CHAPITRE XX
BBODBRIES SUR BRODBAIE8 : SATISFACTIOIT QivàtiA.'Ult,
Les démoBs ont épuisé leurs efforto et accompli lear tâche ; On a réussi à atteiadre 1» montagne , à travenMer les toxrMs. La douceur , l'amertnme sont réuniet danaie nénuphar et dans » fleur ;
Un même sort iittead U mcine et les feuilles du pècUer.
Le génie prend à la fin son essor comme la flamme.
I/amonr est comme le fleuve , qu'an pendiant insurmontable en'
traipe vçrs l'Orient. • Ce qui arrive , un doux eDgageinent l'avait fait pressentir. Jkitu ne saniait contraindre le» vœux des amants.
Après avoir accompli la condition des trois tasses , Sse Yeoupe youlait donc obtenir des nouvelles de Lo Mengli. Sse Yeoute prolongea quelque temps la plaisanterie , puis tirant la lettre de $a ro^nchq: « Ceci, dit>il, contiendrait' il des nouvelles de monsieur Lo ? »
• Sse Yeoupe saisit la lettre, en purcQju^t tout le contenu dun coup d'ççil , et la joie , s^s qu'il y pensât , se peignant sur sa phyçipnooûe : « Monsieur Lo , dit-il , est véritablement un homme plein de^^etitiments ! Mon frère, ajoutat-il, comment ce message est-il tombé dans vos mains ? »
: « Uexprè^ qui l'apj^otfaU , répondit Sse Yeoute, ^st un vjeux serviteur d'un esprit trè^* borné : l'analogie de mon nom avec celui d< yotre seigneurie la conduit à venir me demander chez moi ; et pensant bien que celait une çhose à laquelle vous attachiez beaucoup d'im* portance , j'ai craint qu'il n'arrivât ailleurs queV* qu'autre méprise plus grave. Je Vai donc gardé pour vous le remettre , seigneur, sans sayoir çqmment vous prendriez ma précaution. >?
« Je vous suis infiniment^ obligé , répairtit Sse Yepupe. Le dévouement de mille amis ne paierait jamais tant de soins. »
― « Il n'y a nul besoin de paiement , dit ea riant Sse Yeoute. Emmenez - moi seulement avec vous pour prendre part au festin de la réjoi^i3$ance, »
Le$ deux jeunes gens continuèrent à se divertir ainsi dupantun certain temps, en b uvan t quelles tasses. Puis Ssq Yeoupe^ se leva pour prendre congé , et aprè^ s*être séparé de son hôte , il Femontîi dans sa chaise et ae remit en roule. Arrivé d»m le •village de Pechi , au monastère de Kouanyin , il voulut aller rendre "visite à TAifigsui. £q voymt approcher un ûOFtége de ebaUe^ et da chejmi , Taiogsia sortit prédjâ-
tamment pour le recevoir , et dès que Sse Yeoupe l'aperçut: 裂 Maître, me reconnaissezvous ? » lui demanda-t-il.
一 ft Eh ! cest le seigneur Sse ! répondît Tsingsin. Gomment ne tous reconnaîtrais - je pas ? » Il le conduisit dans la salle des méditations , et lorsque les salutations furent terminées , Sse Yeoupe dit aux gens de sa suite d'apporter les présents. Tsingsin les reçut avec de grands remercîments : « Seigneur Sse, ajoutat-il, que de félicitations j'ai à vous adres3er! Je suis- un pauvre religieux confiné dans la solitude dun village. J'ignorais absolument tout ce qui est arrivé , et je nai pu vous offrir mes compliments. » ―
Après le thé , Tsingsin ordonna d'apprêter un logement : « Ne vous mettez pas en peine pour un logement , dit Sse Yeoupe. Je viens , comme autrefois, vous demander le couvert et un lit dans une de ves cellules. »
一 « Seigneur Sse , répondit Tsingsin , vous êtes à présent un homme de distinction. Je craindrais qu'un simple lit de nattes ne vous convînt pas. »
Après que la conversation i^ut continué quelque temps ,- Sse Yeoupe s*adressant à son hôte :
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« Le seigneur Pe Thaïhiouan est -il maintenant bien portant ? » demands! - t-il,
一 «Il est en bonne santé, répondit Tsingsirr* Dans le cours de ce printemps , il est allé faire un voyage de plaisir au lac occidental ; il y est resté deux ou trois mois , et il n'y a pas encore un mois qu'il est de retour. »
― « Mademoiselle sa fille est*elle mariée ? * demanda encore Sse Yeoupe. ,
一 « Les demandes, comme à l'ordinaire, n'ont pas manqué , répondit Tsingsin. Mais elle n est pas mariée encore. J'ai entendu dire hier que ïe seigneur Pe, durant son séjour dans le Tchekiang, l'avait promise à quelqu'un ; qup le seigneur Gou était venu d'un autre côté se faire Ventremetteur d'un second prétendant; que les deUx partis se trouvant en opposition , ils étaient làdessus en contestation , et qu'il n'y avait rien encore de décidé. »
一 « Hy a, dans ce village de Kinchi, unbomv geois nommé Hoangfou ; le connaissez-vous , maître? » demanda Sse Yeoupe.
Tsingsin réfléchit quelque -temps: « Il peut y avoir un millier d'habitants dans le village de Kinchi, répondit-il ensuite. J y vais quêter le riz nécessaire à notre consommation de chaque
knois. Toutes les maisons me sont p{kr£i|itfime|it connues; mais je n'ai jamais entendu psirler de personne du nom de Hoangfou. »
一 « Il m'a dit qu'il éuit parent de Pe Thaî« hiouan, » ajouta Sse Yeqiipe.
— «Si c'est un parent du sçigpeur Pe, reprit Tsingsin , il demeure peut-être à sa maison de campagne. Il sufj^ra de le demander au château 9 et vous a^rex surrlû-chainp de s^3 noiLvelles. »
Après avoir soupe , Sse Yeoupe demanda à se retirer pour passer la nuit. Le lendçxn^^A matin il se le^ , fit sa toilette , et dès qu'il eut déjeûné, il ordonna à tous ses gens de l'attendre au couvent avec ses chaises et ses chevai^x , et lui-même, vêtu de l'habit quil portait ^utrefc^s , accompagné du seul Sû^ohi , U cî'^cbwiiaa^ tout dopcem^nt à pied du côté du village de I^nchi. Quand il y fut arrivé , il coiUempla ces ooUipes et ces , ces arbres qui étaient fels qu'il les avait TUS iadis , et il resj^eotit une émotion i&ev primable en pensapt 绔 riep emove jftéWt 6x4 pour sop. puriage,
l^e pédiev ieork, Fean coule «aoun^aa tempt paoé.
Ce jeune Lieoa , Fobjet de tant àp vœux, le ypilà rçf^u :
Mais y est-elle encore, la divinité qa*il adore ?
Gl|«^ pensée 9 qv 欝 fomnir ect nue émotion décfairtate.
Tout en cheminant , 3se Yeoupe s'était livré à ses réflexions : « Je n'avais pas prévu, pensaitil, que ces deux mariages se devaient traiter dans le même village. Si je vais, sous mon nom de Sse , me présenter au seigneur Pe , je ne pourrai plus aller trouver Hoangfou. Il vaut mieux garder encore le nom de Lieou , deman-^ dey une entrevue particulière au seigneur Hoangibu , lui parler à cœur ouvert , et ensuite je me rendrai sans tarder chez le seigneur Pe, »
Dès qu'il se fut arrêté à ce parti , il entra dans le village , et sur toute U route il s'informait de la demeure du bourgeois Hoangfou.
Qr , Pe , qui avait prévu que le jeune Lieou pourrait venir le demander sous ce nom , avait fait placer pour lui répondre , à l'entrée du village, quelques-uns des domestiques qui rayaient accompagné dan» son voyage. Ce jour-là donc, au moment où Sse Yeoupe armait , ces domestiques , qui ravaient aperçu fTavanee , jint rent avec empressement à sa rencontre , f& tlisant : « Est-ce monsieur lieau qui vient ? »
一 《 Luitinéi^e , répondii; Sse Yeonpe trè»> sdiis&it de les voijr. Le bom?geois e$t*il ch^x lui?»
-TT- Il est chez lui , et il vou^ attgnd , monsieur , » répondirent ces gens ; et aussitôt iU
conduisirent Sse Yeoupe dans feile orientale de la maison. Ils l'y firent asseoir, et promptement ils allèrent avertir le seigneur Pe. Celuici en éprouva beaucoup de joie : « Le jeune Lieou est un homme de parole , » dit-il.
n ordonna les apprêts d'un repas auquel il voulait inviter son hôte , et s'adressant au docteur Gou : « Je vais le premier aller le recevoir ; j'enverrai ensuite quelqu'un pour vous prier 4.6 venir nous rejoindre. »
一 « Je crains seulement, dit le docteur en riant, de trouver ce que je verrai au-dessous de ce que je voùs en ai entendu dire. »
Pe répondit à cette plaisanterie : « Du premier coup-d*œil , mon frère , vous reconnaîtrez qu'il n'est en rien au-dessous du jeune Sse. » Et en parlant ainsi il se rendit au corps de logis oriental. En y arrivant^ il attacha ses regards sur la personne de SseYeaupe, pour le considérer attentivement, etlui voyant ces graces, cette figure charmante ) et cette démarche légère , attributs de la jeunesse , il se sentît le cœur rempli de joie , et s'approcha de lui d'un air riant : «Quoi ! vous arrivez à présent, monsieur Lieou, lui ditril. Du" matin au sœr, je regardais si je vous verriais ▼enîr. »
( ^og )
1 Sse Yeoupe s'empressa de faire une révéi rence : « J'ai été retenu plusieurs jours à Hang- ! tcheou par un de mes amis , dit- il : c'est ce qui I a retardé la visite que je voulais avoir l'honneur de vous faire. Je suis infiniment coupable. » Tout en parlant , ils se rendaient les devoirs \ accoutumés. Ils prirent place ensuite , et Pe s'adressant à son hôte : « J'ai vu par la lettre que j'ai reçue de vous, dit-il, que la personne que TOUS aviez crue morte ne l'était pas , et que vous aviez été induit en erreur par un rapport mensonger. C'est un grand sujet de joie. Mais vous ne m'avez pas dit de qui cette personne était fille. Vous me mandez aussi qu'un magistrat s'est chargé pour vous du rôle d'entremetteur : quel homme est ce magistrat? Enfin vous m'aviez appris que monsieur votre père avait déjà fait le voyage chez les immortels : comin|nt dites-vous donc que le mariage dont il s'agit a été conclu par monsieur votre père ? »
一《 Les choses en sont venues à un point où je ne dois plus rien vous cacher , répondit Sse Yeoupe. Je vais vous dire toute la vérité. If y a long-temps que mon respectable pére a quitté ce monde. Mais Vannée dernière , un oncle paternel m'a recueilli et adopté pour son fils. La
jeune personne n'est autre que celle dont nous avoiis parlé , il y a quelque temps , la fille de Pe Thaïhiouan. Le magistrat qui s'est chargé de la fonction d'entremetteur, c'est le grand historiographe Gou Touïan. »
A ces mots , Pe dans une surprise extrême :
« J'ai ouï dire, s'écria-t-il , que 】a personne pour qui Gou Touïan avait pris de rintérêt, était Sse Yeoupe. Depuis quand lui ayez-vous donné la même commission , monsieur Lieou ? » |
Sse Yeoupe se leva aussitôt , et faisant devant Pe une profonde révérence : « Je suis bien i coupable ! dit-il. Mon nom n'est pas Lieou. Je suis réellement ce Sse Yeoupe lui-même. »
La Joie se mêla à rétonnement de Pe, quand il entendit cette déclaration : « Voilà une chose bien extraordinaire ! s'écria-t-il. Asseyez-Tous, monsieur , je vous prie, mais souffrez que je voSs fasse une question. Dans la lettre d'intro' duction qu'on vous aTait donnée , monsieur Sse, on disait que vous aviez été nommé juge à Hangtcheou : comment se fait-il que je vous aie rencontré dans mon voyage , parcoiurant le pity^ j sous un nom supposé P» j
一 « C'est uniquement^ yépliqna Sse Yeoupe, parceqiie 】e gouverneur Yang a une fiUe ,
qu'il voulait me donner en mariage. Par mon refiis , javais provoqué le ressentiment du gouverneur , et il m'avait à plusieurs reprises cherché chicane et su$cité des embarras. Comme, à cet^e époque, j,étai& son subordonné , je ne savais comment éviter les effets de sa malveil» lance. Tout ce que je pus faire , fut de donner ma démission , de changer de nom et de me dérober à sa poursuite, en me rendant à Chan« y in, et à la grotte de l'empereur lu. C'est de cette manière que j'ai fait la rencontre de votre excellence.»
—«Quoi! s çcria .Pe, le vieux Yang continua d'exercer ainsi sa malignité ! mais un moment : cette nouvelle de la mort de la fillç de Pe Th?iïhiouani qui vous l'avait donnée? »
一 « C'est Tchangfaçjou qui me lavait dite , répondit Sse Yeoupé. Le gouverneur, sachant <jue mes vœux étaient consacrés à la fille de Pe, l'avait chargé de me Qonter ce mensonge, pour anéantir mes espérances. »
一 《 Quelle chose odieuse qu'on soit le jpuet de pareils misérables ! s'écria Pe. Monsieur Sse, aiouta-t-il en souriant, puisque vous avez uxi ancien engagement avec Pe Thaïhiouan , et que c'est Gou Touïan qui est votre entremetteur ,
le sort de votre mariage peut se comparer à une pièce de soie richement brodée. Mais moi, sur quel terrain allez-vous ihe placer? »
一 《 rétais seul , délaissé , pauvre, en butte à Fadversité. Mon extérieur n'était pas celui d'un homme favorbé de la fortune, et j'étais dépourvu près de vous de l'appui des hommes puissants. Le premier coup-d'œil que votre excellence a daigné jeter sur moi a été pour me combler de bienfaits , en s*engageant à m'accorder une double union. Je puis bien dire que c'est vous qui avez accéléré pour moi la course du bonheur. L'affection qu'une conduite si amicale m'a inspirée durera jusqu'à mon extrême vieillesse , et c'^st ce qui m'engage à venir d'abord aujourdliui me prosterner au pied de votre escalier , et solliciter .yos ordres. Puis-je me permettre , à l'exemple d*un monde méprisable , d'altérer, par des nuages, la lumière qui brille à la porte dun sage , pour recueillir les railleries de tous ceux qui me connaissent ? »
Pe se mit à rire : « Monsieur Sse , vous avez une grande délicatesse , et l'on doit avouer que TOUS n'êtes pas de ceux dont les honneurs changent les sentiments ; mais moi, comment puisje &ire pour soutenir le débat ? Ce que jaî de
mieux, c'est de céder le pas à Pe Thaïhiouan. »
一 《En prenant ce parti , vous feriez preuve dune vertu parfaite, et moi, je montrerais beaucoup d'ingratitude. J'espère encore ^ue votre excellence trouvera quelque moyen d'accommoder la chose. »
一 « Tout cela peut s'arranger; mais il y a aussi une circonstance où je me suis rendu coupable , et que je dois vous déclarer, •
一 « Pouvez-vous dire cela ? reprit Sse Yeoupe. Ayez la bonté de m'instruire de ce que vous entendez. ,
. ― « Mon nom n'est pas non plus Hoangfou, répondit Pe. Ce Pe Thaïhiouan dont vous parliez, monsieur Sse , c'est moi-même. »
A ces mots , Sse Yeoupe fut saisi d'un étonnement inexprimable. « Quoi ! s'écria-t-il, c'était donc un badinage de votre excellence pendant son voyage ! JTai fait un véritable rêve. »
Tous deux, se regardant alors, firent un grand éclat de rire, et, sur-le-champ, Pe envoya prier le seigneur Gou, son beau-frère , de le venir trouver. Le docteur Gou ne tarda pas à paraître; et comme, au lieu du jeune liepu, il'Vk Sse Yeoupe assis, il de hâta de demander un éclair* pissement : 醵 J'avais entendu, dit-il , yne c'était
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le jeune lieou qui Tenait TOur rendre visite. Comment se trouvc-t-il , au contraire, que ce soit monsieur liansian ? ,
Sse Yeoupe , le saluant avec empressement , se mit à rire et garda le filence. Pe riant de son côté : « On vous dira cela quand vous vous serez salués , » répondit-il.
Aussitôt que le docteur Gou et Sse Yeoupe se furent rendus les devoirs accoutumés ^ on s'assit, et le docteur, qui voyait bien que leur gaîté devait avcnr un motif , insista beaucoup pour le savoir : « Vous vouliez voir le jeune Lieou , répondit Pe toujours en riant. Le voici ! • ajouta-t-il en montrant Sse Yeoupe.
一 《 Que signifie ce discours ? » s,écria le docteur tout interdit.
Alors Pe lui raconta en détail tout ce qui s'était passe précédemment. « Quelle multiplicité de contre-temps! s'écria Gou en faisant un grand éclat de rire. Je vous disais bien que parmi les lettrés de Kinlhig , je n'avais jamais entendu parkr du jeune Lieou. Je vous le disais bien aussi : parmi les jeunes gens de FEmpire , qui pouvait l'emporter sur M. Sse , si ce n'est M, Sse lui-même! Puis se tournant du côté Pe : Mon frère , lui dit-il , pour avcrir )
malgré tant d'obstacles et sans que rien vous détournât la main , fait choix de M. Sse ; pour avoir pris ayec lui , sans la moindre hésitation , l'engagement d'une alliance , on peut dire que vous avez l'œil d'un magistrat. C'est une marque de 4îscerti ornent qui m'inspire beaucoup de respect » • •
一 « Ce n,est pas cette fois que j'en ai fait voir , dit Pe en riant. Mds restiine que j'avMs pour son mërite m'était Tenue de vous-même , mon cher frère. »
一 « Le roseau et le jonc , dit Sse Ycoupe , peuvent-ils avoir quelque charnie deyi(nt vos seigneuries , accoutumées à réfléchir les formes des plantes plus élégantes ? »
Le plaisir qu'ils goûtaient en conversant ensemble ne pouvait sepuiser. Peu de temps s'était écoulé, quand les gens vinrent apporter la coUàtion. Tous trois prirent leurs places pour y faife tête , et comme, cette fois , Sse Yeoupe derait remplir lofBce de fils et de gendre , il se mit au bout de la table en travers. La conversation continua gaîment , aminée par les sentîniêiitft d'une veritable satisfaction. On tint table la moitié de la journée , et quand la collation fiit achetée, tes dome9fi(|ues desservirent.
Les trois convives se levèrent et reprirent leur entretien. Âu bout d'un certain temps , Sse Yeoupe choisit un moment favoj?able , et Vadressant à Pe : « Votre gendre, dit-il, a encore quelque chose à tous communiquer. »
― « Sur quel objet ? » demanda Pe.
一 « Cette personne , dont je vous parlai il y a quelque temps , qui s*était yw obligée de fuir un persécuteur , le hasard m'en a procuré des nouvelles hier. J*ai découver-t la trace qui doit me conduire jusqu'à elle. »
— « Et d'après cette trace, en quel endroit -est-elle? » reprit Pe.
一 « Ce qu'on me dit est bien singulier, répondit Sse Yeoupe. On m'assure, mon cher beaupère, que j'en aurai des nouvelles, si j'en demande dans votre château. •
一 « Cela est effectivement; fort singulier , répartit Pe en souriant Comment TeuUon que vous m'en demandiez des nouvelles ? A quelle femille du Kiangnan dites - tous quelle appartient ? »
― « Elle n*est pas du Kiangnan , mais du Chantoung , et de la maison de Lo , » répondit Sse Yeoupe.
一 « J'ai connu dans lé Ghantaïuig un certain
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ï Lo jYihpung ; mais it y a 'long ,! t 柳 ps qu'il est '、、 mort. Son : fils \e^l, encore tr",je%me,. Quelle connaissance pourriez - Vous (ivioir dans la î mwon d^ne femme r^me , jnonsieur Sse? Et . qui a pja rempli, pour y^us le rôle d'entrismetteur ? » : , '- . , : ' ;. ■:
I — t- * L'aonée derrière. , répaTtil SseTfeoiape^ , \ j*ai passé par. le Qhantoui^g en me rendant à la cour. Ayant été arrêté et dépouillé par violence, je me Jtrouyai placé dans le {>Ius grand embarras, ne pouvant ni avancer, pi reculer. Xa- hasard me fit rencoptrer un ç 鄉 ajn conseiller nommé , qui me demanda /4e lui/cpmposer dès yèrs , en me promettant de l'airgeiit paiir <doii|;iiiMr ma route. Il m'invita en conséquence à Venir chez luji. La madson ^fl Xit&e troquait* coatiguë à^elle de Lo; et commp j«i Mtie pçQrtHîteai&deiwait la porte du jardin de dj^rrièiîe , paRaveaiitt» le fils.dç la maison de, Lo sei.pmm^in^'maSi Ae son^côté. Nqus ncm^ re^^i^trâm^s ^ nom uam m— s à xifais faire, fio|aS<i^.tic€j dje 職 (semi - 5ffl,Ws^raes;.hi^atôt. ét^itement Hes. il pourvut à. la /J^pei^sç d/B ma rmt^^et enjméme "W?s , il. nie. tff^fL ^^it 嚇 jsoeur.^cadesté , ^vec jagueile i^>s'ei}gag^ À、ni«îi :lài*e ;j^|^Tflrfe
一 《 Ditës«inpi , monsieur -Sse, quel âge avait oe jeune #s -de là maiâoii de Lo? demanda Pe. Quel était son extérieur? '、
一 《 Ce inline , ii^iridit S&e Y^iq>e,
avilit sene axis l-aViif^'è dernièi^e. fl en a dixsept à présent : sa fi^re est charmante et 'dé iléliaitesse. Son teint «st éclatant (omme raft-bi^e de jaspe sotis FhatdÂfe du zé* pkilr. Qufliid notis é\i<ms pkoés ris-à-vis l'un de'lautsre , sa phy^onomte i^èspirait la pttdeur ^ui âtiimaît s<^ sëiiii »
" ui^ * fSkiftiêimtj tëptit Pe, quand tous avez qmtié la capitide ^tohs tnrèz passé p9tt l6r<]haii- KMHÀg^Vcai&iètes^^VcMa^ de nouveau trouvé avec lui?»
">Ik«W|tfê }%i^4rttverdë Ijé Gbantoang en i wrenaiit éela csipiêale, j'espérais bien lé revoir. Jk!fad)iMreasement I«s deux: portes de la madsôn deiiio, cèliedeidevant, celle de derrièî*e, étaîem ^exiwctemdtit/&niiéès 秋 scellées, t% il ny avait •{tersoTUie dans l'intérieur. J'ai pris divërses BifoébatkMRs' bhejs lè coniteiKéï' Li; Tout ce qu'fl ,sùimedi*e, cW-cplè mte famille se composait de k: wiTô, 、d,liM jèûile âle , dun petit gàfcon doft& àgé où lÈdx ans , et que se voyant
^enacés d'une persécution , ils s'en étaient
aUé# t le'Kiiâng^pdii^ y (jpt'aiifceatè ib by «y ait pa3j4«iemi^ htom^^de ilage: deisdiie 'wiKz" sept ans* Jé quesfipmnnb aiuâ .un .oeitaini) T«îail BOîi^U^a : U raaastira la même xdioseçide sorte que, <|)endaait lùh' oevtaki xene^s^^* îl oné'Mpiblak fpio^ (i'étais-ilaits^uii )SOnge^ ignorant '4loà^imii^ prlt^enUr . H»ne . secnUoMe ilhisiioiiv f;Mài&" hièr , cheB'uft de tneft) ara») le hi^sasrdl nf a procuré ûmf dqpécht dje Ml Lo. Jki: coixmièboé à ;crôit« à )iQa existence I, 'et; j!ai 'reoonou: que iwesfpfé* xiédei^tM informations n'étaient TgOLS conformes à la . VBrhë. .Toiîtefois^ dans oetlas^ieUre^ il im kUli'Sèiiicmeht de m?Bdre«ér à'rpot'è «hâtttaù pouv^ 4nreir d.3 ises nduvette^i: <|uè>âgnifie eeMe 'jneBDiaBiandalion ? «1 ,
r-ît « Qu^l'Cst le sucittmude œ feunecLo? »
-demwcU.Pâ. . \ 1 -. ,"J :'.. .
— « Son lûinMÂr eitJMtsngliy Wi^épbnlitdStê
Yeoupe. 、 . - /. '小 -.a
— « flia dùV ceprit Be ^ > ^fçît î i^elfiis mbtif
pour Tpuft ^i^e .dei ri^tosi linformisr. \ de lai «hes
.. fTO é«w:.Tei|»fÀjpiftdvii|tf>»$li»ir Sie^
le docteur Gou. Où avez-yous laissé votre chaise et vos chevaux? » . ?' '- ' '
{ 、华 ao )
'一, 'Ici dmntf, viUagiç de PecU ^^ daiis le CQiiT0Dt ' die» 'Koua|i;^n , r^ponâtî Sse Yéoiipe. Gist dans :06l! endroit qtae^Tai logie jadift. »
一', couvent est bien éloigné , rèprit Pe.
PoUrquoime p^isJ^sifiadré venir im P il nov:^ rsera p)uaj(aÎ6é(iâe ; noua Tojir, et>«de'Oauser matin SQÛlt t »/ Et — auss&àt: .il chau^ea ses ^nii d'aile^ ohepeker le bagpgë dë .Sssie .Yeonpe. Gomiae^ h DttU.appiochaid j on' -sèryit ufae autre collâtioD,* lè9 ^roîs ctmvivesr 6e':reimreDt à x^atsâer de^phis bâUe.et:à boire avéoiiine noavelle ârdeitif, et ils M 4è quittèk'eiit' qu'à .Ih seconde 'ieiBe (i). "Sse Ydo^ipê demeura dass le corpsf dâ «logis briental où il ayàit^|éfté>rcc«L^ PdsaHisi (jùe le «docteur Gou s'en retournèrent à leurs appartements ; le.d6cteOT>aUa>secou0heriddii6ie'psiyilk>R des i Songes Champêtres , et Pe rentra .dab«l'appar- | temeiUiiiitërîeur.y où' les sokes du Sertissement ne tardèrent pas à Fendormir. . " / - - tLo lendeiqain; cpianQ il . fut* levé et qu'il eut | adb,é ; sa! toilette , ifl- . ch&rg^a Yanitou d'aller [ plier to jeune nii^ti^essé? ' de Tenir entretenir avec lui. Mademoiselle Pe arvait été/ptés^nvLt dè^'>lâ ',eitte'<^e"l"*6uii6 lAtàk ti'é^it antre
(I) Neuf heures du soir. ' ': , r' .
«jaePle jeune Sse : èHe eiii avait été ràvie , aùssi^ bie» que^madeihoîseHe >Lo.' 'Etie se rendit don<5. avec beau^o up' d'emptesseifient ; aux ' drdres i de soii'|)ère; En la Tbyanf approcher , Pfe se mit a ripéc "E4i bien Mut difr-il, c^e jfeuiie Liisou, c'eiV le jeune Sse. Tob oncle ne s'est pas trompé én; se>ohargeant d/être son eAtrêmettetrr. Ton père ne s'est pas trompé won jdti» <lam ié > choix qrfii ai fait d'un geodm II ny a pa& dWreur quand on l'a mis'afe tôde de làUfet^èVqttand on la distingué au concours , quand on l'a nommé à une charge. Tu îvoîs qu'en toute oceaâiofi , ceux qui ont uw véritable mérite en réçoirent la récdmpense; » » '-. ■' 」
- « C'est donc la mêfhe personne ! ^lit mâdemoiséUe Pe. Qui eût pu prévoir tant de ^ontre-tempsr ! Que de peines, mon père , tout ceci Youà a causées ! » ' 一 ' •
― « Tout cela n'est J>lus rien , reprit Pe.
Mais voici encore une autre chose. » Et il lui conta ce que lui avait appris Sse Yeotipe, de aon aventure dans la famille Lo. ^ Il est bien clair , ajouta-t-il , que c'est mia nièce qui a eiji cette aventure. Quel pourrait être ce garéon» qu'il a trouvé ? »- ^ 籍 ;
一 « Mft'isœàr Meiigli m avait déjà raconte
toute celle afibire , dû ; mnderao^elle Pe» Son pèro n'était plus. Sôn frère n'«9t qu'un entfant. Sa mène menait la ,ie re^ëe d'une veuve , et n'avait pas de mojea de . se choisir m gendre. Blte a oraitat de modrir sans avoir trouvé d'époux» Elle a donc voulu tirer parti des drcon stances : elle a pris Uicostaeie dun gardon , et s'est procuré une entrerue kvec le jeune M. Sse. Elle lui a renais de l'orj elle ^ pris un engagement avec lui •• tout cda est exactement vrai , et maintenant j'espère , mon père , que vous voudrez bien faire le reste pour eUe<»
'Pc fbt très-satis£akit de:ce discours: « Si jeme encore, dit-il , je n'aurais pas devkié quldle eût tant d'adre&se. Mon premier projet avait été de vous donner toutes deux en. mariage au jeune - Lieou : maintenaDt vous épôiiserei le jeune Sse ; cela revient au méinè. Il est aisé de voir que ses vœux nmi dacoord avec dos désirs. Les uns et les autres seront comblés, ei ce sera uike issue extrêmemewt heureuse. Je n'y tcms aucun inconvément. Tu peux le lui apprendre ; mais il i^e faut rien dire de tout cela devant ta tante. »
Mademoiselle Pe se ^argea de la tccmumis-* flion de soti pèrè^ et. -célui^'ci s'en vint , avec le
docteur Gou , au xsorp^ de logb oriental. Après la,|^tpie 5iilutati(>n, ^adressant à Sse Yeou, pe : « y ai pris des iofoma lions exactes ^ ditW, sur ce que Vesis m'auriez confié iàev m sw^t de L6 MeDgUi <j0ae. • personne existe effèctivi^" ment. »
Sse Yeoupe charmé de cette^ assurance : « Et dam qoel 6ndroh ést hicm frère Lo i^' Pourraisje wir ?»
~* lie tieu Lo Me»gU &, est retiré tie luï permet pas d'avoir maintenant utiè enW&me avec voua , réponclit Pe. Mai» il dépend^ de mbi , si TOUS voulez , de toa& faire épouser ssi sœtii*, »
— « le ne suis pas , reprit Sse Yeoupe , de ces gens qui n OBt pas plutôt atteint le pays de' Loung , quils tourtiôAt les yeux du c6të; ée Chou. J'ai obtenu l'objet de mes vœux et je »e forme plus de désirs. Mais j'étais pauvre, dépourvu de tout sup une grande route , déduit au comble de la détresse. Au premier môt, pour in*aVoir entrevu de profit , Lo Mengli est venu à mon secours ; sa générosité a pourvu à mes besoins en in*offrant trente onces dWgeti 售, ajoutant à ce prêt le don dé bracelets et de pertes. Il ni*a fait déplus la promesse de ce mà-
ria|[e ; il m'a montirë la plus tendre et la plus vive affeclion : il ne meùt pas mieux traité quand j'eusse été l'un des sages de lantiquite. Maintenant la fortune m'a fait obtenir un rang ; si j allais rom^Hre mes anciens engagements , je ressemblerais au chien qui ronge les os et les abandonne ensuite. » .
一 《 C'est impossible ! Cela ne doit pas êtreî s'écria le docteur Gou. Mais on peut dire que Mengli sait distinguer les hommes et bien placer sa générosité.^
. ^ < Il est juste de l'en récompenser , reprit Pe. Nous accomplirons avec pAaisir ses engage^ ments. Mais je crains bien que nous ne puissions en faire autant pour cette nièce à moi , que je vous avais promise il y a quelque temps. ,0a ne saùrait avoir trois femmes dans .la même ms^ison* »
. ― « Mengli est un aimable lettFe , mon beaupère. Pourquoi ne lui feriea-vous pas épouser votre nîè<^e ? » dit Sse Yeoupe.
二 « Nous en reparlerons , » repartit Pe.
La conversation continua de cette manière , et l'on en vint à causer de l'échange des vers sur les 、saules printaniers , qu'avait fait Tchang" . fanjou , et de la supercherie de Sse Y.eoute
lorsqu'il s'était présenté avec la lettre sons un nom supposé. On rit beaucoup de ces deux* arenturês. « Mainte ant que je suis honoré de votre affection, dit Sse Yeoupe , et que toutes nos affaires importantes sont conclues , il faut oublier oes petits incidents du temps passé» D'ailleurs ces deux hommes sont d'anciennes connaissances. J'espère que vous daignerez les recevoir comme autrefois , et £aire voir par là que vous savez pardonner. »
— « Votre idée s'accorde tout -à «fait avec mes sentiments, , répondit Pe. Et sur*Ie-champ il dit à un domestique de prendre deux billets de visite , et daller avec lun chez M. Tchangfanjou, avec lautre chez M. Sse Yeoute , leur dire que le seignear Sse était à la maison , et les engager à venir s'asseoir auprès de lui. Peu' de temps après , ils arrivèrent tous les deux successivement ; leur abord fut très -respectueux , et toute la compagnie demeura à se divertir dans le corps de logis oriental.
Cependant , linspecteuF général Sse , étant revenu prendre les ordres de la cour, avait appris la réintégration de Sse Yeoupe dans le grade de docteur de la grande académie. Il fat enchanté de cet événement. Il se voyait
xo.
un successeur dans hL'^énémtixm tmrmte , et comme lui 一 même' n'avait aucun goût pour les fonction» de" magistrat , il écnrit un j^aeet en prétextant une maladie. H adressa en m^e temps une demande â la dmmbre des ÎDspectears généraux, et à force d^in&tancés réitérées, il obtint que son nom fût retiré du rôle des inspecteurs disponibles juscp'àu jour de son rétablissement -y où il pourrait reprendre ses fonctions. .
I4>rsque S$e se vit en posséâsioD du décret, il sortit en toute hâtei de k capitale et se rendit d'abord chez lui > dans la province .de Homn, où il.$*arrèta plu» d'un mots. U se remit ensuite m route pour Kkiling , afin de terminer le mariage de Sse Teoiipe« Dè» /}ue la nouvelle de aon arrivée parvint au village, de Kînchi , Sse Yeoupe se hâta <fe prendre congé du seigneur Pe et du docteur Gou, pour aller recerw son père à Kinling , dms h maison qu'il ayait autrefois habitée. Ce fut ce jour -là même qu'arrm l'inspecteur général S§e. Le père el le . fils eurent la plus grande joie de se retrouver ensemble. Ssene tarda pas à s informer où en éiait le mariage, Sse Yeoupe se mil à lui racontelr les proppsUions que lui ayait fiiite^ le gouverneur
Yang ; comment, ayant change de nom, iï avait fait la rencontre de Hoangfou ; comnient , à son retour , tout setait éclairci , et son aventure entière avec Lo Mengli , depuis le commencement jusqu'à la fin. L'inspecteur général Sse apprit avec une vive satisfaction toutes ces circonstances : * Que de choses* étonnantes et d'incidents étranges dans les affaires . de ce monde ! s'écria- 1- il. Un autre jour, nous reprendrons cette agréable conversation. »
Les magistrats de la ville et des arrondissements voisins avaient appris son arrivée : ils vinrent tous lui rendre Jeurs devoirs. Les invitations suivirent : les repas , les importunités toute espèce ne leur laissèrent plus le moindre repos, ^inspecteur général Sse et Sse Yeoupe se consultèrent ensemble : « Le bruit et la dissipation de la Tille en rendent le séjour insupportable , dit le premier. Allons plutôt chercher^ une habitation dans le village de Kin chi. Nous deviendrons voisins du seigneur Pe. Vous serez mieux placé pour terminer votre mariage. En second lieu , Pe n'a pas d'enfants mâles: vous serez son soutien et son appui, et yous préviendrez en lui les regrets du délaisse» ment et de la solitude. Enfin le séjour tran-
quîUe d'un village, au milieu du spectacle des collines et des eaux, et en même temps la société du seigneur Pe , seront un adoucissement qui charmera ma vieillesse. »
一 « Seigneur , reprit Sse Yeoupe, votre pensée me parail excellente. » Dès le lendemain, en effet, le père et le fils s'en vinrent au village de Kinchi. Après les salutations que leur adressèrent Pe,le docteur Goii, Tchangfanjou et Sse Yeoute, l'inspecteur général Sse fit part à Pe du projet qu'il avait formé de fixer sa demeure à Kinchi. Pe fut charmé de cette idée : il fit incontinent chercher dans le village une grande habitation , ét il engagea l'inspecteur Sse à consacrer mille pièces d*or à cette acquisition. Sse ne tarda pas à y transporter sa demeure. ,
On s'occupa ensuite du festin. Le docteur Gou fût prié de prendre la direction des noces. Tchangfanjou fut chargé du personnage d'entremetteur à régard de mademoiselle Pe , et Sse Yeoute remplit les mêmes fonctions pour mademoiselle Lo» On fit choix dun jour heu* reux, et l'on disposa un double appareil de présents de noces, qui furent apportés à la fois dans la maison de Pe. Pe retint les uns pour lui-même, et fit passer les autres à madamè La
qui les agréa. On avait invité beaucoup de inonde au festin , et la joie des uns et des autres y fut portée à son comble.
Après ]a cérémonie des présents de noces , l'inspecteur général Sse choisît un autre jour de» plus heureux pour célébrer le mariage. Sse Yeoupe avait cette année vingt et un ans. Son admission toute récente dans le corps des académiciens , son extérieur , ses graces , ses talents connus relevaient au-dessus des autres hommes. Tout le monde répétait ses louanges et lui té moignait de l'affection. Mademoiselle Pe avait dix-huit ans , mademoiselle Lo, dix-sept. La renommée avait fait connaître en tous lieux les talents y les vertus et les graces de ces deux filles charmantes.
Quand le jour des noces fut arrivé , l'inspecteur général Sse fit faire les apprêts dun grand repas de cérémonie. On prépara deux grandes chaises de bambou avec des ornements brodés 5 des lanternes peintes bordaient la route des deux côtés. Les tambours et les musiciens se faisaient entendre sans interruption. Sse Yeoupe , montant un superbe cheval qui redres^it fièreinent la tête, parut coiffé d'un bonnet de gaze noire, ayant aux jambes des bottines de la
même couleur > sur le cou ui^, grande écharpe de pourpre. Les officiers du grand college académique et de la chambre des inspecteurs généraux Facom pagnaient, rangés sur une double file. Il s avança de cette manière à la rencontre de» épouses. Sur tout le chemin, des pi^es d'artifice retentissaient jusquau ciel. Le tumulte et la joie étaient à leur comble.
Les deux jeunes dames, vêtues detoHea dor avec des ornemente de pierres précieuses, semblaient êtres les filles du roi des ImmoFtels. Elles prirent respectueusement congé du seigneur Pe et de madame Lp , et montèrent en chaise le visage baigné de larmes. Pe , à raison de rintimité, ne voulut pas s'arrêter à la coutume vulgaire. Revêtu d'un habit de fête du seçond rang , il monta dans une chaise à quatre porteurs, et accompagné des officiers qui relevaient de sa charge, il vint lui-même assister à la cérémonie. Le docteur Gou, pareillement vêtu d*habits de fêtes , se fit porter daos une grande chaise; Tchangfanjou et Sse Yeoute, coiffés de bonnets, vêtus de bleu, et montés sur des chevaux fringants dant la tête était or- , née de fleurs et de pendants écarlate , étaient les deux directeurs du cortege, aussi brillant
cette foi», quesil se fût agi de h réception dun docteur.
lie brait des clocliw , le son de» tambovn , se joint à llianiiouie
' du Inth et des guitares.
ITnelielle union r^fuaé la joie parmi tom le^ asnsti^u. La nièce qu'on a recueillie double les charmes d'une telle al, lî&nce.
"Là pa^erem aospead son.nid anx tiges de deine arbre& La lune reste suspendue anx tissas éc^rlate qui ornent les fenêtres du pavillon.
Devant k porte , nue riotime dorée rvmylaoe Im fleurs Mm* santés.
If immortel qui a atteint lé bat de ses àétàn goûte une joie non- TtUe.
Ce ne sont pas les chants dn Urre des yers ; c'est la mélodie du gmnd Chun.
En peu de temps les chaises arrivèrent deyaut la porte. Ceux qu'elles xenferaiaient en descendirent pour entrer dans le salon du principal corps de logis» Sse Yeoupa se ùut du milieu, ayant les deux nouvelles mari—s^ l'une à sa gauche , lautre à sa droite, et fit ain^i la salutation à rinspecteur gépçral S^e , ains qu'aux autres parents. Cette cérémonie terminé^ , la musique entra daa^ Vappartement des femmes.
L'inspecteur général Sse demeura en dehors , dans la compagnie du seigneur Pe, du docteur Gou, de Tchangfanjou et de Sse Yeoute. Pour le repas I on dre^ trois tables daçs la salle. Sse
Yeoupe dîna srvec les deux jeunes dames. Par dessous les cierges parfumés , il jetait les yeux à la dérobée sur mademoiselle ,Pe, sur cette beauté vraiment digne d'attirer le poisson du fond des abîmes et de faire , descendre la grue du haut du ciel , capable d'effacer la clarté de la lane et de faire rougir les fleurs, et dont on pouvait dire que la haute réputation n'avait rien d'exagéré. Cette vue lui causait un véritable ravhsement. II porta ensuite ses regards sur mademoiselle Lo , et frappé de l'extrême ressemblance qu'il lui trouvait avec Lo Mengli , il ne put s'êmpécher de se demander avec étonnement si la ressemblance d*une sœur pouvait être portée à ce point. La troupe des suivantes qui étaient debout autour d'eux ne lui permit pas d'ouvrir la conversation, et il renferma dans son sein les mourements de joie dont il se sentait transporta-, jusqu'au moment où la compagnie venant à se disperser, chacun pourrait se retirer dans son appartement.
Or, dans la cour intérieure, il y avait deux paviDons surmontés d'un étage et placés vîs-à-Tis l'un de l'autre, à droite et à gauche. Le pavillon de gauche fut destiné à mademoiiéUe Pe, celui de droite appartint à mademoiselle Lo.
Sse Yeoupe se rendit d'abord à l'appartement de mademoiselle Pe , et dans un ehtretien qui fut pour eux rempli de charmes , ils se rappelèrent Forigînè de leur passion mutuelle ^ les
î vers sur les saules pi^jntaniers et tes deux morceaux sur les adieux de la grae et le salut à l'hirondelle. Mademoiselle Pe n'affecta pas les airs d'une habitante de l'appartement intérieur ; mais ses réponses marquèrent toujours Faccord
[ qui régnait entre leurs sentiments.
• Après cet entretien , Sse Yeoupe passa dans rappartement de mademoiselle Lo : « Où est
, maintenant votre frère aîné Mengli? » lui de-
! mandart-il.
― « Je n'ai pas de frère ahié : Meti^ est le nom de votre humble servante , » rëpondit-e]le.
Sse Yeoupe demeura très-ëtonné : « La personne que j'ai rencontrée jadis près du rocher , est-ce que cétadt vous, madame ?» lui demanda.' t-ii. •
一 « Veuillez , monsieur, le décider vousmême, répartit «elle en souriant; je ne puis vous le dire. »
« Voilà, s'écria Sse Yeoupe en éclatant de
rire, un songe de six mois qui se dissipe en ce jour, rayais bien précédemment conçu quel-
que soupçon de la yërtië : pouTait-il, dan» 1*»nivm, y avoip un aussi charmant jeune homme? ,
Après ce discours, Sse Yeoi^pe retouma chez loademoisella PeJ à qjà il fit part de sa déoouTeFte. Ils s'en alnusèrant quelque temps.
Puis, cc^me ma^emoiseUe Pe était {flus âgée d*U9 ftn que sa cousine, ee fin 'celte preîtiière niût 4ans son paviUon que le mariage s'accomplit. Un poète plein d'avdeur, une femme charmante^ animés d une tendresse réciproque, durent jouir, avec tninspoH , du bcndieur de se trouTer ensenible.
Le jour suivant , Sse Yeoupe se reitdit -、 chez le seignéur Pe pow lui fa^e le remeri^ment d'usagé. Tôuie la compagnie passa encore la joiH*née dans un festin. A son retour,' Sse Yepiï|^ fit' senrir une cdllalion*p6ur lui et les demc feunes dames. Il montra à-inademi»seUe Lo les vers sur les saules printaniers quSl avait composés jadis sur les rimes doiméés , les adieux à la grue , et le salut à Fhirondelle. Ces f»èces fiirentde nouveau goûtées et admirées. Ensuite Sse Yeoupe fil voir À mademoiselle Pe les bracelets d'or et le collier de parles que mademoiselle Lo lui ays»t prétéSi « Je ne prévoyais pas.
din ceLle-rci , que ce premier motiy âme&t de ten* djrease deTiendrait le piineip^ d'une félicité qui doit ^fprer toute ma vie. »
Cette secondé auit, ee fut dans 1 appartement dé i£iadefiioiseU« Lo que le mariage s'acheva. Ce fut sur l'oreiller qu'elle lui raconta les particularités .d^»on a¥entqire,q»ancl elle a^ait quitté les habita de son sexe. La telndresse 'de SseYeoupe s'^^puit époore par ce véd%, , ,
.. De ce moftient, les trois éj^ouic virent augmenta Festinae ét laffei^tton réciproque ih étaient animé». Lsi pilus parfaite b&fQtOpië ré* gnail e&U''eto« Sse Yeoûp^ dons^ait uii ${>iir venir reconnaissant de$ bbtis offif^e^uç Ynniiow liû, avait autrefois randua. Htl& f&ii' ei^i^U^a avec ses épousés, et il ladinil; efiQo^è k son service.
L^inspeeteiir général Sse n& sa souoiail nul: lement^e rôatrer de n&uyeau 4a{is $a charge : il aÛQA ixiiai^x^ paisser le soiv de se» jours 4aiis la SQciété de Pe. Par la iSilite, il se défit deis possessions qu'il avait dans la province de Ho* nan ^. et tiranspppta son éta^sse^^t à Kin-
Le docteur Gou quitta pas sa «charge. Les fondons* qu'il ayait à remplie camflie stcAdémi^ cien lai cUuiBaieât ,pw dd joup &、 occupés 9t
lut en laissaient beaucoup de iibrea« II Tenait 1« plus souvent les passer'à se divmir avec sesdeux amis. Lorsque le gouvei^eur Ymg apprit la manière dont les choses avaient tourné , il envoya, par des exprès, des présents et ses félicitations.
Au bout de quelque temps, Sse Yeoupe se vit contraint de se rendre à la cour pour y exercer son office; mais il n'y demeura qu'un mois ou deux, et le soutenir de «es deux épouses l'obligea bientôt à solliciter la permission de seit revenir. Sa route le conduisit dans la province de Chantoung, et il profita de cette circonstance pour arranger les aflBaires domest^ues de madame Lo/ Oii attendit que son fils fût devenu grand, pour lui remettre le maniement. A cette éfoqiie le licencié Tsîan Tenait d'être nommé sous*>préfet, et il était parti pour exercer sa charge. Le conseiller Li était d^euré chez lui , et il invita émx fois Sàè Yeoupe à dîner.
A son i^étour dam sa maison , SseYeoape ne songea plus à prendra d'autres divertissements que de coiinposer en Vers ou en prose avec ses deux'ëpmises. Il ne pehâait pas à sortir de diez Ini. A Vexamen qui suivit, îf eui une des sec*
tions à ,dirigQr. A U3 autre exapaen, il présida le concours de la province de Tçhekiaog, et réunit autour de lui un grand nombre de disçiples. 11 fut eiisuit:e nommé surintendant du département pou^ les affaires littéraires ; et comme il n'avait aoc^in^pût^our les fonctions la p33gi^trature , il : ,jie retourna pa# à la cour.'
Tchangfanjou et Sse Yeoute se servimit de son credit pour obtenir , en payant , des titres littéraires. Lfe premier fut noniinié commissaire adjoint^ et le second secrétaire d*UD. bureau.
hd seigttetir Peataif trouvé dans finspecteur j^^néval S($e vp^ société fie $Qn goût. Il v6yaît d'ailleurs sans cess^ .^s^.Yepupfl ses deux femmes. Une pouvait donc connaître les ennuis de la solitude. Par la suite, la jeune madame Pe mit au nioncfe deux fils j et inadame Lo én eut un; et comme sur .ce^enwefsàxes Yinglaog était mort, S^è Yedtipe offirit à Pé, pour lui succéder, le second fils au(juel madame Pe avait 4ionné le jour. Cés trois jeunes gens devinrent à leur tour des lettrés distingués dansies cMcours.
j ' , '/ . • ',j ,1 -" , .-. ■ in" c • li ft" , ,.
Quelques peines que Sse Yeoupe .eÀt éprouvées à Yo^ii^àndé fcdfl deftdbté înàriagé ,'la mà-
( aî8 )
tiière dontlaffiiire s etarit tcrmiiï^e Jes aYaxtbîen compensées. Il jomt petvifefit treùte 'ou quarante ans, avec ses deux épousés, de tout le bonheur que ramouf peut acccorder. Ce récit nesMl pas digne de figurer parmi les belles histoires qui notis restent de Paiïtiquité ?
On a fait les Ter» ^suivants à là;k>tiaDjg;e du seigneur Pe :
Jusfè ét incapable de crainte , sa mission chez les Taures moBtn son dévoneme^t, *
Une riante raison , le goût de la musique et des Ums ne le qnit-
-' tèrent-jntaais. - ' ' *
. Ua tel boimike eftoda ]hbq4«FM) é^tftat» «ofaiv^t dt^jpibpi^
' On a auMi com&crë "vers à ht louange paniculièpe 8se^Yet>txpe :
Sa jeunette , son tajent le rapprochent du nénuphar bleu do plos - tRkhre des poètes.
accomplie. .
maAtes.
jdemoUdfe P^e c:
Du fond du pavillon des femmes , elle ùât briller son amonfjsoDr
Qu'on ne dise pas qu'en quittant la maison paternelle, elle en a
emporté la neige éclatante de blancheur; Cette antre memille , les saules printaniers illastreront la maison
de mademoiselle Lo :
Son œil perçant, du hant d'un payiUon , démêla tout le mérite d'un homme.
C'est an présent qu'elle lai offire qa'eUe confie le soin da bonbcur de sa Tie.
Jamais plus belle figure ne se montra ainsi parmi les fleurs. I/etprit et la générosité "talent réunis pour former son corar.
de Pc.
FIN DU IlT-KIAO>LI.