‹ Iu-kiao-li, ou, Les deux cousines; roman chinoisChapitre 1 sur 19 · Iu-kiao-li, ou, Les deux cousines; roman chinois · texte numérisé non relu

Iu-kiao-li, ou, Les deux cousines; roman chinois

Cane wanût l^tiiser.datts.'le/eoun à^ua Aoir et d'onnalin. On n'est eonronné par le. snceès qu'en se tenant en garde contre

mille accidents.

■Qne de prépantiau pour ^qDt.k prune tcide eoiiuMM 4 Vft*

doucir !

La joie , pourtant , naît quelquefois dtt sein même de la ddùléir ; Et i*amatame se change elle mémt m vpe p^f .douce saveur. Mais , tty dans l'espace d'une henre , on atteignait le bonheor suprême ,

A qiiotsemnieAt du» k( ief.p)iis nç^U^ «ntiiBeiiti?

Sse Yeoupe, tenant à la main la feuille quon venait de lui remettre , la (lë|>loya pour y jeter un cpiip 4'œil., et reoopnut cpie le papier était tout blanc , et que le sujet n'y était pas indiqué: « Puisq[i)e votre maîtresse y eut bien me mettre ni, ' I

à répreuve, dit-il à Yansou, pourquoi n'a-t-eUe pas inscrit sur cette feuille le sujet qu'elle veut qu« je traite?»

一 «t Ma maîtresse pense que récriture d'une fille ne doit pas être indiscrètei^ent produit! & hors de l'appartement intérieur; et quant au ^jet , elle ina chargée de vous le transmettra de vive Toix. »

一 «C'est avoir beaucoup de réserve et de circonspection : veuillez donc nrapprendre quel est ce sujet. 、

一 《Il y «n a deux , répondit Yansou, le 一 itiiie]^ est Yadiéu à la grue, et le second le salut à Ihitondellei Lftdieu à la doit rimer avec le mot rien y et le sàlut à !*hirohdeIle, avec le root nùL Chaque sUncie doît éixe composée de vers de sept syllabes. »

— 4 Ce Mijet ncst> pa» âî|Bcfile ! s*^cria Sse Yeoupe , mais votre jeûne maîtresse a bien de la bonté , let elle 'ifnontre infiDÎméiit d'esprit! »

一 «A quoi votre seigneurie voit-elle cela?»

demancta Y^iisou. : . :

― «Nous sommés actuélïèttiètit àà inôiÂèm où rété va succéder au prinleÂipà. C*ôètië' temps prëcis du départ des gtiieset du ^étôut déà hi* rondelles. Hflais le sens métaphoriqiie ijfû'felle

donne à cet adieu a la grue tient au désir quelle a de congédier le seigneur Tchang , et celui du salut a Fhirondelle , c'est qu'elle Teut htéti me recevoir. L'adieu à la grae doit rimer avec le mot rien , parée qa« le seigneur Tchang est un homme de rien* Le sahit à l'hirondelle doil arroir pour rime le mot nid , qui €6t Fem* bleine de letaMissement ^'eUe veut que je forme ici. Si elle n'ftTait pas infiniifient <i,e8» prit, comment aurait>ellepu marquer toutes ces choses ? Pour moi , je ne venx pas me perdre en de Taiaes imaginations , il £siut que je me rapproche de TOtre jeune maîtresse , et pub- ^'elle a daigné me donner ce sujet à traiter, je vois déjà s'ouvrir ppiir moi toutes sortes de bonheuKS inespérés. O Sse Yeoupe 1 ta vie ne s'écoulera pas inutilement ! » Et se mettant à broyer Fencre , il sWma du pinceau , plaça la feuille de papier en trayers dune grosse pierre de forme irrégulière , et il allaû commencer d'écrire.

― «Un instant , monsieur , s'il vous plaît î modérez un peu votre joie, lui dit Yansou* 11 y a encore en arrière une petite difficulté sur le sujet en question. »

« Qaya-t-il âe plus ? » demanda Sse Yeovpe*

' ― « Chaque ver» , répondit Yansou, doit commencer par un de ces huit mots: métal, pierre , corde , roseau y * courge , terre , peau , bois{i\ Ma maîtresse, dit que le mariage est line affaire de grande importance , et que le début doit en être marqué par remploi des rites et de la musique ; qu'à la vérité le procédé un peu irrégiilier dont il est ici question ne permet pas d'y avoir recours ; mais que la condition près» crite en tiendra lieu.

Sse Yeoupe secoua la tête plusieurs ifoU de suite : «Elle a raison ; elle a raison, dit-il , tant de pureté doit lui attirer. le respect universel. »

(i) Les huit substances désignées en cet endroit sont cellçs'ayec lesquelles on construit les instruments de ma* sique. Le •métal sert à faire des cloches , et ces bassins auxquels Its Eluropéeos ont donné le nom de tamtam. Les pierres sonores forment des carillons plus ou moins compliqués ; la taie on des corâts s'ajustent à diverses espèces de laths , de lyres qn de .guitares. Im roseau se change en flûtes , en syrinx , en orgnes portatives. La courge, arttttement travaillée et percée detroos, fournit un instru« ment analogue i nos musettes , et très- harmonieux , à ce qa*oD assure. La terre ou la porcemne .donne des urnes de la forme d*un œuf d,oie,et qui tîenDent Heu de dîapazon. La peau est employée pour ies/tambours , et le ioîs , pour des boisseaux sonores , et de8, toblettes propres à marquer la mesure. Du mélange de ces huit sortes de sons résulta une harmoDie parfaite , un concert qni représenté à mjervreille toqtes les opérations de la aatq^^ çe — doit ^tre

Tout en parlant ainsi, son esprit se monta subitement ; la source des pensées poétiques déborda, et dans le désir de faire briller son imagination, il saisit le pinceau. Tels on voit les dragons voltiger en sautant , ou le Tent qui pousse la pime av«c impétuosité , tel, en très* peu de temps ,• on le vit couvrir son papier de peries et de piôrres précieuses semées comme au hasard.

Nourri de rétnde de dix mille ouvrages àiren , Le pinceau à îa main, on est pareil aax dieox. Qu'on nephoc pas rhumtlitf au rang des rertiis : Le génie ne cède jamais la palme qui loi appartient.

l'objet de toute masîque bien ordonnée. Mais outre ces applicatioDs générales , il y en a de particulières et de pins délicates qui ont rapport aux féCes , aox noces , et aux sentiments conjugaux , comme quand chez nous on parle des 'violons , et ce sont des allusions de cette espèce que la sensible Houiigiu indique av€C une délicatesse extrême , et que son spirituel amant saisît avec une étonnante sagacité. Il y a ainsi un sens allégorique qui s'attache à l'emploi de chaccme des huit substances, sonores et qu'on peut voir dans le mémoire du P. Amiot sur la musique des Ghmoia. (Mémoires des missionnaires de Peking, t. vi, p. 35.) Mais je dois avertir les lecteurs qui seraient curieux de le consulter , que ia partie théorique de ce mémoire offre encore plus d'obscurités et d'énigmes que les pièces mêmes de Sse Yeoupe que l'oa verra tout-à-l'heure.

Sse Yeoupe , âans l'espace de quelques instants ; composa, sur le double sujet proposé, deux pièces qu'il écrivit en caractères moitié cursîfs et moitié réguliers ; et quand il eut achevé de remplir la feuille de papier, il la prit à deux mains et la présenta à Yansou en lut dismt :

« Veuillez remettre, ceci à votre jeune maîtresse : et puissé-)e ne pas m*étre montré trop indigne d'exécuter ses ordres. » * ^

Yansou , qui avait remarqué que le pinceau de i Sse Yeoupe ne s'était pas arrêté un seul ins- | tant, et qui voyait qu'en si peu de temps il avait achevé les deux pièces de vers, était demeurée sui^prise et enchantée ; « J'ignore , dit-elle, ce qne signifient vos yers; mais cette promptitude prodigieuse effacerait Féclat du nénuphar bleu* Elle m'inspire pour vous un respect profond.

Depuis plusieurs années , les vœux de ma maîtresse avaient pour objet le talent ; aujourd'hui on peut dire quelle a découvert celui qui le possède. » j

一 «De méchants vers, composés à la hâte et | par obéissance , tie suffiront pas , je le crains , pour satisfaire le goût délicat de votre jeune maîtresse. Mais , jeune demoiselle , je compte toujours sur votre assistance dans Foccasion*

Juftgu> U fin de i^çf jour» , je sfrai r^v^le à

« Seigneurie vais emporter tos vers^tnftîé U £uit fiéjà un tard. Je crains 4^ ae p^uyoir revenir prendre vo^ ordres af]jourd,hui, le vous engage k tqus en retourner (lenudo , 1 峰 çoijAjK^ie qni g 科 ^ur le deyant }a mwo^ ne sera pas ençofe partie ; ainsi 1^ «^ig)Kieu|: Tch^o^ ng pouiT?, pa$ disposer de lui'mêçi".

F^û^ fn ^QTiG de rejoiodi'^ ici: j'aur^ sans doute queltjue bpiine ^ouT^lle à tous apprea^ dre. »

• ― «5 L'heure fiirancée m*obUge à i^e retirer ; mai? ae pourrais -je profiter de lobscuriM même, et pendant qu'il n'y a personne, Toir, du moins de profil , votre jeune maîtresse ? »

一 « Voilà we étrange propositiop | ovoiisieujr! rçprit Yaqsou, Mademobelle une personne qui n,a pas iQoins de vertu que deinérîte^ et toute sa cQDcluite est ez^^çtçmem raglée daprès les rites. Ce qu'elle faU ^ujour* dliui est relatif à la plus importante affaire 4e toute }a vie. On ne saurait blâmer une fille du soin quelle prend de se choisir un époux digne d'elle. Mais ce que dejroande vptrp sipigneurie prouverait qpie vous avez beaucoup de tal^pt et

peu de vertu. Vous obligeriez ma maîtresse à vous mésestimer , et tous vos soins seraient perdus. »

Sse Yeoupe , un peu déconcerté , se hâta de s'excuser : « J'ai commis une indiscrétion ! s'écria- 1- il. Jeune demoiselle , votre réponse est toute pleine de raison : c'est de l'or et du jaspe. Je vais me conformer exactement à vos conseils. Mais en prenant congé de vous , je vous rappellerai votre engagement pour demain. Je vous en supplie , veuillez ne pas y manquer. »

一 « Je n'y manquerai certainement pas , , dit Yansou. Sse Yeoupe lui fit une profonde ré- Terence , et ayant pris congé d'elle, il sortit par la porte* du jardin , et s'en alla sans être aperçu.

Yansou mit dans sa manche la feuille qui contenait les vers, ramassa l'écritoire et les 'pinceaux, et d'un air riant et satisfait , sen revint trouver sa maîtresse. « Ce jeune monsieur Sse a bien de la pénétration , » lui ditelle.

一 « Comment le sais-tu ? » demanda Houngiu.

一 « Je lui ai dit votre sujet : eh bien ! à la première vue, il a compris tout ce que vous

aviez votilu dire , il me l'a explûjné mot pour mot, et il ne pouvait se lasser de loyer votre esprit S'il neo avait pas ea lui-même deux fois plus qu'il ne fallait , ccmuneot aumit-il pu deviner tout .cela? » .

一 《 On peut avoir quelque, p^aétration ; mais son talent poétique, qu'en doit<*on penser ? Les deux pièces de vers , où le commencement et la fin étaient obligés, sont trop difficiles pour avoir été faites en si peu de temps. Pourquoi es-tu rentrée si tôt ? Est-ce que l'obscurité la empêché de les finir, et quil les a emportées pour les terminer chez lui ? »

Yansou se mit à rire : « S'il n'avait, pas pu achever ses vers et qu'il les eAt emportés chez lui, dit-elle, non-seulement il ne serait pas digoa de votre estime , mais il aurait perdu la miènne. »

一 《S'il ne. les a pas emportés, pourquoi donc ne les a-t-il pas acfaeyée ? » demandai Houng iu. D •

— « Et qui tous dit qu'il ne les a pas achevés ? il a déployé la feuille de papier à fleurs ; il a pris le pinceàu , et sans s'arrêter un seul moment pour réfléchir, il. a laissé courir sa main, rétais à, côté de. lui ^ le regarder : il na

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pas même détourné les jenx une seule fcâs, et ses deux pièces ont été terminées en moins de rien. En vérité , il ferait inourir les gens d'amourpourlui. C'est réellement un jeune hoimiie accompli et le meilleur époux, qu'on puisse choisir. De quelque manière que ce soit, mademoiselle , tâchez de ne pas le laisser échapper ! »

一 «Et où sont ces rets maintenant ? » dit Hotingiu.

Yansou les tira de sa manche, etlesprësenUnt à sa jeune maîtresse : « Nest-ce pas ceci ? ditelle. Mademoiselle croit-elle que j'oserais plaisanter avec elle et loi en imposer ? »

Houngiules prit, et du premier coup d'œileUe remarqua dans récriture nne élégance et une perfection qui frappaient la rue , «t prévenaient d'avance le lecteur. Ensuite elle lut attentiTement ce qui suit ;

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