PREMIÈRE TRIBU
LES DEKTIR06TRES.
Bec échancré sur les côtés de la pointe.
I" Famille. Les Pies-grieches ou Lamàdéks.
Ce sont les oiseaux de rapine de l'ordre des passereaux. Ils vivent principalement d'insectes, et sont répandus dans toutes les contrées. Quelques espèces sont remarquables par la teinte métallique répandue sur les plumes. Leur bec est convexe , comprimé , échancré, pointu. Le pouce est grêle , suivant M. Vieillot.
XXXVD> Genre. Pie-grikche , lanius, L. , Cuv.,
Vieill. , Temm.
Bec triangulaire , robuste , nu à la base , convexe en dessus ; mandibule supérieure dentée et crochue vers le bout , l'inférieure aiguë et relevée à la pointe ; commissures ciliées ; deuxième et troisième rémiges plus longues.
Ce genre a été divisé dans ces derniers temps, et ne comprend qu'une partie des espèces du grand genre lanius , de Linné. Les pies-grièches communes, petite et rousse, ainsi que Yécorcheur, forment le type du genre tel qu'il est admis aujourd'hui* Ce sont des oiseaux qui se réunissent en famille, poussent des cris aigus , et vivent d'insectes, et surtout de gros coléoptères qu'ils percent dans les épines des arbrisseaux iorsqu ils sont rassasiés \ leur humeur est
d'ornithologie. 1*3
mierelleuse , et a passé dans le langage figuré , où 1 on appelle pie-grièche toute femme méchante et acariâtre.
Malgré qu'on Tait subdivisé dans ces derniers temps , et qu'on ait cherché à donner à ses divisions diverses des limites géographiques précises, ce genre se compose d'espèces qui se succèdent les unes aux autres par des nuances insensibles , et qui sont très répandues dans l'ancien monde : elles sont remplacées dans le nouveau par les bécardes et les bataras. ^ Levaillant divisait les pies-griéches en trois sections : la première comprenait les pies-griéches à ailes longues et à bec plus fort , qui volent bien , et sont très portées à la chasse; la seconde renfermait les pies-griéches à ailes plus courtes , arrondies , à bec faible, et dont les moeurs sont plus douces. Les espèces de cette section sortent rarement des buissons; enfin , dans la troisième étaient celles dont le corps est ramassé, trapu , la queue très courte, et le bec grêle.
M. Vieillot a proposé , dans son démembrement
des pies-griéches", les genres eonolek . bagadais et lanion , qu'il a caractérisés de la manière suivante :
Gonolek , laniarius, Vieill.
Bec nu a la base , un peu grêle , convexe en dessus , droit, comprimé ; mandibule supérieure échancrée et crochue vers le bout j l'inférieure aiguë et retroussée à la pointe ; bouche ciliée ; ailes à penne bâtarde ; la deuxième rémige plus longue.
ornée avec
n'ont encore été adoptés.
Bagadais , prionops, Vieill.
Bec emplumé à la base , tendu , très comprimé
latéralement; mandibule supérieure échancrée et crochue vers le bout $ l'inférieure retroussée et aiguë à la pointe ; paupières dentelées.
Le geojffrojr de Le vaillant, Afriq., pl. 80 et 8ï, dont le bec est droit et grêle , et la tête revêtue de plumes redressées, et le tnanicup, Buflbn, enL 707 ( pipra albifrons, Gm.), forment les types de ce genre, non encore reconnu en ornithologie.
Lanion , lanio, Vieill. 5 tanagra, Linn. , Lath.
Bec robuste , comprimé latéralement , caréné en dessus , rétréci vers le bout ; mandibule supérieure dentée vers le milieu , crochue à là pointe; l'inférieure échancrée , aiguë et retroussée à l'extrémité ; bouche ciliée.
Vieillot range dans ce genre le tangara mordoré de Buflbn. Son avis n'a point été adopté par la plupart des naturalistes.
A ces diverses coupes, nous ajouterons les kalaconotes , malaconotus.
Ce genre a été établi par les naturalistes anglais pour recevoir des pies-gnèches d'Afrique : il ne diffère point, ou du moins très peu, du genre laniarius de Vieillot. L'espèce qui sert de type a ce genre a été décrite par W. Burscnell, sous le nom de malaconotus atrococcineus , et se rapproche du go noie k par les couleurs de son plumage. C'est un oiseau des bois de l'intérieur du cap de Bonne-Espérance, où les naturels le nomment korrokoba. Il se tient sur les branches du mokala {acacia girafœ), et sur le bord des rivières.
Les pies-grièches d'Europe sont les suivantes :
PiE-GRiEcnE grise , lânius excubitor y L. ; Buff. , enL 445; ïemm. , 142, t. 1 ( the g reat cineroous shrike des Anglais ).
Cette espèce a environ neuf pouces de longueur ; la tête , la nuque et le dos sont d'un gris cendré uai-
d'ornithologie. ia5
forma ; une bande noire traverse les joues et les oreilles; le dessous du corps est d'un blanc pur ; les ailes sont noires, courtes; les rëmiges et l'extrémité des pennes secondaires sont d'un beau blanc , ainsi que les deux pennes extérieures de la queue. Le plumage de la femelle est un peu plus terne.
Très commune en France, cette espèce habite les bois, où elle est sédentaire ; elle vit, suivant M.Temminck, de souris, de grenouilles, de petits oiseaux, de lézards et de scarabées ; elle niche sur les arbres et dans les buissons , pond cinq ou sept œufs blancs , marqués de taches d'un brun sale. Elle est très rare en Toscane , suivant MM. Savi etRanzani. Elle est la plus Carnivore (Je toutes les pies-grièches européennes.
Pie-giuèche méridionale , lanius meridionalis , Temm., i, p. itfi\ Savi, p. 102.
Cette espèce est de passage à Nice, où on la nomme darnega. M. Temminck Fui donne pour patrie le midi de l'Italie , la Dalmatie , le midi de la France et les côtes de la Méditerranée jusqu'en Espagne. On la retrouve en Egypte ; mais elle ne s'est jamais présentée dans le centre et dans le nord de l'Europe. M. Charles Bonaparte l'a observée près de Rome.
Elle diffère de la pie-grièche grise par une teinte cendrée beaucoup plus foncée en dessus, et par des taches de couleur vineuse en dessous ; du reste , le noir des yeux et des ailes ne diffère point de l'espèce précédente, et ses habitudes sont sans doute analogues.
Pie-grièche brun-marron , lanius castaneus, L. ,
sp. 5 j Risso, m, p. 33.
Cette espèce a été introduite dans la Faune d'Europe par M. Risso. Sa queue est cunéiforme; les rectrices du milieu sont ferrugineuses à leur extrémité; le corps est en dessus de couleur marron , et blanc en dessous. C'est le chesnut nahed shnkc de Latbain, et le darnega des habitans de Nice. Sa taille est rte onze pouces.
Cette pie-grièche habite les bois des Alpes méridionales pendant presque toute l'année.
PlE-GRIBCHH k POITRINE ROSE, loniUS miftor , L. ,
Buff. , enl. 3a, f. i: Temra., i, p. i45; Savi, 96 ; Meyer et Wolf , pl. 3, f. 1.
Cendrée en dessus; la poitrine teintée de irosej les secondes rémiges entièrement noires , ainsi que le front , le tour des yeux et les oreilles ; un miroir blanc sur les rémiges. Longueur totale , sept à huit pouces.
Le rose de la femelle est plus terne ; la bande noire du front et le noir des ailes sont d'un brunâtre sale.
Cette espèce habite l'Archipel , l'Italie, l'Espagne, et , suivant M. Temminck , elle visite quelquefois le nord de l'Europe : elle est rare partout. Elle vit de phalènes , de scarabées , de taupes , de grillons et de très petits oiseaux ; niche sur les grands arbres et dans les buissons 5 pond six œufs d'un vert blanchâtre.
Pie-grièche rousse , la ni us rufus 9 Briss , L. ; Tem., 1 , p. i4x$ lanius po mer a nus , Sparm. ; Caris., pl. BufF., enl. pl. 9, f. a; Savi, 98 fthe wood-chatshrike des Anglais).
Front noir; vertex, occiput d'un fauve marron dans les adultes ; scapulaires , tectrices moyennes des ailes et de la queue blanches , avec des taches semilunaires brunes dans le jeune âge. Le roux de la téte de la femelle est moins vif, et le noir est plus rembruni; la queue est arrondie. Longueur, sept pouces.
Cette espèce ressemble beaucoup, dans le jeune âge , à Yécorcheur; elle niche dans les buissons , suspend son nid entre les dichotomies des rameaux; pond six œufe d'un vert blanchâtre , tachés de cendre. On la trouve en France et jusque dans le Nord, de même qu'en Afrique Elle est de passage en Italie.
D ORNITHOLOGIE. \HJ
P/E-GRtècHE bcorcsxur , lanius collurio > BnSS. , L. J Buff. ; enl. 5i t f. i et a (mâle et femelle) ( the rendes Anglais).
N'a guère que six pouces : le dessus de la tête et le croupion sont cendrés $ le dos et les ailes sont fauves y le ventre est blanchâtre ; un bandeau noir traverse l'œil $ les pennes alaires sont noires , bordées de fauve $ celles de la queue sont également brunes y tandis que les latérales sont blanches. La femelle est plus terne, et les jeunes lui ressemblent beaucoup.
Cette espèce niche dans les buissons , pond cinq a six œufs rosés, tachés de rougeâtre ou de jaunâtre, et zonés de cendré verdâtre ; sa nourriture consiste en hannetons , mouches et autres insectes. Son nom lui vient du courage avec lequel elle attaque de petits animaux. L'écorcheur est commun dans toute l'Europe , et même dans l'Amérique du Sud , d'après M. Temminck. M. Withejir observa , aux îles Shetland, un de ces oiseaux qui imitait à s'y méprendre le cri d'une chouette.
Aux espèces européennes précédentes, nous en joindrons deux étrangères , que nous avons découvertes dans les îles de la Polynésie , et qui sont :
PiE-GRiècBE karou , lanius haru, Lesson ( Zoologie de la
Coquille ,pl. la).
Elle a sept pouces de longueur totale. Ses formes sont élan* cées , et ses pieds sont peu développés. Le bec est court et peu fort , légèrement caréné' en dessus , et terminé par une pointe oui n'est presque pas crochue. Les ailes sont pointues, et retendent jusqu'au milieu de la queue. La première rémige est très courte , la quatrième et la cinquième sont les plus longues. La queue est comme arrondie à son, extrémité* , ce qui tient à la disposition des pennes , dont la longueur n'est pas égale et qui sont comme étagées. Les tarses sont courts , et les trois doigts très peu prononcés. L'ongle du pouce postérieur est le plus fort. Le bec et les pieds sont noirs ; l'iris est brun.
Le dessus de la tête , du cou , du dos et de la queue de la piegricclie karou est d'un noir luisant et verdâtre. Les couvertures des ailes sont noires et bordées chacune d'un Hseret assez largo d'un blanc pur. Les grandes pennes offrent une teinte hrune
foncée à l'extérieur et à leur extrémité* , et sont blanche* à leur partie moyenne et interne. Les deux ou trois plumes rectrices extérieures de la queue sont terminées par du blanc , ainsi que la surface inférieure qui est brune. Le croupion est mélangé de blanc et de brun. Une ligne blanche passe derrière Pœil , et va se réunir à la base du bec sur le front. Toutes les parties inférieures de l'oiseau , la gorge , la poitrine et les flancs , sont d'un cris blanc léger, striées de lignes brunes régulières. Le milieu de l'abdomen , de même que les couvertures inférieures de la queue , sont d'un marron clair.
Nous avons conservé à cette pie-grièche le nom de Aarou que lui donnent les naturels de la lîouvelle-Irlandc ; elle habite les alentours du port Praslin , situé à Kcxtrémitc de la grande terre , qui fait partie des archipels orientaux de la Polynésie.
Pie-GRIÈche MÉLAWURE, lanius mêlas, Less. et Garnot,
ZooL Coquille.
Est de la grosseur à peu près de la pie-grièche fiscal et a huit pouces de longueur. Son plumage noir lustré est remarquable par ses reflets bleuâtres , notamment sur la tête , le cou , la poitrine et le croupion. Les narines sont rondes et recouvertes de plumes serrées ; extrémités des soies rudes. La queue , longue de trois uces , est étagée. Les ailes croisées dépassent la naissance de queue d'un pouce. Le bec est fort , droit , long d'un pouce. L'arête supérieure est arrondie. Les pieds sont grêles , noirs comme le bec j le tarse plus long que le doigt du milieu , qui lui-même est un peu plus long que les autres. L'ongle du pouce est à peu près semblable à celui du médius. La première penne rémige est la plus courte , la quatrième la plus longue , la septième très courte par rapport à ses voisines.
Cet oiseau , qui a quelque rapport avec la pie-grièche noire T lanius -pacifiais, Lath. , habite la Nouvelle-Guinée, au havre du Doréry.
M. Horsûeld a décrit , sous le nom de lanius bentet , une pie-grièche de Java , voisine du lanius /ucionensis deLiinné, qui ést longue de neuf pouces , noire sur le front, la queue et le cou; grise sur la tête et le dos ; rectrices terminées de blanc ; le croupion et le ventre d'un fauve roux. Les Javans la nomment beniet.
Parmi les espèces de pies - grièches figurées avec soin , nous indiquerons les
d'ornithologie. iaq
Pie-oriàche bridée , lanius virgatus , Temminck ,
.pl. a56, f. i.
A front gris , un trait noir sur l'œil ; à dos et ailes ardoisés ; à gorge et poitrine blanches $ à queue rectiligne.
Cette espèce habite les îles de Java et de Banda , et a plusieurs caractères communs avec les gobemouches.
Pie-grikche masqueb y lanius personatus , Temm. ,
pl. a56, f. 2 (mâle adulte ).
Blanche roussâtre en dessous; le front, un trait sur l'œil , les scapulaires moyennes blancs ; les rectrices blanches en dehors > brunes en dedans ; les ailes brunes , avec un miroir blanc 5 la queue arrondie «t étagée.
Découverte en Nubie par M. Ruppel.
Pie-grieche a vewtre Roux, lanius ferrugineus, La th.; Quoy et Gaimard, Z00L l/ranie, pl. 17.
A plumage roux plus ou moins vif ; le front et la gorge roussâtres : voisine du fiscal.
Habite l'île de France , où elle a été probablement importée.
XXXVIII e Genre. Falcomellk, falcunculus , Vieillot ; lanius , Lath. Tei
Bec court , robuste } très comprimé , un peu fléchi en arcj mandibule supérieure dentée et crochue vers le bout 5 l'inférieure aiguë et retroussée à la pointe; première rémige la plus longue.
Vieillot a établi ce genre pour y placer le lanius frontatus de Latham, de 1 Australie. Les mœurs de l'espèce qui le compose ne diffèrent P°i nt , <* e celles des pies-grièches. M. Temminck Va figurée et décrite sous le nom de
l3o MANUEL
Pie-grikchh à casqub , lanius frontatus , Temminck^ ' P* # 72 ( m ^ e et femelle); Jalcunculus frontatu s f
Vieill. , Vigors etHorsf. ( Trans. Soc. Lin. Lond.,
t. xv, p. 212.)
Cette pie-grièche, olivâtre en dessus, jaune en dessous , cendrée sur les ailes et la queue , a la tête surmontée d'une assez large huppe bleue ; un trait blanc passe sur le front $ de larges plaques blanches occupent les joues etlescôtës du cou , et sont séparées par une bande noire; la gorge du mâle est noire, celle . de la femelle olivâtre.
Est de la Nouvelle-Hollande.
Nous ajouterons à l'espèce précédente :
Le palconelle guttural, folcunculus gutturalis , Vigors et Horsfield ( Trans. , t. xv, p.
D'un fauve brunâtre , plus pâle en dessous ; le front et le gosier blancs $ une huppe dressée, noire, ainsi que la gorge. Longueur, sept pouces.
Cette espèce a été découverte en i8o3 par le célèbre botaniste Brown , sur les côtes de la Tfouvelle-Hollande.
XXXIX e Genre. Colluricincle , colluricincla , Vigors et Horsf. ( Trans. Soc. Lirai. Lond. y t. xv, p. 2l3.)
Bec robuste , allongé , comprimé , droit, à arête légèrement recourbée; mandibule inférieure fortement écbancrée vers sa pointe ; narines ovales, un peu obliques, en partie fermées par une membrane , et recouvertes par les plumes et par les soies.
Ailes médiocres , arrondies ; première rémige courte ; les troisième , quatrième , cinquième et sixième presque égales, très longues ; la septième plus courte; la deuxième et la huitième un peu plus courtes et égales 5 les plumes externes du
poignet , de la troisième à la sixième inclusivement , un peu élargies dans leur milieu.
Pieds médiocres , assez robustes ; à tarses garnis de scutelles en avant seulement ; les doigts médiocres, celui du milieu plus long ; pouce robuste, son ongle fort et prolongé ; queue allongée, égale.
Ce genre ne se compose encore que d'une espèce nouvelle , qui est le colluricincla cinerea de MM. Vigors et Horsfield. Il paraît représenter, à la Nouvelle-Hollande, les pies-grièches thamnophiles de l'Amérique du sud , et les rnalaconot.es de l'Afrique. Il a des rapports assez grands avec les vrais lanius et les merles.
Colltjricihclb cendré , colluricincla cinerea, Vig. etHorsf. (Trans. Soc. Lin. Lond. 9 1. xv, p. 214.)
Corps cendre en dessus, plus pâle en dessous; gorge et régions oculaires blanches ; rémiges fauves en dedans. La femelle cendrée en dessus , avec la gorge rayée de noir; bec jaunâtre; iris noir. Longueur 9 huit çouces.
Fréquente les lieux habités de la Nouvelle- Hollande , dans les arbres.
XL* Genre. Batara, thamnophilus , d'Azara, Vieill. , Temm., Swains. ; lanius, L. , Cuv.
Bec court, robuste, élargi à la base, dilaté et cilié sur les côtés , comprimé vers la pointe qui est obtuse, recourbée, plus longue que celle de la mandibule inférieure ; celle-ci est convexe en dessous et pointue ; narines ovoïdes, ouvertes ; pieds grêles; ailes très courtes; les quatrième, cinquième et sixième rémiges les plus longues.
MM. Swainson et Such ont publié sur ce genre (ZooL Journ. ) deux fort bons mémoires : ils regardent les oiseaux qui le composent comme confinés
l3a MANUEL
dans les régions intertropicales du Nouveau-Monde, depuis le Canada, au nord, jusqu'au Paraguay, au sud. Les espèces les plus remarquables ont une longue queue étage'e. Les femelles ont une livrée moins foncée en couleur que les mâles. On en compte dixhuit espèces appartenant vraiment à ce genre, et parmi lesquelles il y en a beaucoup de nouvelles. Les principales et les plus connues sont , le grand bat ara de d'Azara , et le la n lus dolialus de Linné. Il paraît qu'on doit lui adjoindre le tanagra guianensis , L.
D'Azara rapporte que les bataras qu'il a eu occasion d'observer vivaient dans les broussailles , et s'y tenaient cachés 5 qu'ils étaient monogames et recherchaient les petits insectes. Leur cri , qu'ils ne font entendre qu'à l'époque des amours , se borne à la syllabe tu vivement répétée. Les femelles pondent deux ou trois œufs rayés de brun rougeâtre.
On devra réunir aux vrais bataras ( lhamnqphilus) l'espèce dont le mâle et la femelle sont figures pl. 10 et 19 de la Zoologie de MM. Quoy et Gaimard, sous le nom de vanga strie , vanga striata.
M. Such l'avait décrite et figurée dans le Zoological Journal , sous le nom de tnamnophilus Figorsii. Elle habite le Brésil.
Les principales espèces du Brésil que M. Such a décrites sont :
Le tuamnophile de Swaiwson, thamnophilusSwain-
sonii. t
Noir, rayé de fauve j la tête surmontée d'une huppe de couleur ferrugineuse. Longueur, huit pouces.
Les Portugais du Brésil nomment cet oiseau sirizinho.
Le thamnophile maculé , thamnophilus maculatus.
Noir, tacheté de blanc ; blanc en dessous; le basventre fauve 5 les rectrices rayées de blanc. Longueur, huit pouces.
Les Portugais le nomment choca.
d'oRN ITIIOLOGIE . ï 33
Le THAMNOPniLB DE Leach , thamnophilus Leachii.
Noir : la tête , le dos tachetés de blanc ; les rémiges rayées de fauve ; la gorge , la poitrine , le milieu de l'abdomen et les rectrices de couleur noire; côtés de l'abdomen, croupion rayés de blanc. Longueur, dix pouces.
Une variété plus petite est nommée pruayara au Brésil.
Le THAMN0PH1LE A TETE ROUGE , thamtlOphiluS Tlifi-
ceps.
Noir, rayé de fauve. Longueur, neuf pouces.
Le THAMNOPHiLE noir , thamnophilus niger.
. Noir $ une huppe ; rémiges brunes , avec des bandes plus foncées.
XLh Genre. Vanga, vanga, Teram. ; non le vanga , BufF. , Cuv. , Vieill.
Le bec long , très comprimé , recourbé seulement à la pointe , qui est crochue et acérée , à bords des mandibules droils , tranchans ; l'inférieure entaillée , aiguë , retroussée ; les narines latérales , longitudinales , cartilagineuses ; des soies roides à la base du bec ; pieds médiocres $ à tarse de la longueur ou plus long que le doigt intermédiaire, l'externe réuni jusqu'à \sl première articulation , l'interne soudé à la tase 5 ailes médiocres ; la première rémige de moyenne longueur, la deuxième moins longue que la troisième, qui est la plus longue (Temminck).
Bufïbn a proposé le premier le nom de vanga pour un oiseau qui est figuré pl. enl. ao8. M. Vieillot appliqua, dans son Analyse d'Ornithologie, le même nom à de grandes pies-gr lèches des Indes et de 1* Amérique; et reconnaissant: plus tard que ces oiseaux ne
différaient point des bataras , ihaninophilus , dont il avait aussi îbrmé' un genre distinct , il proposa , dans le tome xxxv du Nouv. Dictionn. iVHist. naturelle , de le supprimer. Le genre vanga est toutefois très bien caractérise' par M. Temminck , et ce nom ne désigne nlus des oiseaux américains , mais , au contraire , aes espèces des îles des Indes orientales ou de la Nouvelle-Hollande, qui remplacent dans ces climats les bataras de l'Amérique et les malaconotes d'Afrique.
Les deux espèces de vanga décrites par les auteurs sont :
Le vawga a tÉtb blanche , vdnga leucocephala , N.; lanius curvirostris , Lath.j pie-grièche de Madagascar^ Buff. , enl. 228.
Occiput noir verdâtre $ dessus du corps d'un noir changeant en vert $ front , cou blancs , ainsi que les grandes couvertures des ailes ; parties inférieures d'un blanc pur , de même que l'extrémité de la queue. Longueur, dix pouces.
Le vawga. destructeur, vanga destructor, Temm., Manuel, et cassican destructeur} pl. coloriées 273; le butcher-hird, ou rain bird des colons anglais, de Sydney.
D'un cendré fauve en dessus , blanc en dessous ; la tête , les joues , les rémiges et les rectrices noires; les premières striées de blanc , les dernières bordées de blanc à leur extrémité*
Le vanga destructeur se tient dans les arbres des environs de Sydney, non loin des habitations , surtout lorsqu'il fait mauvais temps; aussi le nomme-t-on oiseau de pluie. Ses habitudes paraissent être solitaires.
Nous ajouterons aux vangas l'espèce que nous avons décrite sous le nom de
Pie-grièche cap-gris, lanius hirhocephalus , Lesson (Zool.
Coq. g pl. 11).
Oiseau de la gtosseur d'un merle , a de longueur totale neuf
d'ornithologie.
pouces. Le bec est long d'un pouce , du front à son extrémité ; il est fort et robuste , à arête saillante entre les narines , qui sont déprimées. La mandibule supérieure se termine par une pointe crochue et forte. Les tarses sont robustes et le doigt postérieur est remarquablement fort. Les ailes dépassent le croupion; la queue, composée de dix pennes , est légèrement arrondie. ,
La tête, les joues et le dessous de la gorge, jusqu'à la poitrine, sont d'un gris cendré. Le dos , le croupion et les couvertures des ailes , sont d'un rouge brun orangé fort vif. Les grandes pennes et les moyennes , ainsi que la queue , en dessus , sont d'un gris fauve uniforme. Le ventre, les plumes des cuisses, les couvertures inférieures de la queue , d'un rouge fauve d'égale teinte. La queue , en dessous , est d'un gris clair, et l'extrémité des pennes s'use très-aisément. JLe bec est plombé , et cette couleur semble encore propre aux pieds.
Le vanga cap-gris habite les forêts de la Nouvelle-Guinée , aux alentours de Doréry, où les Papous le nomment pitohui.
XLH« Genre. Spakàctb , sparactes, Illig. ,
Vieill. , Temm.
Bec fort , médiocre, un peu déprimé à sa base, convexe en dessus , dilaté sur les côtés , sans arête saillante , comprimé et crochu à la pointe ; une sorte de dent à la mandibule supérieure, qui est recourbée $ l'inférieure entière , déprimée $ point de fosses nasales distinctes ; troisième et quatrième rémiges les plus longues. La langue est courte, triangulaire $ les pieds sont médiocres, robustes et scutellés.
Illiger forma ce genre du grec *sr*f qui si-
gnifie écorcheur, pour recevoir l'oiseau nommé becae-fer par Le va il faut , et que M. Cuvier plaçait près des drongos. Peut-être faudra-t-il joindre à ce genre les lanius robuslus , cristatus et Jyavœ-Hollandiœ*
Barbilanier bbc -de- fer , sparactes superbus, N.$ bec-de-fei\ Levaillant, t. 11, pl. 79; lanius super- £i*5,Snaw.
Cet oiseau , de la grosseur d'un merle ordinaire , a tout le dessus du corps noir, à l'exception du crou-
pion et dos couvertures supérieures de la queue, qui sont d'un jaune verdâtre ; une huppe Idngue de quatre
{>ouces surmonte la tête, et se cpmposë de plumes effiées retombant avec grâce sur le front; la gorge, garnie de plumes roides et dures , est d'un rouge vif, avec quelques traits jaunes en bas ; la poitrine et le ventre sont noirs ; une ceinture d'un jaune vif, linéolée de rouge , ponctuée de noir sur les côtés , traverse le corps ; le bec est gris de fer; les pâtes bleuâtres et les ongles noirs.
On ignore au juste la patrie de cet oiseau rare et précieux , qu'on suppose des îles de la Polynésie , et des Moluques les plus orientales.
Le nom de barbilanier peint assez bien les rapports oui unissent cette pie-grièche aux barbus , dont elle diffère seulement parce que ses doigts sont libres, et trois en avant et un en arrière ; car pour les formes corporelles , elles sont assez analogues.; -
XLDP Genre. Gubernète, gubernetes, Such.
Bec épais , un peu déprimé , assez élargi à la base , à arête arrondie ; a mandibule supérieure légèrement échancrée au sommet ; narines ovalaires ; soies roides , épaisses ; ailes médiocres ; rémiges de la première à la cinquième à peu
Srès égales , la première la plus courte , la euxième la plus longue ; tarses médiocres , scutellés, doigts réticulés en dessous; les écailles ovales ; queue très longue , fourchue.
Ce genre nouveau ne renferme qu'une espèce américaine, qui est
Le gwbbrnète de Cun NiwGHAM , gubernetes Cunninghami , Such ( ZooL Journ., t. il , p. 1 10) , pl. 4-
Corps cendré , linéolé en long de lignes fauves ; la
forge et les joues blanches; une tache en croissant 'un brun pourpre sur la poitrine ; les ailes et la queue d'un brun noir ; rémiges rayées en long de
d'ornithologie. I 3 7
ferrugineux. Longueur totale , quatorze pouces et quelcrues lignes.
Habite l'empire du Brésil.
XLIV e Genre. Langraykn , artamus , Vieill. $ ocypterus, Cuv. , Temra. $ leptopterix, Horsf., resea. in Java ; Icuiius , auct.
Bec conique , arrondi de toutes parts , sans arête, à peine un peu arqué vers le bout, à pointe très fine , légèrement échancrée de chaque côté. Narines latérales petites , à demi cachées par Ife poils $ pieds et doigts courts $ les ailes autant et plus longues que la queue j les deuxième et troisième rémiges égales et les plus longues.
Leslangrayens ou pies-griècbes hirondelles tiennent de ces deux genres. Ce sont des oiseaux riverains des îles indiennes de Test , dont le vol est rapide et les mœurs courageuses. Leur plumage varie peu et présente le plus souvent du noir et du blanc. Leur nourriture consiste en insectes, qu'ils saisissent en volant, bien qu'ils ne craignent point d'attaquer les petits oiseaux.
Les espèces de langrayens des Indes orientales sont Vocypterus leucoj'hyncos, ou lanius leucorhy ncos , L., Vieillot, Sonnerai, pl. 25, enl. n° 9, f. 1 , de Manille, des Philippines et de Luçon 5 et le lanius viridis y L. , enl. 3o, f. 2. ïuarLamus cwenius, Vieillot, de Timor $ les artamus lineatus , j'usais et minor 9 de Vieillot, de l'Australie, viennent se joindre à ce genre. Probablement que les deux dernières espèces se trouvent mentionne'es ou font peut-être double emploi avec celles - ci , que M. Valenciennes décrit sous les noms de
Ocyptems albovilLalus , Valenc. , Menu Muséum,
t. vi , p. 23 , pl. 3.
Fauve j les ailes ardoisées; les troisièmes rémiges
l38 MANUEL
bordées de blanc à leur bord externe 5 rectrices noires, excepte' au milieu; blanches au bout.
Nommé bec-bleu et hirondelle de bois par les colons de Sydney, où cette espèce est assez commune.
Ocypterus cinereus , Valenc. , loc. cit.
Blanc en dessus ; blanchâtre en dessous $ une ligne noire sur le front ; la gorge , le croupion et la queue bruns ; cette dernière partie terminée de blanc.
Habite la Nouvelle-Galles du sud.
M. Cuvier a donné à ces oiseaux le nom ftocyptei*us ou oxypterus, qui veut dire ailes pointues, par rapport à leur vol rapide. Le mot ocjwtère se trouvant déjà employé par un genre d'insecxe, nous avons préféré celui d artamus.
XLV e Genre. Crinon, tricophorus , Terara. , pl. col. \ crinïger, Temm. , Manuel.
Bec court , en cône allongé , comprimé à la pointe , un peu dilaté ou élargi à la base $ mandibule supérieure fléchie vers la pointe , qui est un peu échancrée ; base du bec garnie de très fortes et longues soies ; narines un peju éloignées de la base du bec , ovoïdes , ouvertes , point cachées par les soies de la base ; pieds courts , tarse plus court que le doigt du milieu , les doigts latéraux inégaux, l'externe uni jusqu'à la seconde articulation , l'interne uni à sa base ; ailes médiocres ; les trois premières rémiges étagées, les quatrième, cinquième et sixième les plus longues (Temm.).
Ce genre est entièrement africain. M. Temminck en connaît cinq espèces , qui vivent sur les côtes de Guinée : leurs mœurs et leurs habitudes sont complètement ignorées.
Ciunon barbu, tricophorus barbatus , Temm. , pl. 88
(mâle).
A plumage généralement vert olivâtre ; à plumes
d'ornithologie. i3g
de la gorge lâches , redressées et jaunes ; d'entre les plumes du front sortent des crins longs et roides, formant une sorte de crinière peu fournie, retombant sur le derrière du cou. Longueur totale, huit pouces.
Habite les alentours de Sierra-Leone.
XL VI e Genre. Cassican , barita, Cuv. , Temm. $ craciicus, Vieill. ; corvus, L. , La th.
Bec long, fort, dur, convexe en dessus, échancré à la pointe , sans fosse nasale ; narines latérales un peu distantes de la base , fendues longitudinalement dans la masse cornée du bec , couvertes par-dessus et à moitié fermées par la .substance cornée ; pieds robustes, tarse plus long que le doigt intermédiaire, latéraux iné-
Î;aux , l'externe réuni jusqu'à la première articuation, l'interne divisé, pouce long, très fort 5 ailes médiocres ou longues ; les quatre premières rémiges étagées et la sixième la plus longue , ou les quatre premières étagées, la cinquième la plus longue {Temm.).
Le nom de cassican a été primitivement donné à nn oiseau de ce genre par Buflbn , par contraction des mots cacique et toucan. Ce sont de gros oiseaux des Indes et de la Nouvelle-Hollande, qui ont été balottés long-temps dans plusieurs genres , et qui probablement seront encore divisés en deux genres bien distincts , dont l'un comprendra les cassicans des îles indiennes de la Polynésie, et l'autre les cassicans de la Nouvelle-Hollande. Ces oiseaux forment le passage des corbeaux aux pies-griéches ; comme les premiers, ils mangent de tout ; leurs habitudes sont bruyantes, et leur voix est forte et criarde. Le plumage des espèces de la Nouvelle -Hollande est assez uniformément composé de noir et de blanc, comme celui de la pie de France , dont elles ont aussi les mœurs. Les espèces de la Nouvelle-Guinée , au contraire , se rap-
l4o MANUEL
Ï>rochent beaucoup plus des oiseaux de paradis par eur forme, comme par la rare magniGcence de leur livrée.
On place dans ce genre le cassican réveilleur, barita strepera ; cassican flûteur , barita tibicen , dont on trouve une lionne figure ; atlas de l'Uranie, pl. 20; et le cassican anaphone , barita anaphonesis , que M. Temminck mentionne seulement.
Nousy ajouteronsle cassican de Quoy,barita Quoyi, pl. 14 de notre atlas, de la Nouvelle-Guinée, et le calybé , que nous décrirons de la manière suivante:
CASSICAN CALYBÉ, baHta viridis, Cuv. ; grand Calybé, Levaillant, oiseaux de Paradis, 64, pl. 23. Le calybé de la Nouvelle- j Guinée, Buff. , cnl. 634; paradisœa <viridis , L. , Gm. ; paradisœa chaljrbea, Latbam; cracticus chalybeus, Vieillot (Dict. d'Hist. nat. ); oiseau de Paradis vert, Sonnerai (ixry. pl. 99, pag. 164) ; Mansineme, dans la langue des Papous.
Parmi les nombreuses dépouilles de paradisiers , que les nabitans de la Nouvelle-Guinée apportaient ebaque jour à bord , se trouvaient des calybés privés de leurs pieds, et traversés d'un bâton comme les vrais oiseaux de paradis. Ensuite nous nous procurâmes plusieurs fois, dans nosebasses, un oiseau qui ne diffère de celui dont nous parlons que par un plumage plus sombre et plus terne , quoique d'ailleurs il n'y ait point de différence dans les proportions du corps , le bec , les ailes ou la queue.. Nous le regardons comme une légère variété du calybé des auteurs: car tous ceux que nous vîmes , qui étaient adultes et en plumage complet , ne permettent point de penser que ce soit le calybé avant ou après la mue.
La longueur totale de notre calybé était de quatorze pouces six lignes. Le bec ne différait en riende celui du calybé ordinaire. La tête est grosse, et ki queue , longue de six pouces , est arrondie par la disposition des pennes , comme dans le précédent. Le plumarre est en entier A 'un vorf IJniwW*.» m *a~n;~.. A — ♦
sur un fond vert et bleu d'aeier bruni , comme le calybé; mais celles qui recouvrent ces parties ont une teinte uniforme , ayant 1 éclat du fer spéculaire , suivant les reflets de la lumière. Celles qui revêtent la tête et le cou sont courtes , serrées et veloutées. Les narines sont à moitié fermées par une membrane, recouverte elle-même des plumes du front , qui s'avancent de chaque côle de Parétc du bec. Le bec est noir, Y iris rouge de corail , les
d'ornitholoc IE . 1 4 1
jambes sont de la même couleur que le bec ; leurs tarses sont revêtus de larges ccussons ; les doigts sont forts , munis d'ongles comprimés , aplatis en dessus et recourbés. ' .
Lecalybé vit solitaire , dans les forêts de la Nouvelle-Guinée.» Nous le rencontrâmes plusieurs lois perche' dans les grands arbres , où il cherche des fruits : ses mœurs paraîtraient avoir beaucoup d'analogie avec celles des corbeaux.
XUVTI e Genre. Phonygame, phonjrgama , Less.
Bec robuste , convexe , un peu élargi sur les côtés, à mandibule supérieure à peine crochue au sommet, à mandibule inférieure moins épaisse que la supérieure et renflée vers son extrémité $ ailes arrondies , dépassant légèrement le croupion , queue médiocrement longue , étagéc , arrondie } tarse médiocre, scutelltj, a ongles peu robustes ; trachée-artère se dirigeant sur la poitrine et l'abdomen pour y former plusieurs cercles que la peau recouvre seulement. ,
La rare beauté de l'espèce unique qui compose ce nouveau genre, et l'organisation singulière qu'elle présente , exige que nous entrions dans quelques détails à son sujet. Elle est de'critc et figure'e dans notre Voyage , pl. i3, soutf le nom de cassican de Kéraudreh, barila Keraudrenii.
Le phonjrgama Keraudrenii a 12 pouces de longueur totale , du bout du bec à l'extrémité* de la queue : il a les formes du merle, sans le surpasser de beaucoup en grosseur. Les plumes qui revêtent la tête , les narines et les joues , sont courtes , serrées , et de la douceur du velours. Leur teinte est d'un noir passant au vert sombre dore', suivant les effets de la lumière. Deux huppes distantes occupent les parties latérales et postérieures de l'occimi; elles sont minces, triangulaires, et formées de plumes effiécs , linéaires.
Les plumes qui garnissent le cou sont imbriquées , triangulaires. Celles de devant sont linéaires, très pointues, et terminées par une petite soie , plus apparente sous la gorge. Lo racbis et la partie inférieure sont d'un noir brun , los barbes sont d'un vert a reflets métalliques , les plumes de l'abdomen ont cela de particulier d'avoir leur tuyau très grêle, garni de barbules très lâcbes. Elles sont d'un vert sombre , tandis que celles du clos
sont d'un vert chatoyant. Les ailes, la couverture, le croupion et le dessous de la queue , sont d'un vert passant à l'acier bruni. La. partie interne des rémiges et des plumes caudales est d'un brun terne , le dessous des ailes et de la queue est noirâtre. Le bec et les pieds sont noirs ; la Base des doigts de ceux-ci est élargie par un petit rebord membraneux.
La trachée-artère de cet oiseau mérite un examen particulier, et on en trouvera une fig. pl. i3, n° 2, de l'Atlas de notre Zoologie. Ce tube cartilagineux, arrondi, composé d'un très-grand nombre de netits cylindres réunis par une membrane et entourés par une tunique extérieure mince et diaphane, a, de longueur totale, et en ligne droite, 17 pouces et demi, et de 1 10 à 120 anneaux cartilagineux. En partant des poumons, il se dirige en avant jusqu'au sternum , sur le bord antérieur duquel il se courbe, pour descendre extérieurement et en arrière sur l'abdomen , en. dessus des muscles qui forment cette capacité , et sous les tégumens qui constituent la peau. Là , la trachée-artère se contourne, remonte l'espace d'un pouce, se recourbe aussitôt en formant une petite anse, et le tube, accolé à la portion précédente, redescend et forme , en se contournant de nouveau , un cercle entier qui vient ainsi l'accoler au bord externe du premier cercle , en formant sur les parties molles de l'abdomen un plateau ovalaire et
ris, composé de trois tours adossés de la trachée , et réunis par portions membraneuses. Le tube aérien continue de remonter sur le sternum, le long du cou , en s'unissant , comme à l'ordinaire , aux branches de l'os hyoïde , et à la base de la langue (1).
La conformation de cet organe , dont nous connaissons peu d'à - \ nalogue chez les oiseaux , si nous en exceptons quelques légères traces chez le cygne et chez le hocco , permet au cassican de jouir de la prérogative de moduler des sons comme avec on cor; aussi cet oiseau est-il doué d'un chant essentiellement musical. Les sons que poussent , dans les profondeurs des forets de la Nouvelle-Guinée, le cassican kéraudren , ne permettent point de le confondre avec aucune autre espèce d'oiseau. Ils sont clairs, distincts et sonores , et passent successivement par presque tous les tons de la eamme ; aussi nos marins lui donnèrent-ils le nom oiseau sijfleur. Mais défiant et rare , nous ne pûmes nous procurer que deux individus de cette espèce , dans les grands arbres qui avoisinaient le havre Doréry, où nous étions mouillés. L'un d'eux fut tué par M. Bcrard , lieutenant de vaisseau.
(1) Une telle organisation doit , sans contredit , nuire singulièrement à l'incubation. Chez cet oiseau , se pratiquerait-elle comme chez le coucou , par l'envahissement de nids étrangers , ou bien la femelle , seule chargée de cette importante fonction v aurait-elle son larynx moins compliqué?...
j'ai dédie ce cassican à M. le chevalier Kéraudren, inspecteur*
Fëne'ral du service de santé de la marine. Ce savant médecin , ami particulier de Péron , n'a jamais cesé , depuis le voyage du capitaine Baudin , de t favoriser les recherches d'histoire naturelle, et de prodiguer des encouragemens aux officiers de santé de la marine des ports , que ses précieuses instructions , ses conseils expérimentés , guident dans la carrière difficile à laquelle ils ont consacré leurs jours. En acquittant la dette de la reconnaissance du corps des médecins de la marine , j'y joins l'hommage de ma profonde gratitude , pour la bienveillance toute paternelle dont M. Kéraudren a daigné constamment m'honorer.
XLVIII e Genre. Bkcardk , psaris, Cuv., Temm.,
Swains.
Bec gros, fort, conique, rond à la base, n'échancrant point le front , comprimé à la pointe , qui est crochue et échancrée j arête voûtée ; narines nue£ , latérales , rondes , couvertes d'une membrane ; pieds médiocres, tarses courts, ailes médiocres ; la première rémige courte , les deuxième et troisième les plus longues ; queue égale et arrondie.
M. Cuvier prenait pour type de son genre psaris le lanius cayanus.'M.. Swainson lui a ajouté dans ces derniers temps (Zool, Journ. , n° vu, p. 354) trois espèces nouvelles , qui sont les psaris Cuvieri, cristatus et niger. Ce genre est entièrement américain , de la Guiane et du Brésil. Il ne faut point le confondre avec le genre jbécarde, tityra, de M. Vieillot, qui est formé avec un tyran {lanius suljuratus).
Le psaris cayanus est figuré enl. 3o4 et 377 : cendré, a ailes et queue noires.
M. Swainson a décrit deux espèces, qui sont:
psaris cristotus , Swains., fauve $ d'un jaune pâle en dessous } une tache blanche à la base des ailes; occiput noir, huppé; longueur, sept pouces; psaris niger, Swains., noir dessus, gris en dessous; rectrices un peu étagécs, noires, blanches à l'extrémité. Longueur, cinq pouces.
M. Sclby ajoute à ce genre (ZooL Journ<> n.viu,
p. 483 ) le psaris eiylhrogenys , gris en dessus, à ioues ■rousses , à tête et ailes noires , d'un gris blanchâtre en dessous ; une couronne noire sur la tête; une tache blanche entre le bec et les yeux ; un cercle blanc bordé de rouge enveloppant ceux-ci.
Habite le Brésil.
XLIX* Genre. Choucàms, graucalus, Cuv.
Bec peu comprimé , à arête supérieure aiguë , arqué également dans toute sa longueur ; commissure up peu arquée j des plumes couvrant quelquefois les narines {Cuv.).
Les oiseaux de ce genre appartiennent à la Polynésie et à l'Australie : ils ont été souvent confondus avec les corbeaux , dont ils se distinguent par Féchancrure de l'extrémité de leur bec. m. Cuvier leur a appliqué le nom grec d'ua oiseau inconnu , à plumage gris, parce que trois choucaris sur quatre sont de cette couleur.
Les espèces qu'on y rapporte sont :
Le cuoucàs de la Nouvelle-Guinée, Buff. , enl. 629;
Novce-Gidneœ , Gm.
A tête, dos et poitrine ardoisés 5 ailes et queue brunes; le croupion et le ventre blanchâtres, rayés de brun \ le front XX la gorge noirs.
Le choucari de la N ou vell e-Guinéb , Buff. , enl. 63o.
Gris, à rémiges noires, à ventre blanchâtre, à
Sucue un peu plus longue. Est le cornus papuensis de rm. 5 bien que cet oiseau ne ressemble guère au suivant, M. Temmiuck l'y joint comme étant la femelle. , v
Le Rollier a masque noir, Lcvaillaut , pl. 3o ; corvus melanops, Latbam,
Cench'é; le front , la gorge, les rémiges et les rectriecs noires , excepté à leur milieu , et à l'extrémité de ce3 dernières qui est blanche.
Habite la Nouvelle-Hollande.
d'ornithologie. i 45
MM. Horsfîeld et Vigors ajoutent à ce genre une espèce douteuse qu'ils pensent être nouvelle , et qu'ils nomment graucalus menlalis , d'un cendré fauve, plus pâle en dessous ; une ligne légère traversant les yeux$ des taches à la gorge j les rémiges et les rectrices noires; le .mea^on*, la gorge et le bout des rectrices blancs. Longueur du corps, neuf pouces, et de la queue , cinq pouces.
Ce choucaris fut de'couvert en i8o3 pqr Robert Brown , à la côte sud de la Nouvelle-Hollande.
L e Genre. Sphkgotberk , sphecotheres, Vieill. ,
- Bec épais , droit et glabre à la base , robuste , convexe en dessus, fléchi vers la pointe de la mandibule supérieure ; orbites nus 5 les première et deuxième rémiges les plus longues (rieilL).
Le mot sphécothère vient du grec eyng , mouche , On pct& , chasser.
Ce genre ne se compose que d'une espèce que M. Vieillot a décrite dans la note H de son Analyse d'Ornithologie , et qu'il plaçait parmi les merles. C'est un oiseau gros comme une grive , verdâtre sur les parties supérieures , d'un vert-jaune inférieurement ; la té te , le bec et les pieds noirs.
Il habite Timor. On en trouve une bonne figure dans l'Atlas zoologique de MM. Quoy et Gairaard, sous le nom de graucalus viridis, pl. 21, et dans la Galerie des oiseaux du Muséum, pl. 147, de M. Vieillot. Les Malais de Timor le nomment kal^raya.
II e Genre. Béthyte , bethylus, Cuv. ; pillurion , cissopis, Vieill. ; langara , Illig.
Bec court, robuste , bombé, uu peu comprime vers le bout j mandibule supérieure échancrée et courbée à la pointe ; bouche ciliée ; les troisième et quatrième rémiges les plus longues -, doigts extérieurs réunis à leur base. (Fieill.)
j 4(> MAtfUEL
La seule espèce connue de ce genre est américaine. Leraillant l'avait figurée pl. 60 , sous le nom de pie pib-gribcue : c'est un oiseau de la grosseur de la pie-grièche de France , nommé cissopis bicolor par M. Vieillot , et que Shaw avait désigné sous le nom de lanius leverianus, et Lathafh sous celui de lanius picatus. Son plumage n'a que deux teintes , le noir et le blanc , distribuées très nettement comme sur la pie de France, qu'elle représente en miniature, à la Guiane et au Brésil , sa patrie.
LII e Genre. Glaucope, glaucopis, Forster, Gm.,
Temm. , Cuv. ; calceas, Bechst. , Vieill.
Bec médiocre , fort , robuste , épais ; base élargie vers la commissure; mandibule supérieure convexe, voûtée, courbée vers le bout, sans échancrure; mandibule inférieure suivant la courbure de la supérieure , droite en dessous , en partie cachée par les parois de la supérieure ; narines basales , latérales , rondes , à moitié fermées par une grande membrane, et entièrement cachées par les plumes crépues ou veloutées qui s'avancent du front ; pieds forts , robustes ; tarses plus longs qne le doigt du milieu ; les doigts à peu près d'égale longueur, l'externe réuni au doigt du milieu, et l'interne soudé à la base ; ailes courtes ; la première rémige courte ; les trois suivantes étagées , la cinquième plus longue ; queue longue, étagée. (Temm.)
Le genre glaucope n'a que les .trois espèces suivantes 1
Glaucope cendré , glaucopis cinerea, Gm., Lath. ;
Daudin, Orn. pl. ai.
Grand comme une pie , entièrement noirâtre , à queue étagée j vit d'insectes et de baies à la Nouvelle- Zélande. Sa chair est fort bonne.
d'ornithologie. 147
Glaucope a ailbs blakchbs , slaucopk leucoptora,
ïemra. , pl. col. si65.
Noir, un miroir blanc sur les ailes ; de la taille du geai.
Habite Sumatra.
Glaucopb temxyure f glaucopis lemnura, Temminck,
pl. col. 337.
Entièrement noir, à queue e'tagée , longue ; chaque rectrice coupée en biais â son extrémité; le bec est moins élevé que celui des autres glaucopes.
Formera peut-être un nouveau genre.
Habite l'Inde , à ce qu'on suppose.
IJTT« Genre. Tbmia , temia, Levaili. , Cuv. ; crjpsiri na , "Vieill. } phrenotrix , Horsf. ( Z00L resear.)
Bec médiocre , robuste , élevé , épais à la base, comprimé sur les côtés ; mandibules recourbées , convexes sur les côtés , légèrement conniventes» vers la pointe; front large, revêtu de plumes veloutées , serrées ; narines ovalaires , petites , placées au milieu d'un sillon à la base au bec ; ailes arrondies -, rémiges entières, les troisième et quatrième plus longues 5 queue plus longue que le corps , composée dç dix rectrices cunéiformes ; pieds robustes ; doigts médiocres, l'extérieur légèrement réuni à celui du milieu à sa base ; acropodes scutellésj ongles comprimés.
Le temia diffère par plusieurs caractères des glaucopes , avec lesquels M.. Temminck le réunit. La plupart des auteurs le placent avec les corbeaux. On ne connaît qu'une espèce , qui est :
Le tbmia , Levaillant , Afr. , pl. 56 ; corvus varians, Lath. ; phrenotrix temia, Horsf. (Resea. in Java, p. 162.)
Son plumage est fuligineux , passant au vert olire
métallique très brillant , surtout aux ailes et dessous la queue ; la tête est noire. Le temia est long de cinq pouces , et la queue en a sept*
Les habitans de Java le nomment cheketut et bonteot.
On le trouve à Java et à Banda.
LIY e Genre. Drongo , edolius, Cuv. ; dicrurus,
Vieill.
Bec robuste , déprimé et échancré au bout , couvert de soies à sa base ; arête supérieure vive ; mandibules arquées dans toute leur longueur y l'inférieure aiguë et retroussée à la pointe ; narines couvertes de plumes \ queue fourchue , composée de dix rectrices ; tarses courts et robustes.
Les drongos sont des oiseaux très communs sur les bôrds de toutes les tles des Indes 5 leur plumage est en général de couleur noire. Ils se rapprochent des tyrans par la forme de leur bec et par leurs mœurs : ils vivent en société , sont très turbulens, et poussent des cris perçans.
Le type de ce genre est : .
Le drongo nu Malabar, lanius forficalus } 6m, , enl. 189; Levaill., pl. 166.
D'un noir profond à reflets , avec une huppe dressée sur le front.
Le drongear, Levaill. , pl. 167; dicrurus musicus,
Vieillot.
Tout noir, sans huppe, dont le nid est suspendu aux branches des acacias , et n'est formé que de brins d'herbes légèrement entrelacés. La femelle pond quatre œufs blancs, ponctués de brun.
Du cap de Bonne-Espérance.
Le drongo a moustaches , Levaill. , pl. 169.
Noir 5 la queue peu fourchue ; des soies sur le front* Du pays des Cafres.
d'ornithologie. 1 49
Le dbohgri , Lef aill. , pl. 170$ dicrurus leucophceus,
Vieillot.
A queue très longue et très fourchue ; d'un bleu ardoisé uniforme.
Habite Ceylan.
Le DROIVGRI A VENTRE BLANC, Levaill. , pl. 1 7 ï J
dicrurus leucogaster, Vieill.
Le fingah , Levaill. , pl. 172; dicrurus cœrulescens ,
Vieillot.
Bleu , à ventre blanc , à rémiges et à rectrices noires , celles- ci terminées de blanc.
Habite le Bengale.
Le drongup, Levaill., p. 173-, dicrurus lof&orinus ,
Vieillot.
De grande taille et tout noir.
Habite les Indes.
Le DRONGOLOif , Levaill., pl. 174; dicrurus
cercus, Vieill.
Tout brun ardoisé; à formes svelttes.
Le drongo a raquettes , Levaill. , pl. 176; dicrurus platurus y Vieill. $ edolius retifer, Temm. ; lanius malabaricus, Latham; le cuculus paradisœus de Briss. ,
Les deux rectrices extérieures terminées par deux longs brins sans barbules, et s 'élargissant a l'extrémité , où ils sont garnis de barbes.
Habite la côte de Malabar.
Le drongo bronzé, Levaill., pl. 176.
D'un noir bronzé. Habite le Bengale.
Plusieurs de ces espèces ont besoin d'être étudiées de nouveau.
M. Temminck ajoute à ce genre :
l5o MANUEL
Le drongo jl rahes , edolius remifqr, Temminck
pl. col. 178 (mâle).
Cette espèce est beaucoup plus petite nue le drongo à raquettes : elle est entièrement d'un bleu noir métallisé; les deux tiges qui partent des deux rectrices externes sont légèrement barbulées et terminées par des barbes des deux côtés formant deux raquettes ovalaires oblongues. La femelle n'a point de filets à la aueue.
Habite les côtes de l'Inde f mais surtout les îles de Java et de Sumatra.
M. Horsûeld a décrit, sous le nom d 1 } edolius cineraceus, un drongo nommé chenta par les habitans de Java : il ressemble beaucoup à Yedolius j'orficatus , mais son bec est plus robuste et ses rectrices plus courbée^ il est aussi beaucoup plus rare. Son plumage est cendré uniforme ; les rémiges en dessus à leur pointe et le bord externe des rectrices sont noirs.
LV e Genre. Irènb, irena, Horsf. , syst. arr. of birds from Java (Trans. Soc. Linn. , t. xm ,, p. i5ô ) j edolius, Temra.
Ce genre , proposé par M. Horsfield , n'a point encore été adopté. Il s'éloigne peu, des drongos , et fait le passage de ceux-ci aux loriots ; il est caractérisé de la manière suivante :
Bec médiocre ; mandibule supérieure un peu crochue 5 arête recourbée, élevée, carénée entre les narines , et les côtés un peu relevés ; narines basales arrondies, recouvertes de soies roides et de plumes veloutées ; ailes plus courtes que la queue $ rémiees , deuxième et sixième , externes échancrées , les troisième et sixième plus longues et à peu près égales, première et deuxième très courtes $ qtieue médiocre, reetilignej tarses et doigts courts, à demi scutellés; ongles très grêles, très recourbés. (Hors/.)
d'ornithologie. 1 ÎU.
On ne connaît qu'une seule espèce de ce genre, c'est un magnifique oiseau des tles de Java et de Sumatra , qu'on nomme :
Irène vierge 9 ifena puella, Horsf. ( Birdsfrom Java, liy. i re ; coracias puella, Latham; edolius puellus , Reiuw.^Tem., pl. col. 70 et 225 (mâle et femelle).
Du bleu d'azur le plus pur et à teintes métalliques brillantes sur le- corps: ou noir le plus profond et le plus velouté sur les joues , la poitrine , le ventre , les rémiges et l'extrémité de la queue. La femelle , un peu plus grosse que le mâle, est d'un bleu uni^ forme sans éclat, et le noir de velours est remplacé par du brun aux rémiges et aux rectrices seulement.
L'iréne habite les bois et les forêts des montagnes les plus désertes ; elle vit de fruits et de graines.
C'est le bressi des Javans.
La variété de Sumatra a les couleurs beaucoup plus vives que celle de Java. Elle est nommée biang kapoor, suivant sir RaffLes , et vit de graines et de fruits : les malais la regardent comme un oiseau du même genre que le biang , qui est une pie-griéche.
l52 MANUEL
II e Ordre. Les Passereaux.
a e Famille. Les Tanagr£is.
G. 56. Tanmanak, phibalura, Yieill.