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LES COSAQUES

L'autorité de la métropole sur cet élément, fugace et tur bulent par nature, était et devait rester longtemps purement nominale. En 1570 seulement, un des lieutenants du Terrible, ^Tovossiltsov, allait réussir à lui donner un peu plus de consistance sur les rives du Don, et c'est ce souvenir trois fois sécu-

laire que l'armée actuelle du Don célébrait il y a trentequatre années. Mais dès 1577 Ivan eut à envoyer tout un corps d'armée, sous Mourachkine, pour réprimer les brig^andages et les violences de ces sujets indisciplinés, et c'est alors, croit-on, que, pour échapper à de justes représailles, les futurs conquérants de la Sibérie, Ermak et ses compagnons, allèrent chercher refuge auprès des Stroganov, autres colonisateurs d'un type différent, dont les immenses possessions touchaient à l'Asie.

Ainsi fut préparée une nouvelle et plus grande conquête ; mais, en attendant, du fait de ces cosaques et de leurs entreprises arbitraires, Moscou se voyait imposer une lutte inévitable avec le dernier débris de la puissance ta tare. Faute de pouvoir plier à sa discipline les milliers d'Ermak en armes sur les confins de la Grimée, Ivan dut, lui premier, engager ce duel dont le règne de Catherine II seulement allait voir le terme. En 1555 déjà il préludait aux futures expéditions des Galitzine et des Mûnnich en mettant en campagne un corps de 13,000 hommes sous Ghérémétiev. Comme toujours en pareille circocstance, plus prompt et plus hardi, le khan prit les devants, battit en retraite devant le tsar, mais infligea un échec sérieux à son lieutenant. Un détachement de cosaques, guidé par le diak Rjevski, n'en fut pas empêché, l'année suivante, de pousser une reconnaissance jusqu'à Otchakov, en provoquant une vive émotion et un sursaut d'esprit belliqueux parmi les riverains petits-russiens du Dnieper. Puis ce fut le tour d'un sujet du roi de Pologne, le prince Dmitr Wisniowieçki, qui, sur une lie de ce fleuve occupée et fortifiée par lui — la Khortitsa — pensa braver le khanat voisin en faisant alliance avec le tsar, se fit chasser d'abord en 1557, mais l'année suivante prit sa revanche sous Azov même, tandis que le commandant des forces moscovites, Daniel Adachev, atteignait l'estuaire du Dnieper, y capturait deux bâtiments turcs, débarquait en Crimée et y semait la terreur.

Le moment sembla alors venu d'en finir par quelque

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