‹ IV, 421 pChapitre 55 sur 57 · L. ^ enl. 99 et · texte numérisé non relu

L. ^ enl. 99 et

Tête, joues ; croupion d'un brun roux; tour du bec devant la gorge d'un noir intense ; collier cendré sur la nuque ; manteau brun foncé; une tache' longitudinale blanche sur l'aile ; pennes secondaires coupées carrément; dessous du corps d'un roux vineux agréable; iris rouge pâle; bec et pieds d'un brun grisâtre. Longueur , sept pouces. La femelle est plus claire dans ses teintes , et quelquefois atteinte d'albinisme : elle pond de trois jusqu'à cinq

œufs , d'un gris cendré nuancé de Verdâtre , tachés de brun.

Habite les bois de haute futaie, les pays de montagnes : de passage daus plusieurs provinces du midi de la France. Vit de semences de platane , de hêtre, du pin , et des amandes des fruits a noyau.

Gros-bec verdier , loxia clitoris, L. , enl. 2167, f. a.

Verdâtre en dessus et jaunâtre en dessous; quelquefois tout blanc : la femelle pond de quatre à six œufs blanc argentin , ponctués de brun.

Habite la lisière des bois; descend dans les plaines pendant l'hiver 5 vit de graines et d'herbes ; niche sur les arbres, sur les buissons.

La souLciE , fringilla petronia , L. , enl. aa5; le

moineau des bois, BufT.

Brun cendré roussâtre; calotte rousse, bordée de brun ; sourcil blanc ; tache jaunâtre sur la poitrine.

Habite le midi de l'Europe; vit dans* les bois, d'où il ne sort que rarement.

Le gros-bec bleu d'Amérique, enl. i54; loxia

grossa, L.

En entier d'un bleu noir ; une tache d'un blanc pur sous la gorge; bec rouge, pieds bruns.

CXXIX* Genre. Bouvreuil , pyrrhula, Briss. , Vieill. , Cuv. , Temm. ; loxia , L., Lath.

côtés , comprimé à la pointe , a arête s'avançant un peu sur le front, à mandibule supérieure courbée ; l'inférieure un peu relevée ; a palais lisse ; narines arrondies , latérales ; ailes courtes ; quatrième rémige la plus longue , queue rectiligne.

Les bouvreuils , d'abord isolés des gros-becs par Brisson , puis confondus avec eux , n'en ont été séparés que dans ces derniers temps. Us forment un

uigmze

genre bien distinct de tous les gros-becs , et dont les espèces habitent toutes les parties du monde ; excepté peut-être la Nouvelle-Hollande.

Ce sont des oiseaux faciles à reconnaître à leur air de famille : ils vivent de graines , dont ils brisent aisément les enveloppes , même les plus dures. Le plumage des mâles diffère un peu de celui des femelles , et ils sont soumis à une double mue.

Les espèces d'Europe sont :

Bouvreuil pallas , pyrrhula rosea , Temm. (Man. 9 t. i , p. 335); fringitla rosea 9 Pallas, It., t. ni, p. 699; Gm.

Front , gorge , argentés ; tête , nuque , croupion , épaulettes et parties inférieures d'un cramoisi vif ; dos noir , bordé de rouge ; deux bandes d'un blanc rose sur les ailes : celles-ci brun cendré. Couvertures bordées de blanc ; abdomen et couvertures inférieures de la queue d'un blanc rose; bec et pieds d'un brun clair. Longueur, cinq pouces cinq lignes.

Habite les rives des fleuves de la Sibérie ; se montre quelquefois en Hongrie. On ne connaît rien de ses mœurs.

Bouvreuil cramoisi, pyrrhula erythrina, Temm.

( Man. , 1. 1 , p. 336.)

Tour du bec d'un rose terne ; nuque et haut du dos d'un cramoisi vif ; croupion , gorge , poitrine, d'une teinte rosée ; ventre d un blanc pur ; dos et couvertures d'un brun cendré; rémiges et rectrices brunâtres; queue fourchue ; bec et pieds bruns. Longueur, cinq pouces six lignes. La femelle est brune cendrée en dessus, tachée de brun plus foncé; les parties inférieures d'un blanc pur : pond cinq ou six œufs verdâtres.

Habite les contrées les plus septentrionales de l'Europe.

Bouvreuil commun, pyrrfiiila vul^aris, Briss. , enl, i45, f. 1 et i-, loxia pyrrhula 9 ù m.

Cendré en dessus; calotte, tour du bec et devant

d'ornithologie . 339

du cou d'un noir profond; dessous du corps rouge; ventre et croupion blancs ; une bande grisâtre sur l'aile ; bec et pieds noirâtres. Longueur , six pouces trois lignes, La femelle a toutes les parties inférieures d'un brun roussâtre; moins de blanc sur le croupion et sur l'abdomen. Passe quelquefois au blanc pur. •

Habite une partie de l'Europe. La femelle pond de trois jusqu'à six œufs obtus, d'un blanc bleuâtre, marqués à leur gros bout d'un cercle de taches brunes et violettes.

Bouvreuil a longue queue , pjrrrhula longicauda ,

Temm. , Man, 1 , p. 34o.

Un cercle rouge autour du bec; plumes du haut de la tête , de la gorge , acuminées , d'un rose clair et comme lustrées ; poitrine , ventre d'un rouge cramoisi; abdomen rose; plumes du dos et des scapulaires noires, bordées de rouge; petites couvertures blanches, moyennes, ayant une grande tache blanche; rémiges noires, bordées de blanc; les trois externes blanches, à tige noire; bec et pieds bruns; queue rectiligne, longue de trois pouces. La femelle est olivâtre clair.

Habite le Nord , et notamment la Sibérie. Il aime le voisinage des torrens , les vergers les plus touffus. Il se nourrit de semence de plusieurs espèces d'armoise.

Parmi les bouvreuils nouveaux , nous citerons

Bouvreuil githagiise , pyrrhula githaginea , Temm. , pl. /\oo , f. 1 et 2 ( mâle et fem. ); fringiUa githaginea, Lichst. ; Egypte, pl. 5, f. 8.

Gris teinté de rose clair; tête cendrée; nuque brun cendré ; croupion , rémiges et rectriecs teintés de rose clair; un sourcil rouge; queue faiblement échancrée; bec cramoisi. Longueur, quatre pouces six lignes. La femelle est brun-isabelle.

Habite l'Egypte et la Nubie. Le nom de giinaginc vient sans doute de githago , plante caryophyllée à fleur d'un rose nâlc , ou bien parce que ce bouvreuil en recherche les graines.

34o MANUEL

Bouvreuil Tblàsco , pyrrhula Telasco, Less. et Garn. (ZooL Coq. , pl. i5 , £ . 3.)

Ailes et queue brunes; les premières ayant un miroir blanc sur l'aile ; tête et corps roux flammé de brun en dessus; menton marron-noir , la tache se terminant en pointe sur le haut de la poitrine ; dessous du corps blanc.

Habite Lima. .

Bouvreuil social y pyrrhula synoica, Temm. , pl. 375, f, 1 et 2 (mâle et fem.)-

D'un rose pins ou moins foncé ; le front garni de petites plumes écailleuses blanches bordées de rose; les joues et la gorge tachetées de petits traits dfein rouge vif; bec et pieds jaunes; ailes fauves. La femelle est en général d'une couleur isabelle ou de buffle pâle, flammé de brunâtre en dessus; queue faiblement échancrée.

Habite le mont Sinaï , en Arabie.

Bouvreuil cendrillard , pyrrhula cinereola , Tem. ,

pl. n , fig. 1 .

Bec rouge ; tête cendrée ; dessus du corps cendré bleuâtre; un petit miroir blanc sur l'aile; gorge, poitrine et abdomen d'un blanc pur.

Bouvreuil vz*KOQis*T,pyrrhulafq!cirostris 9 Temm. ,

pl. 11 , fig. 2.

Bec noirâtre; plumage généralement verdâtre, plus foncé sur le dos ; les plumes alaires brunes ; couvertures inférieures de la queue jaunâtres.

Habite le Brésil.

CXXX* Genre. Crucirostre, crucirostra , Daudin, p. 355; Bec-croise ; Krinis, loxia, Briss., Iilig. , L; , Cuv. , Vieill. , Temm.

Bec comprimé , épais , très robuste , à mandibules tellement courbes que les pointes s'en-

d'ornithologie. 341

trecroisent en sens inverse , c'est-à-dire que la pointe de la mandibule inférieure devient supérieure , et vice versa ; ailes médiocres ; première rémige plus longue ; queue fourchue.

Les becs-croisés vivent principalement dans le nord de l'Europe, des semences des cônes ligneux des pins et des sapins. Ils coupent aisément les racines , et les bourgeons dont parfois ils se nourrissent. Ils sont de passage dans plusieurs provinces de la France.

On en connaît on Europe deux espèces qui sont :

Crucirostre des sapins , loxia pytiopsittacus > Bech. , Temm., t. 1, p. 325; le bec-croisé perroquet, loxia curvirostra major, Gm.

Le bec très fort , très courbé , large à sa base de sept lignes , plus court que le doigt du milieu ; la pointe croisée de la mandibule inférieure ne dépassant pas le bord supérieur du bec ; le plumage est cendré olivâtre j le croupion jaune verdâtre ; dans sa première mue , le mâle est d'un rouge vif plus ou moins pur. Les femelles ressemblent aux jeunes de Tannée , qui sont d'un cendré brun. Longueur , sept pouces.

Habite le nord de l'Europe et de l'Amérique.

Niche sur les sapins. La femelle pond quatre à cinq œufs cendrés tachés de rouge.

Bec-crotsé des pins , loxia curvirostra , L. , Temm., t. 1 , p. 3a8 , enl. 218 ( mâle âgé d'un an

Suivant M. Temminck , il se distingue du précédent par son bec faiblement courbé , large à sa base de cinq lignes , de la longueur du doigt du milieu ; la pointe croisée de la mandibule inférieure dépassant le bord supérieur du bec ; rouge de brique dans sa première livrée ; d'un cendré verdâtre^dans son plumage parfait; rémiges et rectrices noires. Les jeunes de l'année sont d'un gris-brun nuancé de verdâtre , ainsi que les femelles.

Habite le nord de l'Europe et de la France. Pa-

raît , en hiver , dans les provinces méridionales. On trouve aussi cet oiseau dans le nord de l'Amérique et de l'Asie.

L'Amérique septentrionale possède en propre une espace qui est le

Bec-croisb falcirostre, loxia falciroslra , La th. , t. 1, p. 108 , sp. 2 ; loxia leucoptera, Daudin , t. a , pl. 26, p. 358. Dixon, Il App.^ t. 2, p. 286, pl. 19.

Qui est plus petite que les deux précédentes dont elle a les teintes générales ; mais ce qui la distingue, sont, une queue très fourchue, et deux handes transversales sur les ailes. Le plumage du mâle,

I'usqu a l'âge de deux ans , est d'une couleur de aque carminée.

Habite New- York et la baie d'Hudson ; la côte nord-ouest d'Amérique.

CXXXI C Genre. Psittirostbb , psittirostra ,

Temm.

Bec court , très crochu , un peu bombé à la base ; mandibule supérieure courbée à la pointe sur l'inférieure ; cçlle - ci évasée , arrondie et obtuse à l'extrémité ; narines basales , à moitié fermées par une membrane couverte de plumes ; troisième rémige plus longue.

L'espèce, suivant M. Temminck, qui doit entrer dans ce genre, et dont on ne connaît ni les habitudes ni les mœurs., est un oiseau de la JNouvelle- Hollande , que Latham avait décrit sous le nom de loxia psittacea y Srn. , tom. m, pl. 4 2 « Le même auteur dit posséder la figure d'une autre espèce verte?, à téte grise. Mais d'après les caractères que M. Temminck assigne à son psittirostra, nous ne voyons pas bien la nécessité de ce genre nouveau , car il ne nous paraît pas différer du genre dur-bec , corythus , Cuv. , dont le bec est bombé de toute

d'ornithologie. 343

pari t et a sa pointe courbée par-dessus la mandibule inférieure. M. Cuvier avait déjà dit, dans une note, que probablement on devrait mettre dans les dur-becs le loxia psittacea de Latham. Les caractères du psittirostre nous paraissent pris de ceux assignés , par M. Cuvier, au corythus, et par M. Vieillot à son strobilophaga. t

Quoi qu'il en soit, Latham décrit ainsi leparrothilled gîvs-beak , du Mus. Lever. , que M. Temminck nomme psittirostra icterocephalus. Longueur, sept pouces; bec de forme analogue à celui d'un perroquet; mandibule supérieure allongée et recourbée à la pointe; l'inférieure courte ; le mâle a la tête et une partie du cou jaunes; corps en entier d'un vert brun-olivâtre, plus pâle en dessous ; le bord des rémiges et des rectriccs jaunâtres ; queue égale ; jambes d'un brun pâle. Là femelle a le même plumage que le mâle, mais elle n'a pas de jaune à la tête , qui est verte et grise jaunâtre sur les tempes. Habite les îles Sandwich , à Owhyhie.

Cook avait mentionné cet oiseau sous le nom de perroquet, troisième Voyage , p. 129.

CXXX1I* Genre. Dur-bkc , corythus , Cuv. ; strobilophaga, Vieill. ; loxia, L. , Lath. ; pyrrhula, Temra.

Bec bombé de toute part , à pointe recourbée par-dessus la mandibule inférieure qui est obtuse , robuste , entier , épais , une dent robuste au bord et au milieu de la mandibule supérieure.

Le corythus pe se composerait que d'une espèce , si le genre psittirostre était adopté; mais comme ils seront réunis indubitablement, le genre corythus (nom que les Grecs donnaient à un oiseau inconnu) . recevra sans doute et le dur-bec , proprement dit , et le psittirostre h tête jaune , de M. Temminck.

344 MANUEL L'espèce type est le

Gros-sïc bu Càhàbà, cnL i35 , f . i , loxia enucleator 9 L.; coccothrausles riibra, Edwards, pl. 76 ( mâle) , Recueil de Selligmann ; pyrrhula enucleator, Tenim. , Man. 1, p. 333.

les ailes sont brunes, bordées de blanc ; les rectrices sont noires. Longueur , sept pouces quatre ou cinq lignes.

Xies femelles sont d'un brun teinté d'orangé. Les jeunes sont cendrées. Varie quelquefois, et passe au blanc pur. M. Cuvier pense que le loxia flamengo de Sparm. , Mus. Caris. , pl. 17, est une variété albine du dur-bec. La figure de Buflon représente cet oiseau avec un bec conique et régulier qui n'est pas

exact. t t ,

Le dur-bec habite l'Europe comme l'Amérique

septentrionale. Il vit à la manière des becs-croisés ou

crucirostres. La femelle pond quatre œufs blancs. Il est répandu tout autour du pôle , en Laponie

comme au Groenland , et à la cote nord-ouest , à

Nootka.

CXXXTII* Genre. Goliou , colins, Briss. ,Gm.,

Cuv.

Bec court , fort , conique , un peu comprimé , entier, à mandibules égales et à bords arqués; narines arrondies ; pouce versatile ; ongles arqués , longs ; celui du pouce le plus court ; ailes courtes ; troisième rémige la plus longue ; queue étagée très longue.

( Les Grecs donnaient le nom de Koxouç à une pe-» tite espèce de corneille, sans doute le choucas.)

Les colious ont un plumage doux et soyeux; aussi les nomme-t-on, et par analogie avec leurs teintes gé-

d'ornithologie. 345

néraleraeut grises, oiseaux- souris , au Cap, suivant Levaitlant. Ils habitent l'Afrique et les Indes. Le colius viridis de Latham , qn'on dit de la Nouvelle- Hollande , est probablement un oiseau d'un autre genre. Ils vivent en famille; se nourrissent de fruits, de bourgeons des arbres , el sont le fléau des jardins potagers. Ils marchent mal, mais ils grimpent presque constamment sur les branches des arbres , où ils se tiennent , en s'aidant du bec à la manière des perroquets. Ils nichent par petits essaims sur les mêmes buissons ; et Levaillant affirme qu'ils dorment sus- )endus la téte en bas , et que lorsqu'il fait froid , on es trouve tellement engourdis le matin , qu'on peut les prendre les uns après les autres. Leur nid est spacieux et arrondi ; la femelle y pond cinq à six œufs. Leur chair est délicate.

Les espèces principales de colious sont :

Coliou a nos blanc , colius leuconotus, Lath. j colius Capensis et errlhropus , Gm. , enl. 282 , f . 1 ; Levaill., pl. 2575 Daudin , pl. 27. * <"

Gris légèrement rosé; ventre blanc; huppe peu apparente ; une bande blanche sur le dos ; une légère touffe pourprée sur le croupion. Longueur, six pouces trois lignes.

Habite le cap de Bonne -Espérance. Son cri est qui-wi, qui-wi, qui-wivsi fortement articulé. Ses œufs sont d'un blanc rosé.

Coliou bayé , colius strialus , Gm. ; coliou de Vile de Panay , Sonnerat, pl. 74. (lt. Dfoui'.-Guinée) 5 colius panayensis , Lath. , Levaill. , pl. 256.

Gris vineux ; croupion , ailes et queue d'un brun clair ; parties inférieures d'un gris rougeâtre, rayées finement de brun clair.

Coliou quiriwa, colius quiriwa , Levaill., pl. ^58; colius Sencgalensis, Lath. , coliou huppé du Sénégal, enl. 282.

Une peau nue , rougeâtre , autour de l'œil ; front

fauve; teinte gris-perlé à reflets verdâtres ; plumes du ventre rousses.

Habite le cap de Bonno-Espérance.

CXXXIV 4 » Genre. Phytotomk , phytotoma , Molina , Daudin , Temm. , Vieill.

Bec conique, droit, denté; narines ovales; langue courte , obtuse ( Molina , Hist. Nat. du Chili , p. 3^4 )•

Bec conique , avec les bords de la mandibule supérieure un peu dentelés en scie ; tête arrondie, simplement emplumée; bec conique, gros, droit, avec la mandibule supérieure un peu crénelée en ses bords, et recouvrant l'inférieure ; langue courte, un peu charnue, et à bout un peu obtus ; narines petites , arrondies et placées a la base du bec contre les petites plumes du front ; corps arrondi , épais , terminé par une queue faiblement allongée , à bout arrondi ;

Sieds à tarses maigres , annelés trois ou deux oigts devant, et un derrière (Daudin , t. 11, p. 064 ).

Bec court , fort , conique , tranchant , à bords des mandibules finement dentelés ; narines basâtes , latérales , petites , nues , ovoïdes ; pieds médiocres ; trois ou quatre doigts. ( Temm. )

Ce genre ne repose que sur l'autorité de denx vovageurs dont l'exactitude est susnectee , c'est pour cela que nous avons juge' convenable de rapporter textuellement, et d'après les divers auteurs, les caractères assignés au genre phytotome. Ce genre toutefois paraît véritablement exister , bien que les espèces qui le composent aient toutés les habitudes des gros-becs , et même leurs formes corporelles.

On ne connaît jusqu'à présent que deux espèces qui différeraient assez l'une de l'autre par les doigts

d'ornithologie. 347

f>our être séparées , si elles étaient mieux connues : 'une est du Chili et l'autre de l'Abyssinie.

Phytotome para, pJiytotoma rara , Molina ( Hist. Nat* du Chili , p. a34 ) ; Daudin , t. n , p. 066.

Voici pour cette espèce la description textuelle qu'en donne Molina : « La rara ( pnytotoma rara , Gen. Nov. ) est à peu près de la grosseur de la caille: l'espèce me paraît unique dans son genre; elle appartient aux passeres de Linné. La rara a le bec assez gros, conique, droit, un peu pointu, entaillé en scie, d'un demi- pouce de longueur; sa langue est très courte et obtuse, la pupille de l'œil brune : elle a quatre doigts aux pieds , trois par devant bien proportionnés, le quatrième par derrière , mais un peu plus court ; la queue médiocre , mais arrondie. Cet oiseau est d'un gris obscur sur le dos, un peu plus clair sur le ventre; les pennes des ailes et de la queue ont des pointes noires ; le son de sa voix est rauque, interrompu, et paraît exprimer son nom. Cet oiseau se nourrit d'herbes ; mais il a la mauvaise habitude de couper auparavant la tige tout près de la racine ; souvent il ne fait qu'arracher par caprice quantité de plantes sans y toucher : les paysans le persécutent pour cette raison et lui font une guerre continuelle, et les enfans qui en détruisent les œufs sont récompensés. Il fait son nid dans les endroits obscurs et peu fréquentés , sur les plus hauts arbres , et par là il échappe à la persécution de ses ennemis ; mais malgré ses précautions cet oiseau diminue considérablement. Je ne sais si c'est parce que sa téte est mise à prix , ou que l'espèce est peu féconde par elle-même. »

Phytotomb d'Abtsstwie , pkytotoma tridactyla y Daudin ( Orn. , t. 11 , p. 366, pl. a8 , f. 1 ) ; loxia tridactyla , Gm. ; le guifso balito , Buff.

Cette espèce , découverte en Abyssinie par Bruce , figurée par Daudin , d'après un individu découvert en Nubie pàr M. Smith , est de la taille du gros-bec

ordinaire ; c'est-à-dire qu'il a environ six pouces de longueur. Son bec est brun , conique et dentelë ; la tête et le haut du cou, en devant, sont rouges; le manteau brun , lavé de verdâtre , et le reste du plumage d'un noir profond; les plumes des grandes couvertures sont disposées en écailles noires bordées d'un blanc faiblement olivâtre ; la queue est légèrement fourchue ; les pieds sont bruns, les ongles noirs; mais on ne compte à cette espèce que deux doigts en avant et un en arrière. Le phytolome fiuifso balito de Bruce , diffère un peu de l'espèce précédente : son plumage estnQir; la tête, le devant du cou et une bande longitudinale sur le ventre sont cramoisi, et les couvertures des ailes sont brunes , bordées de blanc.

Cette espèce a les mœurs du gros-b#c ordinaire; elle vit dans les profondeurs des bois , d'amandes dont elle brise les noyaux; on dit qu'elle ne chante pas.

CXXXV e Genre. Tisserin , ploceus , Cuvier, Temm.; Troupiale, agelaius , VieilL ; oriolus , L. , Lath.

Bec robuste , fort , long , convexe , presque droit, aigu, k front entaille par l'arête , à pointe un peu fléchie ; bords des mandibules un peu courbés en dedans ; narines ovoïdes , couvertes ; ailes médiocres ; quatrième rémige la plus longue.

De îTXojtsiç , tisserand.

M. Cuvier a réuni sous ce nom des oiseaux à bec conique , pointu , mais assez grand pour les faire classer parmi les caciques : ils en différent , suivant ce savant , parce que la commissure de leur bec est droite , tandis qu elle est recourbée chez les premiers. Toutefois , les limites de ce genre , soit du côté des loxia ou gros-becs ordinaires des auteurs , soit du côté des caciques , ne sont point aisées à circonscrire.

Les tisserins ont été nommés ainsi parce qu'ils

d'obnithologie. 349

tissent avec le plus grand art leurs nids, et qu'ils . emploient la soie, la laine et tout ce qu'ils peuvent se procurer, même les herbes menues. Tous les grosbecs et les fringillcs ont toutefois la même industrie : leurs habitudes et leur genre de vie sont assez analogues à ceux des moineaux ou gros-becs. Deux espèces surtout sont célèbres dans 1 inde : ce sont le toucnam-courvi , loxia philippina , Gra., enl. i35, et le nélicotjrvi, loxia pensilis, que Sonnerat a figure' dans son V oj age aux Indes et a la Chine , pl. 112.

« Le nëlicourvi , dit Sonnerat , t. 11 , p. 200 , est de la grosseur d'un moineau de France; la tête, le cou, fa çorge, sont jaunes 5 une raie d'un vert terne traverse les joues 5 tout le dessus du corps estyverdâtre; le yjentre est gris foncé; les couvertures inférieures de la queue sont mordorées $ le bec et les pieds sont noirs.

Cet oiseau fait son nid sur le bord des ruisseaux, et l'attache le plus souvent à des feuilles de caldeir ou vaquois; il est composé de paille, de joncs artistement entrelacés , et forme par le haut une poche où il fait sa demeure : sur l'un des côtés de cette

Îîoche est adapté un long tuyau de même nature que e nid , tourné vers le bas ; l'ouverture du nid est au bout du tuyau ; il met ainsi ses petits à l'abri de la pluie et de la voracité des couleuvres et autres reptiles. L'année suivante il fait son nid au bout de celui-là : Sonnerat en a vu jusqu'à cinq attachés les uns au bout des autres. Ces oiseaux construisent leurs nids en société, et il n'est pas rare d'en voir cinq à six cents sur le même arbre : ils ne font que trois petits par ponte.

Les tisserins habitent l'Afrique , l'Asie et l'Amérique. M. Cuvier y joint le Cap-More du Sénégal , oriolus textor, Gm. , enl. 375 et 3?6, sous le faux nom de troupiale.

35o MANUEL

VI« Famille. Les Sturmdées.

Bec assez grand, fort à sa base, se terminant en pointe aiguë , entamant les plumes du front ; droit , ou légèrement recourb^ , arrondi , ou un peu déprimé à la pointe.

Tous les oiseaux de cette famille se ressemblent par le port, les habitudes et la manière de vivre $ ils se réunissent le plus souvent en bandes plus ou moins nombreuses , vivent de graines , de fruits , de petits insectes , et surtout de fourmis. Les couleurs de leur plumage affectent une sorte de disposition uniforme dans la distribution de quelques teintes.

GXXXVI 6 Genre. Troupialk , icterus , Briss. , Temm. $ les Cassiques , cassicus , Cuv. ; oriolus , L. , Lath.

Bec allongé , aigu , conique ; base de la mandibule supérieure écbancrant les plumes du front; bords des mandibules rentrans ; ailes médiocres , ne s'étendant que jusqu'au milieu de la queue; troisième et quatrième rémiges les plus longues ; pieds médiocres , garnis de scutelles en avant , et nues en arrière $ queue médiocre. (Vigors.)

Peu d'oiseaux ont donné lieu à plus de sous-divisions que ceux qui composent le genre troupiale. M. Vieillot a proposë les genres suivans :

Cassîquk , cassicus , Vieill. ; oriolus , Linn.

Bec plus long que la tête , droit , entier , longicône, convexe en dessus, robuste, pointu; mandibule supérieure à base gibbeuse , prolongée et arrondie dans les plumes du front.

Type. Cassique huppé , BufT.

D 1 ORNITHOLOG I E # 35 1

Carougb , pendulinus , Vieill. ; oriolus , Linn.

Bec un peu grêle , arrondi , longicône } entier , un peu fléchi , à bords inclinés en dedans , un peu épais , ou aigu à l'extrémité ; mandibule supérieure prolongée en pointe dans les plumes du front.

Type. Oriolus spurius (fera.). — Ferrugineus , Gm. • « mi

Baltimore , yphantes , Vieill. ; oriolus , Linn.

Bec droit , polyèdre , entier , un peu grêle , acuminé ; mandibule supérieure prolongée en pointe dans les plumes du front.

Type. Baltimore franc y Buff. — Spurius (mâle), Gm.

Malimbb , sycobius , Vieill.

Bec fort, longicône, convexe en dessus, un

Î>eû comprimé par les côtés , entier , courbé vers e bout ; mandibule inférieure à bords fléchis en dedans ; ailes à penne bâtarde.

Type. Malimbe huppé , Vieill. (Ois. chant.) Igterik , icteria , Vieill. ; muscicapa , Linn.

Bec un peu fort , longicône , convexe en dessus, entier, un peu incliné en arc ; mandibules à bords fléchis en dedans.

Type. Muscicapa viridis, Gm.

Quiscale , quiscalus , Vieill. ; gracula , corvus ,

Lin. , Gm. , Latn.

Bec glabre et comprimé à la base , droit , entier , à bords anguleux et fléchis en dedans , incliné vers le bout ; mandibule supérieure prolongée en pointe dans les plumes au front.

uigmze

35a MANUEL

Type. Gracula quiscala et Corvus mexicanus , Lin.

Les troupialcs forment un genre très naturel qui vit exclusivement dans le Nouveau-Monde (i); ils se perdent insensiblement et par nuances très graduées, d'abord entre eux , puis avec les fringilles par les tisserins. Leur nom vient de ce qu'ils vivent communément en troupes , comme les ctourneaux , avec lesquels ils ont les plus grands rapports. Us nichent dans le voisinage les uns des autres , se nourrissent de graines farineuses et de fruits , et s'abattent par bandes nombreuses dans les champs ensemencés.

La confusion qui existe dans la synonymie des espèces est tellement grande , qu'on ne peut , à bien dire , prononcer d'une manière positive sur la place qu'elles doivent occuper dans les genres secondaires dont on a sectionné les troupiales. Il nous a paru plus naturel de suivre le travail publié par M. Vigors (ZooL Journ*, t. h, p. 18a), et d'adopter pour sous-genres ou pour sections artificielles , les genres proposés par cet auteur.

Lbïstes, Vigors.

Bec droit , anguleux à la base ; queue égale.

Cassicus , Daudin.

Bec droit , arrondi à la base ; queue presque égale.

Quiscalus , Vieill.

Bec épais , courbé , anguleux à la base; queue étagée, cymbiforme.

ICTKKUS y CUV.

Bec courbé , grêle , anguleux à la base ; queue étagée, arrondie.

(i) Excepté une espèce que nous avons découverte à la Nou~ velle-Zélande.

' d'ornithologie. 353

Xanthornus , Cuv.

Bec grêle, droit , anguleux $ queue à peu près arrondie.

Dacisis , Cuv.

Bec coniqye , aigu , grêle et droit.

Les cassiques , cassicus, suivant M. Cuvier , ont la base du bec qui remonte sur le front, et qui y entame les plumes par une large échancriire demicirculaire.

Les troupiales , icterus y ont un bec arque* sur sa longueur, mais qui n'entame les plumes du front que par une ëchancrurc aiguë.

Les cakouges , xanthornus , ne diffèrent des troupiales que par leur bec droit.

I«r Sous-Genre. Cassique, cassicus.

Orioîus niger, Gm. , enl. 534-

M. Cuvier a placé cet oiseau parmi les tisserins , ploceus ; il est tout noir, à reflets de fer chatoyans, et est très commun aux Antilles , à la Louisiane ; , etc.

Cassique méiaiuctere , icterus melanicterus , Ch. Bonap. (Journ. Acad. , Philad. , t. iv, p. 387.)

Noir; une huppe, croupion , couvertures des ailes et v queue jaunes; toutes les rectrices du milieu , les externes à leur bord, noires. Longueur, sept pouces et demi.

Voisin du cassicus icteronotos , de Vieillot; habile Mexico.

Oriolus persicus , L. , enl. 184.

Noir; épaules , bas-ventre, croupion et base de la queue d'un jaune d'or.

Habite PÂmérique.

Oriolus hemorrhoils , L. , enl. tfii.

Tîoir; bas du dos , croupion et couvertures supé-

rieures de la queue d'un rouge de feu ; bec clair ; pieds jaunâtres.

Habite le Brésil.

Oriolus crislatus, Gm., enl. 344 et 3a8.

Noir; une huppe, croupion et bas-ventre roux ferrugineux; rectrices moyennes noires, les externes jaunes ; bec jaune ; pieds noirs. Var. olivâtre ; rémiges noires ; bec rougeâtre.

Habite Cayenne.

II» Sous-Genre. Quiscale, quiscalus, Vieill.

Gracula quiscala, L. , sp. 7 ; gracula hanta, La th., 1. 1, pl. 18; Catesby, pl. 1a.

III e Sous-Genre. Troupiaxb, icterus.

Oriolus bonana, L. , enl. 535, f. 1.

Té te et cou roux vif ; dos , ailes et queue noirs ; épaules , ventre et jambes orangé.

Oriolus DominicensiSy L. , enl. 5 , f . 1.

Noir profond ; épaules , bas-ventre , croupion , jaune d or ; bec et pieds bruns.

Oriolus Cayennensis , L. , enl. 536.

Brun ; chaque plume bordée de blanc en dessus; joues et ventre noirs ; gorge , poitrine , épaules , d'un rouge de feu.

Carougb de Cayenne , Buff. , enl. 343 ; oriolus îcterocepkalus , L. ; icterus icterocephalus , Daudin.

Noire; tête et cou jaunes. Longueur, sept pouces et Quelques lignes.

Habite Cayenne.

IV« Sous-Genre. Carouge , xanthornus.

Oriolus Mexicanus , L. , enl. 533.

Calotte noire ; téte , cou , ventre, poitrine et couvertures inférieures d'un jaune serin ; manteau brun

D'ORN l THOLOGI E . 355

ailes et queue brunes ; les plumes de l'épaule , des moyennes couvertures et les rémiges kordées ou terminées de blanc; bec jaunâtre; pieds rougeâtres.

Troupialb a tete orakgÉe , icterus xanihocephalus 7 Cb. Bonap. ( Journ. ofthe Acad. of nat. hist. of Philad. , t. vi , p. 222. ) Oriolus icterocephatus , Say (Major Long 1 s exped. ).

Noire; tète , cou , de couleur orangée ; une tache blanche sur l'aile. La femelle et le jeune d'un brun noir, sans tache à l'aile ; la gorge blanchâtre ; une tache jaune arrondie sur la poitrine. Longueur, dix pouces six lignes.

Habite les régions occidentales de l'Amérique septentrionale et aussi les côtes de l'Amérique du Sud.

Carouge rounoir , icterus rufusater, Less. (Z00L

Coq. , pl. a3 , fig. 1.)

Cette belle espèce, que j'ai découverte à la Nouvelle-Zélande , une des îles placées aux antipodes de la France, est en grande partie d'un noir profond, hormis le dos , que recouvre un manteau couleur rouge-brun fonce; le bec et les pieds sont noirs. Les nouveaux Zélandais nomment cet oiseau tiraoua-ké. Longueur , sept pouces.

Oriolus baltimore, L. , enl. 5o6, f. 1.

Tête , cou et haut du dos noirs ; rémiges brunes, bordées de blanc ; dos , épaules , poitrine , ventre , croupion , dessous de la queue , d'un jaune orangé, plus clair sur les épaules. ,Varie au brun mélangé de jaunâtre; à ailes brimes, bordées de blanc, et à queue rousse en dessus.

Habite le Canada.

Oriolus varias 9 Gm. , enl. 607, f. 1.

Noir, varié de fauve et de brunâtre ; les ailes brunes bordées deroussâtre et de blanchâtre; épaules, poitrine , ventre, d'un rouge d'ocre.

Habite Cayenne.

Cà rouge a ailes jauives , oriolus chr y s opter us ,

Vigbrs.

Noir ; tête huppée ; épaules et croupion jaunes. Longueur , six pouces et demi.

V e Sous-Genre. Leïste, leistes, Vig.

Oriolus phœniceus , L. , enl. 402.

Noir , à épaules d'un rouge de feu , à bordure blanche ; bec et pieds bruns.

Habite la Louisiane.

Oriolus Americanus , L. , enl. -236, fi a.

Noir; gorge, devant du cou jusqu'aux épaules, poitrine , haut du ventre seulement, d'un rouge de feu

: Habite la Guiane.

Carouoe gasqtjbt , xanihornus Gasquet y Quoj et Gaimard (Zool. Uranie , pl. 24). Leisles Suchii, Vigors (Zool. Journ. , t. 2 , p. 182 ).

D'un fauve vif uniforme et tirant sur le marron , excepté les épaules, le croupion et le ventre jusqu'à la poitrine, aui sont d'un jaune mordoré très vif; bec noir ; pieds roux.

Cette espèce habite les Pampas de Rio de la Plata, et ne paraît.pas vivre en grandes troupes comme les espèces précédentes.

VI« Sous-Genre. Pipit, Buff. ; daenis, Cuv.

PlPIT BLEU DE CaYEKNE ET PB SURINAM , Buff. , enl.

669; motacilla Cayana , L.

Cet oiseau , qui représente en petit les carouges , est le chaînon qui unit le genre troupiale aux figuiers ou becs-fins , comme le genre ploceus les unit aux fringilles. Bleu d'azur et noir. Le ml Me a le front, les joues , le dos, les ailes et la queue d'un noir profond. L'espèce de Surinam a le bas-ventre et

d'ornithologie. 357

le croupion jaunes • les parties supérieures noires ; le front, les joues et le dessous du corps azurés.

CXXXVII* Genre. Étournkau, slurnus , Linn. ,

Cuv., Vieill., Temm.

Bec droit , tendu , entier , un peu déprimé , à pointe obtuse et un peu aplatie ; mandibule supérieure un peu évasée sur les bords ; narines à moitié fermées par une membrane ; deuxième et troisième rémiges les plus longues.

Les étourneaux vivent habituellement en troupes, et se tiennent dans les prairies humides, où ils cherchent des petits vers ainsi que des fourmis. Ils sont de passage dans certaines provinces de la France, et les espèces américaines paraissent émigrer aussi.

Les étourneaux habitent toutes les parties du monde.

Etourneau vulgaire, slurnus vulgaris , L. , enl.

75 ; Daudin , pl. 23.

L'étourneau ou sansonnet est en entier d'un noîr métallique , avec des reflets de cuivre de rosette ; l'extrémité de chaque plume est marquée d'un point blanc , ce qui fait paraître sa livrée émailiée de la manière la plus gracieuse; les pieds sont bruns et le bec jaune ; il a de longueur totale , huit pouces six ligues. La femelle a moins de points blancs.

L'étourneau habite toute l'Europe : l'hiver il émigré vers les contrées plus méridionales; il niche dans les creux d'arbre , et ses œufs , au nombre de quatre à sept, sont d'un gris nuancé de vert cendré.

U apprend très aisément à parler et à siffler; sa chair , lorsqu'il mange des fourmis , sent le musc et est désagréable.

Etourread uricolore, sturnus unicolor, de la Mar- 1 mora , Temm. , pl. m.

Cet etourneau , qui a été découvert dans l'île de Sardaigne, où il paraît sédentaire, ne se mélo ja-

mais arec l'espèce précédente. Les jeunes et les vieux ont le même plumage , et sa teinte est d'un noir lustré uniforme , à légers reflets pourprés ; le bec est noirâtre a sa base, et Jaune à son sommet; les pieds sont bruns jaunâtres. Longueur totale, huit pouces. Les femelles ont une livrée encore plus obscure. Cette espèce niche dans les fentes de rochers ; ses habitudes et son genre de vie sont analogues à l'espèce précédente.

Etourneàu des terres màgellamqces, sturnus militari* et loyca , Gm. , Lath. , enl. u3 ; le pechiolorado , frezier , IL

Parmi les espèces étrangères d'étourneaux, nous ne citerons que celui-ci, nommé aussi blanche-raie par BufTon. C est le picho o guanchaco des péons de Bué— nos-Ayres, et Yétourneau a palatine rouge de Cornmerson. Il est brun en dessus, varié de roux, chaque

Slume étant bordée de cette dernière couleur; le tour e l'œil , l'épaule et tout le dessus du corps sont d'un rouge de feu; une raie blanche part de rœil, et se%rend à l'occiput ; une deuxième occupe le dessous de l'œil. La femelle a son plumage de couleur terne.

Cette espèce habite les îles Malouines , le Chili et le Pérou ; mais j'ai remarqué que plus cet oiseau s'approchait de l'equateur, moins ses couleurs étaient vives.

d'ornithologie. 35$ V e Famille. Les Buphagébs.

Bec médiocre, cylindrique, renflé à son extrémité , qui est mousse ; port des merles et habitudes des étourneaux.

Un seul genre, n'ayant que deux espèces.

CXXXVHfc Genre. Pique-boeuf, buphaga, L. , Cuv. , Vieill. , Temm. ; buphagus , Brisson.

Bec fort , gros , obtus ; mandibule inférieure plus forte que la supérieure , toutes deux renîlées vers la pointe ; narines nasales à moitié fer mées par une membrane voûtée ; pieds médiocres 5 tarses plus longs que le doigt du milieu, latéraux , égaux , l'externe soudé à la base , l'interne divisé ; ongle à crampons ; ailes médiocres ; première rémige très courte ; la deuxième presqu'aussi longue que la troisième. (Temm.)

Le nom de ce genre vient de l'habitude qu'a l'oiseau de se cramponner sur le dos des bœufs pour en pincer fortement la peau avec le bec , dans les parties qui recèlent quelque larve et que lui indique l'élévation causée par l'introduction de l'insecte parasite. Les pique-bœufs sont, du reste, très farouches, et les bandes qu'ils forment dépassent rarement le nombre de sept à huit individus.

Pique-boeuf, buphaga africana, L ; Buff. , pl. cnl. 293; Levaill., Afr., pl. 97 ;Daudin, t. 11, pl. 22.

Parties supérieures d'un brun roussâtrc; les inférieures d'un fauve clair qui devient presque blanc vers l'abdomen ; bec jaune à sa base , et d'un rouge vif vers la pointe.

Habite le midi de l'Afrique.

Pique-boeuf a bec bouge, buphaga erythrorhyncus ,

Temminck.

Espèce nouvelle de l'Afrique également.

36o MANUEL ,

VI e Famille. Les Sittkes.

Bec de forme variable , gros , court , pointu , conique , constamment droit ou légèrement renflé ; troits doigts devant et un derrière ; le doigt externe soudé à sa base a celui du milieu.

Les oiseaux de cette famille sont ordinairement

f>lacés à côté des grimpereaux, parce qu'ils en ont es habitudes , c est-à-dire que la plupart vivent dans les arbres en grimpant sur les rameaux , et cherchant sous les écorcès les larves , les œufs d'insectes qui y sont déposés. Cette famille toutefois est composée de? genres hétérogènes , qui se lient avec les grimpereaux de la trubu des ténuirostres.

Les grimpars de Levaill. ont besoin de révision, et appartiennent a plusieurs genres des Sittees.

CXXXIX e Genre. Sittblle, sitta, L.

Bec droit, médiocre, prismatique, pointu, déprimé , tranchant , cunéiforme à la pointe ; narines arrondies , recouvertes par des poils dirigés en avant ; pouce très long , muni d'un ongle long et recourbé ; douze rectrices ; troisième et quatrième rémiges les plus longues.

Les sittelles grimpent sur les arbres à la manière des pics , sans toutefois que leur queue les aide dans ce mouvement. Les oiseaux de ce genre vivent d'insectes et de larves qu'ils saisissent sous les e'corces , et sont répandus dans l'Ancien et le Nouveau- Monde.

L'espèce d'Europe est la

Sittelle torche-pot , sitta Europea , L. , cnl.

Cette espèce est longue de cinq pouces six lignes; elle est d'un cendre' bleuâtre en dessus, la gorge est

d'ornithologie. 36 1

blanche ; une bande noire part du front , traverse l'œil, et s'étend jusque vers l occiput ; les parties in-

blanche

férieures du corps sont d'un roux jaunâtre , passant au marron sur les flancs ; les deux rectrices extérieures sont tachées de blanc. La femelle est un peu plus petite , et a les couleurs moins pures.

Cet oiseau est sédentaire , et habite presque toute l'Europe; il vit d'insectes et de leurs larves; niche clans les trous d'arbre , où la femelle pond cinq à sept œufs grisâtres, tachés de rougeAtre.

Parmi les espèces étrangères , M. Vieillot a décrit

la

Sittelle brtjne , sitta fusca.

Tête f dessus du corps , ailes et queue de couleur brune ; bande cervicale et gorge blanches; abdomen d'un blanc roussâtre ; bec et pieds bruns. Taille du rossignol.

Habite le Brésil.

Nous citerons :

Sitta chloris , Sparm. , Caris, pl. 33.

Corps vert en dessus , blanc en dessous 5 queue noire , jaune au sommet ; un miroir jaunâtre au milieu de l'aile. *

Habite le cap de Bonne-Espérance.

Sitta caffra , Sparm. , Caris, % pl. 4»

Dessus du corps varié de noir et de jaune ; dessous jaune ; pieds noirs ; ongles jaunes..

Habite la Cafrerie.

Torche-pot voilé , sitta relata , Teram,, pl. 72, f. 3 ; sitta frontalis , Horsf.

Cette espèce , de la grandeur du roitelet , a son bec noir à la pointe ; le front et un demi-cercle sur la tête noirs ; toutes les parties supérieures du corps d'un bleu d'azur plus foncé sur les ailes et la queue; les joues et lés côtés du cou d'un blanc rosé; le ventre d'un gris blanc.

Habite les îles de Sumatra et de Java.

MM. Horsfield et Vigors mentionnent une si t telle à la Nouvelle-Hollande , qui est la

Sitta chrysoplera y La th., Sp., i, suppL ind.

Cendrée; blanchâtre en dessous; ailes, queue, d'un fauve noirâtre ; rémiges rayées au milieu d'orangé ferrugineux; tectrices de la queue en dessous marquées d'une tache blanche; croupion et sommet des rectrices blancs; iris jaune clair. Voisine du sitta velatct de Temminck.

CXL C Genre. Sittine, xenops, Illig. , Temm. ;

neops, Vieill.

Bec grêle , entier , médiocre , subulé , très comprimé , à mandibules recourbées vers en haut à leur pointe; la mandibule inférieure est courbée en bas vers le milieu , ce qui lui donne une forme bombée , emboîtée sur les bords par la supérieure , et très relevée à son extrémité ; narines ovoïdes, couvertes d'une membrane ; ongles arqués et robustes ; deuxième et troisième rémiges plus longues ; queue conique f . à pennes nou terminéel en pointe.

Ce petit genre n'est point nombreux en espèces ; il est entièrement propre a l'Amérique méridionale; ce sont des oiseaux qui vivent dans les forêts profondes du Nouveau-Monde, où la chaleur et l'humidité font sans cesse éclore les insectes qui forment leur pâture. M. Vieillot en a décrit une espèce sous le nom de

Sittinb a queue housse , neops ruficaudus.

D'un brun olivâtre en dessus ; d'un cendré roux en dessous ; tête et gorge tachetées de blanc sale ; sourcils blanchâtres; strie blanche au-dessous des joues; pennes primaires rousses à la base et à la pointe, couleur cannelle sur le milieu ; les deux rectrices intermédiaires et les deux premières latérale» de cha-

d'ornithologie. 363

que côté rousses; les deux suivantes noires; bec et pieds bruns. Longueur, quatre pouces.

Habite la Guiane.

Nous pensons que cette espèce est celle figurée par M. Temminck sous le nom de

Sittink bibahde , xenops rutilans , Lichtcnst., Teni.,

pl. 72 , f. a.

Rousse en dessus ; mouchetée de fauve sur les joues et sur la téte ; brun en dessous , flammée de blanc ; la gorge blanche , ainsi que deux raies bordées de brun sur les joues ; la moitié du bec noir. Longueur, quatre pouces quatre lignes.

Habite le Brésil.

Sittihe hoffbiannseog , xenops eenibavbis , Illiger, Temm., pl. i5o, f. 1$ Levaifl., pl. 3i, f. 2.

Roussâtre en dessus; jaunâtre en dessous , taché de brun ; un trait jaune au-dessus de l'œil , et un trait blanc sous les joues ; une raie large et d'un roux vif au milieu des ailes; croupion roux; queue longue , arrondie , noire , à rectrices latérales bordées d'aurore vif; bec noir; blanc à la base de la mandibule inférieure.

Habite le Brésil.

Sittine ANÀBÀTOÏDB , xenops anabaloides , Temm.,

pl. i5o, f. x

Front jaunâtre; téte rousse; dos, ailes et queue rousses; un sourcil blanc au-dessus des yeux; les joues rousses ; gorge et poitrine blanches; ventre couleur de buffle ; queue médiocre , arrondie , rousse en dessous ; bec jaunâtre ; pieds bruns.

Habite le Ërésil.

CXLL Genre. Grimpar , anabates, Temm.

Bec droit , comprimé , entier, plus haut que large à sa base , fléchi à la pointe ; narines ovakires en partie fermées par une membrane cou-

verte de plumes; les ailes courtes ; les troisième, quatrième et cinquième rémiges les plus longues f queue à rectrices faibles non aiguës à l'extrémité.

Les espèces de ce genre nouveau habitent toutes le Brésil et la Guiane : elles diffèrent des picucules par leur queue sans piquans et par leurs doigts latéraux, qui sont égaux ; elles se ressemblent prescrite toutes par les couleurs du plumage , qui affecte les teintes rousses.

Le prince de Wied - Neuwied en a décrit , dans son r oyage au Brésil , quatre espèces , qui sont :

Grimpa r œil-rouge , anabates errthrophthalmus ,

Wied, It. 3, p. 43.

d'un rouge vif; corps d'un gris brun olive, passant un peu au rougeâtre sur la poitrine et sur le ventre ; les ailes d'un roux foncé ; le front et la gorge de cette dernière couleur plus claire dessous le cou. Longueur, sept pouces neuf lignes.

Habite le Brésil.

Grimpar oeil-blanc, anabates leucophthalmus, Wied,

It. 3 , p. 3a (mâle).

D'un roux foncé en dessus; croupion roux clair; ventre gris jaunâtre pâle $ olive brunâtre sur les flancs ; tectrices de l'aile jaune roux-clair rougeâtre; iris blanc argenté. Long., huit pouces deux lignes.

Habite le Brésil.

Grimpar a longue queue , anabates macrourus\ Wied, It, 3, pag. 43 (syluia s trio ta ta , musée de Berlin).

Queue longue, étalée, jaunâtre clair; le dessus du corps d'un roux brunâtre ; plumes du front rousses et noires à leur extrémité; le devant du corps est brun rougeâtre , traversé de petites bandes plus claires et jaunâtres; couvertures de la queue d un rouge, roussâtre. Longueur, dix pouces.

Habite le Brésil,

d'ornithologie. 365

Grimpar a frout noir, anabates atricapillus , Wied, lu 3 , p. 43 î sylvia rubricata , lllig.

Plumage roussâtre; ventre olive brunâtre; queue d'un rouge clair ; dos brun roux foncé; deux bandes noires , 1 une sur le front et les yeux , et l'autre audessous ; Quelques petites lignes rousses sur les joues.

Habite le Brésil.

Aiïàbàte o&siLLLON brun, anabates amaurottSy Tem., » pl. a38, f. 2.

Une calotte brun roux ; dos roussâtre ; sourcil , blanc; côtés du cou, flancs et abdomen d'un roux - jaunâtre pâle j gorge blanche ; un trait brun derrière l'œil; queue longue, pointue, rousse.

Habite le Brésil.

Akabate moucheté , anabates striolatus, Temminck,

pl. 238, f. i.

Tétc à demi huppée, brun roux flammé de brun en dessus; gosier blanc jaunâtre ; dessous du corps roussâtre brun, flammé de blanchâtre ; queuelongue, étaeée, arrondie; pieds bruns; bec jaunâtre.

Habite le Brésil.

Grimpa* fauvette, dendrocolaptes sylviellus ,Tem., pl. 72, f. 15 Levaill., pl. 3i, f. 1.

Cet oiseau est en entier olivâtre en dessus , olive jaunâtre en dessous $ les ailes sont d'un roux mélangé de brun 5 la queue est remarquable par la forme contournée que prend l'extrémité de la tige ; celle-ci en effet , sans barbe , a la forme d'un hameçon ; son bec est court et pointu.

CXLII* Genre. Onguiculé, orthonyx , Temm.

Bec très court , a peu près droit ; pointe échancrée ; narines latérales au milieu du bec , ouvertes , percéçs de part en port , surmontées do

soies ; pieds , tarses , plus longs que le doigt du milieu ; celui-ci et l'externe égaux ; ongles plus longs que les doigts , forts , peu arqués , cannelés latéralement; ailes très courtes; les cinq premières rémiges étagées; la sixième la plus longue; queue large , longue ; pennes fortes , à pointe aiguë ; des baguettes très longues. (Temm.)

On ne connaît de ce genre qu'une seule espèce, qui grimpe sur le tronc des arbres, à la manière des pics, et qui habite le sud de l'Australie; c'est

L'onguiculé spieucaudb, ortlionyx spinicaudus,Tem. t pl. col 4^8 et ^29 (mâle et fem. ); orthonyx Temminkii , Vigors et Horsf. ( Trans. Soc. Lin. Lond. , t. xv, p. 294. )

Cet oiseau, fort remarquable, est d'un roux ferrugineux en dessus , avec quelques flammes brunes sur le manteau ; les petites couvertures des ailes sont grises, rayées de nrun j les plumes du sommet de la tête sont un peu prolongées en une sorte de fausse huppe peu apparente ; la queue est arrondie , d'un brun terne ; chaque tige est terminée par une pointe, garnie de petites soies roides ; un plastron d'un oraneé fort vif couvre la poitrine du mâle , tandis crue la femelle a cette partie blanche. Cet oiseau est, dit-on, de la Nouvelle-Zélande.

M. Brown en a rapporté des individus de la Nouvelle-Hollande.

CXLIH* Genre. Oxyrinque, oxyrhyneus,

Temm.

Bec court, droit , triangulaire à sa base , très effilé en alêne à la pointe ; narines basales , latérales comme les torcols ; pieds : tarse court à peu près de la longueur du doigt du milieu ; quatre doigts , trois antérieurs , les latéraux égaux , l'externe soudé à sa base , l'interne divisé ; ailes : première rémige nulle ; les deuxième

d'ornithologie. Î67

et troisième plus courtes que les quatrième et cinquième, qui sont plus longues. (Temm.)

Ce genre paraît composé de plusieurs espèces: M. Temminck n'en a jusqu'à présent figuré qu'une seule, qui est

Li'oxyrinque en feu , oxyrhyncus Jlammiceps y Tem. ,

pl. col. ia5 (mâle).

Cet oiseau a sept pouces de long ; il est remarquable par une épaisse nuppe de plumes effilées, teintées de rouge de feu et de brun ; le dos est verdâtre ; les ailes brunes et jaunâtres, et le dessous du corps d'un vert olivâtre clair, flammé de brun. L'oxyrinque a beaucoup de rapports avec le torcol , dont il diffère par l'organisation des pieds.

Sa patrie est le Brésil.

VII e Famille. Les Corvideks.

Le bec est fort, un peu cultrirostre , ou plus ou moins comprimé ; les plumes roides dirigées en ayant recouvrent les narines ; la commissure est droite.

I re Section. Les vrais corbeaux.

II* Section. Les paradisiers.

CXLIV* Genre. Corbeau , corvus , L.

Bec droit, gros , comprimé , et un peu renflé sur les côtés ; convexe et recourbé vers la pointe, à bords tranebans ; narines ouvertes ; quatrième rémige la plus longue ; queue toujours égale , arrondie ou rectiligne.

Le genre corvus est très nombreux en espèces. Longtemps on lui a adjoint des oiseaux qui diffèrent , par leur caractère et leurs habitudes, des corbeaux proprement dits , qui sont les plus gros des passereaux, dont le genre de vie est carnassier, et se compose de toutes sortes de substances , et notamment de charognes. Les corbeaux ont beaucoup d'intelligence , s*apprivoisent aisément, et deviennent d'une extrême familiarité. Ils sont voraces, affames > vivent en bandes nombreuses; leur cri raucjue et discordant a e'té nommé croassement. Ils occasionnent des dégâts qui souvent font mettre leur tête à prix dans les campa-

Sues. Ils ont été de tout temps l'objet de superstitions e la part du peuple. Certains corbeaux sont sédentaires; d'autres au contraire aiment à voyager, et émigrent annuellement. " Leur mue n'a lieu qu'une fois chaque année. Les espèces d'Europe sont 2

Corbeau , corvus corax , L.

Tout noir, et à queue arrondie. Cette espèce, qui est de grande taille , habite les forêts des montagnes, et ne descend que rarement dans la plaine ; elle vit

d'ornithologie. 369

de petits mammifères , d'oiseaux , d'œufs , de fruits, de graines, de charognes, etc. La femelle pond de trois à six œufs d'un vert sale, tachés de brun noirâtre.

Corneille noire , coivus corone y L., cnl. 495* Noire , plus petite que le corbeau.

Corneille mantelee, corvus cornix, L., enl. 76. Moitié' grise cendrée et noire.

Freux, corvus frugiîegus , L. , enl. 483 (jeune), et

484 (vieux).

A la base du bec, la gorge et le devant de la tête nus.

Choucas, corvus monedula y L. , enl. 523.

Noir; à occiput et cou d'un gris cendré : aime les clochers, les vieilles tours, au milieu même des villes; est le plus petit des corbeaux d'Europe. Longueur , treize pouces.

Corneille de Suède , corvus clericus^ Sparm. {Mus.

Caris. ) , pl. 2.

Tout noir; à menton blanc ; bec cendré à la base.

Habite la Suède , où elle est rare.

Variété peut-être du corbeau.

Parmi les espèces étrangères, nous citerons lès

Corbeau basique, corvus nasicus, Temm. , pl. 4*3.

Entièrement noir mat; son bec est large , dilaté, recourbé dès la base ; le duvet de ses plumes est d'un gris terne. Longueur totale, quinze pouces.

Habite l'ile de Cuba.

Corbeau éclatant, corvus splendens , Vieil!., Tem.,

pl. 425.

Un masque noir ; l'occiput , le haut du cou et du dos, la poitrine cendrés; ailes bleues, à reflets violâtres ; rectrices vertes métallisées ; queue brune et bleue ; ventre gris-brun.

Habite Java et Sumatra , et aussi le continent de Flnde.

Oû dit que ce corbeau cherche» sur le dos du vautour chaugoun , les ricins qui lui sucent le sang , et que celui-ci souffre volontiers cette opération.

MM. Vigors et Horsfield décrivent ( Trans. Linn., t. xv, p. a6i) une corneille de la Nouvelle -Hollande, que j'ai toujours prise pour une espèce ne différant en rien de celle de France. Ces naturalistes la nomment

Corvus coronoides , Vigors , Horsf.

Entièrement d'un noir bleuâtre; bec allongé, presque glabre. Longueur, trente-un pouces.

• Ce qui distingue ce corbeau de notre corvus corone, est, suivant ces naturalistes , la taille et quelques différences dans le bec, dont l'arête est moins arrondie et moins convexe , et les branches de la mandibule inférieure moins proéminentes.

Les naturels appellent cet oiseau wagan. Je l'ai rencontré fréquemment, et par petites troupes , dans les montagnes Bleues; j'en ai tué plusieurs individus à Swamp, où nous campâmes un soir. Il volait à la manière de notre corneille ; sa chair servît de régal à M. Durville et à moi ; et les peaux que j'ai apportées au Muséum ont été regardées comme celles d'une variété du corvus corone d'Europe. Je saisirai la première circonstance d'étudier de nouveau cette espèce.

Corbeau vieillard , corvus senex 9 Less. (Zool. Coq., pl. 2$); le mengita des Papous.

Cet oiseau , de la grosseur du corbeau ordinaire , est remarquable par la teinte mélangée de fauve gris de son plumage , la force de son bec et la nudité de ses joues; brun fauve en dessus; les rémiges extérieures brunes : ce corbeau a la tête , le cou et le haut de la poitrine d'un blanc sale, prenant une teinte grisâtre sur l'abdomen; la queue, longue de neuf à dix pouces , est légèrement étagée ; les tarses écussonnés, a larges piacrues, longs de deux pouces, sont robustes, de couleur blanc-jaunâtre pâle; les doigts sont très forts , armés d'ongles puissans; celui du pouce est le

D*0RtfITHOL0G IE. ^71

plus long; les ailes, longues de douze pouces , dépassent très peu le croupion ; la troisième penne est la plus longue ; le bec , comme nous l'ayons déjà dit, est très fort , arqué légèrement et aplati sur les côtés , à la base; les narines sont grandes et rondes; quel* ques soies blanches les entourent ; les yeux sont placés au milieu d'un large espace membraneux nu , de couleur jaune faible. La longueur totale de cet oiseau est de dix-neuf pouces.

Il habite le havre Doréry (Nouvelle-Guinée).

CXLV* Genre. Pik, pica , Briss. , Vieill.,

Cuv. ; corvus, L. ; garrulus , Temm.

Bec garni a la base de plumes setacées /couchées en avant , entier , à bords tranchans , droit , ou fléchi en arc ; queue très longue , étagée. ( Vieill. )

La mémoire retient mieux les faits lorsqu'ils sont présentés avec clarté : comme genre , certes , celui des pies ne peut être caractérisé d'une manière solide ; mais comme moyen artificiel de se reconnaître dans un groupe d'oiseaux très nombreux en espèces , les pies , reconnaissables à leur longue queue , forment une famille ou un genre très distinct de tous les antres.

Les pies vivent comme les corbeaux, nichent dans les arbres , marchent en sautillant , sont criardes et bavardes , apprennent aisément à parler , et celle d'Europe, du moins, aime à cacher tout ce qui frappe sa vue , et oui peut être saisi par son bec. Elle a été long-temps l'objet de la superstition du bas peuple.

L'Europe n'en possède qu'une seule espèce , qui se trouve aussi dans l'Amérique septentrionale ; c'est la

Pie, corvus pica, L., enl. 488.

A longue queue à reflets bronzés, à plumage d'un noir profond, à ventre blanc: un miroir de cette couleur sur l'aile; devient quelquefois toute blau-

3IAVUEL

che : c'est alors la pie blanche ( pica candida de Sparm. , Caris., pl. 53).

La pie est commune dans toute l'Europe ; elle mange de tout, et pond six œufs oblones , d'un vert blanchâtre , mouchetés de gris cendré et de brun olivâtre.

Parmi les espèces exotiques nous citerons :

Pië a tentée roux, pica rufivenlris , Vieill.

Sommet de la tête et nucjue d'un gris bleu ; gorge, devant du cou, premières pennes des ailes noires 5 les deux rectrices intermédiaires de la queue pareilles à la pointe; poitrine, ventre, dos, croupion, roux; couvertures supérieures des ailes cendrées; taille de la draine ; queue" étagée ; bec et pieds noirs, j Habite l'Asie orientale.

Garrule commandeur, garrula gubernatrix , Tem. ,

pl. 336 (mâle).

Bleu cendré clair en dessus ; la queue longue étaée , bleue d'azur au milieu ; à rectrices latérales lanches; une huppe redressée en avant sur la tête, bleue et noire ; joues, gorge et parties inférieures blanches 5 une écharpe d'un noir de velours au-devant du cou ; bec et pieds bruns.

Habite le Mexique.

Pie acahh , corvus pikatus, Illig. , Temm., pl. 58;

d'Azara.

La femelle. Treize pouces et demi de longueur totale ; toutes les parties supérieures du corps et de la queue sont d'un bleu d'azur très* pur; les plumes du front et du dessus de la tête sont veloutées et d'un noir éclatant , qui se prolonge sur la gorge et jusqu'au-devant de la poitrine; deux taches bleues occupent les joues, l'une d'un bleu clair au-dessus de l'œil, l'autre d'un bleu foncé au-dessous; le ventre est blanc , ainsi que l'extrémité de la queue; le bec et les pieds noirs» Le mâle a les plumes du ventre d'un jaune clair.

Habite lo Paraguay et le Brésil .

d'ornithologie. 373

Pib bleb-db-ciel , corvus azureus , Âzara, Tcmm.,

pl. 168.

A tète 9 devant du cou et dessous de la queue noirs ; le corps azuré , à queue peu étagée.

~>ite le Paraguay.

Pie gikg, cotvus <yanopogon, Wied, Temm, ,

pl. 169.

Huppe et gorge noires; occiput, collier et ventre blancs, et extrémité de la queue blanche; dos, ailes , et dessus de la queue brun chocolat ; queue peu étagée , arrondie.

Habite lajprovince de Bahia , au Brésil.

CXLVI e Genre. Geai, garrulus , Vieille, Cuv. , Temm. ; corvus , Linn.

Bec médiocre , garni a la base de plumes dirigées en avant , droit , incliné et à échancrures usées vers le bout , à bords tranchans 5 queue égale, quelquefois arrondie. ( FieilL)

Les geais vivent dans les bois , principalement de fruits , de glands ; ils ne sortent point dans la plaine, et leur genre de nourriture est beaucoup moins varié que celui des corbeaux. Le geai d'Europe apprend aisément à parler et à siffler; les mœurs des espèces étrangères sont analogues à celles des pies exotiques, et sont peu connues. Le plumage est orné des plus vives couleurs, et on en rencontre dans tous les climats , aussi-bien dans le Nouveau- Monde que dans l'Ancien.

Les deux espèces d'Europe sont :

Geai commun , corvus glandarius 7 L. , enl. 481-

Tête huppée; deux moustaches noires ; plumage cendré vineux clair et agréable : une plaque azurée rayée -de noir au pli de l'aile; nèc noir ; iris bleu ; pieds d'un brun livide. Longueur, treize pouces : devient quelquefois tout blanc. La femelle pond cinq

ou sept œufs bleus verdàtres, ponctués de brun olivâtre.

Habite les bois ; vit de glands , de noisettes , de semences farineuses; niche sur les arbres.

Geai imitateur , cornus infaustus, Lath., em\ 608.

Front blanc ; calotte et huppe brunes ; plumage d'un gris cendré clair en dessus ; gorge et poitrine blanches; ventre et croupion roux; rectrices moyennes grises , les externes d'un roux vif ; bec et pieds plombés ; du jaune sur l'aile.

Habite le nord de l'Europe et l'Asie.

Pie houpettb, cortms cristatellus , Temm. , pl. ig3; le pion , cotvus cjranoleucus , Wied (/f.).

Plumes décomposées formant une touffe sur le devant du front; tête et cou marron; dos, ailes et moitié de la queue d'un bleu d'azur ; poitrine , ventre , et moitié terminale des rectrices d'un blanc pur; celles-ci presque rectilignes.

Habite le Brésil.

Parmi les belles espèces figurées par Levaillant nous citerons :

Le GEAI NOIR k COLLIER BLANC , Levaill. , pl. lp.

Noir bronzé ; deux plumes droites et longues sur le sommet de la tête ; un demi-collier blanc sur le derrière du «ou.

Habite Java.

GXAI A JOUES BLANCHES , Levaill. , pl. 4^»

A moitié gris ardoisé, a moitié inférieure d'un roux olivâtre ; les joues blanches.

CXXVH e Genre. Picathartb, picathartes, Less* ; corvus , Temm.

Bec convexe, peu robuste, a mandibule supérieure plus haute que l'inférieure : celle-ci reuflée un peu vers son extrémité; base du

d'ornithologie. 375

bec entièrement sans poils, et garnie dune cire ; narines placées au milieu du Dec , ovales , ouvertes , creusées dans une fosse oblongue ; téte entièrement nue ; tarses longs , peu scutellés en avant, nus en arrière ; ailes arrondies, courtes \ queue longue , étagée ; ongles faibles.

L'oiseau que nous prenons pour type de ce genre a été figuré par M. Temminck, pl. 3^7 , sous le nom de pie chauve. Avec la meilleure volonté de ne pas introduire une dénomination nouvelle dans la science , il est impossible de laisser parmi les corvus un oiseau qui n'en a pas un des caractères essentiels.

Comme l'espèce que M. Temmiuck a figurée et décrite , est unique dans les collections , nous extrairons textuellement ce qu'en dit ce savant ornithologiste.

Pib chauve, corvus gymnocephalus 9 Temmiuck,

• pl. 327.

« Les formes de ce singulier oiseau , la coupe des ailes et sa longue queue conique très étagée, me servent d'indices pour juger par analogie de quel pays cette espèce peut être originaire , sa patrie n'étant pas encore connue ; en effet, comparaison faite de notre nouvelle espèce avec la pie piapiac £1) de Levaillant ( corvus Senegalensis ) , on est porte , par l'analogie très marquée que je viens d'indiquer , à conclure que l'Afrique est sa patrie. Quelques données, sur lesquelles cependant il n'est pas prudent de se fier , me fout croire que c'est des possessions anglaises ,* sur la côte de Guinée, que le seul individu connu a été rapporté : il fait partie du cabinet de M. Leadbeater à Londres

« Une taille un peu plus forte , des tarses plus longs et une queue proportionnellement moins lon-

( 1) Nous ne trouvons pas la plus petite analogie entre la figure de Venl. 538 , oui est le corvus Senegalensis, et la pie chauve, qui ressemble davantage à un catharte.

376 M AN URL

gue , distinguent notre pie du piapiac. La tête offre, sous certains rapports , quelque ressemblance avec cette partie dans le goulin (gracula calva) des Philippines, et ce rapprochement est si frappant qu'il porterait à faire naître des doutes sur son origine africaine , s'il n'y avait plus de ressemblance dans l'ensemble de ses formes avec le piapiac d'Afrique. En résumé , si cet oiseau n'est point africain , il ne peut être originaire que d'une des îles Philippines. (1)

« Les parties nues de la tête offrent un caractère particulier; tout le méat auditif est complètement privé de plumes et même de poils. Une petite bordure , ou rudiment de membrane, forme en dessous de l'orifice de l'oreille une sorte de conque externe , peu apparente , il est vrai , sur le sujet monté , mais dont 1 étendue doit être remarquable dans le vivant. Toute cette partie de l'organe de l'ouïe, ainsi qu'une partie de chaque côté de l'occiput , sont couvertes d une peau noire dessinée par un bord orbiculaire un jjeu saillant , et formant une plaque arrondie ; la cire qui enveloppe la base du bec est aussi peinte en noir; tout le reste des parties nues de la tête , la ligne moyenne de l'occiput qui sépare les

5 laques noires des tempes , et la partie supérieure u haut du cou , m'ont paru avoir été rouges ou roses dans le vivant ; une légère teinte jaune rosé couvre ces parties dans le sujet que nous avons sous les yeux ; toute la nuque est couverte à claire-voie d'un poil blanchâtre très court; le devant du cou et toutes les antres parties sont blanches ; le dos, très fourni et t a plumes serrées, est d'un noir cendré: tout le reste du plumage est d'un brun bistre ; les pieds sont jaunâtres, et le bec est noir. Longueur, quinze pouces. »

(1) Conclusion cjue nous sommes bien loin d'admettre*

, ( d'ornithologie. 3^-

CXLVIII« Genre. Podoce , podoces , Fisher.

(De irofûoKnç, coureur.)

Bec médiocre , de la longueur de la tête , déclive à sa pointe , sans échancrure , peu anguleux ; mandibule supérieure plus courte que 1 inférieure , recevant et recouvrant les bords de celle-ci ; narines basales, arrondies , larges , couvertes de plumes sétacées retombantes ; tarses robustes , longs ; ongles des doigts triangulaires très aigus , peu recourbés ; une membrane verruqueuse , débordant l'épaisseur des phalanges ; première rémige courte , la deuxième longue , les trois suivantes égales ; queue rectiligne. (Fisher.)

M. Fisher a créé ce genre pour recevoir un oiseau découvert par le docteur Pander , chez les Kirguis , au-delà d'Orembourg , et qui a un genre de vie analogue à celui des corbeaux , près desauels il doit prendre place. Cet oiseau vole très mai ; mais en revanche il marche avec la plus grande aisance : c'est le

Podoce de Pander, podoces Panderi, Fisher ( Bfém. de la «Soc. imp. des NaU de Moscou , t. vi, p. u5i,

pl. 21 ).

Glauque verdâtre en dessus; des sourcils blancs; joues noires j bec et ongles noirâtres; pieds verdâtres.

Vit en troupes.

CXLIXe Genre. Myophone , myophonus ,

Temm. , pl. col.

Bec très gros , fort et dur, garni k son ouverture de quelques soies roides, et de petites plumes tournées en avant ; fosses nasales ovaîaires fermées par une large membrane \ ailes arrondies , médiocres ; rémiges presque égales ; la

Di

troisième plus longue ; tarses très longs , h demi scutelJés ; queue arrondie.

On ne connaît qu'une espèce de ce genre qui n'a point encore été caractérisé par M. Temminck. C'est un oiseau long de douze pouces , et qui habite l'île de Java, On le nomme

MïOpnoNE luisant, jnrophonus melallicus , Temm. ,

pl. col. 170.

Entièrement d'un bleu noir foncé, avec des teintes d'acier poli et brillant \ le bec d'un beau jaune , et les pieds noirs.

CL e Genre. Pirol, ptilonorhynchus , N., Kuhl ;

Piroll, kitta , Temm.

Bec fort , dur, robuste , élargi, assez long, à arête supérieure convexe, peu marquée ; à pointe recourbée ; à mandibule présentant deux petites cchancrures à son extrémité; à bords un peu renflés ; à mandibule inférieure convexe légèrement ; commissure de la bouche droite , simple ; narines basâtes , latérales , garnies de soies courtes ; ailes courtes , arrondies ; queue médiocre , étagée ; tarses grêles. (Lesson.)

Ce genre serait mieux placé dans les dentirostres , à côté des choucaris ; mais il a toutes les formes des rolliers et des corbeaux, ainsi que l'indique son nom. Il ne renferme que deux espèces.

Ce sont des oiseaux de la Malaisie , et qui n'habitent que les îles les plus chaudes de l'archipel des Indes orientales.

Le Rollier de la Chine, enl. 630; Coracias Sinensis,

. Lath.

Corps en dessus d'un vert d'aigue-marine pâle , nuancé de vert jaunâtre; front garni de plumes soyeuses , rondes, dirigées en d if 1er en s sens ; plumes de la nuque longues , eifilées , susceptibles de se re-

dresser en huppe ; les unes et les autres d'un vert jaunâtre; une bande noire, partant de l'angle du bec, entoure l'œil et la nuque j gorge et joues d'un vert jaunâtre ; petites tectrices alaires brunes ; rémiges d'un brun olivâtre extérieurement , et d'un marron à l'intérieur; les trois dernières progressivement terminées de blanc verdâtre ; bec rouge , entouré de quelques soies noires ; pieds rougeâtres. Taille , onze pouces.

Habite les îles Philippines.

Le Pirol thalassi» , kitta thalassina , Temm. ,

pl. 401 {adulte).

Taille plus grande que celle de l'espèce précédente, avec laquelle on l'a confondue; la plus grande partie du plumage est d'un vert céladon très brillant , notamment sur la huppe; une bande d'un noir velouté prend naissance à l'angle du bec, passe sur les yeux, et entoure l'occiput; la queue est d'un vert foncé terne ; les ailes sont d'un roux mordoré très vif; les trois ou quatre pennes secondaires les plus rapprochées du corps sont d'un bleu cendré opalin ; iris , bec et pieds d'un rouge vermillon très vif. Longueur totale, onze pouces deux ou trois lignes. La femelle a à peu près la même livrée: les jeunes ont le bec et les pieds noirs.

Habite les tles de Java et de Sumatra.

CLI* Genre. Kitta, kitta, N. ; Piroll , kitta, Temm. ; ptilonorhynchus , Kuhl.

Bec court , convexe , comprimé sur les côtés , a mandibule supérieure à arête recourbée , à côtés déprimés • à pointe un peu aiguë , et munie de chaque côté d'une petite dent saillante ; narines basales , transversales , cachées par les plumes soyeuses du front , et par une rangée de petites soies ; bords des mandibules épais , recourbés ? et abaissés à la commissure j ailes poin-

380 MANtJEL

tues ; queue égale , arrondie ; tarse6 robustes ? doigts égaux ; le pouce fort. (Lesson.)

Ce que nous ayons dit du pirol est applicable a ce genre, qui toutefois a le caractère général des rolliers et des rolles. Nous avons conservé les noms proposés par MM. Kuhl etTemminck, bien que nous ne pensions pas , comme ce dernier, que les oiseaux qui le composent doivent rester réunis.

Ces oiseaux sont exclusivement propres à la Nouvelle-Hollande et à la zone tempérée.

Nous placerons dans ce genre les

PiaoLL veloutb , kitta holosericea , Temm. , pl. 3q5 et 4^* ( mâle et fem. ) ; ptilonorhynchus holosericeus , Kuhl ; satin grakle , Latham ; ptilonorhrnchus Mac-JLeayii, Latham, MM. llorsf, et Vig. ( Trans. Soc. Linn. , t. xv, p. 2Ô3. )

Cette belle espèce a le plumage d'un bleu noirâtre très brillant; rémiges et rectrices d'un noir mat; bec et pieds jaunes; une double rangée de plumes soyeuses et veloutées d'un noir bleuâtre à la base du bec. Taille , treize pouces. La femelle a les parties supérieures d'un vert olive; les rémiges et les rectrices d'un brun roux ; les tectrices alaires variées de brun et d'olivâtre ; les parties inférieures verd il très, rayées de noirâtre; enfin, des taches blanchâtres horizontales , lancéolées et bordées de noir sur le devant du cou.

Ce pirol, dont nous avons apporté plusieurs iodividus en France , ainsi que de l'espèce précédente , est le satin-bird, ou oiseau soyeux des Anglais du port Jackson. Latham l'avait décrit sous le nom de satin grakle, gen. t. ni , p. 171 , sp. 3o. Cet oiseau est encore rare dans les collections , et habite les forêts du port Macquarie , et les districts nord du comté de Cumberland. Les chasseurs du pays m'en vendirent les peaux 3 dollars pièce. (1)

(1) Ne pouvant être toujours à la chasse , j'achetais de me» propres deniers , lorsque le service des malades me retenait à

d'ornithologie . 38c

Les nègres australiens donnent le nom de cowry au pirol satiné. C'est un oiseau solitaire qui se réunit quelquefois en troupes dans les champs de froment nouvellement ensemencés. U est craintif, et ne sort guère des bois qu'à distance de quelques toises.

Pirol de Smith, ptilonorhynchus Sniithii, Horsf. et Vig. ( Trans. Soc. Linn. Lond. , t. xv, p. 264); varied roller , Lath. , gen. 3, p. 86, sp. 17; kitta virescens 9 Temm. , pl. 396 (mâle).

D'un vert brillant , d'une teinte plus claire en dessous , rayé de blanc ; sommet des rémiges et épaules en dedans tachés' de blanc; rectrices latérales blanches à leur extrémité ; les plus internes d'un fauve vert brillant ; les plumes de la gorge et des joues sont tachées de blanc dans leur milieu ; celles de la nuque , de la poitrine et du ventre sont rayées de blanc au centre; les deux rectrices du milieu sont entièrement vertes ; bec pâle; pieds fauves. Longueur , seize pouces.

Habite la Nouvelle -Hollande.

M. Temminck décrit ainsi son

Pirol vbrdin , hitta virescens.

Parties supérieures d'un vert pur ; sommet de la tète vert, avec le bord des plumes d'une teinte plus foncée ; région des joues composée de petites plumes vertes, variées de taches jaunâtres et brunes; dessous du cou vert, parsemé de petites stries blanches; tectrices alaires vertes, terminées par une tache blanche; rémiges vertes, bordées de bleuâtre extérieurement , et brunes sur les barbes internes ; rectrices vertes , terminées, à l'exception des deux inter-

bord dans le voyage autour du globe de la Coquille, les oiseaux qui me paraissaient rares dans les colonies européennes. J'ai , dans mdn voyage , dépense presque tous mes appointemens pour cet objet , dont je n'ai jamais réclamé un sou à personne. Le sériculc prince-régent et l'épimaque royal , qu'on voit au Muséum , m'ont coûté 80 francs à eux seuls.

médiaîres, par des taches blanches; gorge blanche, tiquetée de noir ; parties inférieures verdâtres , avec des taches triangulaires blanches , entourées de jaunâtre ; bec blanchâtre ; pieds gris. Taille , onze

pouces six lignes.

CLII« Genre. Nucifhagk , nucifraga , Briss. , Vieill. ; Càsse-moix , caryocatactes , Cuvie.r ; corvus y L.

Bec long , épais , terminé en pointe mousse , garni de plumes sétacées à la base , à bords tranchons,^ mandibule supérieure plus longue que l'inférieure ; narines rondes , ouvertes > ailes aiguës ; quatrième rémige plus longue.

On ne connaît dans ce genre qu'une seule espèce qui vit en Europe , à la manière des pies , des larves et des insectes qu'elle saisit sous les écorces des arbres , et aussi de fruits à coques ligneuses , et notamment de noix , d'où lui vient son nom. Elle émigré en troupes nombreuses , niche dans les trous d'arbre , et ne change de plumage qu'une fois dans l'année.

Nucifràgk casse - noix , nucifraga caryocatactes , Briss.; corvus caryocatactes, L., enl. 5o t Levaill., pl. 55, Daudin; pl. 17, t. h, Or/i.

Corps en entier d'un gris fuligineux , sans tache sur le sommet de la tête , et flammé de blanc au centre de chaque plume ; rectrices terminées de blanc; bec et pieds livides: iris brun. La femelle est brune teintée de roux, varie du blanc pur au blanc jaunâtre , lorsqu'il est atteint d'albinisme.

Habite les bois des montagnes ; se nourrit d'insectes, de larves, de fruits, de noix , noisettes , et de semences de pin et de sapins; niche dans les trous desarbresj

Eond cinq ou six œufs d'un gris fauve , tachés de gris run clair.

d'ornithologie.

CL1H« Genre. Choquàrd , pjrrrhocorax , Cuvier, Vieill. , Temm. ; corvus, L.

Bec médiocre , garni à sa base de plumes dirigées en avant , comprimé , subulé , un peu grêle , muni à l'extrémité de la mandibule supérieure de deux petites dénis qui manquent souvent j narines basales , ovoïdes , ouvertes , cachées par les soies ; pieds robustes , à ongles forts et recourbés; quatrième et cinquième rémiges plus longues.

Ce genre ne renferme que deux espèces, Tune d'Europe, et l'autre d'Afrique. Cette dernière est figurée par Levaillant, Af. y pl. 8a, sous le nom de sicrin. M. Cuvier a placé ce genre à la suite des dentirostres,

{>ar rapport à l'échancrure de la mandibule, et rejette é crase dans les ténuirostres. Les oiseaux de ces deux genres se ressemblent singulièrement par tous les caractères d'organisation, de mœurs et d'habitudes , et ressemblent surtout beaucoup aux corbeaux , avec lesquels on les avait classés jusqu'à ce jour. Il nous paraît donc bien plus naturel de ne point donner trop d'attention à des caractères aussi fugaces que ceux qui dérivent de la présence ou de l'absence de dentelures chez des oiseaux dont tous les caractères , à cela près , sont ceux des corbeaux.

Les choauards vivent en troupes, à la manière des choucas, dont ils ont toutes les mœurs. Ils habitent les hautes montagnes de l'Europe , et surtout les ceintures de neiges éternelles des Alpes. Ils mangent tout ce qu'ils trouvent , insectes , vers , fruits , semences. La mue n'a lieu qu'une fois l'an. Les sexes se ressemblent parfaitement.

Choquard ptrrhocorax , pyrrhocorax pyrrhocorax, Cuv., Temm., t. i, p. enl. 53i.

Noir brillant , terne dans le premier âge, avec le bec et les pieds noirs ; dans l'âge adulte, le noir prend des teintes irisées chatoyantes et verdâtres; bec ]au-

nâtre et pieds d'un rouge vîf. Longueur, quatorze pouces. La femelle pond quatre œufs blancs , tachés de jaune sale.

Habite les Alpes de la Suisse ; niche dans les trous de rochers.

CLIV C Genre. Cravb, fregilus, Cuv. ; Coràcias, coracia, Briss., Vieill.

Bec plus long que la tête , grêle , entier , recourbé en arc, effilé, pointu ; narines couvertes de plumes sétacées dirigées en ayant.

Ce genre doit , sans contredit , être réuni au précédent } dont il ne diffère que par un bec plus long, plus recourbé , ce qui l'avait fait placer par M. Cuvier dans la tribu des ténuirostres , à côté des huppes. Les craves ont les mœurs , les habitudes , l'organisation générale des corbeaux. L'espèce d'Europe ressemble parfaitement au pyrrhocorax : c'est le

Grave d'Europe , cojvus graculus , L.; pyrrhocorax graculus , Temm. , t. i , p. 123 , enl. a55.

Noir , à reflets irisés violâtres ; ailes longues ; queue rectiligne ; pieds et bec d'un rouge vermillon; iris brun ; langue d'un jaune de safran. Longueur, seize pouces. Les jeunes ont le bec et les pieds noirs, et le plumage sans reflets.

Habite les Hautes* Alpes et les Pyrénées , près des glaciers et des neiges éternelles. Il niche dans les fentes de rochers. La femelle pond de trois à quatre œufs d'un blanc sale taché de brun.

Cravb a ailbs bl kxcnES, frcgilus leucopterus , Horsf., Vig. , Trans. , t. xv , p. 265; pyrrhocorax leucopterus ,*Temm. , M[an. , t. 1, p. îai.

Corps, bec et pieds noirs: partie inférieure des grandes pennes des ailes d'un blanc pur; queue plus longue cjue les ailes, fortement arrondie. Longueur , cinq pouces un quart.

Habite la Nouvelle-Hollande, où les naturels

D'oRïttTIIOLOGIE. 385

nomment cet oiseau waybung. Il vit en troupes dans les lieux élevés , et paraît émigrer aux environs du port Jackson.

Cravb ekca , fregdus enca, Horsf. (Trans. Soc. . Linn. , t. i3, p. 164. )

D'un noir bleuâtre, brillant en dessus , plus terne en dessous ; front , joues et devant de la gorge noirs. Longueur , dix-sept pouces. Les parties inférieure et postérieure de l'œil sont nues.

Ce choquard habite Java , où on le nomme enca.

Ce n'est que par inadvertance que M. Temminck a pu imprimer dans les espèces rangées par lui dans Je fijeure corbeau , corviis , cette phrase :

Corbeau enca, pas figuré, mais indiqué sous le nom defrigilus enca par M. Horsfield ( Cat. Ois. de Java). Ce sera corvus enca; car on ne peut croire que M. Horsfield ait prétendu faire un genre distinct des freux ou des corneilles. M. Temminck a confondu ici, non frigilus , qui est une faute typographique , mais fregilus , quijest un crave , avec frugilegus , nom trivial du corbeau freux.

CLV e Genre. Paradisier , paradisœa , Linn. , Cuv.,Temm.; manucodiata, Brisson.

Bec médiocre, droit, comprimé, robuste, entier, pointu , un peu convexe en dessus , comprimé; arête s'avançant entre les plumes du iront ; pointe à échancrure à peine visible ou nulle ; mandibule inférieure droite , pointue ; narines basales , ouvertes, entièrement cachées

£ar les plumes veloutées du front; pieds roustes ; tarse plus long que le doigt du milieu 5 pouce plus long que les autres doigts, robuste ; ailes médiocres ; les cinq rémiges étagées , la sixième ou la septième la plus longue.

Les anciens auteurs plaçaient les paradisiers, ou, comme on les nomme vulgairement, les oiseaux de 1. 33

paradis , avec les corbeaux. Ils en ont én effet tous les caractères essentiels ; mais ce qui les distingue , ce qui de tout temps les a rendus célèbres, sont les plumes accessoires éclatantes qui forment les parures dont la nature les a ornés. M. Vieillot a cru trouver de3 caractères suffîsans pour établir dans le genre paradiscea , un démembrement qui l'a porté à proposer les genres suivans.

Sifilbt , parotia , Vieill.

Bec garni de plumes courtes jusqu'au-delà du milieu, grêle, comprimé latéralement, tendu, échancré et fléchi à la pointe ; plumes hypochondriales longues , larges , décomposées.

Type*: Sifilet , Buff.

Lophorine, lophorina, Vieill.

Bec garni jusqu'au-delà du milieu de plumes allongées, très comprimé latéralement, étroit en dessus , grêle , droit , échancré et fléchi à la

}>ointe ; plumes du cou longues et disposées en orme d'aile.

Type : Le superbe , Buff.

Manucode , cicinnurus , Vieill.

Bec garni k la base de petites plumes dirigées en ayant, grêle, convexe en dessus, un peu comprimé par les côtés , finement entaillé et fléchf vers le bout ; plumes hypochondriales larges , allongées , tronquées.

Type : Manucode, Buff.

Samame, paradisea, Linn. , Yieill.

Bec robuste , convexe en dessus , garni à la base de plumes veloutées , droit , comprimé latéralement, entaillé vers le bout; plumes hypo-

d'ornithologie. 387

chondriales très longues , flexibles , décomposées ; ou plumes cervicales médiocres , roides. Deux sections.

Type 2 Oiseau de paradis. — Le magnifique , BufT.

Le caractère des plumes cerv. et hypoch. n'est convenable qu'aux mâles.

Les paradisiers , ou du moins l'émeraude , seule espèce sur laquelle nous possédons des renseignemens authentiques , vivent en bandes dans les vastes forêts du pays des Papous , groupe d'îles situées sous l'ëquateur, et qui se compose des îles Arou, de "Waigiou et de la grande terre nommée Nouvelle- G-uinée. Ce sont des oiseaux de passage qui changent de district suivant les moussons. Les femelles se réunissent en troupes , s'assemblent sur les sommités des plus grands arbres des forêts , crient toutes à la fois pour appeler les mâles. Ceux-ci sont toujours solitaires au milieu d'une quinzaine de femelles qui composent leur sérail à la manière des gallinacées. J'extrairai de mon journal inédit les détails suivans, relatifs aux oiseaux de paradis : ils ont été écrits sur les lieux.

Journal Ms. t t. vi, p. 19 et suiv. « Les oiseaux de paradis , à l'exception de deux espèces , nous étaient apportés par les? Papous , ce qui établit entre eux et nous un commerce actif d échange.

Je me procurai l'émeraude , le manu code , le loriot paradis orangé , lé siiilet , le superbe , les épimaques proméù'ls et à paremens frisés , le magnifique et le rouge. La quantité que les naturels de ces contrées apportaient à bord de la corvette la Coquille doit faire supposer que ces oiseaux , si estimés en Europe, y sont singulièrement multipliés.

Le manucode se présenta deux fois dans nos chasses, r et nous tuâmes le mâle et la femelle. Cette espèce paraît monogame , ou peut-être n'est-elle isolée par paires qu'au moment de la ponte. Dans les bois cet oiseau n'a point d'éclat ; son plumage rouge de feu ne le décèle point f et sa femelle n'a que des teintes ternes. Il aime à se tenir sur les arbres de teck, dont

le large feuillage l'abrite , et dont le petit fruit forme sa noôrriture. Il a l'iris brun et les pieds d'un bleu d'azur très tendre. Les Papous le nomment sajra.

Dès les premiers jours de notre arrivée sur cette terre de promission ( la Nouvelle-Guinée) pour le naturaliste , je fus à la chasse. A peine avais-je fait quelques centaines de pas dans ces vieilles forêts , filles du temps , dont la sombre profondeur est peut-être le plus magnifique et le plus pont* peux spectacle que j'aie jamais vu , qu un oiseau qe paradis frappa mes regards ; il volait avec grâce et par ondulations; les, pl a mes de ses flancs formaient un panache gracieux et aérien , qui , sans hyperbole, ne ressemblait pas mal à un brillant mé-' téore. Surpris , émerveille , éprouvant une jouissance inexprimable , je dévorais des yeux ce magnifique oiseau : mais mon trouble fut si grand que j'oubliai de le tirer, et que je ne m'aperçus que j'avais un fusil que lorsqu'il était déjà bien loin.

On ne pourrait guère avoir une idée exacte des paradis d'après les peau» que les Papous vendent aux Malais, et qui nous parviennent en Europe. Ces

Seuples chassèrent primitivement ces oiseaux pour écorer les turbans de leurs chefs. Ils les nomment mambéfore dans leur langue , et les tuent pendant la nuit , en grimpant le long des arbres ou ils se couchent; et les tirant avec des flèches faites exprès et très courtes qu'ils façonnent avec le rachis des feuilles d'un latanier. Les campongs ou villages de Mappia et d 1 Eviberbak^ne sont célèbres par la quantité des oiseaux qu'ils préparent, et tout l'art des habitans se borne à leur arracher les pieds, à les écorcher , à leur fourrer un bâtonnet à travers du corps et à les, dessécher à la fumée. Quelques uns -

{>lus adroits, et sollicités par les trafiquans Chinois, es dessèchent avec les pieds. Le prix d'un oiseau de paradis chez les Papous .de la côte est au moins d'une piastre , et ces peuples profèrent l'argent à tout autre objet , même à du fer travaillé.

Nous tuâmes, pendant noire séjour à la Nouvelle-

D^ORffîTHOLOGiE. 38g

Guinée, une vingtaine de ces oiseaux , que je pré • parai pour la plupart. Ils appartenaient à. diverses personnes de 1 expédition , et notamment au capitaine. Je n'en avais point encore, lorsque M. Bérard, lieutenant de vaisseau , zélé pour les collections que je formais en simple particulier, et à mes frais, pour le Muséum , et pour remplir la promesse que j'avais faite au ministère , en m'embarquant , de recueillir les objets d'histoire naturelle, voulut bien m'en remettre un pour la collection. Depuis , j'en achetai un second d un homme de l'équipage , que je lui payai i5o francs. J'en tuai ensuite un avec un grand nombre de femelles : on les voit au Muséum.

L'émeraude en vie est de la taille du geai de France^ son bec et ses pieds sont bleuâtres ; l'iris est d'un jaune éclatant - ses mouvemens sont vifs et agiles; il ne se perche communément que sur le sommet des plus grands arbres. Lorsqu'il en descend , c'est pour manger les fruits de quelques arbres moyens , ou lorsque le soleil, dans toute sa force, lui fait un besoin de chercher de l'ombrage. Il affectionne certains arbres , et fait retentir les environs de sa voix perçante. Son cri lui devint fatal , parce qu'il nous indiqua les allures de cet oiseau. Nous l'épiâmes , et c'est ainsi que nous parvîmes à en tuer $ car , lorsqu'un paradisier mâle est perché , et qu'il entend bruiser dans le silence de la forêt , il se tait et ne bouge plus. Son cri d'appel est un voike , voike , voike t voiko, fortement articulé. La femelle a le même cri, mais elle le pousse d'une manière bien plus faible. Celle-ci , déchue du brillant plumage de son époux , n'a que de sombres atours. Nous en rencontrions à chaque arbre des vingtaines réunies , tandis que les mâles, toujours solitaires, n'apparaissaient que rarement;

C'est au lever du soleil et à son coucher cme l'oiseau de paradis va chercher sa nourriture. Dans le milieu du jour, il se tient caché sous le large feuillage du teck , et n'en sort point. Il semble redouter l'action des rayons brûlans de cet astre , et ne point vouloir s'exposer aux atteintes d'un rival.

3gO MANUEL

Nous apprîmes , par une longue expérience. , à imiter la ruse de ce bel oiseau : mais le zèle des tueurs de paradisiers était si grand que personne ne voulait tirer sur aucun autre oiseau de peur de les effaroucher, et que , réduit à peu près à mes seules ressources , le tribut que quelques personnes me donnaient de leur chasse fut bien diminué; plus curieux, dans l'intérêt de la science, d'un petit volatile inédit, que dè posséder plus ou moins de dépouilles d'une espèce connue , bien que prisée, je ne. guettai des paradis que pendant quelques jours , et tuai d'ailleurs toute espèce qui arrivait à ma portée.

Pour chasser les oiseaux de paradis, les voyageurs appelés à visiter la Nouvelle -Guinée doivent se rappeler qu'il est nécessaire dé partir dès le matin du navire , d'arriver au pied de Varbre de teck ou du figuier, que ces oiseaux recherchent à cause de leur fruit (notre séjour a eu lieu du 26 juillet au 9 août), avant quatre heures et demie du matin, et de rester immobile jusqu'à que quelques mâles, pressés parla faim , viennent sur les branches qu'on aura jugé à distance convenable. Il est indispensable de posséder un fusil à très longue portée, et chargé à gros plombs, car il est fort difficile de tuer roide un émeraude. et s'il n'est que blessé , il est bien rare qu'il ne soit pas perdu pour le chasseur, dans des fourrées tellement épaisses, qu'on ne peut y reconnaître son chemin sans une boussole.

Le paradisier petit émeraude mange sans doute de plusieurs substances dans son état de liberté. Je puis affirmer qu'il vit de graines de teck , et d'itn fruit nommé amihou , blanc rosé , de saveur fade et mucilagineuse , de la grosseur d'une petite figue d'Europe, et qui appartient à un arbre du genre ficus. Ces fruits plaisent à beaucoup d'oiseaux, car ils sont aussi recherchés par les calaos, les manucodes et les cassicans calibé et phnnygame. J'ai vu deux oiseaux de paradis conservés dans une cage, depuis plus de six mois , par le chef des commerçai» chinois , à Amboine. Ils étaient toujours en mouvement, et on les nourrissait avec du riz bouilli \

d'ornithologie. 5g i

mais ils aimaient surtout les cancrelas ( blatta). Ce Chinois me ks fit 5oo francs pièce ; alors , sans argent , et n'ayant point de crédit dans cette île , je ne pus réclamer ma solde , et ce fut en vain que j'offris des objets de valeur à ce trafiquant opulent, il fut sourd à mes prières. Pourquoi , sur l'argent que nous possëdions à bord, pour frais accidentels , et qu'on a retourné à Paris, ne pas avoir acheté, pour le destiner à la France, un de ces magnifiques oiseaux , qui serait peut-être mort en route , mais dont les habitudes vivaces , et analogues à celles de nos pies , nous donnaient tant de chances de succès ?

De toutes les relâches qui ont été faites durant notre voyage autour du monde , celle de la Nouvelle-Guinée sera pour moi une source éternelle de regrets. Quoi ! apparaître un seul instant sur ces bords , n'y séjourner que treize jours , n'avoir vu qu'un plateau de récifs couverts d'arbres sur une côte noyée, et tout ce que nous y avons recueilli était nouveau pour la science ! Que serait-ce donc si nous avions fait quelques excursions aux pieds des montagnes d'Arfack ? »

Il serait trop long de rechercher la plupart des opinions émises sur ces oiseaux. Il nous suffira de dire que le charlatanisme et le désir de donner une grande réputation à des êtres déjà assez beaux par eux-mêmes , a long- temps propagé l'erreur que les oiseaux de paradis étaient sans pieds , erreur que Linné a sanctionnée par le nom trivial d'apodaA2ependant , dès i5ai, Pigafetta avait formellement dit ( Journal du premier voyage autour du monde , p. 197 ) : « On nous donna , pour le roi d'Espagne , « deux oiseaux morts, très beaux, de la grosseur « d'une grive, à tête petite, et à bec long; « jambes de la grosseur d'une plume a écrire» ^et « oiseau ne vole que lorsqu'il y a du vent. On dit m qu'il vient du paradis terrestre, et on l'appelle boit /o«Jma<iT,c'est-a-dire oiseau deDieu.» D'ailleurs, le Muséum Wormianum, publié (petit in-folio, à Lyon) en i655 , donne une figure exacte, en bois, du paradis-émeraude , avec ses pieds , p. 394 , et le

3g* MANUEL

nomme manucodiata. On en trouve aussi une figure sur cuivre, p. 67 3 du Muséum Calceolarium, et Jeparadis-émerauae y est nommé chamœleon aereus. On petit puiser à ces sources ," ainsi que dans Aldrovande, Valcntyn , Forrest, et une foule de vieux auteurs , notamment Sêba, tous les renseignemens

Ï)ossibIcs sur les histoires dont les paradisiers ont été 'objet. Aussi Sonnerat {Voyage a la Nouv. -Guinée, Paris, 1777, în ~4°> lao fiçO a publié de nombreux détails sur ce sujet: Vieillot et Levaillant ont rivalisé par les belles figures qu'ils en ont données.

Pakadisibe grapîd émeraude, paradisea apoda , L M Séba , t. 1 , pl. 63, f. 1 et a, aws paradisiaca aroësica, Bufl*. , enl. 254.

[Mâle y Levaillant, pl. 1.) Corps en dessus, poitrine et abdomen d'un brun marron ; front couvert de plumes serrées d'uu noir velouté , à reflets vert d'émeraude ; sommet de la tête et dessus du cou d'un jaune citron; haut de la gorge d'un vert doré ; devant du cou d'un brun violet ; flancs garnis de faisceaux de plumes très longues, à barbules décomposées, d'un blanc jaunâtre, tachetées vers l'extrémité d'un peu de rouge pourpré : ces plumes s'étendent de beaucoup au-delà des rectrices; deux longs filets cornés et duveteux , garnis de poils roides , terminés en pointe , et allongés , partant de chaque côté du croupion, et s'étendant en cercle dans une longueur de près de deux pieds ; bec corné ; pieds plombés. Longueur, de l'extrémité du bec à celle des rectrices , treize pouces*

(i*em., Levaillant, pl. 2.) Front et devant du cou d'un brun marron foncé ; tête , cou # et dos jaune rougeâtrej ailes et queue d'un marrontoncé et brillant; ventre et poitrine blancs ; point de parure. ,

Habite la Nouvelle - Guinée , les îles d'Arou , ïidor et Waigiou. Moins commun que le suivant.

Paradisier petit émeraude , paradisea papuensis,

Lath.

( Mâle : Levaillant, pl. 4. ) Dos d'un marron clair;

d'ornithologie. 3c/ï

sommet de la téte , côtés et dessus du cou , haut du dos , d'un jaune pâle ; plumes de la base du bec et du front épaisses et veloutées , noires , changeant eu vert ; petites tectrices alaires d'un jaune brillant ; haut de la gorge d'un vert d'émerauue ; parties inférieures d'un rouge brun foncé $ flancs garnis de faisceaux de longues plumes jaunes et blanches ; deux longs filets cornés et pointus s'échappent de chaque côté du croupion ; bec plombé; pieds bleuâtres. Longueur du bout du bec à celui de la queue , douze pouces.

( Fem. , Levaillant , pl. 5. ) Tête , dos , croupion , d'un jaune orangé très clair ; front , gorge et devant du cou d'un vert d'émeraude; poitrine et ventre blancs; épaules jaunâtres; ailes et queue marron vif.'

Habite la Nouvelle- Guinée , l'île de Waigiou. Consultez, aux généralités , ce que nous avons dit de cette espèce.

Paradisier rocgb , paradis ea rubra , Vieill. , pl. 3.

( Mâle y Levaillant , pl. 6. ) Parties supérieures jaunes , ainsi que les côtés de la gorge et la poitrine ; base du bec entourée de petites plumes d'un noir velouté ; celles qui garnissent le sinciput sont un peu plus longues , et peuvent se relever en petite huppe qui se sépare vers le milieu en deux parties : elles sont serrées» veloutées, d'un vert doré; rectrices et parties inférieures d'un marron brun très fonce' , ainsi que la poitrine ; flancs garnis de faisceaux de plumes très nombreuses et longues , décomposées, d'un rouge vif; deux filets cornés , d'un noir brillant , aplatis et lisses , concaves en dessus et convexes en dessous , prenant naissance de chaque côté du croupion, et terminés en pointe, contournés en cercle , et longs de vingt à vingt-deux pouces ; bec et pieds bruns. Longueur, de rextrémité à celle des rectrices , neuf pouces.

(Fem., Zool. de la Coq., par MM. Lesson et Garuot , pl. 37.) Moitié de la tête et devant* çorge , d'un noir marron velouté ; occiput , cou , poitrine ,

d'un rouge très clair et presque carré ; dos , ailes r queue, ventre, d'un roux marron foncé.

Habite l'île de Waigiou.

Paradisier sifilet , paradisea sexsetacea , Lath. ; paradisca aurea, Gmelin ; para lia sexsetacea , Vieill. y pl. 6 y Buff. , enl. 633.

( Mâle , Levaillant , pl. ia. ) Noir velouté ; front et partie du sommet de la tête garois de petites plumes fines et roides mélangées de noir et de blanc» de manière à former une buppe grise; côtés de la tête ornés chacun de trois longs brins ou filets noirs terminés par une palette ovale , noirte , composée de fines barbules ; plumes de la nuque à reflets d'ui* vert doré ; flancs garnis de plumes noires, à barbules desunies, qui recouvrent les ailes et cachent les rectrices dans l'état de repos, et se relèvent obliquement à la moindre agitation $ plumes de la gorçe larges , écaille uses , noires au centre , et bordées de vert doré irisé $ rectrices veloutées, avec quelques barbules longues et flottantes; bec et pieds noirâtres* Longueur, dix à onze pouces.

Habite la Nouvelle-Guinée.

Paradisier superbe , paradisea superba , Lath. ; lophorina superba , Vieill. , pl. 7} Buff. , enl. 63a ; Levaill., pl. i5et 16.

Noir de velours /irisé de vert et de violet'; front Çarni de deux petites huppes d'un noir soyeux? épaules couvertes de longues plumes qui, se relevant sur le dos et s'inclinant en arrière, parent l'oiseau d'une espèce de manteau qui recouvre en partie les ailes ; nuque et bas de la poitrine à reflets d'un vert doré brillant; gorge noire, à reflets de cuivre de rosette; les plumes du bas, plus longues que les autres, s'étendant de deux côtés sur le devant du cou et de la poitrine , et formant un plastron écailleux et brillantjde reflets métalliques ; abdomen noir, de même gue le bec et les pieds. Longueur , huit pouces trois quarts.

D*ORNTTHOLOGIE. 3j)5

Habite la Nouvelle-Guinée. C'est l'espèce la plus rare.

Paradisier makucode, paradisea regia, BufT., enl. 496; Valcntyn, t. m, p. 3ia ; Knorr^Z>e/. JVat. y t. n, pl. 5 ; Séba , t. 1 , pl. 38 , f, 5 ; Daudin , pl. 19.

(Mâle, Levaillant, pl. 7. ) Parties supérieures d'un rouge de rubis; front et partie de la tête d'un bel orange' velouté; une petite tache noire à l'angle interne de l'œil; menton d'un jaune brillant, plus foncé sur la gorge ; celle-ci est terminée par une raie transversale brunâtre, et par une laree ceinture d'un vert métallique ; parties inférieures d'un gris blanc , quelquefois mélangé de vert; flancs garnis de larges plumes grises , traversées par deux lignes, Tune blanchâtre , l'autre rousse , et terminées par du vert d'émeraude brillant; tectrices alaires inférieures jaunes ; rectrices d'un brun rouge, les deux intermédiaires remplacées par deux longs filets nus rouges qui se garnissent de barbules, et s enroulent à l'extrémité , de manière à former une espèce de palette percée au centre , d'un vert brunâtre brillant; bec corné, d'un bleu d'azur; pieds d'un gris plombé. Longueur, du bout du bec à celui de la queue , cinq pouces et demi.

( fariété, Levaill. , pl. 8.) D'un orangé couleur de tabac d'Espagne au lieu du rouge tulgide du corps.

(rem. , Lesson et Garn. , Zool. de la Coq. , pl. 26.) Brune rôussâtre en dessus , jaune roussâtre en dessous, rayée de brun ; queue rectiligne.

Habite la Nouvelle- Guinée.

PÀRÀDisiBRMAG5iFiQUE,^flrgJf'$ea magnifiai , Lath. ,

Buff., enl. 63 1.

( Mâle , Levaillant , pl. 9. ) Corps en dessus d'un brun brillant; base du bec et front couverts de plumes courtes et épaisses , d'un brun rougeâtre j sommet de la tête et occiput d'un vert d'émeraude; un double faisceau de longues plumes coupées car-

3y6 MANUEL

renient , implantées en camail sur le cou et le haut du dos; le premier composé de plumes étroites, relevées , roussâtres , et tachetées de noir vers l'extrémité ; le second les ayant plus longues , couchées sur le dos et d'un jaune de paille , plus foncé vers le bout; grandes tectrices alaires d'une couleur carmélite brillante ; rémiges jaunes , brunes intérieurement; rectrices brunes ; gorge et poitrine nuancées de vert et de bleu ; côtés de la poitrine d'un vert brun : abdomen d'un bleu verdâtre ; bec jaune , borde de noir; pieds d'uo brun jaunâtre j deux filets contournés en cercle et finissant en pointe, prenant naissance de chaque côté du croupion et s'étendant de près d'un pied au-delà de la queue. Taille, de l'extrémité du bec à celle „ des rectrices , six pouces et demi.

Habite la Nouvelle-Guinée.

Il y a une variété (Levaill., pl. 10) qui a plus de vert et plus de bleu : cela tient sans doute à l'âge.

Nul doute qu'il faudra placer dans un autre genre le magnifique oiseau nommé

Paradisier a douze filets , paradisea àlba , Vieill. , pl. i3 ; le nébuleux , LevailL, pl. 16 et 17.

Bec grêle , droit ; d'un noir marron violet métallique ; un large collier de plumes écailleuses , irisées, chatoyantes au bas du cou et s'étendant jusqu'aux épaules ; rémiges courtes, marron ; plumes du dos et du croupion nombreuses, très longues , très fines, à longues barbes soyeuses ; les plus inférieures terminées par douze longs brins durs, recourbés et noirâtres à ^extrémité, et qui font le prolongement de la tige. .

Cet oiseau fait le passage des paradisiers aux épimaques. Il provient sans doute de la Nouvelle- Guinée. Il est le plus rare de tous.

Le paradisier orah0é , oriolus aureus , Gmelin , Levaill. , pl. 18 , doit sans doute être placé dans le genre séricule.

d'ormthologif. 3 97

€LVI C Genre. Astrapik , asirapia , Vieill. ; tordus , Cuv. ; paradisœa , Gra. , La th.

Bec glabre à la base , comprimé latéralement , étroit en dessus , pointu , entaillé et fléchi vers le bout; queue très longue, très étagée.

M. Vieillot a créé ce genre pour recevoir un oiseau remarquable par la plus éclatante parure; bien que, placé près des oiseaux de paradis par plusieurs caractères , U serait plus convenablement près des merles et dans la tribu des dentirostres. L'unique espèce d'astrapie , sur les mœurs de laquelle on n'a point de détails, est la pie de paradis, ou I'ikcomparable , Levaill. (Parad. , pl. ao et 2i , pag. 5q); paradisœa gularis, La th. ; paradisœa nigra , Gra, , Vieill., .pl. 8.

J'ai rapporté de la Nouvelle-Guinée deux individus de ce magnifique oiseau , dont la valeur est assez considérable en France , et qui parait très rare dans son pays même ; car pendant notre séjour aux Moluques et à la terre des Papous, je n ai vu crue ces cleux oiseaux , et l'un d'eux embellit aujourd'hui les galeries du Muséum , où je l'ai déposé.

Peindre cet éclatant oiseau n est point facile : nous nous bornerons à dire que, remarquable par une queue trois fois plus longue que'le corps , étagée, à pennes larges , consistantes et roides , il a la téte entourée de deux bouquets de plumes , formant de -chaque côté deux touffes épaisses fournies et presque arrondies en éventail ; les plumes de la gorge sont serrées et simples ; elles s'avancent comme une sorte de barbe épaisse sous la mandibule inférieure; le dos, le devant de la gorge, la queue, sont d'un noir irisé métallique, passant au violet ou à la teinte pure d'iode, sur le dos et sur la poitrine , suivant le jeu de la lumière; un collier de rubis reflétant des teintes orangées , ou quelquefois le rouge ponceau , se dessine sur la*poitrine , et remonte vers la tête comme nn cordon rouge d'ordre de chevalerie ; le ventre et tout le dessous du corps est d nn vert

de bronze sévère , d'où s'élèvent , sur les flancs , des

{dûmes écailleuses , à reflets irisés de fer spëculaire; e derrière du cou , jusqu'au dos, est occupé par des plumes écailleuses d un vert d'émeraude quelquefois bronzé. Le milieu du dos prend communément une teinte marron fort vive; bec et pieds noirs.

Habite la Nouvelle-Guinée.

L'oiseau que Levaillant a figuré pl. 22 , comme étant la femelle de la pie de paradis , est un oiseau d'un autre genre.

d'ornithologie . îgy

VIII e Famille. Les Eubystomeks $ les Rolliers #

Cuv.

Bec robuste , large à la base , un peu comprimé vers la pointe et un peu crochu ; bouche toujours grande , à commissure oblique y narines nues.

Je n'ai point adopté le nom de corucias, parce que plusieurs auteurs l'ayant démembré d'après des vues très diverses, il en résulte une sorte d embarras de synonymie , susceptible de faire commettre des erreurs dans l'application.

Les eurystomées ont un air de famille; elles se lient aux martins par les mainates et les minos.

CLVII* Genre. Rollikr , galgulus , Briss. , Vieill. ; coracias y L. , Cuv.

Bec fort , glabre , plus haut que large , com-

Erimé vers le bout , tiroit , tranchant ; mandiule supérieure un peu courbée vers la pointe ; narines linéaires, obliques y près des plumes du front , mais non recouvertes par elles , fermées à moitié par une membrane ; tarses courts ; deuxième rémige plus longue ; queue souvent rectiligne, et souvent munie de rectrices longues et prolongées.

Les rolliers ont des formes massives et un plumage teint de vives couleurs , disposées par plaques crues; leurs plumes sont rudes et d'une nature particulière. Ils vivent d'insectes, et n'habitent que l'ancien continent.

L'espèce d'Europe est le

Rollibr vglgaikb, coracias garrula , L., enl. ^B6; Levaill. , pl. 3a et 33 5 Daudin , pl. 18.

Vert d'aigue-marine ; dos et couvertures marron ; rémiges noires ; queue égale ; les deux rectrices moyennes brunes , les latérales bleues à la base, vertes

4oO MANUEL

»' au sommet. Longueur, treize pouces, Niche dans ies? trous d'arbre. La femelle pond de quatre à sept œufs d'un blanc lustré.

Habite les grandes forêts de chêne et de bouleaux du nord de l'Europe ; vit de taupes , de grillons , de hannetons , de vers , etc. Assez rare en France.

Les espèces étrangères les plus remarquables sont:

Rollier a longs brins d'Afrique, coracias Abyssi* nica , Gm., Levaill., pl. a5, enl. 626 et 327.

Tour du bec blanc ; corps vert d'aicue - marine j dos, couvertures, couleur de cannelle; épaules, croupion, rémiges, bleus; queue verte; les deux reclrices du milieu bleues 5 deux longs brins effilés terminant les deux rémiges externes.

Rollier a ventre bleu r coracias cyanogasler, Cuv.,

Levaill. , pl. 26.

Moitié supérieure roux vineux j dos brun , ailes > ventre et croupion d'un bleu indigo ; du vert d'aiguemarine sur les ailes et la queue ; deux longues rectriées externes terminées en pointe grêle.

Habite Java.

Rollier vert, coracias viridis , Cuvier, Levaill.,

pl. 3i.

Partie antérieure delà face d'un roux vineux; corps d'un vert d'aigue-marine , taché sur le devant du cou de quelques fia m mettes blanches ; rémiges et rectrices bleu indigo ; queue rectiligne.

Habite les MolUqucs.

CLVIII C Genre. Rollk , eurystomus , "Vieill. ; coloris , Cuv. , Temm. ; coracias , L.

Bec court , robuste y très déprimé, dilaté sur les côtés, plus large que haut; arête arrondie, arquée, à pointe un peu crochue ; mandibule inférieure en partie cachée par le rebord de la supérieure ? bouche très ample ; narines basales , linéaires,

D'ORNITHOLOGIE. /|0l

obliques , k moitié fermées par une membrane $ tarses courts ; ailes longues ; la première rémige un peu plus courte que la deuxième , qui est la plus longue ; queue rectiligne.

(Eurystomus , de tupio-lo/uot, qui a large bouche; et colaris , nom grec d'un oiseau inconnu.

Les rolles ont le9 habitudes des rolliers : elles vivent d'insectes qu'elles saisissent au vol, et habitent les îles de l'ancien continent. Elles paraissent avoir fixé leur séjour sur les bords de la mer, sur les marécages, où elles volent sans cesse , à la manière des martinets.

L'espèce la plus répandue est le

Rollb oriental, coracias orientalis , L., enl. 619.

En entier d'un vert d'aigue - marine $ à gorge et fouet de l'aile azurés ; à rémiges et rectrices noires 5 une raie blanche sur l'aile.

Habite Java , le sud de la Nouvelle-Hollande , et toutes les îles de la Polynésie. Les naturels des environs de Sydney nomment cet oiseau nalay-kin , et les colons dollar bird , a cause de la tache argentée du milieu de l'aile. C'est le lion g ba tu des haoitans de Sumatra.

Grand rolle violet , coracias M adagascariensis ,

Levaiilant, pl. 34.

Marron violet en dessus , pourpré en dessous ; plumes des tarses grises; rémiges et rectrices noires. Habite Madagascar.

Variété : plus petite, Levaill. , pl. 35, enl. 5oi.

Rolle a gorge bleue , coracias cyanogaster, Cuv. ,

Levaill., pl. 36.

Bec ronge ; téte et cou en dessus bruns : gorge d'azur; dessous du corps vert bronzé ; épaules nrunes; rémiges et rectrices noires ; les premières marquées de bleu d'azur. .

CLIX* Genre. Mainate , mainatus , Briss. - T eulobes, Cuv. j gracula, L. , Temm. , Vieill.

Tête caronculée ; bec robuste , dur , comprimé , convexe en dessus , fléchi à la pointe ; mandibule inférieure forte , de la hauteur de la supérieure ; narines latérales vers le milieu du bec , ouvertes , cachées en partie par les plumes très avancées du front ; pieds robustes ; pouces forts ; ailes médiocres $ première rémige presque nulle; deuxième un peu plus courte que la troisième.

(Eulabes , religieux. )

On ne connaît qu'une seule espèce de ce genre , qui est le

Mainate religieux, gracula religiosa , L. , enl. 268; Daudin , pl. 20, t. 11 , pae. a83 ; Edwards ( Glan., t xvu, f. ,1)5 beo et mencfto des Javanais.

Cet oiseau a dix pouces et demi de longueur ; son plumage est en entier d'un noir profond, à reflets sérice'eux ou veloutés : l'aile a , à son milieu , un miroir blanc 5 le bec et les pieds sont jaunes ; de derrière l'œil partent des caroncules charnus de couleur citrine claire , qui s'étendent jusque vers l'occiput.

Le mainate vit de fruits et d'insectes. Son nom de religieux vient d'un trait particulier rapporté par Bontius , et étranger à ses mœurs. Il s'apprivoise aisément , et apprend à parler et à siffler avec une rare perfection. J'en ai \u un à Java, que conservait le colonel français Bonnelle , qui savait des phrases entières de la langue malaise. Les naturels ont cet oiseau en grande estime.

On trouve le mainate à Java, à Sumatra , et dans les grandes îles de l'Est. On croit qu'il en existe une variété de taille beaucoup plus petite. Marsden le mentionne à Sumatra sous le nom de mineur ou minor. M. Rafflcs, dans son Catalogue, dit que cet oi-

d'ornithologie. 4°3

seau s'y nomme tiong, et qu'on y trouve une variété marquée de taches blanches sur le corps.

CLX C Genre. Mino , Mino , Less. ( Zool. de la

Coquille. )

Bec fort , arrondi, à mandibule inférieure plus large que la supérieure ; celle-ci est convexe en dessus, légèrement recourbée, échancrée a la pointe , et presque égale à l'inférieure; cette dernière est élargie , non comprimée , garnie d'une membrane nue entre ses deux branches , descendant de chaque côté de la gorge ; commissure formant un angle comme dans les martins ; narines latérales fermées par une membrane f à moitié recouvertes par de petites plumes , disposées en faisceaux, terminés par plusieurs barbes ou poils roides ; tour des yeux entièrement dégarni de plumes , et enveloppé jusqu'à l'occiput d'une membrane nue , ou couverte d'appendices vermieulés ; ailes presque aussi longues que la queue, dont la deuxième rémige , la plus longue , ne dépasse que de peu les troisième et quatrième ; la première est un peu plus courte ; queue composée de douze pennes , courtes et rectilignes ; tarses forts et Robustes , à. scutelles larges $ les deux doigts externes réunis; ongles comprimés , convexes en dessus , aplatis en dessous , recourbés. (Lesson.)

Le mainate religieux , type du genre enlabes de M. Cuvier, formait le genre mainatus de Brisson » et fut placé par Linnaeus et par Gmelin parmi les grucula , à la suite des oriolus. M. Temminck conserva le genre graeula , réduit au seul mainate , dans ses omnivores, et M. Vieillot , dans sa XIII e famille , les caroncules. M. de Lichstenstein , dans un mémoire spécial (Mém. aoad. de Berlin j 1817, p. i44)* réunit

les martins et les Mainates sons le nom commun de* gracula, comme l'avait fait Linné.

Nous consacrons l'ancien nom indien mino , donne far Edwards, pour former un genre voisin du mainatus , mais qui en diffère par plusieurs caractères assez saillans , et qui fait le point de Jonction du mai» nate , par le philédon goulin , avec les martins.

Mino bb De mon t, mino Dumonlii, Less. (ZooL de la

Coq. , pl. -i6. )

C'est dans les profondes forêts de la Nouvelle- Guindé , si peu connues et si riches en animaux nouveaux , que vit le mino de Dumont , remarquable par son plumage. Gros et ramassé dans ses formes , il n'a que neuf pouces de longueur totale; le bec a, lui seul, quinze lignes , et la queue n'a que deux pouces. Le bec est fort et robuste , de couleur iaune orangée; la membrane qui embrasse les branches de la mandibule inférieure , et qui descend sur les parties latérales de la gorge , est jaunâtre ; les côtés de la tête , du front à l'occiput , sont garnis, d'une large peau nue qui embrasse terutes les joues , et qui est couverte de papilles vermiculées y égales, érectiles, d'un jaune orangé très vif; les plumes du front et des narines sont courtes , rigides, non veloutées, composées de petites houppettes , qui sont terminées par des tiges roides : les plumes du front et du sommet de la tête sont d un vert noir luisant comme celles du cou, du dos , des couvertures des ailes , du ventre , des flancs et des jambes : les premières sont blanches à leur racine, et les dernières sont grises 5 les plumes du cou sont pinnulées sur chaque barbe , et le rachis est terminé par un petit faisceau aplati et oblongj au milieu de ces plumes, sur la gorge et sur les côtés, et derrière le cou , naissent un grand nombre de petites plumes éparses , semblables â des poils , très fines f très simples , et s'élargissant à leur sommet en une petite palette : elles sont blanches 5 les ailes et le dessus de la queue sont d'un brun verdâtre* le croupion et les couvertures inférieures de la queue sont d'un blanc très pur; un miroir blanc, peu apparent lors-

d'ornithologie. /jo5

que les ailes sont fermées , occupe le milieu des cinq premières rémiges, en commençant en dedans du rachis de la première ; l'extrémité de celles-ci est brune, et leurs oarbes extérieures sont comme échancrées ou coupées un peu en biais vers le bout de l'aile ; la queue ne dépasse les rémiges que de six lignes: le ventre est d'une couleur verte bronzée, comme le dosç il présente a son milieu, entre les cuisses et jusqu'à la région anale , une large tache d'un jaune vil ; quel- • ques petites plumes, analogues à celles que nous avons mentionnées au cou , sont ça et là éparses sur l'abdomen ; le dessous des pennes de la queue est brun ; les tarses sont longs et garnis de scutelles larges et minces; le doigt du milieu est plus long; il est uni à sa base avec l'externe , qui est le plus court et le plus faible ; le tarse , les doigts et les ongles sont d'un jaune très vif.

Le mino de Dumont habite les alentours du havre Doréry, à la Nouvelle-Guinée. Nous nous en procurâmes deux individus , l'un tué par M. Bérard, lieutenant de vaisseau , et l'autre par un de nos meilleurs marins, le nommé Valcntin. #

J'ai dédié cet oiseau à M. Charles Dumont de Sainte- Croix , mon beau-père, connu par plusieurs ouvrages de jurisprudence , et auteur de la partie ornithologiq ue du Dictionn. des Sciences naturelles , publié par M. Levrault.

Nous pensons qu'on doit joindre au genre miko , ainsi constitué , le

Goulin ou merle ciiàuve , gracula calva y Linn. ,

enl. qoo.

Gris enfumé; ailes et queue brunes; celle-ci médiocre ; bec et tarses jaunes; les côtés de la tête nus et recouverts d'un* membrane rougeâtre , séparée sur le front de celle du côté opposé par une ligne très étroite de plumes. Longueur, dix pouces.

Habite les îles Philippines , où il vit d'insectes, de fruits. Il s'apprivoise aisément.

II* Ordre. Les Passereaux, Cuv.

III e Tribu. Les Latirostres.

Famille unique. Les HirondinÉES.

G. 161. Steatorne, steatornis, Humh.

ife. JEgotbèle , œgotheles, Vig. et Horsf, i63. Ibijau , rvyctibiuSj Vieill.

i64- Engoulevent, caprimulgus, L.

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