; «iujeurd'kui de reconstituer avec la même précision la biographie quotidienne d'un personnage officiel queltonqùe de ; nos gouvernements contemporains ? Gela est peu probable. >

Nous donnons ici des extraits des compte* des maîtres de la Chambre aux deniers et des contrôleurs de là dépense ducale, pendant les. règnes de Philippe le Hardi et : de Jean . sans Peur, les seuls que nous possédions.

Ils nous permettent d'établir les itinéraires et les lieux du séjour de ces princes, depuis le samedi 8 juillet i363, jour où le duc de Touraine, fils du roi Jean, partit de Troyes pour prendre possession de la lieutenance du duché de Bourgogne, jusqu'au dimanche 10 septembre 1&19, date de l'assassinat de Jean sans Peur & Montereau.

Pendant les cinquante-sept années qui s'écoulent entre ces deux dates extrêmes, nous avons six lacunes formant une quinzaine d années , que l'absence des comptes ne nous a pas permis de combler.

Il ne nous a été possible de reconstituer ces itinéraires que pendant quarante-trois ans, et encore n'avons-nous pu consulter les originaux que pour vingt-sept années de cette période. Le reste nous a été fourni par des copies du siècle dernier conservées à la Bibliothèque nationale, dans la collection de Bourgogne, et dont le détail est plus loin indiqué. Nous comblons les lacunes de ces dates de séjour par les dates que nous fournissent des mandements inédits.

M. Gachard , dans un Rapport au Ministre de l'intérieur de Belgique,

it INTRODUCTION.

sûr les documents concernant l'histoire de ce pays l et existant dans les dépôts de Dijon et de Paris, avait déjà donné les lieux de gîte de ces ducs pendant une quinzaine d'années9; mais alors les archives de la Côte-d'Or n'étaient pas en ordre, les inventaires n'existaient pas; ce savant n'a eu en mains que la moindre partie de ces documents.

Dom Plancher, auteur de Y Histoire de Bourgogne, et ses collaborateurs avaient bien compris l'intérêt des comptes, soit du maître de la Chambre aux deniers, soit du contrôleur de la dépense de l'hôtel, quand ils disaient3 : «Cet officier accompagnait et suivait le duc partout, marquait exactement tous ses voyages, les lieux où il dînait, ceux où il soupait et couchait chaque jour. Il marquait avec la même exactitude les repas qu'il donnait au roi, aux princes, aux ambassadeurs et aux étrangers qu'il recevait et traitait4, a

Il faut dire que tous les comptes ne contiennent pas les mêmes détails avec autant d'abondance, et que plusieurs copies, qui font regretter la perte des originaux, renchérissent encore sur la parcimonie de la narration du comptable.

Ces itinéraires fournissent aussi des indications précieuses pour les séjours royaux qui ne sont point indiqués ailleurs, et dont la précision est incontestable ; séjours qui ne sont pas toujours d'accord avec les dates des mandements, car il est établi que la chancellerie royale n'était pas toujours avec le souverain dans certains déplacements de courte durée, surtout lorsque ces déplacements

1 Bruxelles, Hayez, 18 43, in-8°. Pu- Plancher n'a pas suffisamment connu ces

blié de nouveau dans les Voyages des sou- comptes et qu'il n'en avait consulté que

verains des Pays-Bas, Bruxelles, F. Hayez, la moindre partie, car les documents que

1876, 4 vol. in-4\ nous publions rectifieront bien des erreurs

' De 1395 à i4oa et de i4n à 1Û19. commises par ce bénédictin et ses collabo-

3 T. III, p. 38. rateurs. — En revanche, il en a connu

* Il nous semble cependant que Dora d'autres que nous n'avons plus.

introduction: v

avaient lieu dans des localités qui n'offraient pas des ressources suffisantes pour y loger le roi et la cour.

Ce qui est pour nous l'objet d'un grand étonnement, c'est de voir la multiplicité et la rapidité relative de ces voyages. C'est de voir les princes de la maison de Bourgogne toujours à cheval, faisant chaque jour avec leur suite des trajets considérables, restant parfois des mois entiers sans repos, franchissant la distance de Dijon k Paris en trois jours, partant de là en Flandre; guerroyant en Normandie, en Guyenne, en Bretagne, en Touraine, en Lyonnais, en Berry, en Picardie, en Artois, etc., ne paraissant jamais fatigués, occupés à la chasse dans les courts intervalles de séjours , ou bien jouant à la paume ou aux dés. Qu'on les suive dans ces itinéraires et l'on verra que l'homme le plus robuste aurait peine à s'accommoder d'un tel genre de vie, avec la facilité de locomotion que la civilisation moderne met k notre disposition.

Philippe le Hardi mourut, comme il avait vécu, en voyageant. N'est-il pas étrange, que la veille même de sa mort, et alors qu'il était k toute extrémité, il donnait ordre d'aplanir les chemins, et se faisait transporter en litière , de Bruxelles à son château de Hal , où il mourut.

Même intrépidité de la part des dames, et même absence de toute préoccupation et de soins personnels. Marguerite de Flandre dut k sa robuste constitution de faire de longs et pénibles voyages , et de donner de nombreux héritiers à Philippe le Hardi. Les comptes qui nous restent des dépenses de son hôtel sont fort intéressants.

Pour ce qui concerne Jean sans Peur, on peut le suivre depuis sa naissance k Dijon , le mercredi a 8 mai 1871, jusqu'au dimanche 10 septembre 1&19, à Mon ter eau crouquellieu mon dit seigneur fut traytrusement occis et murdry». Pendant les quinze années

vi INTRODUCTION.

de son règne, il eut de rares et de courts séjours en Bourgogne. Trop activement mêlé aux événements de l'époque, on le trouve presque toujours en France, à Paris ou aux environs, dans les provinces du Nord et en Flandre.

Si Ton joignait à ces itinéraires le dépouillement des comptes, dont on ne peut donner que de trop courts extraits dans ce volume, on entrerait dans les détails les plus intimes et les plus complets, relatifs à la vie quotidienne des personnages qui y figurent. Nous verrions apparaître dans les pérégrinations de la cour ducale, sans cesse en mouvement, les ménestrels, les joueurs de viole, les harpeurs, les jongleurs, les bateleurs, les «astronomiens» et les devins, les joueurs de vielle, de clique, de couteaux, d'épée, de tambourin, de sonnettes, les «physiciens», les trymaigiers», les fous de la duchesse, les nains et les géants du duc,etc*.

Organisation de l'administration de l'hôtel ducal. — Maîtres d'hôtel. — Maîtres de la Chambre aux deniers. — Contrôleur des dépenses de l'hôtel. — Clercs d'office.

Il est indispensable, pour avoir une idée exacte de l'intérêt de ces comptes, d'exposer ici quelle était à l'époque qui nous occupe l'organisation de l'hôtel des ducs, et de connaître le rôle des officiers préposés à l'administration de ce service.

Le premier maître d'hôtel avait la haute main sur la maison ducale. C'était toujours un des grands seigneurs de la province,

1 Nous ayons réservé pour une publi- deux cents noms d'artistes la plupart incon-

cation à part tout ce qui concerne les «Es- nus, accompagnée de dates certaines, fera

crivains de forme, les enlumineurs, les par- sans doute retrouver quelques-uns des au-

cheminiers», pendant la même période des teurs de ces merveilleux manuscrits qui sont

xît* et xv* siècles. Une liste de plus de arrivés jusqu'à nous.

INTRODUCTION. vu

duquel relevaient des maîtres d'hôtel ordinaires, qui remplissaient leurs fonctions par quartiers de six mois.

Chaque jour, des clercs d'office inscrivaient la dépense sur des bandes ou rôles de parchemin, d'une largeur d'environ âo centimètres, sur une longueur variable de 5o à 80 centimètres, suivant l'importance et le nombre des achats. Ces rôles ne sont jamais écrits que d'un côté, au blanc, comme on disait, et contiennent le détail des acquisitions journalières ipanneterie, échansonnerie , fruiterie 9 écurie , fourrière , cuisine, extraordinaire.

Le nombre de ces rôles est de deux, trois, quatre, cinq, par chaque journée, et varie naturellement en raison de la multiplicité des achats et des réceptions faites par le duc. Les rôles de chaque journée devaient être attachés, et à la fin de l'année l'ensemble de ces feuilles pouvait monter à quinze ou dix-huit cents.

En tête de chaque rôle, sont inscrites plusieurs lignes comprenant la date exacte du jour, la localité où séjourne le duc, où il dîne, où il soupe, les noms de ses hôtes, s'il en a. Plusieurs clercs plus consciencieux y ont ajouté encore divers renseignements et nous font assister k tous les événements de la journée.

La série complète de ces rôles ou escroes serait des plus intéressantes, mais il ne nous en reste que des fragments sans suite dans les archives de la Chambre des comptes de la Côted'Or, qui paraissent avoir été depuis longtemps dépouillées de ces liasses regardées comme trop encombrantes. On en retrouve également çà et là, dans les archives de Lille, et dans des collections particulières, des bandes détachées que leur isolement rend sans grand intérêt, mais dont l'ensemble et le groupement constitueraient une source historique d une haute valeur.

Au point de vue de la comptabilité, les escrocs étaient à peu près inutiles puisque les comptes des maîtres de la Chambre aux

vin INTRODUCTION.

deniers et des contrôleurs de l'hôtel ne sont que les résumés de ces escroes et portent l'ensemble de la dépense journalière.

Ces derniers documents, au point de vue des itinéraires dont nous nous occupons, fournissent donc la même nature de renseignements, puisqu'ils reproduisent 1 en-tête de chacun des rôles des clercs d office.

Les faits qu'ils relatent, quoique sommairement, ont une grande importance historique, et nous fournissent une base chronologique d une sûreté irrécusable. Ils nous permettent de rectifier bien des erreurs répétées par les divers auteurs qui se sont occupés de cette époque, et dont les assertions n avaient pu être contrôlées.

Malgré ces trois ordres de documents, qui pourraient nous aider à reconstituer la série non interrompue des itinéraires , avec cet avantage de trouver dans les contrôles de l'hôtel le relevé des rôles de gages, il subsiste encore les lacunes dont nous avons parlé. Nous pouvions à la rigueur y suppléer au moyen des mandements et des lettres missives, mais les dates n'en sont pas toujours aussi rapprochées ; il en résulte que , pour les périodes correspondantes à ces lacunes, notre travail est forcément incomplet et n'offre ni la même nouveauté ni le même intérêt que pour les autres périodes. Nous avons cru toutefois ne devoir pas y renoncer.

C'était le maître de la Chambre aux deniers qui examinait les comptes des clercs d'office et réglait le payement, au moyen des fonds que le trésorier lui fournissait. Le contrôleur vérifiait les comptes des uns et des autres. Le décompte se faisait au moyen de jetons ou m ère aux, et c'est ce qu'on appelait jetter la despense.

Lorsque Philippe le Hardi n'était encore que duc de Touraine, l'hôtel ducal n'était pas encore organisé. Son secrétaire, Thomas de Chapelle, qui était en même temps son aumônier, en avait seul k direction; il rendit ses comptes jusqu'à la fin de février 1 368.

INTRODUCTION. u

Huet Hanm, trésorier du duc, lui succéda jusqu'au mois d'août

Le mariage de Philippe le Hardi avec Marguerite de Flandre, célébré le mardi 1 9 juin de la même année , en augmentant les charges de la maison , donnait à ces fonctions de maître de l'hôtel une importance nouvelle.

Maciot Esttbourt fut commis k faire les dépenses de l'hôtel depuis le 18 juillet 1369; puis Etienne de Heiz, chapelain de Philippe le Hardi, du ier janvier 1871 à fin mars suivant.

Le 9 5 janvier 1871, le duc, voyant la grossesse de la duchesse très avancée et voulant enlever à Robert d'Amancé, son trésorier, le surcroît de travail qui lui incombait par suite de doubles fonctions, créa définitivement la charge de maître de la Chambre aux deniers, dont Regnault Gombaud fut le premier titulaire et dont il ne commença à rendre ses comptes que le 1er novembre 1371,

Les noms des maîtres de la Chambre aux deniers et des contrôleurs de l'hôtel ducal sont indiqués plus loin , avec la nomenclature des comptes qu'ils ont rendus; ce serait un double emploi de les rapporter ici.

Les devoirs de cette charge s'accrurent beaucoup dans la suite avec le nombre croissant des enfants de Philippe le Hardi. André Jus tôt 9 qui remplaça Regnault Gombaud le 1er août 1378, comme maître de la Chambre aux deniers, et qui exerça cette charge en 1379, fu* Ie dernier qui eut la direction des dépenses de l'hôtel du duc en même temps que de celles de la duchesse et de leurs enfants. Comme cet officier ne pouvait être partout, avec le duc quand il était absent de ses Etats, avec la duchesse quand elle était en Bourgogne, avec les enfants qui étaient parfois dans des localités différentes, il fallut dédoubler cet office. La duchesse eut comme le duc une maison montée sur le même pied, et un maître

taraiataii «atioxals.

i INTRODUCTION.

de la Chambre ajix (tanière, charge de la direction et rendant des comptes comme le premier.

Malheureusement les comptes des un» et des autres nous font absolument Refont pour les années i38o, i38i, t3Sa, époque à laquelle eut lieu cette transformation et ce dédoublement. C'est Tune de nos regrettables lacunes.

Philippe le Hardi et Marguerite de Flandre avaient alors cinq enfants : Jean, comte de Ne vers1, plus tard Jean saqs Peur; mesdemoiselles Marguerite^, Catherir\e3, Bonne4, et Antoine Monsieur5, sans compter faux autres fils, Charles6 et Louis 7, morts peu après leur naissance. Nous ne parlons pas des enfante qui vinrent après cette époqije, et dont plusieurs, décédés jeunes, ne sont cités ni par les historiens ni par les généalogistes.

Les comptes des dépenses de l'hôtel de la duchesse Marguerite de Flandre et de 1* duchesse Marguerite de Bavière offrent des séries bien moins complètes encore que ceux des ducs. On peut même dire que nous n en avons plus que des fragments, ainsi que de ceux des princes, leurs enfants.

Ce* comptes offriraient d'ailleurs quelques lacunes, car lorsque

1 Né en 1371 à D\jon, le mercredi a 8 mai, baptisé le Ç juin par févêque de Carpentras, marié le 13 avril i385 avec Marguerite de Bavière.

* Mar^uçrite, aée k Montbard en octobre 1376, baptisée le a a de ce mois au château de Montfort (voir nos itinéraires), proroge en 1878 à Léopold, fila de Léopold, duc d'Autriche, mariée le. ta avril i385 à Guillaume de Bavière, comte d'Ostrevant.

9 Cqflparine, née à Moqfcbarcl e& mi 1378, mariée en i388 à Léopold, fils de Léopold, duc d'Autriche.

4 Bonne, née en 1879, fiancée le

ù\ avril i385 k Jean» fils qV Louis, duc de Bourbon , et morte sans alliance à Arras , le 10 mai 1398.

6 Antoine, né en août i384, comte de Re{bel, puis due de Limbourg et dç Brabanl, fiancé le 10 novembre i4oi à mademoiselle Jeanne de Sainl-Pol , mort le s 5 octobre i4i5, k la bataille d'A&ncourt.

* Charles, né le 18 avril 1373, baptisé le ai avril 1873, filleul du roi Charles V, mort à Rouvre le 11 juillet 137a à on* heure du mjtfip (voie m itinéraire^

7 Lojuia, né en juillet 1377, baptisé à Dijon le 5 août 1377, par l'évéque de Beauvais, enterré k Gtteaux le 10 janvier 1378.

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la duchesse était près du duc, le service de son hôtel cessait, et la dépense était portée dans le compte du maître de la Chambre aux deniers ou du contrôleur de l'hôtel ducal. Il en était de même quabd le duc et la duchesse étaient avec leurs enfants , la dépense de ceux-ci n'était plus enregistrée à part et se trouvait absorbée par la dépense générale de l'hôtel ducal. C'est avec les escroes de la duchesse, qui portent sur moins dune année (i38A-i385), que M. Marcel Canat de Chizy a pu donner un livre intéressant sur la vie intime de Marguerite de Flandre et sur l'état de sa maison \ auquel nous empruntons plus d'un renseignement utile.

Nous avons relevé un certain nombre des escroes de la duchesse; car il est parfois intéressant de suivre parallèlement ses faits et gestes en même temps que ceux du duc; mais nous ne publions pas l'ensemble de ces derniers documents; nous n'en reproduisons que des fragmente quand ils peuvent être utiles à l'histoire générale.

Les articles des escroes mentionnent ordinairement le séjour et le giste du duc , souvent le ditner, plus rarement le boire du matin. Le souper avait toujours lieu le où le duc couchait, ainsi que le boire du lendemain matin. De ces trois repas, le dîner et le souper, qui correspondaient à nos heures actuelles du déjeuner et du dîner, se faisaient seuls avec apparat et offraient seuls de l'importance au point de vue de l'honneur à faire aux personnes invitées.

Intérêt des itinéraires au point de vue de la critique' historique en général , de la géographie et de rhirtoire militaire en partkrtdier.

Ces itinéraires intéressent beaucoup plus l'histoire de France

1 Paris, Auguste Àuî>ry, 1860, in-8# de 168 pages.

xii INTRODUCTION.

en général que l'histoire du duché de Bourgogne , où Philippe le Hardi et Jean sans Peur ont fort peu résidé. Ces deux ducs jouent d'ailleurs dans les événements de leur temps un rôle prépondérant. Pas un fait important n'a lieu sans leur participation, et leur existence est bien autrement mouvementée que celle du roi, A ce point de vue, les comptes de leur hôtel offrent plus de variété et d'intérêt que les comptes royaux qui nous sont conservés.

Dans les courtes lignes de ce journal sommaire, que de dates précieuses pour les faits militaires, pour les sièges des places fortes, et combien d'indications révélatrices viennent éclairer d'un jour nouveau les annales de cette époque !

On voit, en parcourant chacune des campagnes relatées dans cette chronique quotidienne, combien d'incertitudes peut faire cesser la connaissance des comptes que nous publions, et dans quel cadre précis se meuvent les faits et les personnages de Froissa rt. Pas de phrases, tout est raconté en quelques mots.

Il n'est pas un fragment de ces itinéraires qui ne fournisse des rectifications à des travaux justement estimés.

Indépendamment des renseignements historiques et biographiques, ces documents offrent les ressources d'un journal de voyage datant de cinq siècles. Ils donnent une idée exacte de l'état de nos provinces et des localités les plus fréquentées. On peut juger de l'importance de ces localités par la longueur et la fréquence des séjours; on peut mesurer les étapes, et se rendre compte de la circulation sur des chemins, antiques voies romaines pour la plupart, dont un certain nombre sont depuis longtemps abandonnés.

Sauf une quinzaine de noms de lieux , disparus ou mal écrits par les scribes, tous s'identifient parfaitement, et quand ils ne sont pas rajeunis par les copies du siècle dernier que nous devons aux Bénédictins, on les retrouvera sous la forme et avec la pro-

INTRODUCTION. xm

nonciation que le patois de chaque pays leur a fidèlement conservées : Mauvoilly, pourMauvilly; Saumoises, pour Salmaise ; Ghasteillon, pour Gbatillon; Nintrey, pour Nitry; Travo, pour Trévoux; Aiguepasse, pour Aigueperse, etc.

11 y a lieu de relever presque partout des particularités intéressantes. Citons entre autres l'itinéraire des ducs de Bourgogne çt d'Anjou, en février 1871, lorsqu'ils sont traités aux frais du pape à Avignon, et leur voyage en Auvergne qui suit; les expéditions en Poitou, Aunis, Saintonge, Anjou, Angoumois, du mois d'août à décembre 1872; les campagnes de Philippe le Hardi et de Charles VI en Artois, Picardie et Flandre, en septembre et octobre i383; celles de Flandre et d'Artois, de juillet k septembre 1 385 : itinéraires précieux qui nous fournissent une suite non interrompue de séjours du roi en même temps que ceux du duc de Bourgogne; les chevauchées au duché de Juliers, 1 3 8 8 ; à Tongres, 1/108; en Vermandois, i4n ; la réception de Philippe le Hardi faite à Nantes aux frais du duc de Bretagpe eni&os; l'expédition de Berry en î&is, faite par Jean sans Peur et Charles VI , et les fêtes dont ces souverains furent l'objet à leur retour après le traité de paix signé k Auxerre, etc.

Intérêt des itinéraires au point de vue de l'histoire générale, de l'histoire des provinces et de l'histoire de Paris aux xnr* et x?e siècles. Des personnages qui y figurent, et des séjours royaux.

Les épisodes divers, racontés dans ces comptes, se passent moins en Bourgogne que partout ailleurs, et principalement à Paris, où Philippe le Hardi et Jean sans Peur firent surtout résidence. Nous nous promenons de Paris dans les châteaux des environs, où nos ducs séjournaient le plus habituellement, dans leurs hôtels d'Artois, deConflans, de Villeneuve-Sain t-Georges, deCorbeil, dePlai-

xiv INTRODUCTION.

sauce, de Beauté-âur-Marne , etc. Ils y trouvaient des distractions et une société plus variée que dans leurs domaines de Bourgogne.

Ces comptes indiquent encore nombre d'hôtels, appartenant à des grands seigneurs, et où les ducs reçoivent l'hospitalité. Plusieurs d'eûtre eux sont peu connus, et les divers historiens de Paris ne nous donnent pas toujours des renseignements exacts sur ces résidences.

On trouve parfois une variété de détails que la sécheresse et la brièveté de ces itinéraires ne laisseraient pas soupçonner. Les curieux de l'histoire de Paris pourront tirer parti de certaines mentions qui sont faites, et des séjours royaux à l'hôtel de Saint-Paul, au Louvre, à Vincennes, à Compiègne, à Saint-Germain-ei>Laye, à Beauté, etc. , ainsi que dans les hôtels de Nesles , de la Trémoille, d'Orgemont, de Flandre, d'Orléans, de Berry, de Bourbon, de Bretagne, du tbiùte de la Marche, du comte d'Eu, de Montagu. Ils ne seront pas fâchés d'apprendre que l'église Saint-Ândré-des-Arts fut terminée en octobre 1607; que Jean sans Peur posa la première pierre d'un pilier de SaintrEustache , le 17 juin 1/108. On Voit aussi apparaître les hôtelleries et les tavernes : l'hôtel de Jean Durand , au Cloître Notre-Dame , le Heaume de la Porte Baudoyer, la taverne de la Mouffle devant Saint-Pol, etc.

Aux réceptions qui sont faites dans les châteaux des environs, on peut juger, par la considération dont les hôtes sont entourés, de l'importance des résidences seigneuriales. À Âsnières-sur-Oise, nous sommes chez la duchesse douairière d'Orléans, Blanche de France , et plus tard chez Louis , duc d'Orléans. À Viry , à Mehnnsur-Yèvre, à la Grange-aux-Merciers, nous entrons chez le duc de Berry; à Crécy-en-Brie , à Auneau, chez Bureau de la Rivière; à Juvisy, chez le comte de Tan car ville; à Bettencourt, chez Raoul de Renneval; à Villiers, à la Tourelle, chez le Bègue de Viliaines; à Forest, chez Simonet Spifame; k Villebon, chez Jean d'Estoute-

INTRODUCTION. xv

ville; à Bernay, chez Gillequin de la Motte; à Marcoussis, chez Jean de Montagu, vidame do Laonnaie, secrétaire et grand maître d'hôtel du roi; à Orsay, chez Jean Raguier, maître de laChatabre aux déniera; à Grigny, chez le maître des garnisons du roi, Guillaume Budé, dont le petikfik devait illustrer le nom; h Ville* pèque, chez Gilles Mallet, courtisan accompli qui avait Fart de * recevoir de toutes mains, et dont les bibliophiles surtout ont conservé la mémoire.

Il est peu de provinces que ces comptes n'intéressent, soit par les événements militaires qui s'y passent, soit pçr les personnages qui jouent un rôle dans les annales de cette époque.

En dehors de France, beaucoup de faits sont précieux à noter, et concernent les rois ou les ambassadeurs d'Angleterre , d'Espagne , d'Ecosse , de Portugal , de Sicile , etc.

Les historiens de Flandre et de Belgique recueilleront ici pour ces pays, ou nos dues ont fait de longues et de fréquentes résidences, la mention de faits jusqu'à présent inconnus. Ils y trouveront les vingt-six premières aqpées de pérégrinations de deux comtes de Flandre, années qui manquent à la publication en quatre volumes intitulée : Voyages des souverains des Pays-Bas.

Çà et là, de& mentions curieuses viennent animer ce journal, où l'on ne s'attendrait à rencontrer au premier abord qu'un intérêt purement chronologique. Le jeudi s 8 mars i364, Philippe le Hardi, qui avait alors bien d'autres affaires, ne craint pas de se déranger, pour venir à Gh&teauvillain , entre deux campagnes , tenir sur les fonts de haptéipe l'enfant nouvçau-né d'Arnaud de Gervolles, l'Ârchiprétre.

Le lundi 2 a novembre 1872, alors que ce même duc prend quelques jours de repos à Saumur, et dans l'intervalle des opérations auxquelles il prend part en Poitou , son receveur lui donne de l'argent parce qu'il a perdu aux dés avec Bertrand du Guesclin ,

*vi INTRODUCTION.

le sire de Clisson , et d'autres chevaliers , tels que Bureau de la Rivière, Nicolas Braque, qui dînent ces jours-là avec lui.

Le 6 juin î&oi, le duc et Jean, comte de Ne vers, son fils, en résidence à Conflans, vont dîner chez le roi, mais le pauvre Charles YI, en démence depuis huit ans déjà, vint lui-même crdisner soudainement» avec Pierre de Navarre et d autres seigneurs, en l'absence du duc*

. On s'intéresse aux personnages étrangers et aux ambassadeurs invités à la table ducale dans diverses circonstances , et pour faciliter certaines négociations. Nous voyons qu'on apporte aux ducs dans leur hôtel de Conflans des cadeaux de toute nature, notamment cr plusieurs oyseaux et ,b es tes estrange's* que des varlets amènent d'Arras. Nous assistons à des chasses, à la célébration de mariages entre les fils et les filles des officiers du duc; aux fêtes pour l'installation d'un évêque, pour l'armement d'un chevalier; à des joutes et tournois comme celui que soutint le maréchal de Boucicaut contre un chevalier aragonais (mai 1600); — le tournoi de Brie -Comte-Robert entre Oger de Nantouillet et un Anglais (3i août i4oo); — les joutes de Philippe, comte de Nevers, d'Antoine de Craon et du seigneur de la Trémoille , contre des chevaliers anglais, lattes qui durèrent trois jours à Lille en Flandre, les premiers jours de décembre 1/109; — le tournoi donné à Gand par Jean sans Peur en personne et le comte de Charolais, le s s juin 1/116.

11 arrive que certains comptables , peu désireux d'augmenter les rôles de leurs comptes et de multiplier les écritures, négligent tous ces détails, et se contentent d'indiquer les lieux de séjour et de gîte , nous privant ainsi de documents précieux.

Grâce à nos itinéraires, on pourra fixer un grand nombre de séjours royaux dans la période de temps qui s'écoule de 1 363 à 1/119. P°ur "es se^ze ann^es seulement du règne de Charles V, les

INTRODUCTION. xvu

mandements publiés par M. L. Delisle établissent un grand nombre de séjours; notre travail en fournit plus de huit cents pendant le même règne; et dans la période qui suit, les détails ne sont ni moins abondants ni moins circonstanciés1.

Ou trouverait-on pour le passage de CharLes VI en Bourgogne, alors qu'il revient de voir le pape à Avignon, en février 1890, une narration plus précise et plus détaillée? Philippe le Hardi, son fils Jean, comte de Nevers, le comte d'Ostrevant et une suite nombreuse partent de Dijon au-devant du roi, le rejoignent à Tournus, le mardi 11 février, dînent avec lui et reviennent coucher à Ghalon. A partir de Chalon, des fêtes préparées dans toutes les villes attendent les visiteurs. Le samedi 1 2 , le cortège royal dîne à Ghalon, assiste à un banquet à Germolles, soupe et couche à Beau ne, aux frais du duc de Bourgogne, qui tenait à fêter dignement l'hôte royal, et avait fait organiser des réjouissances, fêtes et tournois. Le dimanche 1 3, on dîne à Nuitssous-Beaune et le soir a lieu l'entrée solennelle dans la ville de Dijon2. Les lundi et mardi s y passent en fêtes. Le mercredi 16, le roi et la cour se rendent à Talant, où un repas magnifique avait été préparé et où Ton dîna. Le duc, qui tenait à promener le roi dans plusieurs de ses résidences, avait ce même jour fait apprêter des festins à Saint-Seine et à Ghanceaux, mais les gens de la suite en prirent seuls leur part, et et y devoit aler le roy, mais il demoura à Dijon v. Le jeudi 17, on conduisit Gharles VI, les ducs de Touraine, dé Bourbon et tous les seigneurs de la compagnie, à Ghanceaux, où Ton dîna, soupa et coucha. — Le 18, les deux cours royale et ducale, après avoir dîné à Chanceaux, allèrent

1 C'est avec le secours de ces docu- prochainement dans un volume à part,

ments que nous avons pu établir les * Nous avons publié les détails de Y Entrée

Séjours de Charles V, que publie le Bulletin de Charles VI à Dijon, fîtes et réjouissances

du Comité des travaux historiques, et les en Bourgogne, en février i3oo; Dijon,

Séjours de Charles VI, que nous donnerons Darantière, 1 885, in- 12 de 108 pages.

IMPftlVCRIK KATfOftALC

INTRODUCTION

souper et coucher à Villaines-en-Duesmois, résidence assez importante et château considérable dont les ruines existent encore. Le 1 9 , on dîna à Buncey et on alla souper k Ghâtillon , où le cortège était attendu. — Le dimanche a o, après avoir dîné à Ghâtillon, le duc reconduisit le roi à Mussy-l'Evêque , où les deux souverains se séparèrent le lendemain1.

D'autres épisodes assez curieux se présentent dans divers comptes traités avec plus de développement, et offrent la valeur dune chronique écrite au jour le jour.

On ne parcourra pas sans intérêt les passages des mois de septembre, octobre, novembre 1896, pendant lesquels eut lieu le mariage de Jeanne de France et du comte de Montfort; les brillantes cérémonies et fêtes que les rois de France et d'Angleterre se donnèrent entre eux et aux ducs de Bourgogne, d'Orléans, de Bourbon, de Bretagne, aux dames de la cour, scènes qui eurent pour théâtres les villes de Calais, Saint-Omer, Eperleques.

En octobre et novembre 1 Uoù , Philippe le Hardi, accompagné des comtes de Saint-Pol, de Joigny et des principaux seigneurs de Bourgogne, fit un voyage h Nantes, et y séjourna pendant plus d'un mois, aux frais du duc de Bretagne, et au milieu de fêtes, qui se renouvelaient tous les jours.

Entre autres réjouissances magnifiques, citons encore les fêtes, tournois, banquets et danses qui eurent lieu à Gand , en juin 1/116, et à Lille , en juillet de la même année.

1 Dom Plancher (l. Hf,p. 116,115) qui consacre une page au récit du passage de Charles VI eu Bourgogne, et qui y ajoute des détails sur les fêtes préparées à cette occasion , n'avait consulté que les comptes des receveurs généraux. Les escrocs et les dépenses de l'hôtel lui auraient appris que le roi venait de Lyon et non de Paris, et

que le duc ne put aller au-devant du roi à Ch&tillon-sur-Seine, le 7 février, puisque ce même jour Philippe le Hardi était à Dijon, avec la duchesse et tous ses enfants. U reproduisait du reste une erreur commise par Froissait, répétée par Paradin (ann*k$ de Bourgogne, p. 4a3) et reproduite par la plupart des historiens modernes.

INTRODUCTION. xix

Nos itinéraires donnent en outre des dates de mariages, de baptêmes , de décès rigoureusement exactes , et parfois des mentions qui y ajoutent un nouvel intérêt. Car bien que ces itinéraires soient plus sobres de détails que les comptes des receveurs généraux et particuliers des châtellenies ducales à l'aide desquels nous les avons dressés, on y rencontre néanmoins des indications biographiques sur les personnages qui y figurent.

Au moyen de ce journal sûr et fidèle, on suit ces personnages pas à pas. On vit avec eux ; les hommes et les choses apparaissent sous leur véritable aspect. On y voit passer les empereurs de Constantinople , les rois d'Angleterre , de Portugal , de Sicile , les princes de Tareote, d'Orange, les ducs d'Orléans, de Berry, d'Anjou, de Bretagne , de Lorraine , de Guyenne , de Penthièvre , de Clarence , les papes, les évéques, les abbés, les comtes d'Eu , deTancarville, de Joigny, d'Auxerre, de Dammartin, de la Marche, d'Etampes, de Savoie, d'Armagnac, de Montbéliard, de Vertus, de Saint-Pol, de Périgord, de Glèves, de Richemont, Robert d'Alençon, Pierre de Navarre, Gautier de Ghâtillon, Bertrand du Guesclin, les divers membres de la famille La Trémoille, Glisson, les vidâmes d'Amiens et du Laonnais, Tanneguy du Ghâtel, Barbazan, Jacques de Bourbon, les seigneurs de Goucy, de Ghalon, de Vienne, de Boucicaut, d'Albret, de Giac et bien d'autres.

Mais ce qui donnera surtout à ces itinéraires quelque intérêt historique , c'est qu'ils permettent d'établir, pour l'époque qu'ils embrassent, la chronologie la plus irréprochable, qui fait presque toujours défaut au xiv° et au xvc siècle. lis aideront à la rectification de plus d'une erreur, même dans F Art de vérifier les dates, et feront découvrir de véritables alibis historiques.

Les savants de Belgique et du département du Nord rendraient un éminent service aux historiens, s'ils pouvaient donner pour Philippe le Bon et Gharles le Téméraire, la suite d'un travail

xx INTRODUCTION.

pour lequel les éléments nous manquent absolument. Mais à Bruxelles et à Lille comme à Dijon les documents originaux n'ont-ils pas été depuis longtemps dispersés? Et les archives possèdent-elles des séries assez complètes pour l'entreprise de cette publication ?

Nos sources. — Originaux et copies.

Les originaux qui nous restent des rtescroés», des comptes des maîtres de la Chambre aux deniers, et des contrôleurs de l'hôtel ducal, sous les règnes de Philippe le Hardi et de Jean sans Peur, sont tous aux archives de l'ancienne Chambre des comptes de Bourgogne réunies aux archives départementales de la Côte-d'Or, sauf quatre qui sont à la bibliothèque de la ville de Dijon l. Les archives de Lille, si riches pour la période de Philippe le Bon et de Charles le Téméraire, ne possèdent pas un seul compte de l'époque qui nous occupe.

Les Bénédictins, qui avaient pu consulter ces documents alors que la série en était à peu près complète, nous ont laissé au siècle dernier des copies, parfois un peu écourtées, mais précieuses encore. Elles se trouvent dans divers volumes de la Collection de Bourgogne à la Bibliothèque nationale, et proviennent des papiers de Dom Villevieille. D'autres copies se retrouvent aussi par fragments dans les papiers de Dom Guillaume Aubrée, dans les manuscrits de Prosper Baûyn* et dans les documents de nos archives personnelles. Beaucoup de ces copies ont été faites après la publication de l'histoire de Bourgogne de Dom Plancher, qui n'en

1 Sous le n° 1 58 des manuscrits prove- rendus par Quentin Menard, chevalier,

nant de M. Baudot; — le i*r est le compte de secrétaire du duc et contrôleur de ladite

i 4 î o , rendu par Louis de Poissy, chevalier, dépense, pour les années î 4oo-i 4 1 0-1 4 1 1 . maistre d'hôtel de mons. le duc et de mad. la * Pour Prosper Baûyn et ses travaux,

duchesse, — les trois autres sont des contrôles voir notre Histoire des dues de Bourgogne

de la dépense de l'hôtel de la duchesse, de la racé Capétienne, t. I, p. 99.

INTRODUCTION. xxi

connaissait que la moindre partie. Elles sont sans doute, sans que nous osions l'affirmer, de Dom Sallazar1, religieux de Saint-Bénigne , et de ses collaborateurs.

Nous avons rétabli, au moyen de copies diverses, la forme primitive altérée par les copistes, en ne prenant que les faits rigoureusement indiqués; et les noms de personnes et de localités, le plus souvent, mais non toujours, conservés conformes à l'original. C'est ce qui explique certaines variantes dans l'orthographe de ces noms. D'autre part, il a fallu fondre les comptes des contrôleurs de l'hôtel avec les crescroes» et les comptes des maîtres de la Chambre aux deniers, quand les uns nous fournissaient des indications omises par les autres. Nous avons même pris aux comptes de la duchesse divers faits, que leur importance ne devait pas nous faire négliger, mais nous indiquons la provenance de ces additions. Nous avons enfin tenu à ne perdre aucune des mentions historiques relatées dans l'ordre de documents que nous avons mis à profit. Leur arrangement a nécessité un travail personnel et nous laisse une responsabilité, à laquelle nous n'avons pas la prétention de nous dérober.

Pour se rendre compte de ce que nous ont fourni les dépôts de Dijon et de Paris et des lacunes à combler, nous avons fait un tableau où chaque mois dei363àiAi9se trouve indiqué. Quand le mois porte un B, c'est que le compté provient d'une copie de la Bibliothèque nationale, nous mettons un D, quand l'original est à Dijon; un BD, s'il se trouve aux deux dépôts, et un 0, lorsqu'il fait défaut.

1 An sujet de Dom Alexis Sallazar, péchèrent de mener à bonne Gn. Dom Vil-

voir ce que nous en disons dans ï Histoire levieille ne pat jamais av*ir communication

des ducs de Bourgogne de la race Capétienne, des documents recueillis par ce savant bë-

t. I, p. 5i , 5s. Dom Sallazar préparait de nëdictin. (Voir la Correspondance de Ville'

grands travaux sur l'histoire de Bourgogne , vieille , publiée par M. Passier ; Paris , Gham-

que des occupations d'un autre ordre l'em- pion, 1880, û>4°.)

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Les doubles et triples traits verticaux, qui séparent les mois indiqués dans ces tableaux, marquent l'origine et la 6n des comptes divers, rendus soit par les contrôleurs, soit par les maîtres de a Chambre aux deniers des ducs de Bourgogne.

Si nous avons des lacunes au commencement du règne de Jean

INTRODUCTION. ht

sans Peur, Etienne More}, contrôleur de la dépense, nous explique , à la date de 1 h 1 2 , qu'il a été forcé d'abandonner son hôtel à Paris rr dans lequel fut loigié Bertran du Mesnil, Àrmignac, et autres , qui lui rompirent tout son hostel et prindrent tout ce qui estoit de bon, et notement son contrerolle journal où estoit la dispense.*

Il n'eût pas été facile de citer à chaque ligne, ni même à chaque mois, le compte original ou la copie, qui avait servi à la rédaction de ces itinéraires; nous avons cru préférable d'insérer ici les titres de chacun de ces comptes et les noms des comptables, comme nous les avons trouvés, avec l'intervalle de temps sur lequel porte chaque compte, de manière que le chercheur puisse à volonté consulter les sources. Et pour faciliter ce recours aux sources, nous indiquons en tête de chaque année les comptes divers, originaux ou copies, conservés dans nos dépôts publics.

La série des comptes donne en même temps la suite des maîtres de la Chambre aux deniers et des contrôleurs de l'hôtel ducal, suite beaucoup plus complète que celle qui avait été dressée par Dom Plancher et par les auteurs des Mémoires pour servir à Fhistoire de France et de Bourgogne l .

Nous commençons les années, non à Pâques, mais au ier janvier.

Contrôle de la dépense de l'hôtel du duc de Touraine, fils de Jehan, roi de France, et son lieutenant au duché de Bourgogne, faite du viij" jour de juillet m.ccc.lxiu, que le dit duc partit de Troyes avec le roi Jehan pour aller en Bourgogne jusq'au dernier février m.ccc.lxvii, faite par Thomas de Chapelle, secrétaire et aumônier du duc.

(Copie. Bibl. nat., ColL Bourgogne, L LU, fol. 117-199. Fragments divers et eseroes de notre collection.)

1 Etat des officiers des dues de Bourgogne de la seconde race, Paris, 1790, p. 38o et soit.

MPftlMIBSB lATIOflALK.

xxvi INTRODUCTION.

Despense ordinaire pour l'ostel mons. le duc de Bourgongne , par Huet Hauon, trésorier du due de Bourgongne, da 1er mars m.ccc.lxvii (i368) à fin

août M.CCCLXIX.

(Orig. Arch. de la Câto-d'Or, B 1&80, registre parch. de 181 folios.)

Compte de Maciot Eslibourt, du xvîij* jour de juillet m.ccc.lxix au xxviij* mars m.ccc.lxx.

(Copie. Bibl. nat., Coll. Bourgogne, t. LU, p. i56. — Dans l'extrait, ce compte va du 1" septembre 1369 i fin décembre 1S70.)

Compte d'Estienne de Heiz, chapelain du duc Philippe le Hardi, commis à faire les despenses de son bostel, depuis le i* jour de janvier m.ccc.lxx (1371) jusqu'au mois d'avril suivant (trois mois).

(Orig. Arch. de la GrttWOr, B 3iq, registre parch. de 64 folios.)

Compte de Robert d'Àmancé, trésorier du duc de Bourgogne. — Despenses de Thotel du i*, avril 1870 (1371) jusqu'à fin octobre 1371..

(Orig. Arch. de la Côto-d'Or, i&35, registre parch. de 109 folios, du fol. 18 sa fol. a4.)

Compte de Regnault Gombaut, institué et commis à payer la despense de l'bostel du duc, de celui de la duchesse, et de Jehan, son fils, par lettres de mon dit seigneur, données à Dijon le xxv janvier m. ccc lxxi. Ces comptes vont du 1* novembre 1371 à fin février 1376 (1377).

(Orig. Arch. de la Câtê-dfOr, B i436 bi$, registre parch. de 216 folios. — Copie. BM, naL, Coll. Bourgogne, t. LU, fol 167, 169, 170, 181, 189, 188, 901.)

Extrait du compte d'André Justot, pour la dépense des hôtels du duc, de la duchesse et de leurs enfants, depuis le i* août 1378 jusqu'au dernier juillet 1379.

(Orig. Arch. de la Câtê-d'Or [liasse de deux ou trois cents folios d'escroes], B 3a 0 quater et B 3»o auinttr. — Copie. BibL nat., ColL Bourgogne, t. LU, fol. a 46.)

Fragments d'extraits de comptes des années i38o, i38i, rendus par Maciot Estibourg.

(Bibl. nat., Coll. Bourgogne, t. LIII, p. 81 5 1 LVHI, fol. a56 V.)

Extrait du compte de la dépense ordinaire du duc, commençant le x" janvier i38a (1 383) jusqu'à fin décembre 1 383.

(Bibl nat., Coll. Bourgogne, t. LUI, fol. 9 et 10.)

Contrôle de la despense de l'hostel du duc de Bourgongne , fait par Estienne

INTRODUCTION xxvn

de fleii, prestre et controlleur de la ditte despense depuis le t" janvier i$83 (i38/i) jusque fin décembre i385.

(Bibl. nat., Coll. Bourgogne, t LUI, fol. 19 et 27. — On trouve ainsi aux Archivée de la CûUhd'Or, B 3a 1 bit, 3a feuilles parchemin détachées des escxoea de ces comptes.)

Comptes d'escroes pour janvier et février i385 (t386).

(Orig. Arch, de la Cûte-d'Or, B 3a t ter, 3a 14 et 3a t5, feuillets détachés et suite incomplète. )

Compte de la dépense de l'hôtel ducal du vendredi 1er mai 1 388 à fin avril 1389.

(Orig. Arch. de la Cite*? Or, B 3a3 , registre parch. de 75 folios.)

Extrait du contrôle de la despense de l'hostel de nmueigneur le duc de Bourgongne, fait par meseire Estienue de Hei*% son aumônier, et controlleur de la ditte despense, commancé le i9 jour de may h.gcc.lxxxix après Pasques, finy le dernier avril m.ccc.xc aussy après Pasques.

{Bibl. nat., Coll. Bourgogne, t. XCVI0, fol. 657-663; t. GIV, fol. 190-193.)

Fragments de comptes de 139a et 1393, d'après les comptes de Pierre de Montbertaut (lequel était dès 1391 maître de la Chambre aux deniers du duc et dont les comptes sont maintenant perdus).

(Bibl, naU, ColL Bourgogne, t. LIV, fol. a 4 bis.)

Despense faite par Jaques de la Tannerie» maistre de la Chambre aux deniers de mon dit seigneur de Bourgongne, par le temps devant dit, c'est assavoir du premier jour de février Tan mil ccc.iui" et quatorze, jusques au damer jour de décembre, Tan mil gcc.iiu" et quinze inclus.

(Orig. Arch. de la Cto-#Or, B i5o3 bi$+) — Jacques de la Tannerie avait été institué audit. office de maître de k Chambre aux deniers après Pierre de Montbertaut.

Extrait du contrôle de la dépense de l'hôtel du duc de Bourgogne fait par Mathieu de Saint Orner, secrétaire de mon dit seigneur, et controlleur sur le fait de la dite dépense.

(Bibl. nat, Coll. -Bourgogne, t. LUI, fol. 159-160.) — On trouve également en original (Arch. de la CoWOr, B 3*6, registre parafa, de 90 folios) le compte de la même année rendu par Jean de Bray, maître de la Chambre aux deniers, ainsi que des j fouilles déttabées fece.journai* B 3s 6 bie, liasse de 5a pièces parchemin.

Comptes de Guyot.de Bray» HUÎtre de la Ctanbre aux deniers, du. 1" janvier 1396 (1397) ^ fin janvier 1398 (1399)»

(Orig. Arch. de la CoWfry B 1B1 1 o^dnfbLg an. fol. 38.)

xxviii INTRODUCTION.

Quatre comptes de Robert de Bailleux , maître de la Chambre aux deniers , depuis le 1er février 1399 jusqu'au 3i janvier i4o3.

(Orig. Arch. de la Côte-d'Or, B 3a 8, registre parch. de 54 folios; B 3 99, registre parch. de 76 folios; B 33o, registre parch. de 5o folios; B i5a3, cahier parch. de Û5 folios; B 1597, cahier parch. de 73 folios.)

Ces comptes sont également en copies à la Bibl. nat., Coll. Bourgogne, t LUI, fol. 9o3, 20 h y ao5, 911, 919. On y trouve de plus les comptes de Mathé de Saint-Omer, secrétaire et contrôleur de la dépense ducale, depuis le i*r février 1399 (1600) jusqu'à fin novembre î&oi, t. LUI, fol. 909, 9ti, 919.

On voit ailleurs que Robert de Bailleux remplit ses fonctions de maître de la Chambre aux deniers du duc avant d'avoir été nommé, car sa nomination n'est datée que du 3 février 1898 (1399). Il remplaça Jean de Bray dans cet office.

Fragments d'un compte de Chenilly, comprenant une partie du mois d'octobre i4o3 seulement.

(Bibl. nat., Coll. Bourgogne, t. LI, fol. 936.) — Ce même Chenilly fit le compte de Tannée finissant le 5 avril îhok et celui finissant le 5 avril i4o5 (comptes que nous n'avons plus ni en original ni en copie).

Extraits du contrôle de la dépense de l'hôtel du duc de Bourgogne, du i'r février i4o5 au icr octobre i4o5.

(Copie. Bibl. naL, Coll. Bourgogne, t. LV1, foi. 191.)

Extrait du contrôle de la dépense faite par Pierre de Fontenoy, maître d'hôtel» et Jehan Morel, contre rolleur d'ycelle, le mois de décembre seul.

(Bibl. nat., Coll. Bourgogne, t. LVI1I, foi. 6û.)

Compte viij0 de Jehan de Velery, maistre de la Chambre aux deniers du duc du 1er juillet i4o8 au ier juillet 1/109.

(Copie. Bibl. nat., Coll. Bourgogne, t. LIV, p. 900.)

Compte ix" de Jehan de Velery, du 1" juillet 1&09 à fin juin i4ii.

(BibL nat., Coll. Bourgogne, t. LIV, fol. 3a6.)

Compte x4 de Jehan de Velery, du 1" juillet 1 A 1 1 à fin juin 1 & 1 s.

(Orig. Arch. de la Côte-d'Or, B 1567, registre parch. de 33 folios. — Copie. BibL nat., Coll. Bourgogne, t LIV, fol. 3*6.)

INTRODUCTION. xxix

Compte xje de Jean de Velery, maître de la Chambre aux deniers, commençant le 1er juillet 1 4i a jusqu'à fin juin i4i 4.

(Orig. Ârch. de la Côte-d'Or, B 1578, registre pareb. de 65 folios. — Bibl: naL, Go)!. Bourgogne, t. LVI, p. 1 bis.)

On a pour la même époque les contrôles de la même dépense , rendus par les contrôleurs depuis le 1er juillet 1 4 1 2 et par Estienne More!, contrôleur, depuis le 1er novembre 1 h 1 3.

(Orig. Arch. de la Côt*~d9Or, B 33s , registre parch. de 84 folios. — Bibl. nat., Coll. Bourgogne, t LY1, fol. 3 et 7.)

Comptes du 1er novembre i4i4 à fin juin i4i5, rendus par Estienne Morel, contrôleur, et par Jehan de Velery, maître delà Chambre aux deniers.

(Orig. Arch. de la Côte-dïOr, B 33a, et B i58i, registre parch. de 60 folios. — Bibl. nat., Coll. Bourgogne, t. LVI, fol. 907 et ai 3.) — Ces comptes s'entre-croisent et se complètent l'un par l'autre.

Compte xiij* de Jehan de Velery, du 1" juillet 1 Ai 5 à fin février i4i6.

(Orig. Arch. de la CoWOr, B 1589, registre parch. de 180 folios. — Bibl naL, Coll. Bourgogne, t. LVI, fol. 91 3.)

Compte de Jehan de Velery, du 1* juillet 1 4 1 6 à fin juin 1/117.

(Orig. Arch. de la Câte-tfOr, B 1589. — Copie. 2KW. naU, Coll. Bourgogne, t. LVII, fol. 18*; t LVI, fol. 91 4.

Suite du xiij" compte de Jehan de Velery, du t* juillet 1/117 ^ ^Q ju*n 1/118.

(Orig. Arch. de la Câte-iïOr, B 333, B 1589.— Copie. Bibl nat., Coll. Bourgogne, L LV, fol. 937, 971, 979.)

Contrôle de Jehan de Velery, du 1er juillet 1/118 au 3 octobre 1&19.

(Orig. Arch. de la C6te-d?Or, B 334, registre parch. de A 9 folios. — Copie. Bibl nat., Coll. Bourgogne, t. XXI, fol. 5a; t. LV, fol. 996.)

Nous avons pu reconstituer les itinéraires en partie, pour les périodes correspondant aux lacunes ci-dessus indiquées, en nous servant des mandements, lettres et documents inédits recueillis de toutes parts sur Philippe le Hardi et Jean sans Peur. Mais ici les dates ne sont pas aussi rigoureusement exactes, et Ton ne doit

x*x INTRODUCTION,

s'en servir que sous bénéfice d'inventaire. Nous sommes alors forcé d'indiquer nos sources k chaque ligne.

Les documents originaux de nos archives particulières, les copies diverses, les travaux manuscrits de Prosper Baûyn ont été largement mis à contribution.

Ces itinéraires devaient d'abord servir de cadre à un travail plus étendu, comprenant les règnes de Charles V et de Charles VI; la modicité des ressources affectées aux publications des Documents inédits ne permettant pas la réalisation de ce premier projet, on a dû se borner à un, seul volume, dans lequel sont insérées quelques pièces et notes choisies dans 1q$ diverses séries de nos recherches» Nous espérons que cette publication, quoique mutilée et incomplète, pourra rendre encore quelques services aux travailleurs.

Nous avons eu la bonae fortune d'avoir pour commissaire responsable M. Siméon Luce, qui, prenant son rôle au sérieux, a bien voulu, malgré de nombreuses occupations, revoir notre travail avec soin et s'attacher à l'identification des noms de lieux et de personnes.

Au nombre des savants qui nous ont aidé dans cette entreprise, il faut citer en première ligne mou excellent ami, M. Garnier, le conservateur bien connu des archives de la Côte-d'Or. C'est grâce à son obligeance, à son concours, je dirais presque à sa collaboration, que j'ai pu mener ce travail à bonne fin. C'est par lui que les épreuves ont été revues et corrigées au dernier moment sur les originaux.

Nous ne terminerons pas sans adresser* nos remerciements les pl^$ su^cèm k M* K.ervyn de Lettenhove, qui a bien voulu nous faire envoyer des. doçuinQntfc recueillie en Belgique pour noire travail et dont. M. ÀJphçm&e Diegerik a pris 1& peino de dresser la

INTRODUCTION. xxxi

L'érudition de M. Marcel Canat de Ghizy nous a été aussi d'un précieux secours; tous les originaux des pièces de son cabinet de Chalon-sur-Saône ont été relevés par lui et mis à notre disposition. Un certain nombre d'actes de cette provenance ont servi à combler de regrettables lacunes.

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