MÉPRISE SUR MÉPRISE , COITTBARIETES DE TOUTES PARTS
Pourquoi fiint-il que le sort trompe û sonrent nos vœux ? Presque tontes les affaires vont ainsi d'une manière désordonnée. En Ouvrant les yeux on voit bien que lui n'est pas moi, Mau en se réveillant , ou se demande : Qui snis-je moi-même ? Mille apparences trompeuses abusent à tous moments , Et il est au-dessas de nons de discerner la vérité. La destinée du mariage doit avoir été fixée d'avance ; Et pourtant , au miÛeu de tant de contre- temps , on finit par s'égarer.
Tandis que les deux cousines passaient ainsi leurs journées à s'entretenir ensemble dans leur appartement , on Tint un jour inopinément annoncer l'arrivée du seigneur Pe- Madame Lo et les deux demoiselles vinrent le recevoir , et bientôt on vit entrer Pe la satisfaction peinte sur le visage , et qui, tout en saluant , dit à madame Lo : « Salut et joie ! ma chère sœur. J'ai enfin trouvé le gendre que j« chc^jv châis. Le mariage de ma nièce et celui de Houngiu sont une affaire conclue. »
Ea entendant ces mcHs , madame Lo fut charmée ; « Ah mon frère ! dit-elle ^ si cela est,
que de remercîments j'ai à vous faire pour une si grande marque de bonté ! » I
Après le salut de madame Lo , les deux demoiselles vinrent ensemble rendre leurs devoirs à Pe, qui leur dit en riant : « Mesdemoiselles , vous êtes deux sœurs qui pouvez rivaliser ensemble de talents et de beauté; je nai pas voulu non plus que vous fussiez séparées. »
Ce discours persuada aux deux cousines quil s'agissait de SseYeoupe, que sans doute il avait rencontré à Haugtcheou , et qui les avait demandées en mariage. Elles se réjouirent donc intérieurement et se dispensèrent de faire aucune question. Le jetine Lo vint à son tour j saluer son oncle. On fit la revue du bagage, on prépara un repas pour célébrer le retour de Pe. Celui-ci, ayant changé d'habits, alla sé reposer une partie de la journée. Puis on vint reprendre place , et quand on fut assis , madame Lo ouvrant la conversation : « Vous avez été dehors j bien long-temps , mon frère, dit-elle. Vous ne deviez aller qu'aux bords du lac : mais sans doute TOUS aurez poussé plus loin votre promenade ? »
一 « Je suis allé à Hangtcheou ; et comme j'ai craint que le gouverneur Yang n'imaginât q,e jé venais lui rendre visite , j'ai changé de
nom et je rae suis fait appeler le bourgeois Hoangfou. Pendant le temps cpic j'ai passé sur les bords du lac , jl. sy trouvait un assez bon nombre déjeunes gens; mais pas un seul homme d'un vrai mérite. » Alors il leur raconta en détail tout ce qui lui était arrivé , lorsqu'il avait composé des vers dans la galerie de la source froide , ainsi que la vaine réputation* que s'étaient acquise Tchaotsianli et TcheouchingwaDg, et comment il avait reconnu leur forfanterie. Cé récit amusa beaucoup les deux cou sines ^ qui ne purent sempécher de rire. « Et ensuite, que s'est-il pass< 踏 demanda encore madame Lo.
一 《 J'avais fait un assez long séjour sur les bords du lac, me promenant tantôt d'un côté tantôt de Fautre. Voyant enfin qu'il n'y avait pas là plus de gens à talent qu'ici, j'ai passé le fleuve de Tsiantang, et je m'en suis allé du côté de Chanyin, yisiter les curiosités de la grotte de lempereur lu. Là, j'ai fait la rencontre d'un jeune homme du nom de Lieou, qui est aussi natif de Kinling, : pour l'extérieur, les bonnes manières y c'est Yeritablenfient un modèle accompli. Nous logions entemblè dans le monas* tère de lu. Soir, et malm, nous nous entreu-
nions de littérature , ou nous composions de compagnie. Nous parcourions les sujets anciens et modernes. Nous avons ainsi passé le temps pendant plus d'une quinzaine de jours. A le juger d*après son esprit, son extérieur distingué, ses vastes connaissances et ses talents émineDts , il me paraît fait pour prendre un jour son vol jusqu'aux jardins de l'académie* J'ai-vu passer bien des hommes devant mes yeux; mais je n'en ai jamais remarqué un seul qui réunît tant de qualités. Je voulais lui faire épouser Houngiu ; mais j ai craint que ma nièce ne m'accusât d'une préférence injuste. J'aurais désiré lui donner ma nièce ; mais jai eu peur que Houngiu ne se plaignît de manëgligence pour ses intérêts . Hors le jeune Lieou, je crois qu'il serait fort difficile d'en trouver un qui le valût. Je me suis rappelé que Ohoang et Niuying s'étaient toutes deux consacrées au seul Chun. Il s'est déjà trouvé des gens qui ont imité cet ancien exemple. Je voyais d'ailleurs quelles étaient toutes deux , non pas seulement amies , mais liées par la plus \ tendre affection , et il m'en eût coûté de les séparer. Enfin , de moi-même et de ma propre bouche, je les lui ai promises toutes deux. C'esti pour moi une satisfaction extrême d'avoir pu]
conclure cette affaires Et vous , ma soeur , quen pensez-vous?"
Pendant ce (Mscours, les deux .cousines étaient demeurées stupéfaites , et elles se regardaient lune lautre, sans oser prononcer le moindre mot : « Mon frère, répondit madame Lo , vous avez eu une très- bonne idée. Je trouvais précisément que Mengli était un peu jeune pour présider à la récolte de la marsile et de lalisma nuptial. Mais maintenant quelle aura ma nièce pour compagne, et pour appui , je suis par&ite ment tranquille. Bailleurs , puisque ce. j^une Li^ou a tant de mérite et d'agréments, voilà le repos de sa vie assuré. Votre be§u* frère habite le séjour des neuf fontaines y et comme lui je puis aussi fermer les yeux. »
Pe semblait au comble de la joie : « Vous exprimez justement ce que j*^Tais dans la pensée, s'éçrîa-t-il. Moi qui n,ai pas de fils, jen'ayais que ma fille Houngiu présente à l'esprit. Mais aujourd'hui que j'ai trouvé, un gendre dans la personne de Lieou , tous mes vœux sont satis- £iits. Que mon cercueil se ferme demain, s,il le faut: jy entrerai joyeusement et sans regrets. »
Tout en parlant ainsi , Pe riait de plaisir et madame Lo partageait insensiblement sa satisfac- IV. 8
tion. Il ri'y' avait que les* deux demoiselles qui , «e voyant arracher un consentement tacite , éprouvaient aa fond du cœur un trouble inex- ■primable. Elles n*t>saient pourtant ouvrît* la bouché, ni faire la moindre allusion à ce qui coilcéf nait Ssè Yeoupe. A la fin, mademoiselle Pe tourna tes yeux sur Tansou, Yansoû comprît ce regard', et siir-le-champ elle apporta à Pe les deux lettres de l'inspecteur-général Sse et dû docteur Gou. Après lés àvolr lueà, Pe tout surpris s'écria : « Gomment donc f celui il eu la seconde place au cotioouris cfu tiord, c est SseYfeoupe ? Et 'c'est le neveu tie Sse Fanghdéî ? Et il Fa adopte pour sôn fils ? C'est donc j^our ceta quîl ^'était inscrit comme candidat du Honan? Sij^avais su tout cela un peu plus tôt •te 'mariage eût été biefatôt conclu. Pourquoi at-fttatit attetidu pour foi'Bfier sa demande? Maintènant j*ai pris uri. engagement de ma propre bouche avec jetitie Lieou. Il se trouve actuellement en arrière. ' Que puis -je faire à cela ? »
Il jeta les yeux sur sa fille, et* vit qu'elle baissait la tête et gârdait le siléncè. Il fit une réflexion :' « Tout le monde , dit- 11 , exalte le mérite et léà agrëmetits de Sse Yeoupe:' Il a
mérité de phis lasecoiide plaice lau cohc<Airs.'Je 'p«nse bien <{fie ce doit pas êti« ùiï homme ioi^dmaire. Mdis, hélas 小 je nè< 1 ai pas Vu «ncoïe Le nombre des hommes qui ont un mérite accompli est très-peU considérable , continuà-t^il. f}6fiix qui Qtit* du «al^t lï'out pas toujours une figure agréable : ceux qui ont de la figuré iiianquênt par ibis de talents. Mais la perfection est quand la ^ figuré et 1« talent S€ trouvent réunis au mém^ dégré. Celui-^ci pourrait bien être ub liomme dun extérieur commun , et qiiicoittpte uniquement sur son mérite , ou capable d'une conduite légère. Daiiis tQHs les cas, ce ne serait pftft lui* homme aussi parfak qiie je le désire. Au <5oiitraire, je connais l^extérieuf et les talentis du jeune Lieou ; mais pour né pas en- pariét Warrantage , il parait dW earactèrè ^db demtyxtération6t de' douceur 5 s^nJangagéest ilAodisS 粘, et %^ diftoaurs toujours judicietixV C'est vin -homme qui s'e^t elevé lui-méme \ la* perfection du jaspe. Quant' à la réputation qiall^eut ao- -quérir' tm' jour», je :iie doute pas quelle lîi^âille }Usqî»*à le conduire »il «coursier dor, et à Itiiou- T^ir )a salle de jaspe. Le jeune ^Sse est %\x9sk un 'homme de mérite assurément; mais je ncf^rois
pas en quoi il pourrait être supérieur au jeune Lifsou. Or , j'ai déjà un engagement avec celuici , et avec l'autre , nous en sommes encore à la demande. Que &ire à cela, et quel parti prendre?- •
一 « Mon frère , reprit madame Lo , tous ayez .vous-même observé les belles qualités du jeune Lieou 象 et elles vous ont convenu. Il n'y a rien du tout à changer à votre résolution. Quel ; (Doyçii, de) reveniç sur un arrangement pareil , q^^d^lj^ ^Ue est déjà promise? Le jeune Sse a du mérite; mais qu importe? Il ny a rieû autre chose qu'à lui faire réponse, »
—! Qui , c'est le seul parti que je puis prçn* ,4re; rëparùt Pe. En vérité , çe jeune $se est ^i,en mal, servi par le desUn. ; Dès le principe , Qpu Tomao avait fait choix de lui à mon intention : ,ce fut lui qui refusa. Il vint ensuite sV> 4re9^er à thqî ^vec des y ers c[u*il avait composés sut.les saules printaniers : il fîit la dupe dune su- .p^rçherie. Je ré^ss^iâ à éclaircir la chose: je le fais chercher tou^ Htm , sans pouvoir le découyrir. H se retrouve aujourd'hui, et quand la lettre qui contient sa demande arrive , j^e suis engs^é avec up autre. Tant de contrariétés foqt
tôir qu'il n*a aucune pftrt dans les destinées du mariage , puisque rien ne peut siiccëdér selon »és Yœux. »
La &miUe eontinua^cette conversarion quelque temps encoré, avant de se séparer. Dès qu'on se fut retiré, mademoiselle Lo se hâta de passer secrètement chez maclemoiselle Pe :
« Ma sœur , dit-elle , nous n'avions d'abord que le seul Sse. Voici maintenant dt plus le jeune lieou. Quelle manière y a-t-il d-arranger tout ceci?» 'i Mademoiselle Pe fit un àoupîr : « H y a tfti proyevbe ancien, reprît^elle, qui dit que pour huit ou neuf choses ipii vont condre no3 désirs, il ny en à pa deux ou trois qui réussissent. Nous pouvons, tous et moi, nous 1 appIi(|uéF aujoiirdliui. Que d'empêchements et de retours dans ee mariage projeté avec le jeune Sse ! On eût; dit^qu*à présent mon père y serait disposé. Lui-même avait atteint l'objet de ses espérances. Les lettres de l'inspecteur général Sse ci du docteur Gou apportaient sa demande. II semblait qu'il n j avait pas le moindre doute à former sur le succès. Mon père avait passé plusieurs années à me chercher tin époux, sans rencontrer personne qui lui ccnvînt. Qui eût jamais deviné
- ( 174 ) ,〜 qoe.ddUMi l'eàpiicje^le quelques instants j il aurait to^t<) uû coup trouvé ce jeune Lieou ! Ainsi , tant de peines qu'on s'est données depuis - si Idogrifnuî^s s'en vont im matin au courant de ïeâli I £st4I possible de supporter cette pen -
― Ma sœur , reprit mademoiselle Lo, quelqu'aâacbeinent que vous ayez l'un pour l'autre TOUS et le jeune Sse , ce n'est au moins rien de plua qu'une inclination secrète. Vous ne vous êtes jamais vus , même de profil. I>,*eft — gftgemeht qui voua, concerne peut s'exécuter. Mai» moi qui «n conv^nrsaTit avec lui , ai tenu mes maim dans les siennes $ qui , assise à ses côtés , m touché son ! épaule de la ntienne ^ qui lui ai donné des assaïUnces / qui aî prononcé dea serments, qui les ai répétés par deiuL<ou trois fois : qii'un matin je sois afnsî cansacrée à un autre Komme ; que je manque de constance avec le premier y et de fidélité à l'égard . du second : c'est ce qui est absolument iinpos* sibk.»
— « Je ne me suis jamais trouvée en présence du jeune Sse, - répondit mademoisdle Pe.
Mais rengagement du ccetrr nén existait pas moins. D'ailleurs^ il avait rempli la condition
^es vers sur les saules printaniers. Les pièces que je lui avai$ demandées sur le dépjEUt!.de .Ja grue et F^rrivéç de rhiropd^Jle avaient, un sens et^ un motif. ne saurais ^onç le considérer comn^e un 'hpoi^ 聯 indifférent. iMa^a 4ans des affaires si délicatç9 y. des filles, çoptne npî^ sommes, habitantes de l'appartement intérieur, ont bien dé la peine' à ouvrir là bouche , et à se pronofiofiiv,' 、 !' '
― « Je conçois, ma sœur, que vous rayez au premier moment quelqw peine à <léclarér ouvertement ce qui TOUS concerne. Mais je ne vois pas 4*o^tAçl0 à: Qfi qfifi yous .4«siQ%.q^€;)que
ODcla est de , faire riiotre J^onbeuv , . et non- 4e s!oppo^r &aAfi . motif, à . ce qùe^ i^ous ^désûronfl^ SHl. sLvait^ cpnnnaissanc^ dfi la démarche imégith Uère. où j/^ i«e 神 is engagée , p^ut«Mre ^^opler vait-ril un autre parjû» » . . : '
一 « Pour, parler ,: dit mademoÂâeUetiPe^ .je n,y iQanqyer ai tpâ^ ; mais il est >on dtattéBcfare un>peu. J'ai entendu dire hier que. nioa onole Gou . avai^ pria up;«ong<é pour .retcAirnen ebet lui.^ien certainement il yiendra .«loiu Toir.vdaÉs quelques jours. Qus^ il sera ioi,, je cbevch^rai rQçcasioQ 4e Je u^Hre au fait ; et.p»f$quil «at
rentremetteur choisi par le jeune Sse, il voudra sans doute employer tous ses moyens. »
一 « Cette idée me paraît très«6onvenabIe , »
dit mademoiselle Lo. Cette àffaire devint le sujet habituel de leurs délibérations , à toutes l'es heures et à toutes les minutes.
c'est d'elles-mêmes que s'occupent ces belles dont respri^ est si agité.
L'appni d'un père , d'ane tante ne leor nukuqae pourtant pas. . RUes aTaient trouvé un pécher que le ciel avait décoré èes teintes
les plas brin antes , Kt d«s firaillei trop, topfiîies vîenwmt. 1^ dérober k leurs regvtk
amonrtnx.
Deux ou trois jours après, lë docteur 6ou y qui avait appris le retour de Pe , vînt a,ec em* pressement pour le voir. II y avait plus d'un an que les deux beaux-frères étaient séparés, et ils eurent une j'oie extrême de se retrouver ensemble. Pe retint le docteur à loger dans le pavillon des songes champêtres ; et peu de temps après mademoiselle Pe sortit pour rendre ses devoirs à son oncle : le docteur en tira occasion de dire à Pe : Eh bien t mon frère, vous ayez enfin ce gendre accompli que vom cherchiez, et çe nest pas en vain que depuis si loDg-temps TOUS yons serez donné tant de peines et de soins ! vous ne resterez pa» au^t^
sous de ce que meritept Jes talents et les char* mes de ma nièce. Cest un digne sujet de joie et je dois tous en féliciter. Mais dites-moi ; je vous prie, Sse Liansian a-t-il déjà envoyé les présents de noce ? »
一 « Mon frère, répondit Pe, je suis infiniment touché des marques de votre affection; mais hélas! cette affaire ne sest pas. arrangée: » . — 鐵 Voilà du nouveau! et pourquoi donc? »
s*éçria le docteur Gou dans lé plus grand éton* nemeni;.
— « Il n'y a pas d'autre mptif, répondit Pe, si ce n,est que votre lettre, mon frère, et celle du seigneur Sse sont arrivées trop tard; j'arais déjà conclu avec une autre- personne. »
一 « Il y a long-temps que ma lettre est ar, Tvrée , dit lé docteur, comment serait-elle venue trop tard? »
, 一 '《 D 印 uis ma maladie je m'ennuyais chez moi, r^ondit.Pe;je partis dès le comàieBcement du printemps pour aller parcourir les plas beaux endroits de la province de Tchekiapg. Le hasard m'a fait rnicontrer à Çhan^'un jeune poète, à ; qui jai promis en mariage Houngiu et Lo Mengii, C'est à mon retour ici, eeft jûum • , - '卜, '
dartders qae jW' trouvé hss ^denr lettre»-; ^ YOU8' <iroye2? que' c'était^ t#op tard. »'
一 «-Quel est fe nom ade ce îetnre'honnne'?
}e supp<Me qxi*W èst de Ciianyin ? * demasid» te docteur. '
— * « Son nom (te fiimiHe est^ lieou ^ et ce c|ii*il} j a de miear , c'est^quil iest de Kinlin^.»;
— r « GommeBC e»t sa personne pauvôà'cM^ il siprompoemest obtenu'^irotre.consenteiiient, mon finève? » dît etieose le dbeteiUv :
― c Quant à ses agréments, ce Pangsn que vante VandquUé ne l'égalait peut-étare pas : et , du côté cki taknt, on petit 'dire qu'il est supé» ' mm à Fangtseukbn.' :Gonimeiit n'aiiraîsrje pas donné mon consentement à un tel homme ? ,
一 《 Mdn frère, rçprk le docteur / lui avez* ▼ou» demandé 'S'il demeusait à Kii^Ag^ méitfe , ou dans les environs? »
., « It m'ai dit qu'il habitait, à Ift ^flle^ «et il a ajouté >ipi*il ayait euirhonfteux^'^de ^%Sfm -Àmi^ ▼08 yeiix à i examen. %
― r Voilà qui est plus ; •e!Ltra<nrdaiakc;i fl'û <»ût été dei^Shanyin» je . n'avais rieii à dire il peut s y t tifoiwer dkutres^ hommes de^mâritv que je n'aie pas tu., S'il se ,£àt dohilé pour être d«s environs de Kinling, je ne puis y connaître
à fond tput le 、mwdQ, bi 雄 que^fj^ diias6<eti avoir entei^u parler": il y a deadalento qui xdisjox peut-être échappé , et doBtvje n'ai ^pà& teifti compte. iilais > ft il dit qu'il babke la -ville même 9L et que Je connais ^ nOMeul^nient :ii n'y a pas pamù. mes '93am une seuta perooiiBe qui s'appuie lieou^ niaia je o'ai pas .vu un jseid homme habile de ee sioih parmi ceux; qui: s« sont réunis pour les examens. Mon frère-, ne seriez-Tous pa^ epcore ici la dupe de quelque intrigant P、 》 .
― « Si'jfi notais demeuvé .t|uer quelq^iiefr^wor meuls^ auprès de ' Ijui, :i;eppit Pe , jaimis pu , dan» une sieul^ev entrevue, ne fms «apporter une attentk>D suffisaDteiMaiél nouft-avcms, lui et moi, logé.dacs le nièiii0 monastène^ Nous ne nous quittions pas du matin cru soir» Pendant^qpûnza jours .et davantage ^9 nous aviuis babitucllemeRt pa^ tMMit'notre Içmps^^ ensend>]e , . à jouir.de la vue des fleura y à 'nous ' entre-donner des- -sujets de veisr, à boti^s eo causant littérature^ rai 一 soaoaw tantôt sur liss «vénements de la haiite antiquité, tantôt sur les>dioaes qui venaient de ae.paiss^r^.Son amaMlité ne s'est; pas <léinentie un^ ja^ome^ , et elle-ieat iréiitablenieiit' psopi^ séduire lesrgeii$&€!,e" ce qui ima: donné riant
d^empressement à le prendre pour gendre. Me serais-je foUemènt abandonné à cette idée, si î'aTais pu cons«rver le doute le moins fondé ? «
一 « Puisque vous- lavez si Ken examiné, mon frère, dit le docteur , sans doute .t6us n'avez pu commettre de méprise; mais je suis bien 、 &iché que tous n'ayez pu voir Sse Liansian. Si Yoys l'aviez vtt, llnfériorité da jeune Lieou se serait montrée d'elle-même. »
一 c C'est, dit en riant Pc, que vous n'avez^ pu voir le jeune Lieou. Si vous l'aviez vu, bien certainement vous ne parleriez pas ainsi. »
― « Sans votiloir rabaisser votre jeune lieou , répartit le docteur eh riant pareillemefit, ce nest qu'un pauvre bachelier et ymlà tout. »
一 《 J'ai dit seulement qu'il avait assez de talent et d'agréments pour sortir dé la foule , répliqua Pe; mais s'il est question d'aTancement et de réputation^ ce tie sera pas assnrëmènt un homme ordinaire dans les concours. Je suis persuadé que son nom se fera entendre un jour dans lés jardins de racadémie. Il n'est pas îj^ digne de vous , mon frère. 、
― « Je n'attache pas un prix excessif att& honneurs mêmes dé l'académie , reprit le docteur: mais -- mon frère , vous détournez yos re*
gards de Sse Yeoupe qui dès à present est nomine académicien; pour les porter éxclusiyeinent snr celui qui ne Vest pas encore. II me semble qu'il y a là-dedatos une partialité ex cessiye. »
- 一 « Mon frère, dit Pe, vous m'annonciez dans votre lettre que Sse Yeoupe avait été nommé juge dans le Tchekiang : que parlez- Toas maintenant de l'académie? »
一 《 Sse Yeoupe , répartit le docteur , aystit été le premier au second concours. Suivant le règlement il devait avoir une des charges de la cour ; mais par animosilé ertvcrs celui qui avait présidé rexamen, MM. Tchin et Wang lui avaient £iit donner une simple place dans la magistrature. Par la suite, notre collège n'a pas poulet souffrir Imfraction de la loi, et il an' nonçait l'intention de faire une dénonciation publique. Le ministère du personnel intimidé a lui-même reconnu son injustice , et en vertu d'un décret impérial, il a rétabli les choses comme ellea devaient être. J^iinagine qu'en re» cevant cette nouyelle Sse Yeoupe aura quitte sa charge, €t qixïk reviendra dans l'espace de quelques jours. »
一 « C'est aussi sous peu de jours que, selon
jeune Lieou doii venir me i^j&iadbrey dit Pe ; quand tout le monde sera rénnf , kg eaux du King et du Wei se distingueront d'eUes-mèiHes. »
一 < A la bonne heure ! » dit le docteur.
Mademoisdle Pe avait écotiié' toute la diseussion^sansjugeràpvopetsdeMnélerd^koan* versadon. Mais «Ue alla secrètèment oonftérer avec mademoiseUeLo. Aucun des dcM&préfcei^dys navait encore envoyé de présents , «t il fallait attendre, pout prendre un pantîyfpie Fud des deux eût remidi cette fornndfte;' :
Pe et le doctei» avaient passé' plusifinrs jours ensemble , qùaad Ife coneiergd vint» annoBoer que le jeune seigneur Tchan^^ celui qui, - précédemment, . à titre d,bôte,i avait dans iai maison , demandait it être reça.Pe gu^ ▼ant sa pensée, «Que irient-ilfure' eàcore ? > sé^ cria"t4L 、
— « n a sans doute quelque motif ponn Te* niry dit le dootéur. Quel incowréhidnt tMuyen* TOUS à le recevoir ? »
Pe le fit donc inviter à 'passer dans- le salon ; , et pend'instonto après, Tcbang&iQou entr &、 et | fit sa révérence. On prit place a^Mnès les'oQmpK^ i ments , et Pe ouTrant Ventrctifla : 11 y a long- !
temps, dit^ils qu'on n'avait eu l'honoeur de vou» voir. »
一 « Depuis l'examen de lautomfie dernier , répondit Tchangfanjou, j'ai été au collège de la province de Tchekiang. C'est ce qui in,a empêché de venir vous rendre mes dereirs. »
― Depuis quand étes-vous de retour ? demanda Pe:
一 «le suis arrivé d'hier, pour une affaire que j'ai à vous communiquer, » répondit Tchangfanjou.
一 « Quelle est l'affaire sur laquelle vous daignez me donner Tos instructions ? » dit Pe.
一 « J*ai un ami très-intime, qui est maintenant fort connu. Depuis long-temps la renom* mée lui a 尹 ppris les vertus de la fille de votre excellence ; et il sait qu'elle possède toutes les qualités qui font une belle unioa (i). Il a donc remis entre mes mains le manche delà coignée , et m'a chargé de venir demander à votre excel-
(I) Littéralement P union des sarcelles. Il s'agit de certains oûetox d*efta ^ui nagent toujoim par couples , en se répondant par un chant que .le Ghikixig exprime. ainii Kouan^Kouan ' et qai est regardé comme très-harinô^nîctix'. Les Sarcdles , à cause de céla ; passent pour V«m- Wto* d« bonheur et, de la fidélité çoojngale.
lence son consentement pour le lien fortune quil désirerait contracter» »
~ « Quel est le nom de votre ami? * demanda Pe.
« — C'est le nouveau docteur du grand col* lege, Sse Yeoupe* »
一 Âh ! c'est justement M. Sse ! Gou, mon parent est aussi venu ces jours derniers me parler pour lui, et c'est précisément la cause de rembarras où je me trouve en ce moment. »
一 «Monsieur votre parent, le seigneur Gou, est donc ici ? reprit Tcbangfanjoii. Eh bien ! M. Sse est un lettré éprouvé dès sa plus tendre jeunesse; mademoiselle votre fille, une beauté célèbre , rornement de lappartement intérieur. Le ciel les a fait naître l'un pour lautre. Quel embarras pouvez - vous avoir à ce sujet? »
― «Mon embarras ne provient d'autre chose, sinon que je l'ai déjà promise à un autre,» répondit Pe.
― « Datis le temps où M. Sse Liansian avait obtenu la première place à rexamen des bacheliers y votre excellence avait eu la bonté de lut donner des espérances. Comment se fait -il qu'aujourd'hui qu'il- a monté le coursier d'or , et pénétré dans la salle de jaspe , vous soyez, au
cantrairé i disposé & le repousser. C'est une chose qui ne &, explique {>&s bien. ,
« Mottsiear^ dit Pe, ne me pressez pas^en
ce moment , et revénez, s'il tous plaît, quand j'aurai conféré sur cette' afibire avec mon parent. »
" rC'est une si belle alliance , reprit Tchang- £injou, que j'espère encore que votre excellence trouvera moyen de la former. »
Pe retint TchangfaDjoii à prendre le thé, et pendant ce temps, 4a conyersaiion continua :
« Ce village est habité par un grand nombre de personnes , dit Tchatfgfanjou. Les habitations sont-^les toutes rassemblées en cet endroit, ou dispersées de côté et d'autre ? »
一 a Elles sont pour la plupart réunies ici, répondit Pe; il en est très-peu d'écartées. Quel est le motif de cette question ?»
一 II y a, dit Tchangfanjou , un de mes amis qui m'a remis une lettre. J*ai fait chercher des deux côtés du Tillage , et l'on ne trouve nulle part la personne à qui la lettre est adressée. »
—«Monsieur, dit Pe, quelle est la personne qtie TOUS cherchez ? »
一 《 C'est un bourgeois nommé Hoangfou, »
répondit Tcliangfaiixou.
Pc repiiis avec .epipresftemfnt : « HQap{;foa est un de mes parents ; si yoiis ay<ea^ i|f)e lettre pour lui, TOUS neivez me Ia raoféture, et c est .moi qtii la Iih donnerai. , 、 ~ «Ah! cest ttii de yospanmtstje TaixiemaD* dé partout , » dît Tchangfanjou. Et il changeât quelcpiun de sa suite d'allei^ cfaendifir la* lettre et de l'apporter. ; Pe la reçut, et après, y aVoir jeté les yeux , il :1a sérvà dans sa mancb^ L,en, tretien' dura quelque peu de, temps 'encore , après quoi Tchangfanjou prit congé et sortit. Pe revint au paVillon des songes champêtres , etrqcngnant le docteur Goû 5 «.Cette visite de Tcfaangfanjou, dit-il , est aussi pour f af&k*^ de M. Sse. »
一 « Vous a-t-il dit à quelle époque Sse liansian devait armer ? » dfemamla le docteur.
一 w Je ne m'en suis pas informé , répondît Pe. Mais il m'a apporté aussi une lettre du jeune Liebu. » Et il tira de sa maiiche la lettt^e,. l'oiivrlt, et se mit à la lire avec le doclèùr. Voici ce qu'ils y trouvèrent :
« Le jeune Lieou Hiochi a rhoiweur.ile *tous oSrir ses hommages , ses vœux et ses compU^ ments.
( Observations particulières. )
«Mei qui. ne suis qu'un pauvre lettré sans in* stniotioB , j-ai eu lë bonheur ; sans laToir espé* ré , d'apercevoir au milieu des emx, et des montagnes la ftamme purpurine , qui annonce la pffésânce des immortels. Depuis que }%\ reçit les ordres qn'il vous a plu de me donner , il m^n a coft&é d'être l'espace dune révolution lunaire , < privé de votre, présence et de ces exém{des paternels que tous œaccordîez. Tous sont encore renfermés dans mon sein. Vous ne m'avez montré ^ aucun, dédain , et voub m'avez mêmeaccordéVbonneur de la plus belle alliance. On peut dire que c est un de ces. bienfaits célestes qui ne laissent pas, dans le cœur de rhomme , assea de place pour la reconnaissance^ Mai& je vous avais prévenu, lorsque j'étais avec vous, que déjà j avais pris des engagements avec deux familles ; que l'une des deux avait vu son luth se briser, et que l'autre demoiselle, fuyant une persécution , avait dîs^*u sans laisser ie moindre vestige. Vous me fîtes l'honneur d'insister, en disant. que tout était fini à rëgard deceUe desrdeux jeunes filles quir n'était plus , et cfxie pour celle qui vivait encore, on preiH
drait de justes arrangements, si elle venait à reparaître. Or, contre mon àuente, j'ai trouvé en arrivant à Hangtcheou , qu'il n'y avait eâcore aucune trace de celle des deux qui était vivante, et que celle qui passait pour morte était pleine de vie. C'était un £aax rapport de cekii qui m'était venu donner cette nouvelle. Le père dont il s'agit dans cette alliance est un homme du pluA haut rang. Un grand magistrat s'est chargé du rôle d'entremetteur , et je me trouve dans un défilé , où il est également difficile davancer et de reculer, et d'où je ne sais comment sortir. Tout ce que je puis faire est de vous exposfiT la chose franchement. Votre seigneurie est pleine de raison , de justice et de délicatesse. Qn voit en elle un miroir où les devoirs de l*hoinme viennent se réfléchir. De quelque manière que ce soit, elle saura arranger tout ceci. Je prends l'avance par cette lettre, pour vous annoncer que sous très peu de jours j attendrai les ordres de votre seigneurie au pied de son escalier, pour y apprendre ce que le sort aura réglé.
Communication confidentielle.
« Hiochî vous renouvelle ses respectueux hommages. ».
En finissant cette lecture, Pe demeura trèssurpris : « Ceci est encore une singulière aventure ! s'écria-t*il. Y eutril jamais dans aucune affaire autant de retours et de contretemps ? »
― « Puisqu'il s'excuse sur un autre engagement, vous devriez , mon frère, reprit le docteur, saisir cette occasion pour lui répondre , et vous mettre en état de conclure l'alliance avec SseYeoupe. Il y aurait avantage des deux côtés. »
― « Je ne nie pas que la parti ne fût bon.
Mais le jeune Lieou a de si belles qualités que je ne puis renoncer encore à l'espoir de Vavoîr pour gendre. Attendons son arrivée, mon frère, et nous terminerons toute cette affaire. »
一 « Soit, » dit le docteur.
On pensait qne rien ne pouvait plus changer , Et voici tout d'na coup de nouTcaux changements. Mais sao5 ces traverses auxquelles on est sans cesse exposé , Comment les sentiments pourraient-Us se montrer ?
Nous laisserons pour quelque temps Pe dans l'attente du retour du jeune Lieou , pour nous occuper de Lo Mengli. Lorsqu'elle avait formé le projet de passer du Chantoung dans le Kia^gnan , pour éviter la persécution dont elle ^taU menacée , e\\e craignit que Sse Yeoupe hje
ia cherchât inutilement à son retour, et elle lui •écrivit une lettre dont elle chargea un vieux serviteur nommé Wangcheou. Elle remit à ce domestique l'argent nécessaire pour son voyage , et lui ordonna de se rendre à la capitale pour porter la lettre au seigneur Sse ; si ce dernier n'ëtait plus à la cour, Wangcheou devait s'informer de lui sur tonte la route jusqu'à Kinling, et venir ensuite lui rapporter sa réponse chez le seigneur Pe son oncle. Elle lui recommanda surtout de garder bien soigneusement la lettre, et de ne la remettre qu'en mains propres au seigneur Sse , en faisant attention par,de8sus tout à ne pas prendre une autre personne pour lui. Wangcheou partit après avoir promis d'exécuter sa commission.
Or ce Wangcheou était un homme extrêmement borne. Quand il arriva dans la capitale , Sse Yeoupe en était déjà parti. Il se remit donc sur-le-champ en route pour le suivre. Mais ignorant qiie^Sse Yeoupe avait obtenu le grade de docteur et qu'il avait été nommé magistrat , il allait;stir toute la rdule. s'in^formant du jeune M. Ssè Yeotipe , de sorte que personne ne Sàrait de qm il- 'vottlttlt parler.- ïl le suivit ainsi jusqu'à Kihlmg , et dans la vilfe ë ccmtinua
d'aller le demander en tous lieux. Il y a tpieU (faefovs' dans \eà ^fàirês de singulières rencon- \ très. Le hasard voulut quéSse YeoHte se trouvât précisétnent' dans là ville en ce moment. Sse Yé^te , ' depuis raYenture désagréable qu'il ^ratit eùe dans la inaisan du seigneur Pe-, ^vait »ei!»e'nri utiè véritabfe mortification; iiôrsque par la isuite il apprit le double succès de Sse Yëoupe , il ne put s'empêcher d'éprouver du refpentir de ce qu'il avait fait: « G'ëtait assurément une marque d'amitié, se disait-»il, que de h£ offrir ces ' vingt-quatre* onces daiçeiît et le bagage cpiî lui était "nécessaire. Mais pourtant , après le tour que jè lui ai joiié, il mi serait peu kgtéaSAti de le rencotïtrer. »
n était , comme on l,a diï, dans la ville, le "jour oà WaiigcheoU , tronafé^ par la ressem- 、 blancie des d^xDbitis dc S&e Yenupe et âé Sse Yeoute , vint s'enquérir dans là tnâison où il Ibgeait. Ce domestique s'adressant au portier: « West-cérpas ici que demeure Ife jeune M. Sse Yeoupe? » ^manda^t-il.
一 « Cest icl% répotidit le -portier (jaî, de soti côté' y Savait pas bieii- èhtendti. C'est la lAaiâoT^' du jeuhfe M. Shé Yeoutè. D,oà venez* vous ? • 、、
―-^ C*est le jeune M. Lo , de la province de Chantoungy qui m,a envoyé pour lui porter une lettre , » répondit Wangcheou.
Le portier s'en alla prévenir son maître, qui dit: « Je ne <3onnais pas de M. Lo dans le Chantoung. 11 faut qu'il y ait quelque méprise. » Et il sortit pour venir s'c^n assurer. Dès que Wangcheou le vit approcher, il se hâta de lui adresser la parole : « J'ai été par l'ordre de mon maître , dit-il, TOUS chercher jusque dans la capitale, mon sieur Sse ; mais vous en étiez malheuceusement déjà sorti. Je tous ai suivi sur toute la route ; il n'y a pas d'endroit où je ne tous aie demandé. Et pendant ce temps-là vpus étiez ici. »
Sse Yeoute commença à soupçonner que c'était Sse Yeôupe qu'on , cherchait ; mais pour n'en rien laisser connaître , il répondit vaguement : « Que je vous ai donné de peines ! Où est la lettre de votre maître? »
一 « Mon; maître , répondit Wangcheou , a eu des affaire* qui l'ont obligé de quitter la jmtovince de Ghantoung et de se retirer dans le Kiangnan. Et comme il^ craint de ne plus vous voir à votre r^ta^r de la^pita^Ç) il m'a chaîné de venir tous trouver et de vous ren^ettre ime lettre. « Et qn disant ces mots, il prit dans ^on
sein la lettre qu'il présenta à Sse Yeoute en la, tenant des deUx mains. Sse Yeoute la reçut :
K Allez vous asseoir là dehors, lui dit-il, tandis que j'examinerai Iç contenu de cette lettre. » Et il chargea ses domestiques de préparer un repas pour traiter l'arrivant.
Lorsque Wangcheou fut sorti, Sse Yeoute courut à sa bibliothèque , et jetant les yeux sur la lettre, il vit en haut et en bas deux fleurons, et la marque de deux petits sceaux. Elle était très - soigneusement fermée et bien serrée. Dans le milieu on avait écrit en sept gros caractères : Pour être ouvert par le seigneur Sse, de sa propre main; et plus bas, en quatre petits caractères , dont le noble surnom est Yeoupe^ L'écriture était régulière et très-élégante. Sse Yeoute pensa en lui-même qu'il y avait quelqué chose de particulier daos la manière dont cette lettre était adressée. « N'y auraitril pas quelque motif là-dessous ? » se demanda-t-il. Il porta furtivement ses regards dans l'intérieur de la lettre, et soulevant doucement les plis du papijer , il ' parvint à le déployer de manière à découvrir • récriture. Il vit tout , un côte couvert de petits carjs^ctères réguliers en tête de mpuches , et il lut ce qui suit : , ^
« Votre ami et frère cadet Lo Mengli a rhoi> neur de vous saluer. Il adressé cette lettre à
Son frère Liansian , monsieur Sse, à vous avec qui , précédemment , dans le séjour que vous avez fait en voyage, le hasard lui avait permis de se rencontrer. Cette entrevue ^tait comme un bonheur venu da ciel ; mais l'attristante séparation qui a suivi a été dune extrême amertume pour moti cœur. Je me rappèlle }e$ serttents si forts qui ont été prononcés sur la pierre. Les engagements secrets qui ont été contactés deTant les flteurs retentissent encore dans mon oreille. Et pourtant , hëlas ! le corps est à roricnt, tandis que l'ombre est à Foccident. Qu'il est difficile d« les réunir ! Toutes les fois que ces pi^nsées se présentent à mon ésprit, il me semble que c'est un songe qui me poursuit. Mais la chose sur laquelle on a placé le bonheur de sa vie ne saurait être régardée comme un songe. J'ai appris le succès qui vous a, Vantomne dernier, accompagné dàns les coneours âvL nord ; et j'en ai ressenti une extrême consolation. Sans doute les fleurs dés jardins ^ littéraires vous attendent ce printemps. Paurais bien voulu vons voir à votre retour , et vous offrir mes félicitations à moitié chemin. Mal-
heureusement ^ des difiScùltés imprévues , qui sont survenues à zna famille , m'obligént à me retirer pour <}u<elquè temps chez mon ondse, dans la province de Kiangnas. Mon ancienne demeure sera donc entièrement fermée. J'ai craint que vous ne vinssiez pour me demander, et que vous ne pussiez concevoir des soupçons capables de troubler la fontaine du pêcher.
C'est pourquoi je vous ai dépéché ce vieux serviteur, qui est chargé de vous annoncer ces circonstances. Si tous tenez encore à mon amitié, ainsi qu'à votre mariage avec ma sœur, venez me demander au village de Kinchi, chez Pe Thaïhiauan , conseiller du ministère des ou- Yrages puUics. C'est là que vous trourerez de mes Béuvelles. Ce mot à mille milles de distance a pour objet de sollikiter im souvenir* Commu* niccUion particuUèrê, »
一 « Comment ! dit Ssë Yeoute en achetant de lire , c'est un autre i»»riâge que Sse Yeonpe est allé nouM avec la Emilie Le dans le Gfaan«toung ? Si je pouvais encore aller me présenter sons 8cm nom ! mais c'est justement dans la maisou de Pe quon lui dit de venir saroir des nauvelles; et c'est dans) cette même siaison qu'une fois déjà jai laissé 窄 oir le pied du cheval^
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quel moyen de m'y présenter derechef ? , 一 « J'ai ouï dire, continua-t-il en lui-même qu'après avoir été d'abord choisi pour être juge, à Hangtcheou , il vient à présent d'entrer dans le grand collège académique. Il doit en ce moment être sur son retour. Il vaut mieux lui garder cette nouvelle, pour couyrir mon ancien procédé dune apparence d'afTection. Il est académicien maintenant, et par la suite je puis avoir besoin de lui. »
Il s'arrêta à cette idée^ et quand Wangcheou eut fini son dîner, il le fit entrer et lui dit : Re- « tournez vers votre maître : faites-lui mes compliments, et dites*lui que je savais tout ee qu'il / me mande dans sa lettre ; que je suivrai ses oïw dres exactement^ et que de peur de quelque inconvénienty je nts lui fais pas encore ma réponse par écrit. »
En même temps il tira une once d'argent qu'il présenta à Wangcheou en lui disant:
« Quel long voyage et que de fatigaes je vous ai causés! »
一 « rai encore tout l'argent que mon maître - mavait donné pour ma route ; comment me permettrais-je d'èn accepter encore de vous , Monsieur Sse? » dit Wangcheou.
― ft Cest peu de chose ; c'est seulement pour TOUS acheter du vin, reprit Sse Yeoute. »
Wangcheou remercia , prit congé, sortit et s*en vint àKinchi porter la réponse à mademoiselle Lo. •
Cependant Sse Yeoute, se trouvant en possession de la lettre , s'en revint à sa maison de campagne, et chargea des gens de prendre des informations sur le seigneur Sse , parce qu'en se rendant à Kinchi il devait passer par cet endroit, et que son désir était de l'arrêter chez lui. Conformément à ces ordres, les domestiques se mirent aux aguets. Il se passa quelques jours, au bout desquels on apprit que Sse Yeoupe était arrivé à Kinling, et qu'il se proposait de se rendre au village de Kinchi, dès le lendemain. Sur-le-champ, Sse Yeoute fit faire les apprêts d'un repas pour le recevoir; le jour suivant, dès neuf heures du malin, ses gens vinrent lavertir que le seigneur Sse s'approchait. Sse Yeoute sortit lui-même et courut à l'entrée de la place pour se trouver à sa rencontre. Peu de temps après on vit arriver la chaise de Sse Yeoupe. Sse Yeoute chargea un de ses gens d'un billet de visite, et lui dit de courir devant la chaise en annonçant que son nçiàître était là
pour demander une entreYue. En reconnaissant le nom de Sse Yeoute, Sse Yeoupe fil sur-lecbajnp arrêter sa chaise. Dès qa 'û vit la chaise arrêtée, Sse Yeoute s'approcha en hâte, et 6% un salut au-devant de la chaise. Sse Yeoupe descendit immédiatem^t pour répondre à sa politesse. « Je voulais tout justemeat aller vous demander, dit-il; comment pr.enez xouft la peine de venir si loin à ma rencontre? »
一 《 J'ai craint, dit Sse Yeoute, qu'un homme de distinction tel que vous êtes, sdgneur , ne dédaignât un homme pauvre et obscur , et je suis venu pour vous présenter mon invitation. »
Tout en parlant ainsi, ks deux -jeunes gens s'en vinrent ensemble à pied à la maison de Sse Yeoute. Sse Yeoupe ordoma aux gens de sa suite de prendre un billet de cérémonie , et de rapporter dans le salon. Les courtoisies recommencèrent, et quand elles furent achevées, on s'assit, Sse Yeoupe prit alors la parole : « Le bienfait que vous m'avez précédemment accordé avec tant de bonté, dit41 , est resté profondément gravé dans mon jcœur; toute ma personne ne suffirait pas pour le reconnaître. »
一 « Upe si mince bagatelle, reprit Sse Yeoute , mérite- t-elle que vous en parliez ? » Comme il
parlait ain^, on senrit. « Je ne venais que pour avoir llionneur 4ç vous voir , dit Sse Yeoupe; convient-il qiie je vous importune si tôt ? »
— « En venant de la ville ici , vos gens et vos chevaux ont dû prendre de l'appétit, dit Sse Yeoute ; ce sont quelques aliments grpssiejrs qu'on a préparée ; veuillez jusqu'w ho^t ag^ avec moi en ami. »
-T- n Mon ch^mpHsieur, reprit Sse Yeoupe , VOU& me uxo^arez un excès d'affçction; com* ment pouvez-vous m'en donner s^si copûnuelies marques?
Les deux amis 3!a$&irent alor^ vis-à-vis l'un 4e Vautre. Après qu'ils eurent bu pendant un certain temps ;•« J'imagine , seigneur, dçxnau^ Sse Yeoute , que ce nouveau voyage a pow objet votre mariage avec U fille du $eigneur Pe?.
― « Oui; c'est pour cela que je Tiens. Mais je ne sais pas eucore quelle tournure prendront hs af£dres. »
Sse Yeoute se mit à rire ; « Le sort de €^ mariage , dit-il , était déjà fi&é p^r mi s^ncieii engageipei^t. Maintenstnt , seiçD 斷, que TOUS êtes promu à de nouvelles 4ignités , chose se terminera d'elle -mémç : ^dulemeç^,
( noo )
c'est dommage que le mariage et les autres af- Êiirés que vous avez dans le Ghantoung avec Lo Mengli souffrent (juelque retardement. »
Sse Yeoupe demeura dans le plus grand étonnement : « Je nai jamais , reprit-il , dit un seul mot de ces affaires à qui que ce soit. Comment avez-vous pu les apprendre? »
Sse Yeoute continuait de rire : « Est-ce que vous rie voulez pas même soufifrir que je sache de si belles choses, que tous, seigneur^ vous voulez bien exécuter?»
一 « Puisque vous en avez quelque connais- sance , répartit Sse Yeoupe , vous savez sans doute aussi des nouvelles de Lo Mengli, et j'espère bien que vous aurez la bonté de m'en donner. ,
一 ce Oui, j'ai des nouvelles , dit en riant Sse Yeoute , mais je ne vous les dirai pas si facilement. »
一 « Dites-les moi seulement , reprit Sse Yeoupe en répondant à son sourire , et je vous laisse le maître de fixer les conditions: je ne contreviendrai pas à vos ordres."»
一 « Seigneur, je nabuserai pas de .votre situation: buvez seulement trois grandes tasses, » dit Sse Yeoute,
( aoi )
Sse Yeoupe sourit de nouveau : «Je ne saurais supporter beaucoup d« vin, dit-il, mais je ne puis refuser cette condition; ayez la bonté de me tirer d'inquiétude. »
Sse Yeoute ordonna à ses gens d'emplir trois grandes tasses; et Sse Yeoupe, ne voyant aucun autre moyen, fut obligé de les boire, tout en par lant et en riant. Quand il eut bu, il exigea que Sse Yeoute lui donnât des nouvelles de Lo Mengli. Mais ce récit demande à être fkit séparément. On verra le prétendu doué de talents véritables , poiirsuiyre sa route en, se fondant sur la solidité de ses succès , et les belles habitantes du pavillon intérieur dévoiler leurs sentiments passionnés.
Ces désastres n'étaient que des méprises du sort: Ces contrariétés ne tenaient qxi'à des malentendus. Qoi eût préra que de tant de méprises et de contretemps , n résulterait à la fia on sort brillant comme les fleurs ?
C'est dans le dernier chapitre qu'on verra si Sse Yeoute consentit, à la fin, à donner des nouvelles de Lo Mengli.
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