‹ Ivan le TerribleChapitre 106 sur 228 · L'EXPANSION ORIENTALE · texte numérisé non relu

L'EXPANSION ORIENTALE

dant avec lousouf, puis celui-ci ayant été tué par son frère, avec les enfants de la victime, Moscou traita avec Ismaïl, qui, pour prix de son concours, demandait de modestes présents, trois oiseaux de chasse : un gerfaut, un faucon, un épervier, beaucoup de plomb, beaucoup de safran, beaucoup de matières colorantes, beaucoup de papier et 500,000 clous... Derbich fut chassé; Ismaïl le remplaça, se montra indocile à son tour et dut céder la place à ses neveux. Moscou eut maille à partir pendant longtemps encore avec ce monde de vassaux turbulents ; mais en définitive les embouchures du Volga lui demeurèrent acquises, en même temps que, 1 introduisant dans leurs démêlés, y sollicitant son arbitrage ou y obtenant son appui, les petites principautés voisines du Caucase lentrainaient insensiblement, sans qu elle y prit garde et presque contie son gré, toujours plus loin à l'est, dans de nouveaux champs d action, qui de proche en proche reculaient les frontières de son hégémonie envahissante.

L émigration colonisatrice suivait pas à pas les progrès de cette politique, les devançait parfois. Des rives du Don et du Terek, où déjà elle avait pris pied, elle s'étendait jusqu en Crimée, jusqu'aux portes d'Azov, élargissant sans cesse le domaine de ce qu'on appelait la kazatchma, patrie aux limites indéfinies et toujours mobiles de toute la population flottante de l'empire. Il y avait là, au service du programme d'expansion ainsi mis en œuvre, une force incalculable. Il y avait cependant aussi un danger.

Page 1